
Il est grand temps de clôturer cette saison 4 de Community en revenant sur les épisodes non critiqués ( rapidement et en allant à l'essentiel car l'essentiel, justement, est ailleurs ) et de dresser par la même occasion un bilan non exhaustif du show post Dan Harmon, car après le season final, ça semble important pour comprendre la déception.
Déjà au niveau des épisodes très rapidement, on a pu voir après le dernier épisode critiqué ( Herstory of Dance ) une tentative de revenir aux basiques du show avec l'épisode avec des marionnettes. Je dis tentative car l'épisode Intro to Felt Surrogacy reprend ce qui a par le passé rendu Community très grand mais n'arrive qu'à en sortir un épisode quelconque et bâtard. Comme je le disais dans des critiques précédentes, on sent de la part des nouveaux showrunners une vraie volonté de perpétuer le travail de Dan Harmon, mais on sent également qu'ils n'ont pas forcément les armes pour y arriver. C'est flagrant dans cet épisode où l'idée des marionnettes est bonne ( puisque pas encore utilisé dans le show) mais les lacunes scénaristiques ( la storyline tient sur un ongle ) sont flagrantes.
L'épisode suivant ( Intro to Knots ) nous renvoie directement à la période de Noël, et réunit tous les personnages chez Jeff pour le réveillon. L'élément perturbateur ( l'invitation du professeur d'histoire par Annie ) est l'occasion d'un cours grandeur nature sur les actions et réactions d'un groupe de personnes face à un ennemi commun et comment ces mêmes personnes réagissent à la pression, la trahison et les conventions sociales en temps de guerre. L'originalité principale de l'épisode vient du huit clos et de la très bonne performance de Malcolm McDowell en prof manipulateur et un brin pervers. On regrettera finalement que le délire de psychose qui s'empare du groupe n'explose pas tout bonnement, comme ça a pu être le cas par le passé. L'épisode au final n'est pas mauvais, il n'est pas extraordinaire mais il apporte une dimension différente au show malgré une volonté toujours forte de transmission.
Dans l'épisode 11 ( Basic Human Anatomy ) les scénaristes utilisent le principe de Freaky Friday ( avec Sigourney Weaver ) pour parler des sentiments. Freaky Friday c'est ce film semi culte ( ou kitsch selon les personnes ) qui raconte le transfert d'esprit entre une mère et sa fille, ce qui donne forcément lieu à des quiproquo et autres situations gênantes en cascade. Dans Community, c'est bien sur Abed et Troy qui s'y collent, tant les 2 personnages semblaient prédestinés à cette situation. Alors je ne peux pas dire que l'épisode est foncièrement mauvais, car d'un point de vue subjectif j'ai toujours eu un attachement pour ce genre de scénarii totalement stupides où les situations semblent cousues avec du fil d'or ( c'est plus voyant! ) mais objectivement le show touche le fond dans cet épisode. L'idée est foireuse dès le départ, les ressorts scénaristiques sont complètement usés et on peine à comprendre l'intérêt de l'histoire. Alors bien sur, c'est mignon le fait que Troy n'ose pas rompre avec Britta et qu'il choisisse ce stratagème pour le faire, mais tout ce qui tourne autour de ce moment est complètement raté.
On approche de la fin de saison, et une drôle de sensation se fait de plus en plus ressentir: et si les showrunners rataient complètement cette saison 4? Mais ceux ci semblaient avoir encore un atout en manche avec l'avant dernier épisode de la saison ( Heroic Origins ) qui nous prouvent que l'esprit n'est pas totalement mort. Dans cet épisode, Abed nous fait une démonstration "chorale" des relations entre les personnages et montre au reste du groupe qu'ils étaient destinés à se rencontrer. Sur le papier ça parait ambitieux et un peu casse gueule. A l'écran ça l'est. Mais miraculeusement ça fonctionne aussi. Ainsi tous les personnages du groupe sont liés par une force immuable qui les a mis à un moment donné devant un choix: intégrer Greendale. Très bon moment de TV donc que cet épisode qui arrive sans peine à réhausser une saison en berne et qui semblait préparer de la meilleure des manières ce qui allait arriver dans le dernier épisode. Seul bémol? le rôle de Chang. Non content de l'introduire sur le tard dans la saison, les scénaristes arrivent à retourner la psyché du personnage en quelques secondes et à coup de bons sentiments qui plus est. Dommage tant le potentiel comique est ici inexploité.
Et on en arrive à la fin de saison. Il est clair que les showrunners ont pêché par excès de bonne volonté. En voulant trop bien faire, en voulant satisfaire à tout prix les fans, ils ont oublié un des fondamentaux du show: surprendre. Alors l'épisode ( Advanced Introduction to Finality ) est fun dans le sens où pas mal de choses qu'on aime ou qu'on a aimé dans la série sont présents, que ce soit le paintball où les doubles maléfiques venus d'une autre réalité, mais la réunion de bonnes idées ne crée pas toujours une réussite malheureusement. Ainsi donc, Jeff va obtenir son diplôme et se retrouve face à un nouveau choix: rejoindre son ancien partenaire ou évoluer. Il décide de jouer le tout au dé. Ce qui crée une réaction cosmique et invite les doubles maléfiques du groupe à la fête, dans le but de voir triompher leurs noirs desseins. Et tout se règle dans un tournoi de paintball foireux. C'est peu ou prou le résumé de l'épisode, ou comme dit plus haut, une accumulation de bonnes idées qui au final donnent un spectacle sans queue ni tête et sans réelles motivations à part celles de vouloir bien faire.
Le dernier épisode de la saison est donc révélateur de la principale déception concernant cette saison: à trop vouloir bien faire ou à trop vouloir respecter le travail fait par Dan Harmon pendant 3 saisons, ils en ont oublié les fondamentaux du show pour se cacher derrière les valeurs sures du show, derrière des idées éculées bien que brillantes. Le génie de Dan Harmon sur le show était de toujours savoir surprendre sans forcément donner des facilités aux téléspectateurs. Il innovait sur la forme et le fond en jouant sur des références voire même des auto références toujours maîtrisées, et qui n'avait pas pour but d'attirer de l'audience facile mais plutôt de mettre en lumière une sous culture en train de devenir LA culture: la culture pop, la culture geek ou peu importe comment on l'appelle. Car plus que The Big Bang Theory et son créateur fossoyeur, Community dans ses belles années montrait qu'il est possible de bourrer ses scripts de références sans forcément prendre les téléspectateurs pour des demeurés. Et c'est malheureusement là où échouent les nouveaux showrunners. La transmission de savoir ne s'étant pas faite entre eux et Harmon, on sent tout au long de la saison un vide qu'ils essaient tant bien que mal de combler, avec quelques fulgurances et autres bonnes idées, mais tellement noyées dans la masse qu'elles en deviennent insignifiantes.
Je terminerais en évoquant LE gâchis de cette saison, à mon sens, et peut être au final ce qui exprime le mieux le ratage de cette année, la place réservée au personnage de Pierce, incarné par Chevy Chase. On a beaucoup parlé sur les rapports conflictuels entre Chase et la production, et de sa sortie imminente du show. Clairement on en a pas vu goutte de cette sortie, car là où on aurait pu s'attendre à un départ scénarisé et un tant soit peu respectueux, on a juste assisté à un effacement progressif du personnage à coup de répliques assassines et de mise en retrait. Là où ces procédés scénaristiques servaient le show et la psyché du personnage dans les saisons précédentes ( le rôle de beautiful looser sied à merveille à Chevy Chase ) notamment en en faisant un contre poids important dans le comique de la série, les showrunners de cette saison ont réussi l'exploit de détruire tout le charme du personnage en le transformant en pitoyable faire valoir remisé aux apparitions de luxe, quand il n'était pas tout simplement porté disparu par la grâce d'une pirouette dialoguée. Triste fin.
Je trouve ça dur comme critique, ce n'est que mon avis, seul critique de la critique que je me permettrai... Pour chevy Chase, je trouve ça noraml que la prod l'est évincé du cast au vu des insulte raciste qu'il a proféré contre Yvette Nicole Brown et Donald Glover.
Après toute série a sa saison honteuse, espérons qu'elle sera la seule. Personnellement c'est ma série pop culture humoristique depuis plusieurs années
j'ai cru entendre que Dan Harmon reviendrait peut-être la saison prochaine, simple rumeur? *espoir*
@Yog Sothoth je te rejoins sur le fait que ce soit la meilleure série pop culture humoristique actuelle...et c'est surement pour ça que je suis aussi dur avec, car je l'aime trop pour me satisfaire de la médiocrité!
@shosh effectivement c'est une rumeur persistante depuis quelques semaines...crossfinger même si je ne suis pas persuadé que ce soit la meilleure chose à faire pour lui!
Julien, pour moi c'est une excellente critique... En tout cas à la hauteur de la déception que m'a infligée cette 4e saison, qui m'a à peine arraché quelques sourires par ci par là. Et on confirme une 5e saison ?? Mouais... Ce sera sans moi.
Je suis tout à fait d'accord pour dire que cette saison est loin d'être au niveau des précédentes, mais je suis mal à l'aise avec le verbiage " pop culturiste" qui gonfle ses muscles référentiels pour nous asséner des vérités sur les intentions prêtées aux "showrunners" et les recettes magiques pour rendre la série excellente...
Perso je pense que le coté "référentiel" "sous culture" (mon dieu on se croirait dans les 80’s) contient ses propres limites et n'a pas grand intérêt à part un peu de touche pipi geek. Ce qui faisait la force de Community est contenu dans son titre, et a fini par exploser sous les coups forts et nombreux des spin off intérieurs (Troy & Abed, Mr Chang etc...).
Community c'est une comédie bittersweet dont les histoires sont teintées de poésie absurde et délirante (Tendance Wes Andersonniene) qui embringue un troupeau de persos ados-attardos,dont la qualité et le délire font la richesse du show.
Je consate une fois de plus, qu’on est bien plus dur avec les bons shows qu’avec les merdes que certains ingurgitent, sans peur de l’indigestion, ni de l’acnée, qu’ils soignent avec des 10 en guise de crème.
Même si c’est une saison 4 moyenne, avoir trois saisons excellentes c’est mieux que les trois quarts de shows qui ne devraient meme pas voir le jour.