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Seriesaddict.fr  par | 1

Girls - 6x3 : American Bitch

Résumé

Hannah fait face à un auteur sur qui de graves soupçons de scandale sexuel pèsent. Malgré son admiration pour lui, elle fait tout pour tirer cette affaire au clair.

6x3 : American Bitch © HBO - 2017

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Après un début de saison moyen, Lena Dunham lâche la caméra pour un habitué de la série, Richard Shepard. Ses deux collaborations l’année dernière ont été un succès avec notamment le surprenant et original OVNI The Panic In Central Park. Il réitère avec American Bitch, un troisième épisode tout aussi innovant pour Girls.

Au premier abord, la réalisation déstabilise. La succession de plans fixes de Shepard surprend. Elle installe consciencieusement le décor à savoir l’appartement de Chuck Palmer, un célèbre auteur. L’épisode tout entier sera traité de la même manière avec des cadres posés, alourdissant la narration à quelques reprises.

Celle-ci est également particulière : l’action se déroule sur un seul après-midi et met en scène deux personnages principaux seulement, à l’exception de quelques figurants au tout début et à la toute fin de l’épisode.

Hannah fait donc face à Chuck Palmer, un auteur célèbre qu’elle admire. Il l’a convoquée à propos d’un article où elle relaie les accusations de jeunes femmes. Le face-à-face n’est pas tendu et les langues se délient au fil des heures.

J’ai trouvé Lena Dunham exceptionnellement bonne dans le registre. Son personnage tient un discours responsable et fait front à un potentiel délinquant sexuel malgré son admiration pour lui. Preuve s’il en est, qu’Hannah est bel et bien devenue adulte. Efficace à l’écran, Dunham l’est aussi à l’écriture : elle ne verse ni dans la provocation et l’accusation à charge, ni dans la paranoïa dont peut faire preuve son personnage.

Le scénario n’est pourtant pas parfait et accuse certaines longueurs ici et là. Ce sentiment est d’ailleurs étayé par la réalisation particulièrement posée voire lente qui peut faire décrocher.

J’ai apprécié la manière dont les deux personnages finissent par se faire confiance et reconnaître leurs torts. J’exclue ce passage douteux et pas vraiment nécessaire où Chuck Palmer décide de sortir son sexe devant Hannah. Le fond n’est pas réellement gênant quand on connaît Girls mais ce passage dénote avec le reste de l’épisode qui se voulait réaliste et pas du tout loufoque.

American Bitch donne l’occasion de mieux connaître Hannah. On s’aperçoit qu’elle est plutôt mature et capable de beaucoup de choses. L’épisode en profite pour sortir de sa dimension divertissante pour un message militant très sérieux. Hannah parle d’un professeur de son enfance un peu trop tactile et raconte une anecdote qui souligne tout le problème du harcèlement sexuel : à quel moment, tel geste ou tel comportement devient un délit ? L’échange évoque régulièrement le thème de l’abus de pouvoir dans un traitement exhaustif avec Hannah représentant la voix des victimes et Palmer l’accusé. Dans ce cas, le rôle d’Internet fait aussi l’objet d’une critique à cause de ses potentielles dérives.

Le personnage en ressort grandi et fait momentanément oublier ses frasques parfois de mauvais goût. Je mettrai un léger bémol à Matthew Rhys (The Americans (2013)) un peu trop caricatural dans l’incarnation de l’auteur. Alors que le rôle a été écrit expressément pour lui, j’aurai préféré un peu plus de relief dans sa prestation qui finit par devenir lisse et prévisible.

Original comme il est, American Bitch se devait de terminer sur une note tout aussi décalée. Au solo de flûte traversière de la fille de Palmer succède le titre « Desperado » de Rihanna qui entame le générique de fin.

Ce troisième épisode relève légèrement le niveau du début de saison. Il aurait mérité à être beaucoup plus vivant, coincé entre un scénario volontairement lent et une mise en scène calme.

6/10

Bilan

Lena Dunham/Jenni Konner à l’écriture et Richard Shepard à la réalisation réaffirment leur collaboration fructueuse pour un épisode nécessaire qui aurait largement mérité d’être plus vivant.

1 Commentaire

  • zangadoo
    Le 13/03/2017 à 23h16

    Bonsoir,
    Bonne critique dans l'ensemble mais je ne suis absolument pas d'accord avec vous lorsque vous dites du moment dans lequelSPOILER l'auteur célèbre et soi-disant injustement accusé de harcèlement sexuel sort son sexe alors qu'il clamait 30 secondes plus tôt avoir besoin de "tendresse". C'est à mon sens le moment le plus important du film, là où tout le dénouement se fait, puisque après avoir passé 25 minutes à le prendre en pitié, on se rend compte qu'il est probablement bien le prédateur sexuel qu'on l'accuse d'être. Il amadoue sa victime, comme Hannah qui réalise qu'elle a peut-être été injuste en accusant sans preuve cet éminent intellectuel, et juste quand elle est enfin en confiance, il lui demande de s'allonger à côté de lui et en profite pour poser son sexe sur sa cuisse.
    Cet épisode était à mon avis très intéressant car il met en valeur un problème trop souvent sous-estimé, à savoir l'impunité de grandes figures du cinéma/littérature/Arts par rapport aux violences sexuelles dont ils sont accusés.

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