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Seriesaddict.fr  par | 6

Doctor Who (2005) - Bilan saison 7

Bilan saison 7 © 2013, BBC

ATTENTION SPOILER
Le Docteur fête donc ses 50 ans cette année, l'occasion pour Steven Moffat de nous concocter une saison "spéciale" avec comme point d'orgue un épisode anniversaire à venir plus tard cette année. En attendant, on reprend la fin de cette saison assez particulière et on en dresse le bilan.

Je parle de saison particulière car j'ai vraiment eu l'impression de voir deux saisons en une. La première, la fin de l'ère des Pond bien sûr, leur fin déchirante et donc l'arrivée de la nouvelle compagne du Docteur : Clara Oswin Oswald, incarnée par l'excellente (à mon goût) Jenna-Louise Coleman, qu'on avait déjà vu dans le premier épisode de la saison d'ailleurs. Comme souvent chez Moffat, introduire un personnage n'est pas anodin, qui plus est quand il s'agit d'une nouvelle compagne au Docteur. Forcément le mystère entourant Clara fut l'un des moteurs de la saison, relayé par les multiples interrogations du Docteur.

Mais avant d'en revenir au noeud même de la saison, je fais un rapide tour d'horizon des derniers épisodes de Doctor Who, à commencer par The Rings of Akahten, épisode 8 de la saison.
A mon sens, un des épisodes les plus poétiques de la série, et un quasi one shoot dans le déroulement de la saison, avec cette histoire de chants incantatoires protégeant un monde où la notion de sacrifice est ici abordée, comme une réminiscence des sacrifices du Docteur. L'épisode est sublimé par la musique omniprésente ainsi que par l'importance que prend Clara, passant d'objet du désir du Docteur (dans un sens chaste bien sûr) à véritable compagne à part entière avec ses doutes, ses choix et ses convictions.

L'épisode suivant, Cold War, renoue avec les ambiances anxiogènes des films de couloirs comme Alien en embarquant le Docteur et Clara à bord d'un sous marin nucléaire soviétique confronté à un seigneur de guerre extraterrestre. Un épisode au rythme très bien maîtrisé malgré un manque d'empathie flagrant pour ses protagonistes. L'intrigue n'apporte rien de plus au plan de Moffat, si ce n'est de montrer les liens qui commencent à unir le Docteur à Clara. Une manière d'amorcer les événements à venir en fin de saison.

Hide entraîne le Docteur et Clara au coeur d'un manoir a priori hanté mais qui recèle des secrets bien plus étranges. Encore un très bon épisode dans cette saison notamment sur la thématique de l'abandon et de la nécessité de trouver l'âme sœur, quelque part. Les liens entre le Docteur et Clara continuent de se resserrer sans qu'il n'y ait finalement de réelles avancées scénaristiques.

Journey to the Centre of the TARDIS fait véritablement office d'épisode charnière au sein de cette saison. Déjà de par son histoire, à savoir l'incursion du Docteur et de Clara au centre du TARDIS (et donc du spectateur par la même occasion) ainsi que par les choses qui se révèlent tout au long de l'épisode. Ainsi, on découvre Clara apprenant le nom du Docteur mais surtout on comprend (si il y en avait encore besoin) que le Docteur est capable de cacher des choses primordiales si il en ressent la nécessité. Le point fort de l'épisode réside également dans l'utilisation du temps ou plutôt de sa distorsion au sein du TARDIS et des conséquences que cela aura sur la relation entre le Docteur et Clara.

Dans l'épisode 12, The Crimson Horror, on retrouve un des trio les plus appréciés de ces dernières saisons, Madame Vasta, Jenny et Strax. Ceux-ci enquêtent sur une série de disparitions et de morts mystérieuses qui impliquera rapidement le Docteur et Clara. Une petite récréation pour Moffat malgré des personnages forcément amenés à être impliqués dans les évènements de fin de saison, une récurrence chez Moffat étant de toujours placer ses pions à l'avance, parfois au risque de s'y perdre lui-même.

Nightmare in Silver continue de tracer la voie de la relation particulière qu'entretiennent Clara et le Docteur. Dans cet épisode, le Docteur emmène Clara et les enfants qu'elle garde dans un parc d'attraction spatial, mais bien entendu rien ne se passe comme prévu. L'épisode est intéressant notamment car Moffat réintroduit les Cybermen et surtout par l'utilisation qu'il en fait, principalement lors de ce combat mental entre le Docteur et son double intérieur. Une bonne manière de montrer toute la dualité qui réside dans le Docteur.

The Name of The Doctor. Rien que le titre de cet épisode a fait frissonner les fans du show. Moffat allait-il réellement briser l'un des secrets les plus emblématiques de la série, celui qui donne littéralement son nom à Doctor Who ?
En fin stratège, le showrunner a su se montrer plus intelligent (une fois de plus diront certains) en jouer sur les mots et sur la manière d'amener ce nom du Docteur. L'histoire emmène le Docteur là où il ne doit pas aller afin de sauver ses amis des griffes de la Grande Intelligence. Ce lieu, celui de sa mort programmée, est également celui de la révélation autour du mystère Clara. Moffat avait pour une fois vraiment bien préparé son coup avec cette idée toute simple que Clara avait investi la timeline du Docteur afin de le sauver, créant ainsi cette sensation de déjà vu qui l'avait suivi toute la saison. L'épisode est un grand moment de mythologie avec cette succession de scène historique du Docteur (anciennes et nouvelles moutures réunies) et surtout avec cette scène finale et déjà mythique qui voit John Hurt apparaître affublé du nom de Docteur en incrustation. Un grand moment qui restera.

En clair une saison vraiment passionnante qui, malgré des longueurs au vu de l'intrigue principale (Moffat, sur Doctor Who, reste le spécialiste quand il s'agit de noyer le poisson), a su se transcender pour proposer un pré finale de toute beauté qui prépare au mieux l'épisode spécial anniversaire qui bouclera donc cette saison 7 le 23 novembre prochain. Une saison excellente également grâce et surtout pour l'interprétation sans faille de Matt Smith (les inconditionnels de David Tennant crieront encore à la supercherie) qui a su une nouvelle fois prouver toute sa valeur dans le rôle. L'annonce de son départ programmé pour l'épisode de Noel permet d'ailleurs avec le recul de constater combien, à l'instar d'un Christopher Eccleston ou d'un David Tennant, il fut emblématique dans son rôle en espérant une fin à la hauteur de Eleven.

La deuxième partie de la saison s'achève donc avec de nouvelles interrogations peut-être encore plus grande que les fois précédentes (Moffat aime la surenchère) et je me garderais bien d'émettre des hypothèses sur le rôle de John Hurt et sur ces incidences à venir (libre à vous de vous épancher là-dessus) à peine dirais-je que Moffat, une fois de plus, a su redonner un souffle au show et que le grand défi à venir de satisfaire l'appétit des fans ainsi que préparer la suite de Matt Smith semblent des challenges qu'il me tarde de le voir réaliser.

8.5/10

Bilan

Une très bonne saison du Docteur même si on aurait, comme toujours, préféré plus de réponses et moins de questions, mais venant d'une série appelée Doctor Who, à quoi peut-on bien s'attendre d'autre?

6 Commentaires

  • Ginie
    Le 24/06/2013 à 14h17

    Je suis entièrement d'accord avec ce bilan, en espérant aussi une fin digne de ce nom pour Matt Smith.

  • Cariboutus
    Le 24/06/2013 à 23h28

    J'aurai pas mieux décris cette saison! Et je dois avouer que même si j'ai eu beaucoup de mal avec Matt Smith au début, au travers des dernière saison il incarnais mieux le Docteur, dans sa grandeur et sa folie, pour ici être juste...Fantastique!

  • Peter Noble
    Le 25/06/2013 à 09h07

    +1 Pour le bilan, avec une annonce de spoilers ça serait parfait (pas pour moi, déjà tout vu ^^)
    Après les grandes questions sur cette fin extraordinaire ont été posées sur le forum donc si vous voulez en discuter, on se retrouve sur le forum ;-)

  • julien
    Le 25/06/2013 à 09h17

    @Peter Noble merci pour l'annonce spoilers (done!) c'est vrai qu'en me relisant...faut que je passe sur le forum pour discuter de la fin et des choses à venir...see u there!

  • laetues
    Le 27/06/2013 à 00h30

    Entièrement d'accord avec cette critique que je trouve juste en tout point même concernant Matt Smith (alors que je suis une inconditionnelle de David Tennant dont je ne me remet toujours pas du départ d'ailleurs hâte de voir l'épisode spéciale parait qu'il y apparait), je commençais enfin à me sentir proche de ce docteur qu'il nous quitte déjà. J'ai hâte d'en apprendre plus sur la mythologie autour du nom du docteur vivement la saison 8.

  • la_salamandre
    Le 27/06/2013 à 23h27

    Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce bilan. J'aime beaucoup Doctor Who et si je préfère Tennant à Smith c'est parce que le 1er était désespérément plus léger. Le dernier seigneur du temps est seul et tente de l'oublier avec des compagnons (et surtout des compagnes...) qu'il sait transitoires. Avec Smith, on ne sait plus ce qui l'anime : sa solitude n'est pas évidente, il est tout le temps incohérent et il semble toujours perdu. Ce que je retiens de cette saison est ma lassitude. Avec Tennant, il y avait une progression dans le personnage : d'abord la lune de miel avec Rose puis l'amertume avec Martha la bouche-trou et enfin l'introspection avec Donna l'enragée (moitié d'un vieux couple). Avec Smith, rien de tel. C'est le Docteur qui est le compagnon (ou 5ème roue du carrosse) du couple Pond. J'ai vraiment hâte de découvrir le 12ème docteur et de passer à autre chose.

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