
Des filles. New-York. Des problèmes sentimentaux. Du sexe... et oui HBO récidive et diffuse Girls en avril dernier près de huit ans après la fin de Sex & The City. Le network du câble s’associe à Lena Dunham que l’on retrouve à la création, à l’écriture et qui incarne même un personnage principal voire le personnage principal.
Nous suivons les aventures d’Hannah Horvath, une jeune aspirante écrivain de 24 ans qui écrit un roman. Depuis que ses parents lui ont coupé les vivres, elle enchaîne les petits boulots pour pouvoir vivre, non sans difficultés. Hannah galère et ça se voit ! Petite fille gâtée par ses parents, Hannah se retrouve éjectée de cette confortable vie du jour au lendemain. Sa mère souhaite qu’elle prenne enfin ses responsabilités alors que son père, incarné par Peter Scolari (l’inoubliable Wayne Szalinski de Chérie, j’ai rétréci les gosses), a le rôle du « papa poule ». Un peu en retrait, les parents font tout de même des apparitions efficaces et tout à fait dans le ton de la série : des scènes décalées, mais tout à fait réelles à l’image de cette chute dans la salle de bain où Hannah aide sa mère à relever son père, complètement nu.
Lena Dunham interprète à merveille son personnage. Elle est d’un naturel époustouflant et pour cause, qui mieux qu’elle-même pour jouer le personnage qu’elle écrit. Hannah n’est pas normale, et elle l’assume. Elle ne cherche pas du tout à coller aux normes et standards de la société : [rosse]elle a des bourrelets, des petits seins, pas de boulot et vit au crochet de sa meilleure amie[/rose], Marnie (Allison Williams). J’ai été très étonné de l’aisance de la réalisatrice de réaliser des scènes de nu presque intégrales. On connaît presque tout de son intimité et elle semble vouloir jouer son personnage à fond. Le bon côté c’est que ces scènes n’ont rien d’exceptionnelles et ne sont pas embellies : c’est simplement la réalité, sans fioritures. Antihéros en puissance, la série tourne autour d’Hannah qui s’impose comme la « leader » de sa bande de fille. Le show aurait pu s’appeler « GIRL » tellement les autres filles sont effacées.
Parlons d’abord de Marnie : meilleure amie d’Hannah, pour le meilleur, comme pour le pire. Et c’est le pire qui est le mieux représenté ici même si les deux amies finissent toujours par se réconcilier. Elle vit mal sa relation de couple et doute. C’est Charlie (Christopher Abbott), son petit-ami, qui en fait les frais. J’ai bien aimé cette relation dans le sens où les personnages se tournent autour mais on sait que ce ne se terminera pas en happy end à la Grey’s Anatomy. Marnie ne sait pas ce qu’elle veut et même quand elle veut, elle abandonne comme quand elle flirte avec un artiste mais refuse d’aller plus loin avec. Elle s’en mord les doigts et s’isole pour...se masturber. Bien que jolie fille, elle est plutôt coincée ce qui donne des pistes intéressantes, pas assez exploitées à mon goût.
Jessa (Jemima Kirke) est quant à elle le genre de fille « baba cool » qui fume de l’herbe et se fout de tout. Elle vit au jour le jour et cache un passé que l’on sent triste et difficile. J’ai apprécié sa petite storyline avec l’homme qui l’emploie comme baby-sitter qui est amoureux d’elle. Les scénaristes ne sont pas tombés dans le panneau et Jessa refuse, perdant ainsi un ami et devenant le témoin des surprenantes confessions la femme de celui-ci. Le personnage ne bénéficie pas de beaucoup d’exposition mais apporte une certaine fraîcheur au groupe qui s’embourbe dans les ennuis sentimentaux.
Shoshanna (Zosia Mamet) est le personnage délirant mais qui ne fait pas exprès. Elle panique, parle vite et dit n’importe quoi. C’est encore une adolescente, à l’image de son appartement rose bonbon rempli de peluches. Le résultat est encore plus marrant quand elle consomme de la drogue par inadvertance lors d’une soirée. Tout un programme pour ce personnage trop peu exploité. Shosh’ est vierge, mais elle n’en fait pas tout un plat. Ce n’est pas la course au sexe comme on aurait pu y avoir droit dans une autre série et la storyline reste discrète. Bref, gros coup de cœur parce qu’elle m’a bien fait rire.
Parlant enfin d’Adam (Adam Driver), le petit ami d’Hannah. Complètement paumé et sans but dans la vie, il vit seul dans un appartement bordélique et enchaîne les conquêtes. Sa relation avec Hannah est complexe mais sincère et on arrive finalement à quelques moments d’intimité réalistes et étonnants à l’image du personnage déjanté qui urine sur sa copine dans la douche et ne peut s’empêcher de faire des abdos. Loin des clichés, il correspond au type de mec qu’Hannah aime, les gens pas normaux, comme elle en somme.
Le casting n’est pas parfait, et c’est le but. Des acteurs peu connus pour interpréter des personnages tout à fait réels et tous différents. Ils évoluent tous dans un New-York bobo, celui des cafés/restaurants bio et des galeries d’art branchées, loin du New-York multiculturel de How To Make It In America ou du luxueux New-York de Sex & The City. Cette dernière est mentionnée à plusieurs reprises oralement ou pas le biais du poster de l’appartement de Shoshanna comme le modèle dont s’inspire GIRLS qui se montre en digne héritière.
C’est un show sans prétention que HBO ajoute à ses cartes. Les débuts étaient plutôt difficiles pour moi, le rythme étant plutôt lent et inégal mais c’est l’essence même de la série. Peu de musique, une image claire au plus près de la réalité et aux couleurs pastels : on se croirait presque dans un roman, celui qu’écrirait Lena Dunham ou même Hannah son personnage, telle une mise en abyme que l’on ressent presque comme une autobiographie de la créatrice.
Je regrette juste une décision marketing importante que la production n’a pas prise : celle des réseaux sociaux. On voit Hannah utiliser twitter plusieurs reprises donc on imagine aisément le personnage publier des tweets entre chaque épisode et même entre chaque saison. C’est très dommage. (Explications détaillées via cet article en anglais : http://www.huffingtonpost.com/mark-drapeau/girls-hbo-social-media_b_1490392.html). Par ailleurs, je ne vois pas vraiment la patte de Judd Apatow dans la série. Je pense que son poste d’executive producer lui a été accordé dans un but de promotion et de sérieux comme avec Steven Spielberg.
BONUS : En attendant vous pouvez créer des figurines en papier des girls ici.
La critique est très juste, elle me fais comprendre pourquoi je regarde la série. En effet, Hannah est ovni, Shoshanna est délirante et puis Marnie et son coté coincée. Des personnages qui sont énervant au début mais qui au final me semble juste réel. Lena Dunham fait un travail extraordinaire. C'est une série très originale.
@CW : je suis ravi que tu partages mon point de vue, la série a de l'avenir et pas mal de pistes à explorer.
Cette série est comme Dunham ,moche et pas drôle...
Je suis plutôt d'accord avec la critique, je pense que les personnages secondaires seront plus exploités dans la seconde saison. En tout cas, c'est une série réaliste, cru, qui n'essaye pas de rendre les choses belle et romantique, même si les héroines rêvent surement de trouver l'amour avec un grand A.
Pour ce qui est de la patte Apatow, je ne suis pas tout à fait d'accord, même si on est loin de l'univers de ses films, on retrouve certains éléments qu'il y avait dans Freaks and Geeks, comme l'amitié qui est un élément central de la série (et de ses films en générales), ou encore le côté un peu looser des personnages qui ne savent pas vraiment où ils vont, et bien sur le côté réaliste.
héhéhé... smart, le lien vers Vulture, ce sont les TV recaps d'Emma Straub qui auront eu raison de ma forte réticence après matage du pilot plus 1 ou 2 episodes, et honnetement, je ne regrette rien. space, mais j'ai l'esprit wide open..^^ Nice critique Mister Doudou! :)
Merci Fitz ;)
c'est cool mais les premiers épisodes nous laissent à penser que la série étudiera la chimie entre chaque personnages, en allant dans le détail de chacun, au final j'ai l'impression qu'il était tous focus sur la "grosse" fille dont le nom m'échappe.
J'avais foncièrement détesté le pilote mais, face aux critiques élogieuses, je me suis accroché et... J'ai adoré : innovante, très écrite, moderne, réaliste voire naturaliste, avec de vraies scènes d'anthologie. Ah ! Shoshanna sous crack ! ;))
Je trouve pas cette série sur dp stream quand je marque "Girls" c'est bien sa le nom de la série ?
Ce que j'ai apprécie c'est que les actrices principales je ne les connaissais vraiment pas du tout et elles incarnent très bien des Mlles tout le monde. Bon cette série n'est pas transcendantale, mais j'ai bien aimé quand même :-)
moi j'aime bien les girls
Je ne connais pas cette série mes je vais la télècharger!<3!