
Maire de Chicago, Tom Kane vient d'être diagnostiqué d'une maladie incurable. L'homme ne se confie qu'à sa fille, Emma, avec laquelle les relations sont quelque peu houleuses. Sa femme, Meredith, fille de l'ancien maire, et ses proches conseillers, Kitty O'Neill et Ezra Stone, sont ses "fidèles" alliés . Dans l'ombre de ce maire se déroulent nombre corruptions qu'un journaliste local tente d'éclaircir et une campagne au poste de Gouverneur de l'Illinois qui voit s'affronter l'actuel gouverneur en poste et le jeune et habile Trésorier de L'Illinois, Ben Zajac, jeune protégé de Kane.
Que ceux qui aiment la politique lèvent le doigt ! Ok, je recommence!
Que ceux qui détestent la politique lèvent le doigt! Ok, baissez tous le doigt !
Certes, la politique est partie intégrante de Boss. Mais la série reste surtout un drama profondément humain.
Série créée par Farhad Safinia et produite par Gus Van Sant, qui a également réalisé le premier épisode et dont la patte a réussi à s'imposer tout au long de la première saison, Boss est une réussite.
Tout commence par un générique magnifiquement réalisé à grands renforts de ralentis, travelling et bokeh (flou d'arrière plan d'une image permettant de détacher le sujet de son environnement), et renforcé par le blues de Robert Plant entonnant "Satan, your kingdom must come down", tout un programme !
Nous sommes plongés au coeur d'un système quasi mafieux, dirigé de main de maître par Tom Kane, assisté par ses collaborateurs zélés, où les réseaux d'influence côtoient les politiciens véreux, les médias corrompus, où les conflits d'intérêt sont légion.
Pas bien joli tout ça me direz vous, et je vous le confirme. Si vous êtes dépressifs passez votre chemin, Boss ne vous redonnera pas le sourire.
Pour les amateurs de vérité, de sujets complexes, jeux de dupes et autres vous êtes devant le top des séries, à mettre au même niveau que Breaking Bad, dans un autre registre certes, mais le niveau est tout bonnement incroyable !
La réalisation n'a d'égal que les dialogues aux couteaux, pas de phrases inutiles, pas de mouvements de caméra superflus !!
Voilà pour les bases, maintenant il va falloir résumer tout ça sans trop spoiler.
C'est pour ça que j'ai décidé de glisser quelques phrases, signalées par un *, extraites d'épisodes, sans pour autant dévoiler le fond:
Tom Kane, atteint d'une maladie incurable, est maire de la ville de Chicago, qu'il dirige de main de maître. Une main de fer dans un gant ...de fer!
Pour effectuer un changement dans la continuité, il décide de parrainer Benjamin Zajac, jeune loup aux dents très longues, avide de pouvoir, et lui propose de briguer le poste de gouverneur contre son ennemi Cullen McCall, vieille connaissance ayant aussi travaillé avec Kane.
"Changement de l’extérieur, continuité de l'intérieur"* comme le dit un des magnats de Chicago!
Son réseau d'influence (média, membres du conseil d'administration, entreprises etc...) lui permettant d'obtenir toutes les informations requises à la mise en place de Zajac, à grand coup de pressions diverses et variées.
Il est bien sûr épaulé dans cette tâche par ses conseillers avec en tête Ezra Stone, véritable homme de main, d'une fidélité sans faille, ou presque, et Kitty O'Neill, secrétaire jouant de son charme pour gravir les échelons, opportuniste de premier ordre.
Vient ensuite sa femme, Meredith, véritable alter ego de Kane, capable d'au moins autant de manipulations que lui. Fille de l'ancien maire de Chicago, son visage caché derrière un sourire enjôleur, elle a également aidé, avec son père, à mettre en place Kane au poste qu'il occupe !
On pourrait comparer Tom et Meredith Kane au docteur Jekyll et mister Hyde tant ils semblent différents dans la complémentarité, unis par un mariage de façade, mais luttant ensemble contre leur propre fille Emma qui pourrait faire de l'ombre à leurs carrières respectives ; Emma ayant un passé lié à la drogue, et luttant contre ses propres démons.
Kane va quand même essayer de renouer des liens avec sa fille, qui deviendra sa seule alliée ( elle est la seule à savoir pour sa maladie), mais manipulée elle aussi par Kane, décidément machiavélique jusqu'au bout!
Par la suite, l'intrigue se complique quelque peu car des affaires vont ressurgir d'outre-tombe, notamment une histoire d'enfouissement de déchets toxiques remontant à plusieurs années, Kane disant: "Jour après jour,les gens oublient, ils passent à d'autres problèmes!"*.
Il va devoir faire face à ce problème ainsi qu'à des attaques de toutes parts, déjouant les complots avec un brio déconcertant, anticipant les actes de ses adversaires comme si trahison, manipulation, étaient son lot quotidien...
Tous les acteurs (média, entreprises ,conseil d'administration etc...) de ce drame étant plus ou moins de mèche avec Kane ou son ennemi, chacun joue une partition susceptible d'être changée en cours de route, et jouant également leur va-tout dans cette lutte sans merci pour le pouvoir.
Au milieu de ce nid de vipères vient se faufiler Sam Miller, du journal "Chicago Sentinel", journaliste d'investigation toujours en quête de vérité,mais pieds et poings liés par son Chef lui même en cheville avec le pouvoir. Ça va vous suivez toujours?
Seulement voilà la maladie de Kane, il est victime d'hallucinations et autres problèmes physique, vient modifier le cours de l'histoire. Ses perceptions et certaines décisions changeant le regard de ses conseillers qui se méfient peu à peu de lui, et voient dans l'avénement de Zajac une porte de sortie intéressante.
Les rencontres entre Kane et son beau père, atteint lui aussi d'une maladie incurable, lui renvoie sa propre image pathétique d'un avenir qu'il sait inéluctable.
De nombreux dommages collatéraux viennent secouer tout ce petit monde, et il semble difficile d'établir une différence entre les acteurs de ce drame, tellement l'univers est sombre. Aucun n'est ni bon ni mauvais, le ying et le yang.
Une chose parait évidente cependant, c'est la solitude des personnages ! Ils ont beau être entourés, ils restent seuls avec eux-mêmes et sont seuls capables de décider de leur avenir, l'expression anglaise "alone together" semble correspondre parfaitement à la situation. Ils n'ont personne à qui se confier. Kane, avec sa maladie et ses ennuis, Meredith si entourée mais livré à elle même, Kitty et sa relation avec Zajac sans solution, Zajac avec ses pulsions, Stone et son dévouement envers Kane mis à mal, Emma et ses problèmes qu'elle ne peut résoudre, et tous les autres acteurs sont seuls...si seuls.
L'excellence du scénario, la réalisation sublime et la performance des acteurs font de ce drama un must pour cette saison, à voir absolument !
Allez, je vais me relancer dans cette serie. J'ai bien lu "au meme niveau que Breaking Bad"... alors attention!
Attention il y a des mots à ne pas employer à la légère "au même niveau que Breaking Bad"... Je vais de ce pas tester la série.
Merci pour le Bilan.
curieusement j'ai pas accroché, pourtant j’adore le genre, mais c'est un peu trop austère pour moi, The Rubicon avait des thèmes plus intéressants, là, les intrigues pour le fauteuil du maire d'une ville US, bof
autant regarder des homards se marcher dessus dans un aquarium
*Houellbecq
enfin, je m'y remettrai peut être plus tard après la fin de Damages
Je n'est pas encore vu 1 seul épisode mais au vu des bonnes critiques...à regarder à l'occasion
Boss est une bonne série, mais c'est vrai qu'elle est un peu austère, voire froide.
En revanche, elle est laaaargement en dessous de Breaking Bad, à mon humble avis.
completement d'accord avec le critique et oui cette serie est bien du niveau de Breaking Bad !! meme si les sujets sont differents, la production, le jeux des acteurs ,la compléxité psychologique des personnages, le réalisme et les mises en scene sont sublimes.
Le milieu décrit est en effet proche d'un milieu mafieux et comme dans The Shield, aucun personnage n'est totalement bon ou mauvais et si ils sont mauvais les circonstances les poussent à l'etre.
un chef d'oeuvre de 1ere saison
j'ai regardé la série d'une seule traite sans interruption.
je dois dire que cette série m'a subjugué tant par un jeux d'acteur maîtrisé à la perfection et par un univers sombre et cruel et si complexe où se mêlent complot et vérité loyauté et trahison secret et révélation. Cette ambivalence du sujet et cette profondeur dans son traitement ne m'ont pas laissé indifférent. Cette série surclasse toutes celles qui l'on précédé. ce regard cynique et austère sur la réalité des coulisses de la politique est un régale pour l'amateur que je suis. Mon seul regret finalement c'est que la série s’achève au bout de 2 saisons.