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Speechless - 1x1 : P-I-PILOT

1x1 : P-I-PILOT © 2016 - ABC

Chaque année, lors de la rentrée des séries américaines en septembre, ABC dévoile son lot de nouvelles comédies. A la recherche d'un nouveau succès pour prendre la relève de Modern Family, la chaîne fait se succéder les tentatives plus ou moins réussies. Parmi la cuvée de cette année l'on découvre Speechless, ou l'histoire d'une famille américaine moyenne devant composer avec un enfant handicapé (d'où le titre de la série, littéralement « sans voix » en français) qui se déplace en fauteuil roulant. Portée par l'excellente Minnie Driver, que l'on pouvait apprécier dans la série About a Boy l'année dernière sur NBC, cette nouvelle comédie made in ABC accumule les clichés mais ne manque pas de promesses pour la suite.

Dans ce pilot, la famille déménage une énième fois, espérant trouver une école adaptée à J.J (l'enfant « sans voix ») alors que les autres chérubins manquent d'enthousiasme à cette idée, d'autant plus que la maison dans laquelle ils emménagent n'a rien pour plaire. Mais si l'on pouvait attendre une overdose d'humour noir avec un tel sujet, il n'en est rien puisque la série ne cherche pas à focaliser toutes ses intrigues sur les problèmes moteurs de l'adolescent. Au contraire, celui-ci a moins de présence à l'écran que son frère, énième itération de l'amoureux transi d'une jeune fille dans sa nouvelle école. Et finalement, ce qui devait faire l'originalité de la série passe au second plan, malgré la recherche d'une « voix » pour l'enfant en besoin. L'épisode passe à toute vitesse et le format vingt minutes n'y est pas pour rien, car les personnages vont et viennent en un claquement de doigts, à l'image de la femme embauchée pour être la « voix » de J.J, rapidement évincée car lui rappelant trop la Fée Marraine de Cendrillon. Cette rapidité d’exécution empêche toute implication affective du spectateur qui assiste à une dynamique bien rodée, à défaut d'être passionnante.

Le pilot met en place les futurs éléments de la série, comme l'arrivée de Cedric Yarbrough pour incarner le fidèle compagnon de J.J et sa « voix » auprès des autres mais cette mise en place a un prix : le manque d'originalité. C'est d'autant plus visible lorsque J.J, encore inconnu par la plupart des élèves de l'école, est ovationné pour être le président du conseil étudiant, rappelant la plupart des fictions mettant en scène des êtres hors-norme dans une école américaine. Si l'intention est louable, le réalisme est mis de côté.

Là où la série déçoit, c'est également dans son manque de rires francs. Comme pour la plupart des comédies, il faudra du temps pour que le spectateur s'attache aux personnages mais l'ensemble manque encore de conviction, à l'image d'un casting pour l'instant trop sage (exception faite de Minnie Driver qui joue le jeu à merveille). Rappelant à de nombreuses reprises The Real O'Neals (même si le sujet n'est pas le même) et bons nombres d'autres comédies de la chaîne, la nouvelle série d'ABC en a sous le pied mais n'ose pas encore le lever. Il faudra utiliser à bon escient un père de famille trop effacé pour l'instant, une cadette déterminée mais réduite au rôle de faire-valoir comique dans ce pilot et un Micah Fowler qui devra obtenir des story-lines moins stéréotypées pour s'imposer. La série pourrait être attachante, drôle et enlevée mais un long chemin est encore à parcourir pour y parvenir.

5/10

Bilan

La série manque de mordant et réutilise des cordes déjà bien usitées par les précédentes comédies de la chaîne ABC. Toutefois, l'ensemble est assez sympathique et dynamique, invitant à découvrir quelques épisodes encore, avant de la poursuivre ou de la sacrifier sur l'autel des innombrables comédies.

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Speechless
Note de la série :
6.6/10