Critiques

Seriesaddict.fr  par | 6

The OA - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2017 - Netflix

Attention, il faut avoir vu l'intégralité de la série avant de lire la critique.

Netflix continue d'offrir à ses abonnés des projets de plus en plus ambitieux, toujours dans l'optique de satisfaire la demande, proposant ainsi des séries totalement inattendues comme The OA, une production déroutante et schizophrénique, dont le caractère unique pourrait la hisser au même niveau que le déjà inoubliable Stranger Things.

Historique

The OA est l'oeuvre de Brit Marling, qui interprète le rôle de Prairie Johnson et de Zal Batmanglij (se rend-t-il compte de la chance d'avoir un nom de famille comme celui-ci ? #LoveBatman).
Inconnus au bataillon, les créateurs de la série originale Netflix n'en sont pourtant pas à leur coup d'essai, puisqu'ils ont déjà collaboré ensemble à plusieurs reprises. En effet, Brit a participé au scénario de Sounds of My Voice en 2011 et à celui de The East en 2013, deux longs-métrages réalisés par Zal et qui ont connu de francs succès lors de festivals à travers le monde.
En me renseignant sur ces deux films (que je regarderais rapidement soit dit en passant), on s'aperçoit que certains des thèmes abordés sont repris dans The OA, comme les notions de secte (à travers les recherches du Dr. Hunter Aloysius ou les réunions presque mystiques de Prairie) et l'écologie, avec une nature omniprésente jusque dans les cellules où sont emprisonnés Prairie, Homer et les autres.

The OA : Une série unique en son genre

Comme je le disais un peu plus haut, The OA est une série déroutante, capable d’enchaîner des moments complètement WTF, et des moments plus intimistes et ultra-réaliste en l'espace de seulement quelques secondes. Un OVNI télévisuel dont on a du mal à comprendre le but et le sens, même à la tout fin.
A la fois un drame intimiste, une série sociale à l'aspect écologique, scientifique et moral, une série fantastique, une série de science-fiction et un thriller, The OA a une composition scénaristique assez étrange donc, qui peut paraître brouillonne, aux premiers abords. Mais ce mélange des genres est subtilement maîtrisé par les deux scénaristes qui savent où ils vont, tout en désordonnant intelligemment leur structure schématique pour perdre le téléspectateur et noyer tout raisonnement rationnel, un sentiment appuyé par la complexité du scénario théorisant sur l'au-delà et la vie pendant et après la mort, qui offre une perspective inédite sur les morts imminentes (M.I), à la fois originale et scientifiquement plausible.

Mais finalement, là où The OA est la meilleure, c'est dans son aspect sociétal et intime, quand elle s’intéresse à la vie quotidienne des quatre adolescents et de la professeure des écoles. Les scénaristes Brit Marling et Zal Batmanglij leur ont donné de véritables identités, de véritables personnalités et des histoires touchantes qu'on a parfois plus envie de suivre que celles de Prairie et ses délires dimensionnels. Une frustration qui sera peut-être comblée durant la saison 2.

Concernant la réalisation et la mise en scène des séquences se déroulant lors des morts imminentes, il faut saluer le travail du responsable des effets spéciaux, qui réalise là une sublime représentation imagée de ce que pourrait être le pont entre la vie et la mort. Symétrique, colorée, avec une petite touche de fantaisie spatio-temporelle, The OA offre ici des séquences (fantasmées par Prairie ?) absolument irréelles et d'un charme divin et mystique, rare à la télévision.
Pour le reste, la réalisation est assez sobre, tantôt grisâtre, tantôt expressive et chatoyante, venant accentuer l'aspect intimiste et dramatique de la série, mais aussi la beauté environnante et que l'Homme ne perçoit plus, rappelant à certains moments les œuvres du cinéaste Denis Villeneuve, telles que Prisoners ou Enemy.

Quant à la musique, elle apporte une candeur mystique à d'innombrables scènes et une force émotionnelle incontestable à certains moments, comme lors de la scène finale où les quatre adolescents et de la professeure réalisent les cinq mouvements.

Les cinq mouvements

Je ne pouvais pas terminer cette critique sans toucher un mot sur les dernières minutes du show.
Je regarde des séries depuis l'âge de 8 ans, autant vous dire que des scènes inoubliables, mémorables et touchantes, j'en ai vu quelques-unes. Mais, je crois que jamais, d'aussi loin que je me souvienne, je n'ai ressenti une telle puissance émotionnelle que lors du season finale. La scène finale de la saison 1 de The OA où les quatre adolescents et la professeure exécutent pour la première fois les cinq mouvements enseignés par Prairie est juste... Il n'y a pas de mots. Le contexte, la musique, l'interprétation des acteurs et la chorégraphie forment une harmonie si parfaite que décrire mon sentiment avec des mots ne suffiraient pas.
Finalement, cette scène est à l'image de la série, inexplicable, tant sur la forme que sur le fond. Elle nous prend aux tripes sans que l'on sache réellement pourquoi, on admire la performance et on en oublie même le scénario : Pourquoi le tireur n'a pas exécuté les protagonistes pendant leur danse ?

7/10

Bilan

Peut-être moins accessible que Stranger Things, le dernier succès de Netflix, The OA est tout aussi unique dans son genre, mais risque vite de déboussoler les moins sériphiles d'entre vous. En effet, tous le monde ne sera pas susceptible d'accorder autant de crédit aux partis pris de Brit Marling et Zal Batmanglij, pouvant alors rapidement abandonner la série pour ses choix scénaristiques, de mise en scène ou même ses engagements " religieux ".
Il est vrai qu'on ne sait pas vraiment ce qu'on regarde, et il est parfois difficile de se laisser embarquer par le caractère riche et fragile de l'histoire contée par Prairie Johnson, qui sonne à la fois si vraie et si fausse. Pour ma part, je suis passé par toutes les humeurs, tous les sentiments et tous les états, et j'en suis ressorti lessivé par cette production qui mélange tous les genres, mais que j'ai appréciée par ses propositions et ses ambitions.

6 Commentaires

  • Akukame
    Le 18/01/2017 à 15h59

    Merci à toi d'évoquer les dernières minutes du show rien que de te lire j'en ai eu des frissons car ca m'a rappelé ce que j'ai vu et ressenti. J ai dû me remater cette scène 15 fois et à chaque fois la même émotion ! Si cette scène est aussi brillante c'est aussi car elle a été très bien amenée avec les épisodes précédents.

  • Loic Marie
    Le 18/01/2017 à 18h41

    Je crois que tout le monde a regardé cette scène des dizaines de fois, toujours avec la même émotion. Je n'arrive pas à expliquer pourquoi il y a une telle puissance qui se dégage de cette scène... Parfois, il n'y a pas d'explication. Et je vais actualiser ma critique pour le dire. Cette scène nous prend aux tripes, et tu as raison de dire que cette séquence est brillante car elle a été amenée avec les épisodes précédents.

  • Dexter0015
    Le 18/01/2017 à 20h11

    Un bien beau bilan qui rend hommage à cette série.
    Pour ma part je suis plus mitigé sur les effets spéciaux/traitements des scènes de M.I. qui ne m'ont pas autant séduit, mais ça ne gâche en rien la qualité de la série, qui de toute façon ne réside pas dans ces effets spéciaux.
    En revanche je te rejoins complètement sur tout le reste, The OA n'est pas une série qui plaira à tout le monde, mais si vous laissez les scénaristes vous perdre dans ce voyage onirique, il y a de grandes chances que vous vous régaliez, et tant pis si la série n'a pas de réel "sens/dénouement", c'est aussi un peu ce qui la rend magique.

  • Loic Marie
    Le 18/01/2017 à 21h27

    Merci Dexter :)

  • Bougrea
    Le 19/01/2017 à 09h01

    Pareil, j'ai eu des frissons avec cette scène finale. La musique, les mouvements (pourtant ridicule) mais effectués par des personnages si différents. Par contre, quand l'épisode se termine, je me suis dit: putain j'ai rien compris ;)
    L'histoire de Prairie est elle réelle ou imaginée. On espère qu'elle l'est même s'il n'y a pas de certitudes. Les scénaristes jouent avec nous. Vivement la saison 2

  • Loïc Marie
    Le 19/01/2017 à 15h47

    Pour info, c'est le chorégraphe de Sia qui a fait les chorés de la serie :)

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The OA
Note de la série :
8.3/10