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Seriesaddict.fr  par | 3

Dracula - 1x1 : The Blood is the Life

Résumé

Réveillé de son sommeil, Dracula s’établit en Angleterre, sous les traits d’un “Visionnaire, délirant, égomane. » Mais derrière ces belles aspirations au progrès scientifique, technologique, se cache un désir de vengeance, contre l’Ordre du Dragon, qui lui a pris sa compagne, et l’a fait prisonnier.

1x1 : The Blood is the Life © 2013 - NBC

Aux vues de ce pilot, Dracula semble être une série qui se satisfait du minimum, quand elle aurait pu nous donner le meilleur. Sans être décevante, puisqu’elle répond à la majorité des attentes que l’on pouvait avoir, elle ne prend aucun risque, ne s’élève en rien au-dessus de la moyenne, et c’est dommage car son synopsis, ses trailers, laissaient présager davantage. Difficile de mal la noter, puisqu’on n’y trouve pas de faute grave, qui soit vraiment gênante, mais elle manque de ce « plus » qui pouvait en faire une série addictive, qui pouvait la placer dans le haut du panier, plutôt qu’en son centre, avec toute une ribambelle d’autres séries. Elle se classe malheureusement parmi celles que l’on suivra peut-être, si notre planning nous le permet, sans toutefois que nos âmes de series addict ne désespère à l’idée de devoir attendre une semaine pour en voir plus.

Compte tenu de son potentiel, on peut encore espérer malgré tout, qu’elle gagne rapidement en qualité au fil des épisodes, d’autant plus qu’elle ne manque pas de bons éléments.

La première moitié de l’épisode, est une soirée organisée par le personnage principal, qui permet de manière assez habile à la série, de mettre rapidement en place les tensions entre les différentes forces en présence. On observe ainsi l’auto introduction d’Alexander Greyson, arrivant officiellement d’Amérique, qui soigne son entrée, et provoque son audience, composée principalement de rivaux, avec une petite démonstration de ses capacités et ambitions en matière d’avancée scientifique. Une scène qui, sans être exceptionnelle, force un certain respect pour ce Dracula.

On se dirige donc lentement vers le lancement des intrigues. En bon pilot, cet épisode réussit assez bien à susciter un certain intérêt pour la suite des évènements. Toutefois, en fin d’épisode, on n’a aucune idée de l’endroit où tout ça va nous mener et on reste un peu sur notre faim. Tout est très flou. Si les bases sont solidement installées, il faudra attendre la suite avant de pouvoir déterminer si les storylines peuvent être intéressantes. Néanmoins, on se retrouve avec un grand nombre de mystères, notre curiosité est piquée et on souhaiterait en apprendre plus, notamment sur le passé de Dracula, ou encore sur ses plans machiavéliques.

Mais la grande force de l’épisode, et qui sera probablement une grande force de la série, réside dans la cohérence du contexte qu’elle met en place, et le soin porté à l’ambiance et aux décors de l’épisode. On plonge donc très vite, et très facilement dans l’ambiance, la série se construisant sur des bases solides. Elle met en place, dans un décor agréable, et plus que respectable, globalement fidèle à cette fin de 19ème siècle, les éléments clés de la période et des personnages qu’elle s’est choisi, des références assez classiques (Darwin, Tesla, Jack l’Eventreur…), mélangées à une version fortement remodelée de l’histoire de Dracula, où l’on retrouve les protagonistes habituels (Renfeild, Lucy, Jonathan Harker…) dans des situations dans lesquelles on ne les attendait pas forcément, Van Helsing étant cette fois l’allié de Dracula, puisqu’ils aspirent tous deux à se venger d’un ennemi commun.

Cet ennemi commun, c’est l’Ordre du Dragon, sorte d’Illuminatis, regroupant des aristocrates ayant acquis un pouvoir/contrôle important à travers la politique, et l’économie, et plus particulièrement semble-t-il, dans l’industrie pétrolière. Dans les premières minutes de l’épisode, c’est justement Van Helsing, qui réveille Dracula, afin de former cette alliance, tous deux ayant perdu beaucoup à cause de l’Ordre. Leur plan ? « No money, no power, no Order. » Autrement dit, priver l’Ordre du Dragon de ses ressources, de son influence, et ainsi, provoquer sa perte. Leur arme ? Le progrès, une énergie gratuite, « Free, safe, wireless power, » produite naturellement par la magnétosphère, le champ magnétique d’un objet, qui rendrait obsolète l’utilisation des énergies fossiles. Et si on est vraiment curieux de voir comment va se développer ce côté « scientifique » de la série, il est assez difficile de concilier l’idée qu’on se fait de Dracula, l’aristocrate, et sa volonté d’empêcher l’enrichissement d’une partie de la population de ce Londres Victorien.

La question importante à laquelle ce pilot devait répondre, concernait le schéma choisi par la série. Celui du film de 1993, Bram Stoker’s Dracula de Francis Ford Coppola, avec Gary Oldman ? Ou la version sexy-vampire-amoureux qui fait tant fureur ces dernières années qu’elle en a lassé, pour ne pas dire exaspéré plus d’un. Et bien le Dracula de NBC semble plutôt s’établir à mi-chemin entre ces deux voies. Loin d’être niais (merci !), mais en n’assumant que très partiellement, avec un peu trop de délicatesse, les pulsions meurtrières, la violence de son personnage principal. Néanmoins, elle ne cherche pas à en faire un héros, et n’hésite pas à mettre en évidence le fait qu’un vampire est avant tout un prédateur. Le sang coule, et Dracula est un impulsif qui n’hésite absolument pas quand il s’agit de trancher des gorges, et/ou de s’y abreuver. Ses petits déjeuners ne nous sont pas épargnés, mais rien de trop barbare quand même, rien de trop noir, il ne faudrait pas choquer.

Sans être totalement décevant, c’est encore une fois le minimum auquel on pouvait s’attendre. On ne plonge donc pas, fort heureusement, dans la représentation caricaturale qui est faite des vampires actuellement, mais le personnage reste loin d’être dénué d’émotions, c’est un être hanté, et l’attirance presque palpable qui s’établie entre lui et Mina, la réincarnation de son épouse, offre un côté mélodramatique à la série, qui n’est pas d’ailleurs pas sans rappeler celui du Dracula de Coppola.

J’ai cependant gardé pour la fin l’élément le plus décevant: l’absence de profondeur des personnages. Bien sûr, le bilan que l’on peut établir à ce sujet s’agissant d’un pilote n’est que très provisoire. Néanmoins, on ne peut passer à côté du fait qu’il est particulièrement négatif en l’occurrence. A l’exception (logique) de Dracula, que l’on ne quitte pour ainsi dire pas, la plupart sont entourés d’un sentiment de vide. A vouloir introduire un trop grand nombre de personnages, à trop vouloir établir brièvement les liens qui les unissent, on a presque l’impression, finalement, de ne pas avoir vu grand-chose, ou grand monde d’important. Tous semblent vides, à peine survolés. On a surtout croisé un nombre assez conséquent de magnats de l’Ordre du Dragon, sans trop pouvoir établir lesquels d’entre eux ont un rôle (après tout c’est également ce que cherche à déterminer Dracula), mais le seul qui nous intrigue, et sort du lot, c’est ce journaliste ambitieux, qui nous offre une interview d’Alexander Greyson au cours de laquelle on a tout notre temps pour étudier le personnage principal.

Quoi qu’il en soit, si la série souhaite avoir un intérêt à plus ou moins long terme, il va vraiment falloir qu’un gros effort soit fait à ce sujet, développer bien plus leurs personnalités, ce qui ne sera pas une mince affaire compte tenu, encore une fois, du nombre de protagonistes.

Fort heureusement, si les personnages sont quelques peu bâclés pour le moment, le jeu des acteurs n’est pas mauvais, il est surtout très théâtral, sans que ce soit sur-joué, ce qui, finalement, ne fait que renforcer notre immersion dans la série. Mais surtout, Jonathan Rhys Meyer est très à l’aise dans son personnage, qu’il s‘agisse du riche homme d’affaires, visionnaire, ou du dangereux et impulsif prédateur, hanté par son passé et ses rêves de vengeance. Ces différents masques ne feront qu’accentuer l’intérêt de ces dames pour l’acteur, parfaitement conscient, et qui n’hésite pas à jouer sur la corde sensible de l’attrait particulier que l’on prête aux vampires, fortement aidé par son charisme et son charme habituel.

Afin de conclure, je dirais qu’on espère que la série osera par la suite prendre bien plus de liberté, car les quelques trucs osés par ce pilote ne nous permettent pas de décider si elle souffrira ou non d’être trop classique, ou si elle va se permettre plus d’écarts, écarts qui pourraient, à leur tour être soit croustillants, soit, au contraire, lassants.

7/10

Bilan

Peut faire mieux. Malgré l’absence d’erreur majeure, ce n’est qu’une satisfaction minimale qui ressort de cet épisode, alors que le potentiel de la série est bien supérieur à ce que nous offre ce pilote. Une série qui s’assume assez bien, espérons que ça ne fera que s’amplifier au fil des épisodes. Le contexte est très bien mis en place, cohérent, l’ambiance et les décors sont soignés, agréables, mais tout ça se fait au détriment des personnages, trop nombreux et à peine survolés. On espère donc que le niveau s’élèvera rapidement dans les épisodes à venir.

3 Commentaires

  • centaure222
    Le 28/10/2013 à 22h05

    je m'attendais à une Nième série de vampires pour ado prépubères avec le fameux trio amoureux mais que nenni mes aieux !!!!!
    enfin du DRACULA pour adultes avec en cadeau des intrigues à tiroir et une mystérieuse société secrète ............ ce 1er épisode est plus que prometteur

  • cwaddict
    Le 30/10/2013 à 20h23

    "peut mieux faire" c'est exactement ce que je pense ! Je pensais que la série allait être époustouflante, je voyais un épisode bien plus "grand", plus intense. Par contre, petit coup de coeur pour les décors et le "futur" couple (je trouve l'alchimie parfait entre les deux).

  • Nandira
    Le 08/11/2013 à 01h13

    Je n'ai pas été convaincue par le pilote, il y a en effet une abondance de personnage qui nous sont présenté et on se perd au milieux de tout ce beau monde. Je dirais au contraire que Jonathan Rhys Meyers n'est pas le meilleur choix pour ce Dracula je ne le trouve pas suffisamment charismatique et son jeu est assez mal choisit, trop pseudo-mystérieux peut-être. Cela dit je vais quand même suivre un moment afin de voir comment se déroule la suite car l'histoire est tout de même intéressante.

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