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The Young Pope - 1x3 : Episode 3, 1x4 : Episode 4

1x3 : Episode 3, 1x4 : Episode 4 © Canal+ - 2016

Attention : vous devez avoir vu les épisodes avant de lire cette critique.

Après une introduction réussie, The Young Pope quitte ses plus beaux habits pour finalement entrer dans le vif du sujet, le jeu de pouvoir. Au revoir donc les plans majestueux et les tableaux détaillés pour une narration plus intime, dans les recoins sombres du Vatican.

Le show ne perd néanmoins pas de sa superbe, enchaînement rapidement sur les premiers mouvements décisifs des pions sur l’échiquier. Tactiques et dynamiques de clan se mettent doucement en place, le pape Pie XIII semblant deviner à l’avance les coups bas de ses opposants.

En plus du cardinal Voiello, l’ancien mentor de Lenny Belardo -le cardinal Spencer- se montre un peu plus menaçant, lui qui était prêt à se suicider à la nomination de son poulain. On découvre d’ailleurs le complot orchestré par l’ensemble des cardinaux qui voyaient en Belardo la marionnette idéale ainsi que le compromis entre les idées des conservateurs et des progressistes.

La réalisation et l’écriture de Paolo Sorrentino explorent plutôt bien les conséquences de ce choix : une panique relative semble se répandre dans la curie romaine qui fait son possible pour éviter que le bateau coule. Le rôle de grand méchant est régulièrement inversé, obligeant le téléspectateur à prendre partie. Pie XIII est tantôt désigné comme l’incarnation du Mal et tantôt comme le Sauveur de l’église.

Il s’agit là d’un autre paradoxe qui caractérise le personnage, ces deux épisodes soulignant encore l’espèce de schizophrénie dont il semble être atteint. Avec justesse encore une fois, et de façon assez habile, la série dépeint son pape autant à travers ses excès de zèle presque divins que ses incertitudes voire sa méfiance en tant que simple sujet d’un être supérieur.

Dans sa chasse aux sorcières, Pie XIII débute son entreprise de déconstruction de la direction actuelle. Les humiliations sont légions et son homophobie notoire une arme de choix pour se débarrasser de ses opposants. Même ses collaborateurs en sont victimes, à l’image de cette femme d’église pour qui il fait rapatrier le corps de sa sœur au sein du Vatican avant de l’offenser en la traitant de non-croyante parce qu’elle pleure. Il prouve également un certain extrémisme, que ce soit face aux médias mais aussi au sujet des autres courants du Christianisme qu’il ne semble pas tolérer. Sa menace de faire exploser l’Eglise jette un certain froid sur l’intrigue qui s’assombrit un peu plus. Le passage avec l’accueil des émissaires du Groenland illustre parfaitement ce dont je parle précédemment.

Les dialogues et les monologues se font plus réguliers. Des clans se forment et l’opposition se met en formation. La narration s’adapte et opte pour des décors plus sombres, dans la nuit, à la lumière des bougies etc...

La gente féminine est également davantage présente à l’écran. Après Sofia et sœur Marie, deux personnalités fortes, l’intrigue s’arrête sur Esther (Ludivine Sagnier) et en fait une brebis égarée, qui cristallise les questions relatives à la croyance. Pie XIII s’étant attaché à elle, il n’en fallait pas plus pour Voiello pour lui mettre la pression et affaiblir le pape, énième tentative pour en apprendre plus à son sujet et tenter de le destituer.

En parallèle, l’intrigue développe « l’affaire Kurtwell », Lenny Belardo se saisissant enfin de ce lourd dossier du Vatican en missionnant l’un de ses confidents sur cette affaire de pédophilie. Javier Cámara est assez touchant, le Cardinal Gutierrez étant un personnage plutôt neutre pour l’instant et donc hors des luttes de pouvoir. Il a même droit à son lot d’onirisme avec l’apparition d’une jeune fille de son passé. J’ai frissonné pendant le passage où il se voit annoncer sa mission, un dialogue simple mais finement écrit dont voici les meilleurs mots : « Très Saint Père, je suis un reclus. Je ne connais la vie qu’à l’abri de ces murs (...) je ne sais pas traverser une rue, je ne sais pas prendre une chambre d’hôtel, je ne sais pas commander un repas dans un restaurant. Je suis comme un canari dans sa cage, si vous le libérez...il meurt. »

En bref, The Young Pope prend un rythme de croisière en abandonnant les lourdeurs et les longueurs nécessaires de son introduction. La série excelle toujours autant à lier des problématiques très humaines à des questions plus subjectives. Les scènes de rêve ou les fantasmes sont distillés intelligemment pour faire retomber la pression. Je pense à cette fin d’épisode où la ministre du Groenland danse seule dans une immense sale sur le disque Senza Un Perché de Nada qu’elle a offert au pape. Juste parfait, ni trop fantasque ni trop sérieux et caractéristique de l’ambiance générale posée par la série.

Note de l'épisode 1x3

7/10

Note de l'épisode 1x4

8/10

Bilan

Suite maîtrisée après une introduction magistrale, ces deux épisodes plongent l’intrigue dans une sombre lutte de pouvoir qui n’indique pas clairement le Bien du Mal. La finesse et la justesse de l’écriture et de la réalisation font mouche à nouveau.

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