Le Guide du SeriesAddict

Dictionnaire des séries

Nous vous proposons ici les définitions de mots ou expressions qui sont indispensables à connaître du monde des séries quand nous sommes un SeriesAddict.

Certaines définitions vous paraîtront peut-être logiques mais dans le doute, nous avons préféré les inclure. Pour devenir un vrai SeriesAddict et tout connaître sur le monde des séries, parcourez notre dossier complet via les différents onglets situés juste au-dessus.

Voici tous les mots et expressions à connaître en tant que SeriesAddict (par ordre alphabétique) :


Backdoor pilot : Un backdoor pilot prend souvent la forme d'un téléfilm qui pourra, par la suite, donner lieu à une série si le téléfilm connaît un succès. Un backdoor pilot peut également prendre la forme d'un épisode dans une série qui introduit un éventuel spin-off. Par exemple, un épisode NCIS a servi d'introduction des personnages de son spin-off NCIS : Los Angeles.

Binge-watching : Méthode qui consiste à regarder une série très rapidement, plusieurs épisodes à la suite et ce, pendant plusieurs heures d'un coup.

Blooper : Bêtisier d'une série ou scène coupée.

Burning off : Il s'agit, pour une chaîne, de se débarrasser d'une série qui ne rencontre pas de succès auprès du public. La chaîne va alors la diffuser sur une case horaire catastrophique, en plein été pour éviter de déranger sa programmation ou même sur une des chaînes moins importante du même groupe qu'elle. Les chaînes n'ont parfois pas le choix de diffuser une série qui n'a pas de succès, pour des raisons contractuelles ou légales. Cela permet également parfois à la chaîne de "remplir les trous" de sa programmation.

Cameo : Apparition d'un acteur connu ou même d'un réalisateur, pour une scène ou un épisode. Nous pouvons citer le caméo de Brad Pitt dans Friends, par exemple.

Catchphrase : Phrase ou expression répétée régulièrement dans une série. Le "Oh ! My ! God !" de Janice dans Friends, par exemple.

Cliffhanger : Il s'agit d'une fin d'épisode ouverte, surprenante, qui offre énormément de suspens.

Comédie à plusieurs cameras : Série tournée devant un public, avec des rires en fond sonore, avec plusieurs caméras. Par exemple, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory...

Comédie à une camera : Comédie qui utilise des décors plus sophistiqués, plus soignés, plus imprégnés dans la réalité. Par exemple : Modern Family, Raising Hope...

Crossover : Un épisode crossover réunit des personnages de séries différentes. Par exemple, Buffy et Angel ont eu de nombreux épisodes crossover où les personnages d'une série allaient dans l'autre et où, également, les deux séries partageaient les mêmes scènes.

Dramedie : Série dramatique qui est teintée de situations ou de dialogues comiques. Par exemple, Orange is the New Black est une dramédie.

Ensemble cast : Série qui possède plusieurs personnages principaux. Lost était considérée comme un ensemble cast.

Episode centric : Episode centré sur un personnage en particulier, son passé, ses actions.

Flashback : "Retour en arrière". Méthode de narration consistant à ramener l'intrigue d'une série dans le passé, avant l'action en cours.

Flashforward : "Bond en avant". Méthode de narration qui consiste à projeter le téléspectateur dans le futur de l'intrigue présente. La série Breaking Bad a énormément utilisée cette méthode.

Guilty Pleasure : Série que l'on aime regarder mais qui nous fait un peu honte.

Hiatus : Il s'agit d'une pause plus ou moins longue dans la programmation d'une série ou d'un programme. Généralement, un hiatus dure plusieurs semaines. La trêve hivernale est considérée comme un hiatus. Il y a plusieurs raisons pour un hiatus : un hiatus plannifié comme la trêve hivernale/un hiatus non programmé comme une déprogrammation avant annulation/un hiatus événementiel non programmé comme lors de la grêve des scénaristes, par exemple, où plusieurs séries ont du se mettre en pause.

Jumping the shark : Il s'agit du moment où une série se dégrade en terme de qualité, notamment à cause d'un moment bien précis dans un épisode ou d'un gimmick trop utilisé. L'origine de l'expression vient de la série Happy Days où, dans la première scène de la cinquième saison, Fonzie fait du ski-nautique et saute au-dessus d'un requin. Après cette scène, la série a changé, devenant une caricature d'elle-même.

Kill off : Un kill off est le moment où un personnage principal (ou un personnage secondaire fort) meurt et que l'histoire continue. Un kill off peut avoir plusieurs raisons : pour relancer l'intrigue de la série, pour faire sortir un personnage parce que l'acteur ne souhaite plus jouer dans la série ou encore pour intégrer dans l'histoire que l'acteur qui joue le personnage est mort, le personnage ne pouvant plus être présent.

Lead-in : Un lead-in est le programme diffusé juste avant un autre programme. Plus le lead-in est populaire et regardé, plus le programme suivant aura de chance d'être regardé.

Mockumentaire : Il s'agit d'une comédie filmée comme un documentaire, caméra à l'épaule. La caméra (et donc le téléspectateurs) est donc directement complice des personnages qui la regarde, contrairement aux autres formats où la caméra doit être invisible aux yeux des personnages.

Network (Grand) : Les chaînes gratuites ABC, NBC, CBS, FOX, CW, qui correspondent à nos TF1, M6, France Television.

Network (Basic cable) : Lifetime, Syfy, TNT, ABC Family, USA... Il s'agit des chaînes du câble accessible gratuitement. Ce sont nos chaînes de TNT.

Network (Premium cable) : HBO, Cinemax, Showtime, Starz... Il s'agit des chaînes payantes. Chez nous, c'est l'équivalent de Canal+.

Preair : Version d'un épisode qui est disponible avant sa diffusion officielle.

Pilot : Un pilot est un épisode, habituellement le premier d'une série, qui est utilisé pour vendre la série aux chaînes de télé. Le pilot permet de tester la série et engendre parfois des changements, de narration mais aussi de casting. C'est ce qui va déterminer la commande d'une première saison d'une série.

Prequel : Spin-off d'une série qui se déroule avant les événements de la série mère. Par exemple, Better Call Saul est le prequel de Breaking Bad.

Procédural : Un procédural est une série qui se concentre sur la résolution de problèmes, avec un cas à résoudre par épisode. Un épisode se construit ainsi : un problème est introduit en début d'épisode pour obtenit une résolution à la fin de ce même épisode. Il peut y voir un fil rouge dans la série mais le plus important de l'histoire reste la résolution d'un cas précis par épisode, sans que celui-ci ne revienne dans le déroulement de la série. Le téléspectateur peut donc regarder la série en cours de saison sans que cela ne pose de problème. Il existe des procéduraux policier, médical mais aussi juridique.

Running gag/running joke : Il s'agit d'une blague ou d'une situation qui revient régulièrement dans une série. Le Couch Gag dans chaque générique de The Simpsons est donc un running gag.

Season finale : Il s'agit du dernier épisode d'une saison.

Season premiere : Il s'agit du premier épisode d'une saison.

Sequel : Spin-off d'une série qui se déroule après les événements de la série mère.

Series finale : Il s'agit du dernier épisode d'une série.

Series premiere : Il s'agit du premier épisode d'une série.

Showrunner : Le ou la showrunner d'une série est la personne qui s'occupe, de façon quotidienne, d'une série et de toutes les opérations pour son aboutissement. C'est en quelque sorte lui ou elle qui "fait" la série. Il couple souvent plusieurs casquettes comme celui de scénariste, producteur et parfois même réalisateur.

Spin-off : Série dérivée d'une autre série et qui se concentre sur un aspect ou un personnage de la série mère. Par exemple, NCIS est le spin-off de la série JAG et NCIS: Los Angeles est le spin-off de NCIS.

Spoiler : Element qui dévoile tout ou partie d'une intrigue d'une série gâchant ainsi la surprise.

Stand-alone : Episode d'une série qui se suffit à lui-même et qui ne fait pas avancer l'intrigue principale.

Twist (plot twist) : Il s'agit d'un retournement de situation dans l'histoire d'une série. D'un événement inattendu.


Autres petites choses à savoir :

- Dans la programmation, la case horaire du vendredi soir (habituellement de 20h à 23h) est considérée comme l'endroit où les séries vont mourir, se faire annuler presque automatiquement. Denommée Friday night death slot, le terme est apparu dans les années 80/90. La cause de ce phénomène est du au fait que les américains ne regardant pas la télévision ce soir-là, préférant sortir. Si une série est relayée au vendredi soir, attendez-vous donc à une annulation...

- Il n'est pas rare qu'une série fasse du placement de produit. Cela permet au produit de se faire connaître mais aussi, parfois, à la série de toucher de l'argent publicitaire. Cela n'est pas systématique, mais possible. Certaines séries en ont même abusé parfois, on pourrait citer Weeds avec la voiture Prius du personnage principal, par exemple.

- Le budget utilisé pour une série varie énormément, de plusieurs milliers de dollars à plusieurs millions de dollars par épisode... Cela dépend des décors, des salaires des acteurs, de la promotion, des éventuels effets spéciaux, de la post-production de manière générale...

- Les Sweeps sont des périodes déterminantes pour les séries. Il s'agit du moment où les audiences des séries sont décortiquées afin de déterminer le prix des espaces publicitaires. Les sweeps ont lieu en novembre, en février, en mai et en juillet.

- Le modèle de production 10/90 varie de la commande habituelle de série. Alors que normalement, un pilot de série est commandé pour ensuite commander une saison entière, le modèle 10/90 ne passe pas par la case pilot. La chaîne commande directement 10 épisodes d'une série. Si ces 10 épisodes rencontrent le succès, elle commande immédiatement 90 épisodes, menant la série à 100 épisodes et lui permettant d'être syndiquée. Anger Management a été commandée sous ce modèle, par exemple.

- La syndication permet à une chaîne ou à un studio de production de vendre sa série pour diffusion à une autre chaîne, pour un nombre de fois précis et une durée précise. Cette nouvelle chaîne pourra ainsi proposer les rediffusions de la série. La syndication possède une règle primordiale : une série doit avoir au moins 100 épisodes pour être syndiquée.


Les trois grandes périodes de diffusion

Il existe trois périodes principales dans la programmation des séries : la rentrée, la mi-saison et l'été.

La rentrée

Alors que la rentrée est synonyme de mauvais moment pour les élèves qui retournent sur les bancs de l'école, la rentrée de septembre est la période la plus importante dans la diffusion des séries et donc, pour les sériphiles. Chaque grand network (ABC, CBS, NBC, FOX, CW) lance ses nouveautés, diluées de début septembre à fin octobre/début novembre. Il s'agit un peu d'un Noël pour chaque sériphile où une nouvelle série peut potentiellement être sa nouvelle série préférée. Mais bien plus que le lancement des nouvelles séries, les grandes chaînes proposent également les nouvelles saisons de leurs séries en cours.

Les nouveautés programmées à la rentrée sont celles sur lesquelles les grandes chaînes comptent le plus, ou du moins, pensent avoir le plus de potentiel. Bien souvent, celles-ci les couplent, dans leur diffusion, avec des séries en cours qui fonctionnent déjà bien afin de leur assurer un lancement réussi. Il s'agit ainsi de l'effet "bon lead-in".

En ce qui concerne les séries des chaînes du câble (basic ou premium), il faut dire que cette période ne leur appartient pas vraiment. Certaines séries en cours reprennent du service à la rentrée, mais il n'est pas vraiment fréquent, voire presque rare, qu'une chaîne lance une nouveauté, préférant laisser la place aux grands networks.

La mi-saison

La mi-saison, qui se déroule de décembre à mai, sert avant tout de rampe de lancement pour les nouveautés dont les grands networks n'avaient pas assez confiance pour les lancer à la rentrée. A la mi-saison, les chaînes proposent également les séries en cours qui n'avaient pas de place dans la grille de rentrée. Cette période est parfois plus propice à certaines séries qui ont des soucis dans la production (remaniement de script, de casting, ou même une actrice enceinte qui doit d'abord accoucher avant de retourner sur les plateaux....). Un lancement d'une nouvelle série à la mi-saison n'est pas forcément une bonne nouvelle (ces séries sont souvent annulées après une seule saison) mais la stratégie peut parfois s'avérer payante pour certaines séries, la concurrence étant moins rude.

La mi-saison sert davantage aux chaînes du câble (basic ou premium, encore une fois) qui en profitent pour lancer leurs nouveaux hits, en plus de leurs nouvelles saisons. Il s'agit là de leur période de prédilection, notamment en janvier où les séries des grands networks sont normalement en pause hivernale.

L'été

Dans les séries, la période estivale débute juste après les upfronts de mai. Toutes les séries, ou presque, des grands networks terminent leur saison, les chaînes préparent vivement la rentrée et le vide se fait assez vite ressentir quand on est un sériphile chevronné. Certains passent de 30 séries à regarder par semaine à pratiquement zéro, de quoi en déprimer plus d'un ! Et pourtant, l'été doit sûrement être le moment préféré des chaînes du câble. Alors que les grands networks ne diffusent que quelques séries estivales (environ une ou deux séries qui ont de l'importance et quatre ou cinq séries bouche-trou), le câble en profite, encore une fois, pour marquer son territoire et s'étaler tout l'été avec des nouveautés mais aussi avec des séries en cours.

Et Netflix dans tout ça ?

De plus en plus désormais, les chaînes de streaming se lancent dans la production de séries. L'exemple le plus connu pour l'instant est Netflix avec ses deux séries hors norme House of Cards et Orange is the New Black (Hemlock Grove également mais dans une moindre mesure). Mais il y a également Amazon, Hulu... Les chaînes de streaming ont une diffusion un peu différente des chaînes habituelles. Celles-ci proposent en une seule fois tous les épisodes de leur nouvelle série sur leur plateforme. Pas de diffusion par semaine donc et un nouveau type de consommation à appréhender.

Pour l'instant, il n'y a pas vraiment de règle de diffusion pour ces chaînes toute nouvelle.

La Saison des pilots

La saison des pilots est le moment où les grandes chaînes décident des nouvelles séries qui feront parties de leur programmation.

Voici comment cela se passe :

Chaque été, les grands networks américains (ABC, CBS, NBC, FOX, CW) reçoivent environ 500 pitches de la part de scénaristes et de producteurs pour de nouvelles séries. Après avoir fait le ménage dans les idées et trié les projets intéressants, à l'automne, les networks demandent environ 70 scripts sur ces 500 pitches. D'ici le mois de janvier, ce sont 20 pilots (premiers épisodes) par chaîne, environ, qui sont demandés (bien sûr, CW, qui est plus petite que les autres en commande un peu moins). Les castings débutent alors et d'ici le printemps, tous les acteurs pour chaque pilot sont castés et l'équipe de production est en place pour produire les pilots.

Une fois produits, les pilots sont montrés aux chaînes et aux studios. Parfois même, ils sont montrés à un panel de téléspectateurs test. Chaque pilot est alors "noté" et le potentiel d'en faire une éventuelle série est évalué.

Chaque chaîne choisit ensuite sur ces 20 pilots entre quatre et quinze séries qui seront présentées lors des upfronts en mai, au public mais aussi aux investisseurs pour la publicité, et programmées à la rentrée ou à la mi-saison.

Parfois, les pilots sont retravaillés avant diffusion pour des raisons de casting ou encore des raisons créatives.

A savoir que lors des upfronts 2014, FOX a annoncé vouloir arrêter la saison des pilots pour commander au fur et à mesure ses nouvelles séries. Une petite révolution dans le processus de commande qui ne devrait pas durer.

Enfin, il faut savoir que la chance de survie des nouvelles séries après une seule saison est assez faible. En moyenne, il reste deux à quatre séries une fois la saison passée.


Les Upfronts

Les Upfronts sont l'une des périodes (voire LA période) la plus importante pour les grands networks américains. Il s'agit du moment où les renouvellements, les annulations et les commandes de nouvelles séries sont annoncés officiellement devant la presse et le public, mais surtout, surtout, c'est le moment où les investisseurs achètent des espaces publicitaires des mois à l'avance de la diffusion des séries. Autant dire que la cérémonie se fait en grandes pompes pour impressionner les investisseurs !

Les Upfronts se déroulent chaque année à New York, la troisième semaine de mai. C'est le moment pour ABC, CBS, NBC, FOX et CW d'annoncer leurs projets pour la rentrée et la mi-saison, et donc de dévoiler leur programmation, leur tentative de lancement de nouvelles séries (rentrée ou mi-saison). De cette programmation découle automatiquement l'annonce de renouvellement de leurs séries en cours, de leurs éventuelles annulations (même si depuis quelques années, ces annonces sont faites quelques jours avant les upfronts) mais surtout de la présentation de leurs nouvelles séries. Les chaînes profitent de cette période pour diffuser des extraits de leurs nouvelles séries, en plus de leur casting ou encore de leur synopsis complet.

Juste après les upfronts se déroulent les screenings où les acheteurs du monde entier se déplacent pour assister à la projection des nouvelles séries et ainsi mettre une option dessus pour les diffuser par la suite sur leur chaîne. Ce sont grâce aux screenings, par exemple, que les chaînes comme Canal +, TF1 ou M6 achètent le droit de diffuser les séries américaines sur leur chaîne.

Et les chaînes câblées dans tout ça ?

Les chaînes du câble ont, elles-aussi, droit à leurs upfronts. Les cérémonies sont bien sûr moins impressionnantes et restent assez discrètes. Néanmoins, il s'agit essentiellement du basic cable (TNT, AMC, USA...).


Les événements séries importants chaque année

A la rencontre des stars qui font les séries


Les Television Critic Association Press Tours :

La Television Critics Association, composée de 220 journalistes et critiques américains et canadiens, se réunie deux fois par an à Los Angeles (une fois l'hiver et une fois l'été) lors de conférences qu'elle organise sur le monde des séries. C'est l'occasion pour les chaînes de présenter leurs nouvelles saisons et leurs nouvelles séries (dans un temps alloué) et pour nous, fans de séries, d'en savoir plus sur le futur de nos séries préférées (spoilers etc...).

Le Comic-Con de San Diego :

Le Comic-Con de San Diego est une convention qui, bien que spécialisée dans les comics à la base, s'est élargie aux séries télé. Désormais, chaque été, les acteurs de séries sont invités lors de ces quatre jours très intenses et, lors de panel, nous présentent les nouveautés concernant leurs séries.


Les récompenses


Les Emmy Awards :

Cérémonie créée en 1949 qui récompense les meilleures séries américaines. Les prix sont remis par l’Académie des Arts et Sciences de la télévision lors d'une cérémonie diffusée en direct sur l'un des grands networks américains.

Les Golden Globe Awards :

Créée en 1944, la cérémonie récompense les meilleurs films et séries tv.

Les Television Critic Awards :

Chaque année, plus de 200 journalistes de la presse télévisuelle américaine et canadienne récompensent les meilleurs programmes télévisés américains.

Les Teen Choice Awards :

Chaque année, les Teen Choice Awards donnent la parole aux ados concernant leurs goûts culturels en leur proposant de voter, notamment, pour leurs séries préférées.

Les People’s Choice Awards :

Les People’s Choice Awards sont des prix remis par les téléspectateurs qui ont la possibilité de voter directement online.

Les Saturn Awards :

Chaque année, les Saturn Awards récompensent les meilleurs films et séries de science-fiction, fantastique et horreur.

Les Critics' Choice Awards :

Les Critics' Choice Television Awards sont les récompenses décernées par la Broadcast Television Journalists Association pour la télévision américaine depuis 2011.

Les Peabody Awards :

Les Peabody Awards récompensent chaque année les meilleurs programmes de radio et de télévision et média internet.

Les Screen Actors Guild Awards :

Cérémonie qui récompense les meilleurs acteurs et actrices issus du cinéma et de la télévision.

Les Writers Guild Awards :

Les Writers Guild Awards est une cérémonie qui récompense chaque année les meilleurs scénaristes issus du cinéma et de la télévision.

Les Directors Guild Awards :

Les Directors Guild Awards récompensent les meilleurs réalisateurs dans les domaines du cinéma et de la télévision.

Les Producers Guild Awards :

Les Producers Guild Awards récompensent les meilleurs producteurs dans les films et séries.

Les Costume Designers Guild Awards :

Les Costume Designers Guild Awards 2014 récompensent les professionnels du cinéma et de la télévision dans les métiers du costume.

Les CAS Awards :

Les CAS Awards 2014 récompensent les professionnels du mixage, dans les domaines du cinéma et de la télévision.

Les MPSE Sound Editing Awards :

La Motion Picture Sound Editors (MPSE) récompense les meilleurs monteurs de son dans les domaines du cinéma et de la télévision.

Les Make-Up Artists and Hair Stylists Guild Awards :

Cette cérémonie récompense les professionnels du maquillage et de la coiffure, dans les domaines du cinéma, de la télévision, de la publicité et du théâtre.

Les Art Directors Guild Awards :

Les Art Directors Guild Awards récompensent les meilleurs décors vus au cinéma et à la télévision.

Les ASC Awards :

Cette cérémonie récompense les meilleurs directeurs de photographie dans les domaines du cinéma et de la télévision.

Les GLAAD Media Awards :

Cette cérémonie récompense chaque année les œuvres représentant de manière positive la communauté gay, lesbienne et bisexuelle et les problèmes qui les touchent.

Les BAFTA Television Awards :

Les Emmy Awards à la sauce anglaise


Les Audiences

Partie réalisée par Bastien Sorbier

Définition et méthode de calcul

Chaque semaine, les audiences font l’objet d’une analyse rigoureuse de la part de nombreuses parties prenantes dans le monde télévisuel. En effet, tant pour les chaînes elles-mêmes que pour les annonceurs publicitaires, les chiffres des audiences constituent une base dans les prises de décision quant à l’achat d’espaces publicitaires ou le renouvellement et l'annulation de certaines séries.

Cette partie est donc là pour vous expliquer un peu plus en détails le fonctionnement de ce système, la méthode utilisée pour calculer les audiences, quelles sont leur importance pour les parties prenantes, qu’est-ce qui peut influer sur les audiences d’une série, ou encore les « règles » en termes de renouvellement et d’annulation.


Qu’est-ce que l’audience ?


Commençons donc par la base et un peu d’histoire.

L’audience, c’est tout simplement le nombre de téléspectateurs présent devant leur télévision durant une case horaire donnée.

C’est l’ingénieur et analyste Arthur Nielsen qui a été précurseur en la matière, en développant les premières méthodes de calcul d’audience dans les années 30/40, et l’émergence de ce que les américains appellent aujourd’hui « Nielsen Ratings » (où « échelle de Nielsen »), qui, bien que le système d’origine ait subit des modifications, est toujours utilisée à l’heure actuelle dans la méthode de calcul d’audience - calcul réalisé par la société Nielsen Media Research aux États-Unis - dans plus de 40 pays. En France, par exemple, c’est la société Médiamétrie qui est en charge de ces calculs.

La question est alors de savoir comment arriver à calculer le nombre de téléspectateurs présent devant leur télé à l’échelle d’un pays entier tel que les États-Unis. Ou plus dur encore : comment savoir qui, au sein d’un foyer composé de parents et d’enfants, regarde la télé sur une case horaire précise ?

C’est grâce à un panel composé de 18 500 foyers (sur plus de 110 millions de foyers au total aux USA) que Nielsen Media Research donne une photographie la plus précise possible de la consommation télévisuelle aux États-Unis. Ils sont bien évidement choisis selon de multiples critères, tels que la position géographique, l’âge, l’appartenance ethnique des individus, la composition du foyer elle-même... dans le but que les statistiques calculées transcrivent un aperçu diversifié de l’impact que peut avoir un programme sur la population.

Chacun de ces foyers est équipé d’un audimètre, composé d’un boitier relié à la télévision ainsi que d’une télécommande. Chaque habitant du foyer possède un bouton sur cette télécommande, et appuie dessus lorsqu’il s’installe – puis quitte la télévision. Ainsi, l’institut Nielsen et en mesure de savoir qui a regardé tel ou tel programme et à quelle heure.

Toutes les informations stockées au cours de la journée sont ensuite envoyées au centre d’opération de Nielsen Media Research situé en Floride, qui réalise une série de calculs statistiques (dont le détail n’apporterait rien au propos) afin de ramener les chiffres obtenus au sein de son panel à la population totale des États-Unis, avec une marge d’erreur la plus faible possible.

Les avantages de cette méthodes reposent dans un premier temps sur l’exactitude des données récoltés sur les chaînes regardées, les heures d’écoute, la simplicité du système pour le panel, la rapidité des résultats, ou encore la possibilité de prendre en compte les rediffusions qui ont lieu dans la nuit.

Cependant, elle ne reste pas non plus exempt de tout reproche, notamment dans le fait que le panel ne soit composé que de 18 500 foyers, sur un total de plus de 110 millions, et que des erreurs plus ou moins minimes apparaissent donc nécessairement. De plus, avec le développement de la VOD (Vidéo à la Demande), et des nouveaux supports de visionnage (ordinateurs, tablettes, smartphones) permettant de visionner ses séries en replay, ce sont autant de téléspectateurs qui ne sont pas inclus dans les chiffres donnés par Nielsen Media Research.


Caractéristiques des audiences


Quelle est l’importance de l’audience pour une chaîne ?


Pour les chaînes, l’audience est d’une immense importance, principalement pour la pub. En effet, le prix des espaces publicitaires à pourvoir avant, pendant, et à la fin d’un programme par les annonceurs dépend de l’audience qu’il réalise, ou autrement dit, du nombre potentiel d’individus qui vont visionner la publicité.

La logique veut donc que plus l’audience est forte, plus les espaces pubs sont chers, et permettent par conséquent à la chaîne d’engranger des revenus plus importants grâce à un programme. Or, le coup de production ou d’achat des droits de diffusions d’une série est justement amorti par les bénéfices réalisés grâce aux pubs.

Si une série réalise des audiences trop faibles pour couvrir son coût de production ou de diffusion, elle sera quasi-automatiquement annulée. Dans le cas où la série permet d’égaler les coûts, on peut espérer, mais le scénario le plus favorable est bien évidement celui où la chaîne rentabilise son coût et gagne de l’argent grâce à la série via les revenus générés par la pub.

Apportons cependant une nuance à cela, en précisant que l’audience et la relation qu’on lui trouve avec le coût des espaces pubs ou les chances de renouvellement d’une série n’est valable que pour une partie du paysage audiovisuel américain.

En effet, celui-ci est composé de trois types de chaînes.

Pour rappel, on trouve tout d’abord les grands networks (CBS, NBC, ABC, FOX, CW), gratuits et accessibles à tout le monde. Pour ces chaînes, que l’on peut faire correspondre à TF1, M6, groupe France Télé chez nous, l’audience et la pub sont d’une grande importance.

Il y a ensuite le « basic cable », lui aussi gratuit, mais pas accessible à l’ensemble de la population (AMC, Lifetime, Syfy, TNT, ABC Family, A&E Network, Comedy Central, MTV, Spike, USA Network…), qui correspond en France aux chaînes que vous recevez via satellite ou box, et pour lesquelles la pub importe un peu moins, mais reste nécessaire.

Enfin le « premium cable », qui est composé de chaînes payantes, où il n’y a pas de pub (équivalent au Canal + français), et pour lesquelles les audiences, même si elles sont faibles, influent beaucoup moins sur le renouvellement ou l’annulation d’une série (HBO, Showtime, Starz, Cinemax), ce type de chaînes visant des marchés de niche assez spécifiques, réduisant naturellement le nombre de téléspectateurs potentiels.


Quelle sont les cibles les plus prisées ?


Ça ne vous aura pas échappé, en plus de l’audience globale, affichée en millions de téléspectateurs, les récapitulatifs sont accompagnés du « Taux 18/49 ».

Il s’agit en quelque sorte avec ce taux d’affiner les données que l’on possède sur le public ayant visionné un épisode, en l’occurrence donc, savoir combien de personnes entre 18 et 49 ans l’ont regardé. Bien évidemment, au plus ce taux est élevé, au plus la part de 18/49 ans dans l’audience globale de l’épisode en question a été importante.

Pourquoi les 18/49 ans ? Tout simplement parce qu’ils sont considérés comme « la » cible commerciale par excellence pour les annonceurs publicitaires, qui n’hésitent pas à investir des sommes colossales dans l’achat d’espace pub lorsque ce taux est satisfaisant.

En effet, étant considéré comme le public le plus sensible à la publicité, cette tranche de la population a tendance à être placée au rang de « reflet de la consommation », qui, guidée et influencée par les pubs, va finalement déterminer les modes ou les produits qu’il faut absolument posséder ou non.

La conséquence directe sur les séries en est que ce taux est autant voire plus important que l’audience globale.

Plus concrètement, si l’on prend l’exemple de deux séries sur la même case horaire, ces dernières peuvent avoir des audiences nationales quasi-identiques, mais un taux sur les 18/49 ans très différents, et c’est une des composantes qui va prévaloir sur le prix des espaces pub avant-durant-après le show, ainsi que sur ses chances de renouvellement, considérant le lien que nous avons déjà montré entre les notions de profits publicitaires et de rentabilité d’une série.

Évitons cela-dit de tout généraliser, en précisant que certaines chaînes ne font pas automatiquement de la cible 18/49 ans leur cheval de bataille, ou en tout cas pas pour l’ensemble des séries qu’elle diffuse. Un exemple en est le mastodonte CBS, un des grands leaders des diffuseurs de séries aux USA.

Bien que la chaîne soit réputée pour ses comédies à succès, telles que 2 Broke Girls, anciennementHow I Met Your Mother, The Big Bang Theory, ciblant un public correspondant à la tranche des 18/49 ans, et bénéficiant d’audiences et de taux sur la cible commerciale plus que satisfaisant, CBS diffuse également un certain nombre de séries policières/procédurales qui ont fait le succès de la chaîne depuis de nombreuses années maintenant, et pour lesquelles la cible commerciale type des 18/49 ans apparaît beaucoup moins comme une évidence, ou du reste ne joue pas un rôle prédominant dans le choix de renouvellement ou d’annulation d’une série.

En témoignent les CSI, The Mentalist, Criminal Minds, ou même la plus récente et d’un autre genre Person Of Interest, dont les audiences par épisode frôlent les 10 millions de téléspectateurs ou les dépassent largement pour certaines cette année (bien qu’ayant connus de meilleurs jours, notamment en ce qui concerne The Mentalist, mais nous y reviendrons plus tard), avec des taux sur les 18/49 ans qui se confinent entre 1,5 et 3%.

Sur cette même chaine, font figures d’exceptions les deux « monstres », NCIS et NCIS: Los Angeles, qui rassemblent chaque soir de diffusion entre 17 et 21 millions de téléspectateurs en moyenne pour « l’ainé » de la franchise, et entre 15 et 18 millions pour son spin-off, avec des taux sur la cible commerciale supérieurs à 3%.

Mais là encore, si l’on compare ces chiffres à ceux d’une série qui n’est certes pas du même genre et ne vise pas le même public, à savoir The Walking Dead, diffusée par la chaîne AMC, qui réalise des audiences folles depuis le début de la saison 3, se stabilisant sur les derniers épisodes autour de 11 millions de téléspectateurs, avec un taux sur la cible commerciale entre 5 et 6%, on s’aperçoit que si l’on suivait une logique de renouvellement uniquement basée sur le taux des 18/49 ans, CBS devrait annuler nombre de ses séries. Ce qui n’est pas le cas, au grand bonheur des fans de Gibs, Patrick Jane, Derek Morgan et autres !


Qu’est-ce qui peut influer sur les audiences ?


Maintenant que nous avons pu voir quelle était leur importance, essayons de passer en revue les différents paramètres qui sont en mesure d’influer sur le niveau des audiences.

On pourra dans un premier lieu souligner les moyens dont disposent les chaînes de télévision, avec tout ce qui entoure la promotion d’un show. Les possibilités sont énormes, et la seule limite reste ici l’imagination des services de communication en place. De la simple pub, via un encart publicitaire sur votre arrêt de bus ou votre journal, à une immense affiche placardée sur la façade entière du building de la chaine (cf. HBO et sa campagne de communication sur la saison 3 de Game Of Thrones), en passant par les nombreux teaser et trailer diffusés par les chaînes à la télé et sur internet au compte goûte, ce dernier outil permettant notamment une diffusion de masse, via les blogs, réseaux sociaux, sites spécialisés … Cette communication fait l’objet d’une stratégie minutieuse des chaînes, à la fois avant, pendant, et après la diffusion d’une saison ou d’une partie de celle-ci (trêve hivernale puis reprise), dans le but d’influer sur les audiences que va réaliser sa série.

Également à disposition des chaîne : le « lead-in », à savoir l’émission diffusée juste avant le show. Celui-ci peut avoir une influence sur les audiences de la série qui le suit pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, et même si c’est un argument un peu simpliste, parce que les gens sont des fainéants : ils ne changent pas de chaîne.

Par exemple, si, à 20h, le lead-in est une émission à succès qui réalise des audiences importantes, il pourra permettre au show suivant de conserver une partie de l’audience du lead-in, qui n’aurait peut-être pas allumé sa télé exprès à 21h pour voir l’émission suivante.

De plus, la promotion d’un show est souvent faite pendant les pubs de son lead-in, ce qui peut interpeler le téléspectateur et lui donner envie de rester sur la chaîne (« stay tuned » outre-Atlantique, pour reprendre la phrase mythique que l’on entend souvent à la fin d’un épisode !).

Enfin, le « lead-in » peut être utilisé pour lancer une nouvelle série, et ainsi espérer influer sur les audiences de celle-ci.

C’est de cette manière qu’NBC a lancé le lundi 17 septembre 2012 sa série évènement Revolution, avec son émission musicale culte « The Voice » en tant que lead-in, dont l’audience avoisinait ce soir-là les 13,6 millions. Allié à une communication pré-diffusion très importante, le premier épisode de la série a de ce fait réalisé une audience de 11,65 millions de téléspectateurs, avec un taux de 4,1% sur la cible commerciale, ce qui, malgré toutes les critiques que l’on puisse faire au show depuis (ce n’est pas le propos ici).

Un autre exemple, cette fois sur une chaîne du cable, à savoir Showtime, et la décision a été de rompre le duo Dexter/Homeland des deux dernières saisons, afin d’avancer la diffusion de la 8ème (et dernière) saison de Dexter au 30 juin 2013 dans le but qu’elle serve de lead-in pour une nouvelle série que lance la chaîne sur la case horaire suivante, à savoir Ray Donovan. Les audiences réalisées par Dexter, et le fait que Ray Donovan soit susceptible de s’adresser au même type de public suffisent à expliquer ce choix.

Homeland, quant à elle, servira un peu plus tard (29 septembre 2013) de locomotive à une nouvelle série également, Masters Of Sex.

Nous avons ensuite une autre série de paramètres qui sont tout autant susceptibles d’influer sur les audiences de vos shows préférés, à commencer par la concurrence des autres chaînes, sur la même case horaire.

La paysage audiovisuel offre à l’heure actuelle une quantité importante de programmes, et comme dirait l’autre : « choisir, c’est renoncer » ! En effet, face au nombre incroyable de séries diffusées sur l’ensemble des chaînes accessibles, qu’elles soient gratuites ou payantes, les téléspectateurs doivent faire des choix, et bien qu’ils puissent maintenant enregistrer une chaîne tout en en regardant une autre, il est inévitable que certaines séries souffrent au niveau de leurs audiences de la popularité d’un autre show.

Il faut se rendre compte que le monde des séries est ultra-concurrentiel, surtout aux USA. La grille de programmation présente sur le site le montre bien ! Comment feraient certains d’entre nous pour suivre en direct chaque soir toutes les séries que nous regardons? La réponse est simple : impossible !

De ce fait, il est primordial pour une chaîne de prendre en compte dans sa stratégie de programmation la concurrence à laquelle elle va avoir à faire sur un programme donné, afin de s’assurer que le public qu’elle vise majoritairement puisse faire le choix de sa série plutôt que celle d’une autre chaîne.

Second paramètre, la chaîne elle-même, et sa réputation au niveau national. La première différence notable en la matière s’opère entre les grands networks (CBS, NBC, ABC, FOX, CW) et les chaînes du câbles (basique ou payant, mais la différence est vraiment plus importante avec le payant).

En effet, vous n’aurez pas manqué d’observer quelques écarts en termes qualitatif entre les nombreuses productions qui viennent remplir les grilles de programmation des chaînes. Si l’on parle exclusivement de réputation, les chaînes câblés payantes (également dite « premium ») ont l’avantage. Les séries qu’elles diffusent à leurs abonnés sont bien souvent positionnées sur des marchés de niche, recherchant moins à faire du grand public, et surtout ayant beaucoup moins de pression vis-à-vis d’audiences à atteindre, puisque les shows ne sont pas rentabilisés grâce à la pub, comme c’est le cas sur les grands networks.

De plus, les chaînes du « premium cable » ne sont également pas soumises à la censure qui s’exerce sur les chaînes gratuites, ce qui leur permet de prendre certaines libertés et de ne pas se plier à la règle du « politiquement correct ». Attention, loin de moi l’idée qu’une bonne série doit absolument comporter sa dose de baston bien sanglante, d’insultes et de sexe. Certes, c’est une liberté que les CBS, NBC, ABC and Cie n’ont pas, et qui permet aux chaînes du câble payant de développer des projets sortant des banalités et des carcans des différents genres, mais la différence qualitative ne repose pas principalement là-dessus. De la violence pour de la violence, ou du sexe pour du sexe ne sont pas vecteurs de réussite si les intrigues développées, le jeu des acteurs, la cohérence du scénario, la mise en scène etc. ne sont pas prenantes et crédibles aux yeux du téléspectateur.

Un dernier paramètre enfin, - et là aussi, vous me direz peut-être : « Mais pour qui il nous prend, on est pas débile ?!», mais je le rappellerai quand même par soucis de rigueur - la popularité et la puissance du « bouche à oreille », ou encore du rôle d’internet, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les sites spécialisés. Combien d’entre nous ont commencé une série après en avoir entendu du bien auprès d’un proche, d’un ensemble de critiques positives de la part de la presse ou d’une communauté telle que SeriesAddict ?

On peut donc dire qu’il en est de même aux États-Unis, où ces éléments vont pouvoir influer sur les audiences d’une série au cours de sa diffusion.


Renouvellement et annulation


La règle « bonnes audiences = renouvellement // mauvaises audiences = annulation » est-elle une vérité absolue ?


Oui … et non ! Vous en avez maintenant l’habitude : on commence avec des généralités !

Il est évident qu’une série réalisant des audiences importantes, croissantes, et avec un taux sur les 18/49 ans correct, est quasi-automatiquement renouvelée. Pas de raisons a priori pour une chaîne d’annuler une série qui lui rapporte de l’argent et qui a trouvé son public. À l’inverse, de faibles audiences alliées à un taux sur la cible commerciale peu élevé, et le risque d’une annulation commence à planer au-dessus du show.

Compte tenu de ce que nous avons vu précédemment, ce postulat est surtout valable pour les chaînes gratuites, comprenant les grands networks et le « basic cable », pour lesquels les audiences et leur relation avec les rentrées financières via la publicité influent énormément.

Rentrons un peu plus dans les détails à présent, en commençant par préciser qu’avec les chaînes du « premium cable », ce système ne s’applique plus. Tout d’abord parce que le concept même de ce qu’est une « bonne audience » est beaucoup plus abstrait. Nombres de séries ont été renouvelées pour la saison prochaine avec des audiences de dépassant que de très peu le million de téléspectateur (House of Lies sur Showtime, Banshee sur Cinemax, Girls sur HBO), mais en légère augmentation au fil des saisons, ce qui constitue une raison suffisante pour les chaînes.

Cependant, n’oublions pas qu’il y a certaines exceptions pouvant entraîner un non renouvellement d’une série réalisant pourtant des audiences qui devraient assurer une pérennité au show.

Cas très rarissime pour commencer : un changement de politique de la chaîne et par conséquent de sa grille de programme, ce qui pourrait entraîner la suppression de certains shows.

Ensuite, chose un peu plus probable : un des acteurs principaux met fin à son contrat, ou plus malheureux, décède. Même si la série n’a pas été annulée, la série Spartacus, diffusée par la chaîne Starz, a été obligée de modifier ses plannings, à cause de la maladie de l’acteur principal d’Andy Whitfield. La chaîne a alors décidé de tourner et de diffuser une préquelle de la saison 1, concentrée sur les vies. Malheureusement, les problèmes de santé d’Andy Whitfield ne se sont pas améliorés, et l’acteur est décédé le 11 septembre 2011. La chaîne a donc casté de nouveaux acteurs pour finalement choisir Liam McIntyre.

Enfin, les créateurs de la série peuvent tout simplement décider de donner une fin au show. Ce fut par exemple le cas de la série britannique Merlin, diffusée par la BBC. La chaîne, au vue des audiences croissantes au fil des années, avait donné son feu vert aux créateurs pour une sixième saison. Cependant, ces derniers, ayant estimé depuis quasiment les débuts de la série que cinq saisons suffiraient pour raconter « leur histoire », ont décidé que celle-ci serait la dernière. Au passage, nous pouvons souligner que cette stratégie peut s’avérer payante : force est de constater que nombres de séries ont des fins bâclées, les networks décidant de commander « la saison de trop », ou voir même pas de fin, les scénaristes étant pris au dépourvu par une annulation des chaînes.

De plus, j’ajouterai que les notions de bonne ou de mauvaise audiences restent tout de même relativement abstraites, tant les paramètres sont nombreux pour en juger.

Les résultats de la chaîne à cette heure-là un autre jour avec un programme différent, les audiences réalisées par les chaînes concurrentes, la perte ou le gain de téléspectateurs avec son lead-in, ou encore le classement du show dans les audiences de la chaînes. Autant de critères à prendre en compte donc avant de vous alarmer et de craindre l’annulation de votre série préférée.

Autre piège à éviter, les comparaisons qui n’ont pas lieu d’être, et pouvant vous faire penser que votre série est en danger.

Prenons un exemple « flagrant » pour illustrer la chose : si l’on observe les audiences d’une des séries culte de CBS, à savoir à NCIS, et qu’on la compare à des séries de la CW telle qu’Arrow / The Vampire Diaries / Supernatural, le rapport est de 18 à 21 millions de téléspectateurs chaque semaine pour NCIS, contre 2, 3, ou presque 4 millions pour les autres… On pourrait donc simplement se dire que les séries de la CW réalisent des audiences catastrophiques en rapport au monstre NCIS. Et pourtant, ce même trio de la CW a été renouvelé, ce qui signifie que chacun des shows et leurs audiences respectives sont convenables pour la chaîne, voire très bonnes pour Arrow, et sont surtout rentables.

Avant dernier point à considérer : la syndication.

La syndication, ce n’est ni plus ni moins que la revente des droits de diffusion des épisodes à des chaînes câblées ou à d’autres plateformes de diffusion, sur internet par exemple. Aux États-Unis, c’est en grande partie par ce système que les chaînes locales indépendantes remplissent leur grille de programmation.

Si les audiences d’une série ne sont pas considérées comme « excellentes » par la chaîne, mais que celle-ci parvient à engendrer des revenus par la vente des droits de diffusion, il se peut qu’elle soit renouvelée.

D’autre part, la revente des droits à des pays étrangers ainsi que les revenus engendrés par les produits dérivés (Blu-ray et DVD principalement) constituent un autre facteur, bien qu’il soit beaucoup moins influant.

À noter que ce processus de syndication, en plus d’être une source de revenu pour les chaînes vendant les droits, peut également permettre de sauver certains shows. Pour citer le cas d’une série connue de tous : Alerte à Malibu (oui, on prend un coup de vieux !), annulée par NBC en fin de première saison puis récupérée et produite en syndication pour les 9 saisons qui ont suivi, devenant une des séries les plus connues dans le monde.

Enfin, dernier paramètre à prendre en compte en termes de renouvellement ou d’annulation : la série est-elle produite par les studios de production de la chaîne qui la diffuse ou par un autre studio qui lui vend les épisodes ?

Comparons ici deux séries diffusées par CBS pour l’illustrer.

The Mentalist, diffusée par CBS, ne produit pas la série mais achète les épisodes au studio de production Warner Bros. Par conséquent, ce n’est pas la chaîne qui touche tous les droits de syndication pour la série ainsi que les bénéfices issus des ventes des droits à l’étranger. Le seul revenu de CBS provient des espaces publicitaires durant les épisodes. Or, les audiences de la série sont en baisse, et le show a même signé sa pire audience historique en novembre 2012.

Quid de la série du coup ? Si CBS gagne de moins en moins d’argent, il n’en est rien pour Warner Bros, qui a vendu la série en syndication à TNT pour un peu plus de 2 millions de dollars par épisode… soit plus de 230 millions d’euros au total que va verser la chaîne au studio de production pour les droits des cinq premières saisons.

Les intérêts de CBS et de Warner Bros seraient donc susceptibles de diverger si l’érosion des audiences de la série se poursuivait. Attention, pas de quoi non plus s’inquiéter outre mesure à l’heure actuelle, mais cette série illustre bien ce dernier paramètre.

À l’inverse, la série Hawaii Five-0, qui est une production de CBS Television Studio, est de son côté en meilleure posture.

Plusieurs raisons peuvent nous faire penser que la série n’est pas spécialement en danger.

Premièrement, parce que c’est le studio de production de la chaîne qui produit la série, et qui sera donc moins hésitante à la renouveler, sachant qu’en plus des revenus générés par la publicité, la chaîne empoche les recettes de la vente des produits dérivés et des droits à l’étranger, ainsi que de la syndication.

Ensuite, et c’est certainement la plus importante : la série a déjà été vendue par CBS en syndication, à la chaîne câblée TNT, pour plus de 2 millions de dollars par épisode, somme équivalente donc à la revente de The Mentalist, mais que CBS touche cette fois-ci !


Conclusion

Les multiples paramètres et parties prenantes qui entrent en jeu dans les questions relatives aux audiences et aux renouvellement/annulation de série en font donc un sujet complexe, ou il n’existe aucune règle fiable à 100% pour prédire de la reconduction d’un show ou non. Bien évidemment, nous sommes parvenus à démontrer quelques généralités qui peuvent donc vous aiguiller sur les chances que peut avoir une série. De la même manière, et pour répondre à la question qui est à la base de la rédaction de cette partie, il n’y a pas d’audience « référence » à atteindre pour assurer la pérennité d’une série. Qu’elles soient diffusées par une même chaîne ou par des chaînes concurrentes, elles ont finalement toutes un niveau d’audience différent à atteindre pour assurer leur reconduction, celle-ci tenant compte de tous les paramètres que nous avons pu décrire le long de ce dossier.


5 Commentaires

  • Carahiah
    Le 25/07/2014 à 17h45

    Zut, tu utilises le terme "gimmick" dont je n'ai jamais entendu parler ^^' !
    Merci en tout cas, quelques termes que je ne connaissais pas, mais surtout toutes ces petites choses à savoir... que j'ignorais totalement (bon, le budget, hein, ça je maîtrisais :P)).

  • Charlotte
    Le 25/07/2014 à 18h02

    Il y a plusieurs onglets au dossier pour ceux qui n'ont pas vu ;)

  • Jérôme
    Le 30/07/2014 à 17h10

    Merci pour ce très bon dossier sur les séries (surtout le looonng sur les audiences :D), et qui est vraiment intéressant à lire.

    Félicitations à toute l'équipe pour tout le travail effectué !

  • Raf
    Le 03/09/2014 à 12h20

    Super dossier, j'ai appris pleins de choses

  • Ducky
    Le 29/11/2015 à 17h17

    Il serait intéressant que tous les sites indiquent quand un épisode est concerné par le sweeps.

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