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Atlanta - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © FX - 2016

Attention : vous devez avoir vu la saison avant de lire cette critique.


Avec une première saison courte de dix épisodes, Atlanta impose rapidement et efficacement son style si particulier. Menée par un Donald Glover en grande forme, la série explore avec brio la vie de jeunes noirs dans la banlieue de cette grande ville.

Et c’est avec une certaine humilité, non dénuée d’humour, que le jeune trentenaire traite le quotidien de ses personnages entre la galère permanente qui amène son lot de situations improbables et les tensions sociales voire raciales qui ravivent le côté obscur de la société américaine.

Atlanta est avant tout le bébé de Donald Glover. Derrière et devant la caméra et même sur la bande originale sous le nom de Childish Gambino (son nom de rappeur), il a pris le temps de créer son show comme il le voulait en parallèle de sa carrière télévisuelle et musicale.
En résulte une comédie-dramatique réaliste de qualité. La série suit les aventures d’Earnest (Donald Glover), un jeune papa qui tente de gagner sa vie comme il le peut. Il va devenir le manager officieux de son cousin Alfred dit « Paper Boi » (Brian Tyree Henry), petit rappeur inconnu qui se fait une place sur la scène rap d’Atlanta grâce à un son éponyme. Ce dernier est toujours accompagné de Darius (Keith Stanfield), frère de galère assez haut perché et personnage détonant !

Et c’est de ça dont il est question ici, de la routine quotidienne de ces jeunes aux ambitions différentes qui partagent néanmoins le même environnement. Atlanta n’est ni une découverte exhaustive de la scène hip-hop underground, ni un constat à charge du sort des minorités habitant les banlieues. Non, Atlanta possède son propre rythme, plutôt tranquille, qui s’attache aux pérégrinations de ses personnages qu’ils lézardent tout un après-midi dehors à manger des chips ou qu’ils essayent de se démerder à trouver de l’argent pour manger le soir.

L’humour est tout aussi caractéristique. Bien loin des blagues hilarantes ou des gags à grosses ficelles, la série propose un ton singulier très proche de l’humour noir et servi par un casting qui le manie parfaitement. Le meilleur exemple reste le season finale « The Jacket », espère d’odyssée ponctuée d’embûches qui voit Earn tenter de retrouver sa veste perdue la veille dans une soirée. Blasé, il retrace son parcours enchaînant plusieurs situations improbables jusqu’à finir de retrouver sa veste sur le dos du chauffeur Uber, en réalité un trafiquant d’armes traqué par la police fédérale qui l’abat sans sommation en plein milieu d’un quartier résidentiel. La série réussit l’exploit de nous faire rire dans la pire des situations en empathie avec le personnage tout en dénonçant la violence policière.

Cette vision humoristique sait également disparaître quand il faut à l’image du second épisode « Streets On Lock » qui voit Earn passer sa journée en garde à vue et dénonce sévèrement les dérives policières et certaines tensions raciales. Au delà de ces sujets de fond, très graves et malheureusement d’actualité, le show prend également le temps de s’intéresser au parcours singulier de ses protagonistes. Je pense notamment au traitement assez juste et complet de la célébrité de Paper Boi, très relative d’ailleurs et qui n’oublie pas les mauvais côtés de celle-ci. Le rappeur est rapidement sous pression et craint régulièrement de se faire attaquer en même temps qu’il tombe malgré lui dans la criminalité. Sans qu’Alfred n’en parle explicitement à son entourage, on donne néanmoins au spectateur une clé de compréhension supplémentaire grâce au jeu d’acteur et à quelques indices bien placés.

Que ce soit concernant l’argent, la famille, le travail ou encore les réseaux sociaux, Atlanta parvient à donner du relief à ses intrigues grâce à ces problématiques classiques qui s’intègrent naturellement dans la narration ou même à l’écran. L’image est d’ailleurs assez sobre et ne montre que l’essentiel à travers la caméra de Donald Glover ou de Hiro Murai pour la quasi-totalité de la saison. La bande originale quant à elle plaira aux connaisseurs et ouvrira de nouvelles portes aux non-initiés comme moi.

Tout n’est pas parfait bien sûr, tout comme l’épisode « B.A.N. », véritable sortie de route qui s’apparente plutôt à un délire de l’équipe créative sur la forme, tandis qu’il peine à trouver de la justesse sur les sujets de fond qu’il traite. Cette première saison accuse quelques lenteurs ici et là mais rien de bien dommageable comparé à la qualité de la grande majorité de celle-ci.

Une deuxième est d’ores et déjà commandée par la chaîne FX qui semble être sur la même longueur d’onde que Donald Glover. Le jeune touche à tout est un talent à surveiller ces prochaines années puisqu’en plus d’avoir sorti un nouvel album, il apparaîtra sur le grand écran dans deux rôles non-négligeables : il apparaîtra dans le prochain Spider-Man et incarnera le célèbre Lando Calrissian dans un nouveau prequel de la franchise Star Wars.

8/10

Bilan

Comédie-dramatique de qualité, Atlanta est assurément un des meilleurs shows de la rentrée. Donald Glover impose une écriture et une vision singulière d’un espèce de carpe diem de la galère particulièrement abouti.

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Atlanta
Note de la série :
9.4/10