
La découverte d’un totem composé de cadavres plonge une fois de plus Will Graham dans le plus grand désarroi.
Après la folie du 8ème épisode, qui restera comme un chef d'oeuvre ultime dans cette saison, nous étions impatients de voir à quelle sauce nous allions être mangé cette semaine. Continuer dans cette folie douce ? Ralentir le rythme et continuer sur les bonnes bases déjà bien ancrées ?
Les scénaristes semblent avoir choisi la deuxième solution, ou comment reculer pour mieux sauter ?
De toute façon il eût été difficile de reproduire l'exploit de la semaine passée, il fallait donc revenir sur les fondamentaux, voire même si possible s'inspirer de l'épisode passé pour nous offrir quelques pistes savoureuses.
Ce sera également l'occasion pour Abigail Hobbs de refaire surface et de retrouver en la personne de Jack Crawford un ami qui ne lui veut pas forcément que du bien. Crawford en vient donc naturellement à prendre une place qu'il n'avait pas pour l'instant, à savoir un empêcheur de tourner en rond, poil à gratter, et c'est tant mieux, le personnage était depuis le début un faire-valoir, plaque tournante du jeu malsain de Hannibal, mais il prend sur cet épisode une nouvelle dimension.
Ainsi, le cas de cette semaine est très vite résolu, juste le temps pour nous de revoir le sympathique Lance Henriksen (Millenium) venu faire un petit clin d'oeil à la série, lui qui a joué les profilers il y a bien longtemps maintenant.
Freddy Lounds, la journaliste des tabloids refait également son apparition, histoire de remuer le couteau dans la plaie, et surtout pour faire en sorte que Abigail Hobbs accouche d'une vérité dont nous seuls sommes les témoins... elle a tué Mark Boyle avec la complicité de Hannibal !
Petit tour de passe-passe de la part des scénaristes pour recoller une fois de plus les morceaux qui s'assemblent sous nos yeux, tel un puzzle macabre, où toutes les pièces s'assemblent au fur et à mesure, la pièce maîtresse étant bien sûr Hannibal !
Il y a beaucoup de gens qui se trouvent en danger dorénavant dans cette série, personne n'est vraiment à l'abri, la carapace de chacun faisant place à une mise à nue des personnages, tous plus complexes les uns que les autres.
L'interconnection et les liens entre Hannibal, Graham, Abigail Hobbs, Alana, et Crawford pèse de tout son poids sur cet épisode, une mise en danger de chaque instant.
Le talent de Will Graham servant, une fois n'est pas coutume, à le mettre dans une position des plus délicates, apprenant beaucoup de choses sur Abigail Hobbs, et tissant des liens d'amitiés avec Hannibal, qui ne seront pas sans conséquences pour la suite.
Et quel plaisir d'entendre ces dialogues toujours écrits sans fausse note, plein de contresens, pas de faux-pas, insinuant le doute dans les personnages.
Nous qui sommes les témoins directs des agissements de chacun, les complicités entre Hannibal et Graham qui se nouent sous nos yeux, mais jusqu'où tout cela va t-il nous mener ?
Si le retour de Abigail n'est pas anodin, avec ce que l'on sait et surtout ce que l'on apprend sur elle, la série s'engage dans une voie des plus ardues, un Will Graham perdant pied un peu plus à chaque fois, un Hannibal qui prend du plomb dans l'aile, un Crawford qui prend son envol... Ce château de cartes va s'entremêler pour mieux s'écrouler par la suite, nous emmenant vers une tension grandissante et une conclusion qui semble inéluctable.
J'ai trouvé cet épisode plus lent, mais plus dense. Après l'accélération de l'épisode précédent je ne m'attendais pas à ce que les scénaristes restent pied au plancher et je trouve qu'ils ont eu raison, comme pour une partition musicale, de mettre un silence avant de lancer les dernières notes.
Les dialogues sont exacts, aucun déchet, et on assiste à la perdition de Will, enrôlé par Hannibal qui le tient dans ses serres, et l'emmène vers une paternité partagée autant que leur complicité. Will est corrompu, et faire face à Jack n'en est que plus difficile sachant que celui-ci ne le voit uniquement comme un outil dans la confirmation de ses instincts.
La vérité éclate, une partie pour le public, une autre pour Will et la totalité pour Hannibal !
@Peter : Absolument d'accord avec toi ! Je rajouterai une réflexion que je me fais depuis maintenant plusieurs épisodes : Je crois que Bryan Fuller a voulu créer une oeuvre unique que l'on doit voir dans son ensemble, sorte d'opéra en plusieurs actes, avec bien sûr la scène tragique qui conclut tout opéra qui se respecte. Je me demande bien ce que ferai la vision de la saison 1, vue d'une traite ? En tous cas je crois que Fuller voit les choses sous cet angle.
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