Critiques

Seriesaddict.fr  par | 9

Best Friends Forever - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2012 - NBC

Depuis la sortie de Bridesmaids en 2011, le très tendance acronyme «BFF» (Meilleures Amies pour toujours) revient sur le petit écran. Les copines se jurent une amitié indéfectible et imprescriptible malgré les menaces constantes des passions de la chaire. Jessica St Clair (Weeds, Worst Week) et Lennon Parham(Accidentally On Purpose), amies dans la vie saisissent la balle au bond pour créer leur propre sitcom. Pas très originale me direz vous mais le résultat final est loin d'être mauvais. Au contraire. 

Qu'est ce qui a fait la gloire de NBC ? Pour y répondre, il faut malheureusement revenir au début des années 80 avec le lancement de Cheers, série créée par Glen Charles, Les Charles et James Burrows. Souvenez-vous (pour les plus addict des séries addict) du bar mythique de Boston, le Cheers, tenu par Sam Malone, lieu où l'on vient boire un coup, tomber amoureux ou échanger des plaisanteries. Les gars et les filles (snobs) s'y mélangent et s'y détestent sans pudeur. Ce petit bijou comique donnera naissance à une autre merveille scénaristique, Frasier. C'est ainsi que le quotidien des névrosés deviendra par la suite la force de la chaine au paon.

2012 est une année sombre pour NBC. Ce qui faisait le triomphe du network s'est transformé en cauchemar. Les téléspectateurs se font rares et les programmes sont sans cesse annulés au bout d'une poignée d'épisodes diffusés. Nous ne reviendrons pas sur les raisons de ce déclin mais nous verrons comment Best Friends Forever s'est inspiré du passé pour tenter séduire les nostalgiques de cette époque bénie.

Prenez une pincée de Seinfield, un doigt de Friends, puis ajoutez une cuillerée de Mad about you (Dingue de toi) et vous obtiendrez Best Friends Forever.

Jessica (Jess) et Lennon (Len) sont amies depuis le lycée. Lorsque la première découvre que son mari est infidèle, la seconde la convie immédiatement dans son appartement à New York. New York, ville chère aux scénaristes de NBC. La grosse Pomme a accueilli les six amis du Central Perk, le couple Buchmann et l'humoriste «Jerome» Seinfield. Les créatrices de BBF reprennent ici le décor des séries mythiques. Gotham est une ville excitante où l'on trouve sans trop de difficulté un bar pour se souler, un appartement de 100 m2 pour 500 dollars par mois (environ 400euros), un BOULOT GENIAL sans passer par la case «entretien» et des Amis Formidables. La vie est facile à New York. A l'instar de Monica, Ross et Phoebe, Len et son petit ami occupent un délicieux meublé au loyer très abordable. Joe peut même se permettre d'arrêter de travailler (il quitte son emploi dans le 3eme épisode). Cette absence de préoccupations financières est une des caractéristiques de Friends (Phoebe est masseuse à temps partiel et parvient chaque mois à payer son loyer, du génie) que l'on  retrouve dans Best Friends Forever.

La nouvelle sitcom ne s'arrête pas seulement au décor, elle reprend aussi leurs thèmes. L'amitié ou encore la «bromance» sujet central du programme de Martha Kauffman et David Crane devient le ciment de BBF. Chaque scène que partage les deux protagonistes est une occasion d'y délivrer une anecdote sur leur passé. Cette dernière est très souvent accompagnée de cris, de larmes ou encore de cris (les Woo Girls se reconnaitront). L'alchimie entre les deux actrices est indéniable. On rit d'elles et très souvent grâce à elles. Il est de plus très facile de s'identifier à leur relation. Tout le monde a une BBF, même nos chers messieurs. Le groupe est aussi un élément très important du sitcom type des années 80-90. Nos Woo Woo évoluent avec un petit ami, un ex petit ami et l'espiègle voisine de 9 ans. Cette dernière est sans doute la petite touche des années 2000 empruntée à Modern Family. Chaque personnage réussit à trouver sa place. Les acteurs jouent de façon très juste, ils parviennent même à éviter le cabotinage, versant des méthodes de l'Actors Studio et très fréquemment utilisé par l'ensemble des comédiens de la CW mais aussi de quelques actrices de Desperate Housewives. Les auteurs de BBF ne s'attardent pas sur l'antagonisme des personnages (la rousse, la blonde), sujet trop cliché pour une sitcom. Ainsi, les héros se complètent et la bande de 4 (5, avec la petite fille) forme un Vrai groupe d'Amis.

Comme je l'ai mentionné précédemment, Best Friends Forever s'inspire sans retenue de Mad about you. Paul et Jamie Buchmann, jeunes mariés trentenaires et new-yorkais sont le pendant de Joe et Lennon, couple fraichement colocataire new-yorkais. Nils C. Ahl, auteur du Dictionnaire des séries télévisées fait une analyse intéressante de la sitcom de Paul Reiser. Selon lui, Mad about you est la réplique d'un couple Mickeys affublé d'un Bugs Bunny (Les Buchmann et leur entourage).
De mon côté, j'utiliserai les mêmes propos pour Len, Joe et leur Bunny, Jessica. Je m'explique. Mickey et Bugs Bunny est une théorie développée par Rob Long (ancien scénariste et producteur de Cheers) dans son roman, Conversations avec mon agent. Celle-ci s'applique aux comédies et aux sitcoms. Mickey Mouse est un «personnage universellement sympathique, mais raisonnablement ennuyeux. Il est du côté de l'ordre. Bugs Bunny est un personnage naturellement comique, qui introduit des perturbations partout où il passe. Il dérègle tout ce qui peut se dérégler. Il est du côté du chaos. Ces deux paradigmes se retrouvent systématiquement dans tous les castings de comédie».  En clair, les auteurs préfèrent disposer d'une horde de bugs, associés à un Mickey pour débiter des phrases du genre: «Eh, les mecs, qu'est que vous faites là». Attention, cette méthode a trusté le classement des meilleures audiences du début des années 90. On retrouvera d'ailleurs ce schéma dans d'autres sitcoms d'aujourd'hui comme 30 Rock ou encore The Office. Pour Mad about you comme pour BBF, la famille, forme la plus classique du sitcom est revisitée. Du coup, d'après Nils C. Ahl, «la morale n'est pas une affaire de pédagogie mais de circonstances». Les règles de la vie à deux varient selon les épisodes. Comme pour Jamie et Paul, Joe et Len apprennent à vivre ensemble. On y mélange «l'hypocrisie complice et les petits compromis». La méchanceté et les moqueries sont présentes. La famille (Mark et Fran/Jessica) y est sans cesse humiliée mais jamais repoussée. Le bonheur ultime est la clé mais il n'est finalement pas ennuyeux.

Dernier trait emprunté: la névrose. Ce type de caractère fait la force des personnages de Seinfield. George Costanza, ami fidèle de Jerry les compile. Jessica (BBF) aussi. Angoissée, la jeune femme a peur de l'amour, a peur d'elle même et a peur de l'autre. Cynique et élitiste, elle est le parfait reflet de Grace Adler (Will & Grace), autre protagoniste phare des sitcoms des années 90.

Nous ne pouvons le nier, les téléspectateurs ont changé. Les attentes d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier. Ce qui nous plaisait chez Jerry Seinfield, Paul Buchmann, Rachel Green ou encore Will Truman est révolu. Il n'est plus possible d'utiliser ces procédés cités ci-dessus en 2012. Le public n'est pas dupe. Le 27 avril, NBC scelle définitivement le sort de Best Friends Forever en la retirant de la grille des programmes après seulement 4 épisodes diffusés. Dommage.

7/10

Bilan

A l'instar de Cougar Town, Best Friends Forever surfe sur la vague BBF au féminin. Certes, les créatrices ne prennent pas de risque dans l'écriture mais le rendu est frais et sympathique. Nous sommes loin du casse du siècle, l'annulation de la série en est la preuve (audiences insatisfaisantes) mais ce retour aux sources du sitcoms type des années 90 pourraient plaire aux plus téméraires.

9 Commentaires

  • Toff63
    Le 18/06/2012 à 12h08

    Critique étonnamment généreuse pour une série supra mauvaise à l'humour faiblard et dépassé. Osez la comparaison avec Friends est un sacrilège!

  • Raboula
    Le 18/06/2012 à 14h25

    mon dieu, mais qui regarde ça !!!

  • Charlène
    Le 18/06/2012 à 21h26

    J'assume la comparaison.

  • Vales
    Le 18/06/2012 à 22h56

    @Toff63 : fait une critique développée, organisée et généreuse de l'article avant de descendre le travail que les autres mettent du temps et de l'énergie à faire.

  • BUENOO
    Le 19/06/2012 à 10h48

    La comparaison tient la route, surtout qu'elle explique qu'elles sont les ressemblances. Après, pour une série telle que celle là, je n'aurais pas pris Friends comme référence. Car pour moi, si on compare le bon côté d'un show à Friends, sa veut dire que celle ci est de qualité. Hors ici ce n'est pas le cas, elle reprend juste des normes utilisé dans ce genre de série. Comme tu le soulignes, ne pas s'attarder sur les problèmes financier et autres de la routine.
    Surtout que ce n'est pas Friends qui a inventer ces normes. Elle les à pomper d'autre show d'avant, mais à connu un succès énorme de part sa qualité.

  • Toff63
    Le 20/06/2012 à 11h24

    Je constate que mon commentaire fait beaucoup réagir, et j'en suis surpris. Je tiens à préciser que le ton de ma remarque ne présentait aucune méchanceté de ma part vis-à-vis du bilan de cette série, simplement mon avis (concis, différent, mais bien réel) sur cette série. En aucun cas je ne me permettrais de descendre la critique de Charlène (dont je respecte l'avis), bien au contraire. Elle est très bien écrite, elle est dense, bien construire et structurée, garnie de références et argumentée solidement, et je trouve très bien d'avoir choisi de défendre cette série qui, en raison de son annulation rapide et de critiques presse négatives, a dû être zappée par de nombreuses personnes.
    J'exprime simplement ici le fait que j'ai grandement détesté cette série à cause de personnages qui frisent la caricature, de situations pas très originales et d'un humour limité, bref je n'ai pas du tout accroché. Je ne rentrerais pas dans une critique détaillée de cette série car honnêtement, cela fait longtemps que je l'ai testée et je ne me rappelle pas exactement de tout.
    Concernant la comparaison avec Friends, oui, elle m'a surpris car j'adore Friends et je n'ai pas ressenti dans Best Friends Forever ce que j'aime dans Friends. De plus, je ne suis pas du tout d'accord avec la remarque sur l'absence de préoccupations financières dans Friends: je me souviens d'un épisode où Phoebe, Rachel et Joey, en proie à des difficultés financières, se disputent avec Chandler, Monica et Ross au sujet de leur train de vie trop coûteux pour eux (restaurants chics et spectacles exceptionnels); lorsque Monica perd son travail, les questions financières sont évoquées; combien de fois la réussite financière de Chandler est étalée au grand jour par le biais de son travail?; dans plusieurs épisodes, les scénaristes rappellent que Chandler a considérablement aidé Joey à payer son loyer, ses meubles et ses cours de théâtre; dans un épisode, Joey trimballe une vilaine hernie et on découvre qu'il a pas de quoi se payer une assurance; lorsque Monica travaille dans le resto où elle sert les personnes en patins à roulettes avec une poitrine sur-gonflée, c'est pour gagner sa vie; au tout début de la série, lorsque Rachel s'affranchit de l'argent de son père sous l'impulsion des 5 autres, elle doit trouver un travail pour pouvoir satisfaire son besoin dépensier et être indépendante, d'où son métier de serveuse au Central Perk; quant à Phoebe, elle est réputée pour s'habiller avec des vêtements simples et des bijoux dont la provenance est assez hasardeuse, sans parler du fait qu'elle n'a pas à payer son loyer toute seule puisqu'elle vit en colocation alternativement chez Monica et avec Rachel.
    Ceci dit, je suis néanmoins content pour Charlène et ceux qui ont perçu une ou plusieurs ressemblances avec Friends, cela signifie qu'ils ont dû aimer la série et passer du bon temps devant, ce qui est au bout du compte le principal.
    Bonne continuation à toi, Charlène!

  • Charlène
    Le 20/06/2012 à 22h18

    Toff63,
    Merci pour tes commentaires. Il n'y a pas de vérité absolue dans une critique, tout est subjectif. Peut être que les créatrices de BBF n'ont pas chercher à réutiliser les codes des séries types des années 80-90. Je suis une personne qui voit des références un peu partout. Pour en revenir à la comparaison avec Friends, je parlais de l'utilisation des codes comme le décor, l'ambiance "bromance". La comparaison se fait sur la forme non le fond, là est la nuance. How Met your mother reprend également ses codes, tout comme Happy Endings. C'est un genre qui a été crée avant Friends. Ce sont des codes que les Showrunners utilisent.

  • sudoku
    Le 23/06/2012 à 07h07

    Moi j'aime bien, c'est léger, ça passe tout seul, ça me va très bien :-)

  • Jérémie
    Le 07/07/2012 à 16h46

    Ouais enfin parler en ces termes d'une série cancell au bout de 6 épisodes c'est tout de même un peu léger...

    Après c'était pas horrible loin de là, mais bon si ça ça vaut 7/10 toutes les notes à 7/10 sur le site n'ont aucune valeur :/

    Je trouve qu'il n'y a pas de coordination au niveau des notes c'est dommage certains mettent 8/10 pour un épisode moyen d'une série moyenne du coup quand un truc grandiose arrive et que tu met un peu plus ça vaut plus rien c'est vraiment dommage ...

    Une série comme ça c'est la moyenne, et encore j'aurais envie de dire il manque l'autre moitié de la copie :/

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Best Friends Forever
Note de la série :
5.3/10