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A Series of Unfortunate Events - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2017 - Netflix

Attention, il faut avoir vu l'intégralité de la saison avant de lire la critique. Je tiens également à préciser que je n'ai pas lu les œuvres littéraires, je ne pourrais donc faire aucune comparaison entre celles-ci et la série.

Historique

Après une adaptation cinématographique sortie en 2004, signée du réalisateur Brad Silberling (Alfred Hitchock présente (1988) et Casper (1995)), et dont l'accueil critique fût mitigé, Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire s'offre aujourd'hui une renaissance scénaristique et visuelle grâce à la plateforme Netflix.

Série littéraire à succès du début des années 2000 et composée de 13 tomes destinés à la jeunesse, l'histoire des orphelins Baudelaire a pris vie sous la plume de l'écrivain américain Daniel Handler, dont les œuvres ont été signées de l'hétéronyme Lemony Snicket.
L'intrigue relate les malheurs de trois enfants, Violet, Sunny et Klaus, devenus orphelins suite à l'incendie qui a coûté la vie à leurs parents. Tout en essayant de mettre en échec les plans les plus tordus du Comte Olaf, prêt à tout pour s'emparer de leur fortune, ils devront découvrir la vérité sur le mystère entourant la mort de leurs géniteurs.

Les huit épisodes de la première saison couvrent les quatre premiers tomes à savoir, Tout commence mal, Le laboratoire aux serpents, Ouragan sur le lac et Cauchemar à la scierie. Le showrunner de la saison est Mark Hudis, qui a travaillé comme co-producteur exécutif et scénariste sur des productions télévisuelles telles que That 70's Show, Nurse Jackie, True Blood ou encore Elementary. A savoir que l'écrivain Daniel Handler a également participé à l'écriture de la série.

Lemony Snicket brise le 4ème mur

La première chose qui m'a surpris dès les premières secondes du show, c'est la narration, une métafiction, où le narrateur brise le quatrième mur pour s'adresser directement aux téléspectateurs.
Au fil des épisodes, on découvre donc le personnage de Lemony Snicket (l'alter ego de l'auteur), ici incarné par Patrick Warburton (Men In Black 2, Ted 1&2), nous narrant les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Dans un style à la fois ironique, philosophique et austère, Snicket interrompt parfois la série, pour faire une remarque, un état des lieux, de la situation ou encore expliquer un mot de vocabulaire et/ou une expression. Si cette narration vise à créer une forme d'originalité à son concept de base, elle vient quelques fois casser le rythme de nombreuses séquences. Des interruptions gênantes qui très souvent n'ont aucun impact sur la résolution des intrigues et n'influent nullement sur l'avenir des Orphelins, mais renforcent le côté singulier et excentrique d'une série déjà bien déjantée.

On se doute que Lemony Snicket aura un rôle plus important à jouer dans les prochaines saisons mais pour l'instant, sa présence en tant que narrateur pourrait paraître inutile aux yeux de certains téléspectateurs et agacer. En effet, ses apparitions sont répétitives dans le ton, comparables à une vieille rengaine qui devient vite lassante.

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire

Un des autres aspects qui m'a pleinement empêché de rentrer dans la série, c'est son univers trop décalé, pessimiste, le côté surréaliste des événements et ses personnages hauts en couleur qui manquent cruellement de lucidité. En effet, mise à part les Orphelins Baudelaire (Lemony Snicket et le Comte Olaf), tous les autres protagonistes semblent déconnectés de toute forme de réalité et ne semblent guère se soucier de l'avenir de Sunny, Violet et Klaus. Un sentiment que l'on ressent plus fortement lors des séquences avec le banquier par exemple, qui ne reconnait jamais le Comte Olaf, abandonnant les Orphelins Baudelaire à leur sort, tout en ironisant sur les situations les plus dramatiques auxquelles ils font face. Devrait-on y voir une allégorie de l'adolescence? Un univers étrange à l'ambiance presque cauchemardesque similaire à celui d'Alice aux Pays des Merveilles, une oeuvre à l'image de A Series of Unfortunate Events, dont les subtilités pourront désarmer certains téléspectateurs ou au contraire les rendre accro. Cette sensation de cauchemar, on la ressent notamment dans la structure scénaristique de la série, qui " s'amuse " avec les répétitions dramatiques (les changements de tuteurs, le Comte Olaf revenant hanter sans cesse les enfants, la malchance...), ce qu'Olaf appellerait lui, en fin connaisseur du monde théâtral, un comique de répétition. Cependant, ces choix scénaristiques pourront paraître lassants aux yeux des téléspectateurs, et certains y verront même un manque cruelle d'imagination de la part de l'auteur. Ce sont des partis pris qui, personnellement, ne m'ont pas gêné puisqu'ils reflètent parfaitement l'univers mélodramatique qu'essaient de construire à la fois l'oeuvre littéraire et télévisuelle. De plus, la série est parsemée de petits rebondissements très intéressants (ex : les parents des soi-disant Baudelaire que l'on voit en caméo et qui ne le sont pas) qui font disparaître toute idée de lassitude, et on se laisse alors embarquer dans cette production malheureuse, de façon inattendue.
Enfin, il faut reconnaître aux Orphelins Baudelaire qu'elle casse littéralement les codes du conte de fées classiques. Sans avoir jamais lu un des romans, je reconnais que dénaturer la mièvrerie des histoires pour enfants est une idée plus qu'originale et permet de ressentir plus facilement de la compassion pour ces enfants abandonnés au destin tragique.

Quant à la réalisation et la mise en scène, elles accentuent l'aspect extravagant des œuvres de Daniel Handler, tout en lui donnant une touche personnelle propre aux productions Netflix. Mais la série ne serait rien sans Sandy Walker, chef décoratrice de la série, dont les influences (très colorées) de son travail sur Star Trek Beyond, Le Bon Gros Géant et A La Poursuite de Demain se fait largement ressentir. On lui pardonne alors ses fautes de goût sur Les 4 Fantastiques et le Surfeur d'Argent et Catwoman. Il faut aussi saluer le chef costumier Angus Strathie, qui a notamment habillé les comédiens de Deadpool, Adaline et Le Moulin Rouge, pour lequel il a reçu l'Oscar de la meilleure création de costumes en 2002. Son talent lui a permis ici de transcender les acteurs de la série à travers un habillage précis - révélant ainsi aux premiers coups d’œil la véritable personnalité de chacun -, et notamment sur le personnage du Comte Olaf dont l’excentricité a été sublimée par les costumes et les maquillages de Stacey Butterworth (The Revenant, Warcraft, American Bluff, Joy...).

6/10

Bilan

Déroutant sur de nombreux aspects (narration, ton et ambiance, traitement des personnages...), Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire arrive peu à peu à séduire, si on se laisse immerger dans cet univers dickennien, qui ne plaira pas à tout le monde. La série s'amuse en effet à casser les codes classiques des productions télévisuelles lambda et assume ses parti pris de façon audacieuse, toujours dans l'optique de déranger et bousculer les téléspectateurs dans leur petit confort habituel.
On s'attardera surtout sur les qualités visuelles de la série Netflix, véritable chef d'oeuvre graphique et sur l’interprétation de Neil Patrick Harris, qui supplante la production par ses mimiques et sa folie, même si tous les autres acteurs sont d'une justesse incroyable, y compris Sunny (Prunille) sous sa forme CGI.

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A Series of Unfortunate Events
Note de la série :
7.8/10