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5 raisons de rattraper My Mad Fat Diary

Parce que nous ne parlons pas suffisamment des séries anglaises sur le site, voici un coup de projecteur sur une petite pépite so British qui mérite que l’on s’y attarde : My Mad Fat Diary.

5 raisons de rattraper My Mad Fat Diary 2012 - E4

Hier soir était diffusé sur la chaîne anglaise E4 le sixième et dernier épisode de la première series de My Mad Fat Diary, adaptation du livre de la véritable Rae Earl, intitulé My Mad, Fat Teenage Diary.

1996, Earl Rae vient de quitter l'hôpital psychiatrique du Lincolnshire où elle a passé quatre mois après s’être auto-mutilée. La série suit donc son retour à une vie «normale» alors qu’elle renoue avec sa meilleure amie, Chloé et tente de faire sa place au sein du groupe d'amis de cette dernière. Au travers de la rédaction de son journal intime, nous la suivons alors qu’elle tente de gérer d’une part ses problèmes de santé mentale mais aussi d’autres problèmes inhérents à toute adolescente de son âge : l’acceptation de son image corporelle, se faire des amis, les garçons, l’amour, le premier baiser, le sexe. Les trucs habituels quoi.


1. Le sujet principal et l’héroïne

Parce que ce n’est pas souvent qu’une série prend le parti d’avoir premièrement une héroïne pour personnage central dans une industrie (tv-ciné) gouverné par la testostérone, et deuxièmement qui plus est qui n’est pas une écervelée superficielle même si dans le cas présent, elle traverse quelque « crazy mental » problèmes.
En effet, les sujets de la santé mentale ou de la difficulté d’aimer son corps, qui plus est pour une personne en surpoids sont ici traités de façon très juste et sans aucune moquerie. Ce qui est fort rafraîchissant. Tout comme le fait de ne pas avoir une héroïne qui n’est pas anorexique. D’ailleurs, une partie spéciale a été consacrée sur le site officiel de la série, avec une liste de sites internet et de numéros de téléphone d’Aide et de Soutien pour les jeunes.
Pour en revenir plus particulièrement à l’obésité, elle ne fait hélas pas vendre/rêver les spectateurs, même si c’est pourtant une réalité de notre société. Preuve en est avec la série américaine Huge (avec Nikki Blonsky révélée par le film Hairspray) qui, malgré de bonnes critiques, a été annulée au bout de 10 épisodes faute d’audiences suffisantes. C’est là où MMFD brise la malédiction avec une importante fanbase qui s’est d’ailleurs bien lâchée hier sur la toile lorsque la commande d’une saison deux a été officialisée.

2. Une écriture juste

Contrairement à sa grande sœur Skins (dont on ne peut éviter la comparaison vue l’âge des protagonistes), le ton est certes parfois difficile mais sans pour autant atteindre les sommets poussifs de son aînée. Même si Rae passe par des moments plus difficiles, cela reste dans l’ensemble léger et surtout réel. On s’identifie d’autant plus aux personnages et aux situations auxquelles ils font face. Excellent travail de la part du scénariste Tom Bidwell qui s’est éloigné du livre tout en gardant l’essence même de l’histoire : son personnage principal avec ses problèmes psychologiques et de surpoids bien sûr, mais aussi et surtout la difficulté de trouver sa place dans la société et d’être prêt à tout pour se sentir « normal ». Problème au final des plus universel.

3. Un excellent casting

Comme souvent dans une production anglaise, le casting est 5 étoiles. Le choix des jeunes acteurs est très judicieux. Même s’ils sont dans l’ensemble un peu plus âgés que leurs personnages, ils restent très crédibles. Contrairement aux séries américaines pour ado qui ne sont qu’un défilé de beautiful people parfaitement make-upés à tout heure, ici vous avez droit au/à la parfait(e) guy/girl next door. De quoi, nous spectateur, nous sentir mieux dans notre peau et d’autant plus nous identifier.
En tête de liste, nous avons Sharon Rooney, qui est issue du stand-up et est ici une véritable révélation. Elle porte la série sur ses épaules à merveille. Et est capable jouer toute la palette d’émotions extrêmes que son personnage traverse.
Ensuite, impossible de ne pas parler de l’interprète de Finn, Nico Mirallegro, qui fait exploser la blogosphère à grand renfort de photos et autres gif de sa belle gueule. De là à lui prédire un avenir à la Nicholas Hoult, il n’y a qu’un pas. Nous n’avons aucun mal à comprendre que l’héroïne succombe à son fameux sourire. Sans parler de ce petit accent.
Ils sont entourés de plusieurs autres acteurs tous aussi excellents dans leur interprétation, faisant des apparents stéréotypes de leurs personnages (le geeky cute Archie, la bimbo Chloe, la délurée Izzie, le mec totalement barré à l’accent à couper au couteau Chop et les deux « crazy » Tix (adorable Sophie Wright) et Danny) pour des forces. Impossible de ne pas s’attacher à tout le gang de pote, comme l’héroïne.
Et du côté des adultes, nous avons Kester, le psychiatre interprété par Ian Hart (principalement connu du grand public pour son rôle du professeur Quirrell dans le premier Harry Potter ou des sériphiles pour son rôle de photographe dans Dirt). Les scènes entre lui et Rae sont toutes de petites pépites.
Ou encore la mère de Rae, excellemment interprété par Claire Rushbrook. Parfois, on se demande qui est la plus folle dingue des deux. Et chacun de leur face-à-face est toujours des plus savoureux. La scène de la soupe et des tampons est absolument royale.

4. L’immersion dans les années 90

Remonter un peu dans le temps ne fait pas de mal parfois, histoire de retrouver certains vêtements ou marques phares de l’époque que nous avons pu porter. Sans avoir à revivre les moments difficiles irrémédiablement liés à l’adolescence et à passer par la case acné. Nostalgie quand tu nous tiens…

5. La musique.

La BO est définitivement indissociable de la série tant elle a une part importante dans le show, vue combien Rae est une experte en la matière. Cela met dans l’ambiance instantanément. On redécouvre au passage des chansons que nous avons pu entendre, et aimer, à l’époque. La chaîne a d’ailleurs mis a disposition des fans sur son site officiel la liste complète des morceaux par épisode et a même créée une playlist Spotify les regroupant tous. Maintenant plus de problème pour connaître le titre de cette chanson que l’on a adoré.


En conclusion, si vous n’avez pas encore donné sa chance à cette série, ne réfléchissez plus, dévorez-la. Ce n’est que 6 épisodes de 45 minutes. En plus, bonne nouvelle annoncée par E4 via leur Twitter hier matin, histoire de savourer sereinement le dernier épisode, la série reviendra pour une deuxième series de 6 épisodes également. Ou c’est peu, mais de qualité. Alors nous n’allons pas bouder notre plaisir. Et puis ce sera l’opportunité de s’attarder plus en profondeur sur certains membres de la bande de potes qui n’ont été, jusqu’à maintenant, qu’esquissés.

En attendant, pour vous fournir le livre c’est par ici, et la première series en dvd c’est par . Histoire de soutenir les productions européennes face au mastodonte américain et d’inciter, à notre échelle, les chaînes à continuer de diffuser des programmes de qualité.

8 Commentaires

  • Mauvais esprit
    Le 19/02/2013, 12h34

    Christina Ricci a pris beaucoup de poids pour la série...

  • Dantarask
    Le 19/02/2013, 13h37

    Worth the try ?

  • Fitz
    Le 19/02/2013, 15h04

    @Dantarask: definitely!

  • MiniS
    Le 19/02/2013, 21h42

    Un article vraiment parfait qui résume bien les qualités de la série ! Si vous avez le temps pour cette série, n'hésitez pas :)

  • Kali
    Le 21/02/2013, 21h46

    Je désespérais de lire une critique française sur MMFD Merci ! Magnifique série je suis complètement sous le charme
    à voir d'urgence

  • Sandrine
    Le 22/02/2013, 00h37

    Cool, contente de voir des fans ici. Pour ce qui est de Mauvais esprit, j'ai moi aussi pensé la même chose. Sans aucune méchanceté aucune. Je trouve que Sharon Rooney ressemble en effet bcp à Christina Ricci.
    @ Dantarask, si mon ÉNORME 5 Raisons (j'en ai jamais fait de si long et je crois qu'il y en a jamais eu de tel sur le site) ne t'as pas encore convaincu, cette série vaut vraiment le coup. En plus c'est que 6 épisodes alors c'est vite regardé.
    @Kali, ravie de te faire plaisir. Je me suis vraiment amusé à l'écrire moi aussi parce que je trouvais qu'elle méritait qu'on s'y arrête. D'ailleurs je pense faire un GROS BILAN de cette première series dès que j'aurais trouvé le tsp de regarder le dernier épisode. :)

  • Sandrine
    Le 22/02/2013, 00h39

    Et si vous avez adoré comme moi la BO de la série, je vous conseille d'aller faire un tour sur le site officiel de E4 pour avoir la liste des morceaux qui passent dans les épisodes et d'avoir le lien Spotify pour écouter tout ça !!! :)

  • breched
    Le 22/02/2013, 07h48

    une série vraiment touchante. Je n'en avais pas entendu parlé. Je l'ai vu par hasard dans la programmation de la semaine et je me suis dit "Why not?" et je ne regrette absolument pas.
    Des séries sur la difficulté d'être ado, il y en a déjà eut mais une dont l'héroïne est la fois une outsider, obèse et avec de grave problème d'image de soi, non. En plus le ton est juste. De l'humour mais quand il faut. Superbement bien interprété. A voir

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