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Rétro SerieAddict N.24 : NYPD Blue : Steven Bochco, la révolution des séries policières, part. 2

Rétro SerieAddict N.24 : NYPD Blue : Steven Bochco, la révolution des séries policières, part. 2 1993 - ABC

Tous les jeudis revenons sur une série qui a marqué l’histoire de la télé ou nos mémoires. Aujourd'hui : NYPD Blue.

La semaine dernière dans la chronique consacrée à Hill Street Blues comment son son créateur, Steven Bochco, a été remercié après 5 ans de bons et loyaux services. Cela ne l’empêcha pas de créer sa propre société de production et de devenir l’un des auteurs les plus courtisés du marché avec des succès aussi divers que L.A. Law ou Doogie Howser, M.D.. Sous contrat avec ABC pour créer une dizaine de nouveaux shows, il renouera avec son complice de Hill Street Blues, David Milch, pour créer une nouvelle série policière : NYPD Blue (New York Police Blues en français).



Sur papier le projet ne dépare pas des autres programmes du genre : un duo de policiers, des crimes à résoudre, des histoires sombres, parfois une touche d’humour pour alléger le tout. Nous pourrions presque croire qu’il s’agit là de la même recette que Hill Street Blues. Mais Bochco souhaite aller plus loin, beaucoup plus loin. Nous sommes en 1993, la télé du câble et les chaînes payantes se mettent aussi à produire des séries avec un ton plus mature, un langage plus cru et des scènes de nudité, HBO et son Dream On en tête. Bochco veut apporter ce vent de nouveauté sur les grands networks et oser ne plus viser un public familial mais adulte. Le pilote donnera le ton avec un des personnages principaux insultant copieusement une procureur et une scène de sexe explicite provoquant l’indignation des associations de spectateurs. Cette publicité inespérée va faire de NYPD Blue un succès d’audience immédiat.

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Mais pris dans la série les spectateurs durent convenir que ce n’était pas le langage de la série, ou bien ses scènes de nudité qui faisaient sa qualité. Une fois de plus le public fut happé par la qualité de son scénario et ses personnages. Les personnages ? Nous devrions plutôt parler DU personnage. Si vous avez déjà eu l’occasion de voir NYPD Blue vous savez qu’il y a une figure marquante dans la série, Andy Sipowicz. Exit les chevaliers blancs et les justiciers et bienvenue aux personnages torturés. Dans les faits Sipowicz a tout pour faire fuir, violent, alcoolique, raciste, machiste, homophobe et prêt à tout pour faire tomber les criminels, mais l’écriture intelligente de la série va immédiatement mettre le public de son côté. Alors les 12 saisons de NYPD Blue vont se transformer en un long chemin de rédemption pour ce héros brisé. La fragilité de cet être, sa vision du monde et son étrange conscience vont littéralement crever l’écran notamment grâce à l’acteur Dennis Franz. Et ce ne sont pas ses 8 nominations, dont 4 victoires, aux Emmy Awards pour ce rôle qui contrediront cet état de fait.
Détail amusant, si la série s’est recentrée sur ce personnage, c’est suite au départ du second acteur principal à la fin de la saison 1. Le premier partenaire de Sipowicz, John Kelly, était alors interprété par David Caruso, qui préféra quitter la série suite à un désaccord avec la production concernant son salaire. D’autres sources plus officieuses disent que Caruso avait pris ombrage de l'importance que le personnage de Sipowicz avait dans la série.
Qu’importe, même si Bochco et Milch ignoraient comment le show se remettrait de ce départ ils contactèrent Jimmy Smits avec qui ils avaient travaillé à de nombreuses reprises. Durant 5 ans ce dernier interpréta avec beaucoup de talent Bobby Simone, marquant profondément la mythologie de la série. Ce changement permettra aux auteurs de se servir des différents partenaires de Sipowicz pour accompagner et souligner l’évolution de ce personnage plein d’ombres et de lumières.
Et son parcours sera compliqué, les coups du sort s’acharnant régulièrement sur lui et les gens gravitant autour. Puisant largement dans une culture soap parfaitement assumée, la vie est dure au 15th precinct et la mort frappe aveuglément.

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Cependant NYPD Blue ne renie à aucun moment ses origines et reste au fond d’elle une série policière. Et dans ce registre elle ne se contente pas de raconter la vie de flics, mais elle est là pour donner un grain réaliste aux affaires traitées. Tout cela sera possible grâce à David Milch et une de ses connaissances : Bill Clark. Ce dernier, véritable flic de New-York, va fournir aux créateurs non seulement des histoires d’enquêtes criminelles réelles, mais aussi toute la profondeur et la gravité de son métier. Cela se retrouve dans la manière dont les cas les plus dramatiques restent en mémoire de Sipowicz, ou bien dans sa façon de chercher le levier pour faire craquer un suspect qu’il sait coupable. L’influence de Clark sera telle qu’il sera nommé co-producteur et s’investira largement dans la série donnant, avec Milch, ce ton sombre proche du désespoir.

Série flamboyante, acclamée autant par la critique et le public, NYPD Blue tint le cap de 12 saisons, jusqu’en 2005, et fut, jusqu’à l’année dernière, la série dramatique la plus longue de la chaîne ABC, Grey’s Anatomy l’ayant depuis dépassé. Cela n’empêche pas au show d’être encore aujourd’hui considéré comme une référence incontournable des séries policières, à l’image de ce que The Shield deviendra quelques années plus tard.

Et vous ? Avez-vous déjà suivi NYPD Blue ?

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