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Spartacus: Blood and Sand - 3x10 : Victory

Résumé

Dans l’espoir de permettre à une partie des rebelles de s’échapper à travers les montagnes, Spartacus affronte Crassus et son armée. Mais cette fois, toute sa malice et son ingéniosité ne suffiront pas à faire des miracles.

3x10 : Victory © 2013 - Starz

Attention, cette critique contient des spoilers importants.

Il n’est jamais facile de terminer une série… On sait qu’il n’y aura plus rien après, que l’on ne reverra plus ces personnages que l’on apprécie… Mais le problème majeur avec les séries inspirées de l’Histoire, c’est que la fin, on la connaît… Et en l’occurrence, elle est mauvaise, on le savait dès le commencement, cette merveilleuse escapade des esclaves à l’époque où Rome resplendissait, ne pouvait pas bien se terminer…
Et c’est ainsi qu’on se retrouve face à un épisode, avec une pensée redondante, qui dit bien « Ils vont tous mourir. » Pas très enthousiasmant hein…
L’épisode précédent avait probablement déjà laissé un certain nombre de spectateurs le cœur lourd… Un grand moment ces combats organisés par Spartacus, contre quelques romains, dans une simili arène, entourée de simili gradins… Et cet hommage à Crixus (entre autres), une scène extrêmement forte !
Cette idée d’hommage, de mémoire des personnages disparus est d’ailleurs omniprésente tout au long de cet épisode, on a un grand nombre d’images, notamment de chacune des femmes auxquelles Spartacus a tenu… On retrouve même la prévision faite par Sura, son épouse, dans les 1ers épisodes de la série : le serpent rouge, qui n’augurait rien de bon. Le point d’orgue de tout ça, c’est probablement le générique, constitué de souvenirs de chaque personnage important, mais surtout d’un dernier hommage à Andy Whitfield, alias Spartacus saison 1.

Mais commençons par le commencement.
Le 1er quart d’heure de cet ultime épisode est centré sur les adieux de chaque couple / groupe, les liens entre les personnages, qui part, qui reste, et pourquoi… Un trop plein d’émotion qui a fini par me laisser sans réaction. Puis finalement, un groupe part vers les montagnes, tandis que l’autre s’en va en guerre.

Pendant ce temps-là, de l’autre côté, on se prépare à la bataille, et Marcus Crassus, poussé par son désir de vengeance, motivé par la mort de son fils, désire plus que jamais en finir avec Spartacus et les rebelles. Le fait qu’il découvre ce que Tiberius avait fait subir à son esclave – amante, n’arrange évidemment pas les choses… Et il compte bien utiliser sa rage à bon escient...
Et elle fait peur, cette détermination, car d’un côté comme de l’autre, on sait que la fin est proche pour la rébellion. Mais un espoir persiste, les spectateurs comptent sur l’ingéniosité de Spartacus pour faire un miracle, encore une fois. Après tout, cette recette a été carrément surexploitée dans la série, et elle s’est révélée plutôt efficace…

Mais la 1ère confrontation, et l’une des scènes les plus intenses de l’épisode, c’est la rencontre entre Crassus et Spartacus. Elle est aussi calme que lourde de sens. C’est leur première rencontre, et même s’ils n’échangeront que des mots, la rancœur entre les deux hommes est palpable, leurs regards chargés d’une volonté sans borne. Mais en fait, le calme apparent qui règne sur cette scène permet au spectateur d’en apprécier les dialogues à leur juste valeur. Car c’est surtout un échange de beaux discours, de belles paroles, mettant bien en avant le thème de la série, la liberté de choisir son destin, et en l’occurrence, comme le précise si gentiment Crassus, les circonstances et le lieu de sa mort, ce qui convient tout à fait à Spartacus : « We decide our fate. »
Finalement les deux leaders se font une promesse : un seul survivra à leur prochaine rencontre, sur le champ de bataille. Et ceci, en se serrant la main, à la façon des gladiateurs. Car ce qui ressort de cette rencontre, c’est le message qu’on essaye de nous faire passer depuis le début de la saison (et qu’on avait bien capté du coup, merci) : ces deux hommes ne sont pas si différents l’un de l’autre. Un mélange bien connu de grand cœur et de froideur / dureté. L’un comme l’autre incarnent une idée, la grandeur de Rome à laquelle il est fait si souvent mention, face aux grandes valeurs qui ont traversé les siècles : l’humanité, l’égalité… Alors voir dans cette série une satire de la société serait probablement tiré par les cheveux, je ne pense pas qu’elle en ait l’ambition, mais elle possède indéniablement une certaine profondeur, derrière les effusions de sang absolument irréalistes, et les scènes de sexe pas forcément utiles à l’intrigue… Et c’est cette profondeur, si limitée soit-elle, qui fait qu’on s’est accroché, attaché aux personnages, et qu’on a été jusqu’à la fin, qu’on a voulu croire et continuer à espérer un happy ending qu’on savait impossible. Ou qu’on a laissé notre côté maso’ nous guider vers une fin malheureuse. Ca se discute. Mais c’est une grande force de cet épisode, de ne jamais laisser le spectateur plonger dans la mélancolie ou le désespoir. A chaque tragédie de l’épisode, s’oppose toujours quelque chose de positif. Oui, quand ça ne défend pas la liberté, ça prône l’optimisme.

Fort heureusement, ils n’ont pas abusé de ce côté moralisateur, et tout en donnant un but à la série, autre que d’enchaîner des images, ils ont évité de tomber dans le ridicule qui leur pend pourtant régulièrement au nez à cause de certaines exagérations récurrentes.
Difficile, voire impossible d’être objectif en la matière, l’avis concernant les gigantesques éclaboussures sanglantes et autres scènes intimes, dépendra entièrement des goûts de chacun… Pour moi, cela fait partie de la marque de fabrique qui permet à Spartacus de se démarquer d’autres séries… Par la même, je trouve ces exagérations bienvenues, et même rafraîchissantes ! D’autres affirment que tout ceci décrédibilise totalement la série, qui en devient risible… Toute opinion est possible en la matière. Si c’est ridicule, ça a au moins l’avantage de dédramatiser les situations !

Et finalement, lorsque la bataille s’engage, que les armées se ruent l’une sur l’autre, on est agréablement surpris d’entendre Spartacus crier « Hooold ! », et stopper ainsi la course de son armée. Comme on s’y attendait, un certain nombre de pièges étaient préparés pour les romains, et le plaisir ressenti lorsqu’ils s’embrochent littéralement est indéniable. A partir de là, on va de surprise en surprise, et l’épisode poursuit son chemin comme la série l’a toujours fait : dans le sang.
Finalement, on a droit à un joli montage parallèle : les confrontations de Spartacus / Crassus, et de Gannicus / Cesar. On apprécie l’humour que conserve Gannicus en toute circonstance, mais l’heure est grave, puisqu’il termine isolé, alors que César observe lâchement les soldats affaiblir son adversaire, qui est finalement capturé, puis crucifié. Pris d’hallucination, il se retrouve ovationné par une arène en délire imaginaire. Une mort qui lui va bien, son côté débauché en ayant toujours fait un personnage sympathique. Et là, on se surprend à ne plus regretter le moins du monde une seule des humiliations qu’a subit César tout au long de la saison… Parce que lui serait plutôt qualifié de personnage antipathique. Ils ont pourtant bien essayé de faire naître chez le spectateur des sentiments opposés concernant César, en faisant un être détestable, mais que l’on prend en pitié, parce qu’il faut l’dire, il « prend cher » assez régulièrement… Ca marchait déjà très peu tout au long de la saison, dans ce dernier épisode c’est un échec cuisant ! César, on ne l’aime pas. C’est pas faute d’avoir essayé, mais non, ça ne prend pas.

De leur côté, Crassus et Spartacus mènent un beau combat, chacun se battant avec deux épées, puisque l’Imperator s’est adapté à son ennemi, ce qui tend encore une fois à prouver que ces deux personnages ne sont pas si opposés que le sont leurs causes. Mais contre toute attente, Spartacus finira en gruyère, transpercé par des lances que j’ai cessé de compter. Néanmoins, il ne sera pas achevé, et c’est auprès des rares survivants des rebelles qu’il poussera son dernier soupir. Un grand moment, qui a fini par détruire mes efforts pour rester indifférente à ces tragédies.
Par ailleurs, c’est bien la seule scène qui justifie le titre de l’épisode… L’important finalement, aura été la liberté dont ils ont profité pendant leur escapade, et la possibilité qui leur a ainsi été donnée, de faire des choix, qui ont influencé leur destin… « There is no greater Victory than to fall from this world a free man. » Comme Gannicus est virtuellement mort dans l’arène, Spartacus part retrouver son épouse. Et c’est ça leur « Victory ». C’est sur un gros plan du visage hyper expressif de Spartacus, comme jamais on ne l’a vu en 3 saisons que se termine tout ça. On le sent soulagé, c’est sa libération à lui… Comme si toute cette épopée n’avait été qu’un rêve, dont il va se réveiller. Et elle est longue cette scène… Si longue que les nombreuses expressions faciales d’un Spartacus mourant auraient pu agacer plus d’un spectateur. Mais pour ça, il faut ne vraiment pas être attaché au personnage, parce que finalement, tout ceci est aussi bien amené que possible, et on se laisse emporter par ses sentiments, que l’on a jamais vraiment vu chez Spartacus…

Enfin, je tire une petite satisfaction, sûrement un peu sadique, de l’arrivée de Pompée qui tirera tous les lauriers des combats menés par Crassus.
Finalement, celui qui a tout perdu, c’est lui… Crassus a toujours été un personnage volontairement ambigu… Difficile de se faire un avis sur lui, car on est partagé entre l’improbable amour qu’il montre à Koré, et l’insensibilité immense qu’il témoigne à travers le reste de ces actes… Mais surtout, difficile de déterminer s’il croit en ce qu’il fait. Est-il réellement un fervent défenseur de Rome ? Où n’est-il pas plutôt simplement poussé par son ambition ? J’ai un peu de mal à admettre qu’il puisse traiter son « esclave » comme il le fait, tout en ayant une croyance inébranlable envers « the Glory of Rome, » et ses principes, parmi lesquels l’esclavage, comme il le clame si souvent… Mais afin de nous décider sur sa nature, il finit par crucifier cette fameuse Koré, prouvant ainsi l’absence de toute humanité chez lui… Ce que je retiens, c’est donc un bilan très négatif pour lui. Il a perdu son fils, la femme qu’il aimait, et ne sera pas récompensé pour sa victoire contre Spartacus.
Qu’en est-il alors de la promesse que s’étaient faits les deux hommes ? Si Spartacus est physiquement mort, Crassus l’est symboliquement, et lui devra vivre ainsi, ce qui est probablement un châtiment bien plus cruel. D’où la phrase d’Agron : “One day Rome shall fade and crumble, yet You shall always be remembered in the hearts of all who yearn for freedom.” Parce qu’avant tout, avant d’être un personnage Spartacus était une idée, il incarnait des valeurs humanistes.
Les derniers mots de notre héros nous laissent entrevoir à quel point il n’a été qu’une marionnette. « Spartacus… That is not my name. » Et bien entendu, on ne nous donne pas son véritable nom, puisqu’il n’est pas connu. Spartacus était simplement un surnom, qu’on lui a attribué dans l’arène. Et c’est à partir de cet instant, que cet homme a porté sur ses épaules le poids d’une cause. On comprend d’autant mieux son soulagement à l’idée de partir retrouver sa femme. Si cet homme est mort, Spartacus l’idée a survécu.
D’ailleurs, cela explique les toutes 1ères scènes de l’épisode, qui montrent la destruction de plusieurs villas romaines pour les rebelles, chacun des rebelles clamant « I am Spartacus ! » C’est une façon de planter les graines qui ont permis à ces valeurs humanistes de se développer.

Bien entendu, tout ça relève de mon interprétation personnelle, et cet épisode, la fin de cette série, permet l’élaboration d’un grand nombre d’hypothèses… J’apprécie d’ailleurs cette fin ouverte, où chacun peut y trouver son compte.
Autre chose, qui correspond bien à l’esprit global de la série, et que je voudrais saluer, c’est la volonté de placer dans le décor final une grande partie d’éléments qui correspondent à l’Histoire telle qu’on la connaît, notamment la rivalité Crassus / Pompée.

9/10

Bilan

Spartacus, c’est une recette de cuisine : des effets spéciaux qui laissent à désirer, des ralentis tellement ralentis qu’ils en deviennent comiques… Mais à côté de ça, on trouve des personnages auxquels on s’est attaché, des acteurs charismatiques et qui tiennent bien leur rôle, mais surtout une histoire qu’on aura eu plaisir à suivre jusqu’au bout.

11 Commentaires

  • Pascal
    Le 06/05/2013 à 13h23

    D'accord avec toi de A à Z : rien à ajouter c'était parfait :)

  • Alain proviste
    Le 06/05/2013 à 13h34

    Où est la critique là-dedans ? Il faudrait renommer cette section, résumé de fan, c'est dommage...

  • Bastien S.
    Le 06/05/2013 à 13h39

    @Alain, je te trouve un peu dur quand même ! On voit bien évidemment le partie pris de Laura dans ce qu'elle raconte, mais celui-ci repose sur une analyse et un certain nombre d'arguments tu ne penses pas?

    Si tu as un avis différent sur le fond il faut pas hésiter à le dire, les commentaires sont fait pour débattre, c'est ça qui est intéressant .. :)

  • Amandine
    Le 06/05/2013 à 14h32

    Déjà, je suis complexée par la taille de ta critique, :p, ensuite, César, il est pas si mal tout compte fait! Au début je le détestais et je crois que le final n'a pas arrangé mon sentiment, mais tout au long de la saison et comme tu le dis des scènes ont été glissées et l'intention était vraiment de nous faire aimer ce personnage, au moins un petit peu! Je trouve qu'ils l'ont fait habilement, César est détestable mais on peut pas s'empêcher de penser qu'il à eu de sales moments qui n'ont pas arrangés les choses!

  • Ouioui
    Le 06/05/2013 à 15h15

    D'accord avec Amandine et pour s'en persuader, il suffit de regarder Rubicon.

  • Bastien S.
    Le 06/05/2013 à 15h22

    Y'a pas de complexe à avoir Amandine, déjà parce que c'est un épisode final, et que du coup on développe bien plus, et d'autre par on nous avait promis une grande bavarde, donc on est servi :p
    Chacun son style d'écriture, au final, que ce soit exprimé en 400 mots ou en 2000, c'est ce qu'il y a à l'intérieur qui compte ;)

    Au sujet de César, je rejoint Laura sur le fait que le final nous amène à oublier ses malheurs pour en faire un personnage méprisable, malgré ses malheurs ...

  • Bastien S.
    Le 06/05/2013 à 15h23

    Oups, navré pour la répétition, ça m'apprendra à pas me relire ..

  • Sandrine
    Le 06/05/2013 à 16h14

    Bienvenue parmi nous Laura.
    Je suis contente de voir une autre bavarde. Nous nous sentons moins seules, moi et mes longues critiques... ;) Même si ici, c'est une sorte de critique/BILAN de l'épisode final et de la série en général, ce qui explique probablement la longueur. Moi, d'un autre côté, je n'ai pas ce genre d'excuse... ;)

  • Noob
    Le 06/05/2013 à 17h21

    Bonne fin pour une série que j'ai regardée avec beaucoup de plaisir avec des supers personnage. Une série qui aura fait beaucoup parlé en bien ou en mal qu on aime ou pas, parie gagner pour stars en tout qu à.

  • Cherry / Laura
    Le 06/05/2013 à 20h48

    Merci à tous pour vos adorables commentaires =)
    Contente que ça ait plu à la majorité ! Pour les autres, je n'ai jamais eu la prétention de vouloir / pouvoir satisfaire tout le monde, j'en suis désolée...
    Sandrine, je tiendrai volontiers compagnie à tes immenses critiques !
    C'est vrai qu'j'ai carrément profité du fait que la série n'a pas été commentée de manière hebdomadaire pour étaler mon jugement aux alentours de l'épisode...

    Les avis divergent alors sur César ! C'est l'genre de personnage qui prend ou qui n'prend pas *-) Il faut aussi dire que Gannicus a toujours eu ma préférence alors...

  • 3yadh
    Le 03/02/2015 à 12h06

    dommage que cesar reste en vie

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