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Rétro SerieAddict N.21 : Ally McBeal, douce folie

Rétro SerieAddict N.21 : Ally McBeal, douce folie 1997 - FOX

Tous les jeudis revenons sur une série qui a marqué l’histoire de la télé ou nos mémoires. Aujourd'hui : Ally McBeal.

Icône de la fin des années 90, Ally McBeal est une série écrite par un avocat, destinée à un public féminin et qui finit par plaire aux hommes. Son impact dans la culture populaire est indéniable et si je vous dis Barry White, bébé danseur, Lucy Liu vous devez déjà sentir l’ambiance.



Ally McBeal est une oeuvre à part dans le travail de David E. Kelley, à cette époque il était connu pour son implication sur L.A. Law et ses deux séries à succès Picket Fences et Chicago Hope. En 1997 ce n’est pas une, mais deux séries qu’il va lancer simultanément, sur deux chaînes différentes. Ceci n’est pas anodin, car les shows seront un peu le miroir l’un de l’autre.
Avocat de formation, David E. Kelley revient à ses premières amours avec ces séries judiciaires. Elles prennent place toutes deux au cœur de cabinets d'avocats bostoniens. D’un côté nous avons The Practice sur ABC, série adulte, sombre et réaliste, et de l’autre, sur la Fox, nous trouvons Ally McBeal, destinée à un public plus jeune, avec un ton décalé, une image pop, lumineuse et un cadre propice à la comédie. Les deux séries évoluent dans le même univers, parfois les juges sont les mêmes et si les personnages se croisent même lors d’un cross-over les ressemblances s'arrêtent là.

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Ally McBeal raconte l'histoire d’Ally (Calista Flockhart) une jeune avocate de 28 ans qui quitte son job après avoir été victime de harcèlement sexuel. Elle rejoint alors le cabinet de Richard Fish (Greg Germann), un ancien camarade de promotion. À sa grande surprise, elle va devoir travailler avec Billy Thomas (Gil Bellows) son amour de jeunesse qu’elle n’a jamais vraiment oublié, mais aussi avec l’épouse de ce dernier Georgia (Courtney Thorne-Smith). Sur une base aussi basique que mélo nous pourrions nous attendre à une série très classique, mais c’est sans compter la folie permanente qui s’échappe du show, ne serait-ce qu’au travers de ses personnages particulièrement secoués. Parmi les plus mémorables citons Richard Fish qui ne jure que par le sexe, le pouvoir et l’argent, et qui fait partager à tous sa philosophie de vie à l’aide de ses “fishismes”, John Cage (Peter MacNicol) avocat aussi brillant en plaidoirie que maladroit avec les femmes et dont le nez musical aura rendu plus d’un juge fou ou bien Elaine Vassal (Jane Krakowski) secrétaire indiscrète et inventrice farfelue, prête à tout pour attirer l’attention. En deuxième saison arrivent Nelle Porter (Portia de Rossi), une beauté froide pleine d’ambition et sa meilleure amie Ling Woo (Lucy Liu) une femme dominatrice et autoritaire.
Ally ne fait pas exception, jeune femme immature qui recherche désespérément le prince charmant, elle vit plus dans ses fantaisies que dans le monde réel. Ces dernières sont d’ailleurs mises en scène à l’écran à renfort d’effets spéciaux cartoonesques, que cela soit dans des situations imagées (par exemple elle se voit jetée dans une benne à ordure quand un homme la quitte) ou bien de véritables hallucinations comme le fameux bébé danseur. Ally est un personnage un peu paumé, femme réussissant sa carrière mais dont la vie intime ressemble plus à un chantier.
Même si à la base Ally McBeal est une série judiciaire, les arcs narratifs s’attardent plus sur les personnages, que sur les cas juridiques rencontrés. A l’image de Grey’s Anatomy aujourd’hui, les affaires du cabinet ne servent qu’à faire un parallèle avec les situations personnelles que les protagonistes sont amenés à vivre. Et dieu sait qu’ils vont être amenés à traverser beaucoup de situations, puisque tous courent après des chimères, passent leur temps à se contempler le nombril sans jamais vraiment évoluer. La folie est la seule chose qui leur permet de survivre à l’enfermement qu’ils s’imposent et, au final, l’intérêt de la série se situe dans l’analyse de l'inquiétante étrangeté que sont les relations avec autrui.

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Mais Ally McBeal réussit cela sans jamais tomber dans le pathos. Oui les personnages sont tous pathétiques, mais ils le sont avec beaucoup d’humour et un ton irrévérencieux. Un an avant que HBO lance Sex And The City, une série de grand network ose aborder de front la sexualité féminine, le désir des femmes pour le corps des hommes, parler de pénis et autres joyeusetés. Bien sûr le show fit grincer des dents une part des féministes qui désespèrent devant l’histoire d’une jeune femme qui attend naïvement l’amour vêtue de micro jupes. Mais d’un autre côté, le cliché du prince charmant est systématiquement démonté, et la majorités des liaisons amoureuses se finissent mal comme si on essayait de nous faire comprendre que le bonheur ne se trouve pas là.

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La musique à aussi une place majeure dans Ally McBeal. Il faut savoir qu’un producteur était dédié à la négociation des droits des chansons jouées dans la série. La chanteuse Vonda Shepard, figure même au générique qu’elle interprète. Chaque épisode se termine dans le bar en bas de l’office, dans lequel les protagonistes se retrouvent pour décompresser. Vonda y est pianiste et interprète des morceaux en lien avec l’humeur d’Ally. David E. Kelley confia même que Vonda Shepard est la voix d’Ally.
En plus de cet intermède, la musique s’invite n’importe quand dans le show. Chaque personnage, Helen en tête, est toujours prêt à pousser la chansonnette à la manière d’une comédie musicale. Beaucoup d’entre eux vibrent d’ailleurs au rythme d’une mélodie intérieure qui les guide à travers ce foutoir émotionnel. Par exemple Ling fait souvent des entrées fracassantes sur le thème de Wicked Witch Of The West tiré du Magicien d’Oz, mais surtout c’est le You’re The First, The Last, My Everything de John qui reste dans les mémoires. Cette chanson de Barry White donnant lieu à des scènes absolument mémorables dans les toilettes mixtes du cabinet Fish & Cage.



Beaucoup d’humour, des personnages aussi désespérants qu’attachants, une bande originale de haute volée, il n’en fallait pas plus pour que les deux premières saisons rencontrent un grand succès et de nombreux prix dont l’Emmy Award de la meilleure comédie. Pour pallier à la baisse de régime de la troisième saison, la direction de la chaîne intégra Robert Downey Jr. au casting afin de booster les audiences, ce qui fonctionna très bien, mais c’était sans compter son éviction un an plus tard, suite à ses problèmes de drogue. La série eu du mal à se relever, et se termina lors de la saison 5, après qu’une partie du casting fut partie. Cela n’empêche pas à Ally McBeal d’être devenue un véritable classique aujourd’hui, ne serait-ce que par sa mise en scène pop et son côté loufoque totalement assumé.

Et vous, connaissiez-vous Ally McBeal ?

3 Commentaires

  • krikri94
    Le 24/02/2017 à 12h01

    Ma série préférée !!!! J'adore l'ambiance des épisodes de Noël !!! Je les regarde tous les ans à cette période ! C'est devenu un rituel !!!

  • Elohan
    Le 24/02/2017 à 13h31

    J'aimais bien, juste la bonne dose "Déjantée" pour que ce ne soit pas trop lourd.
    Angie Tribeca est un peu trop pour moi et Fron dusk till dawn n'est pas tout public.

  • Penelope
    Le 25/02/2017 à 04h56

    J'aimais beaucoup cette série. Elle m'enchantait.

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