Critiques

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Justified - 5x13 : Restitution

Résumé

Alors que Raylan abat ses dernières cartes pour trouver l'homme qui a failli tuer Art, Boyd se retrouve aux mains du cartel.

5x13 : Restitution © FX - 2014

Pour commencer cette critique/bilan, je souhaite poser une question qui paraitra dure vis à vis de la série : cette saison était-elle nécessaire ? Ce à quoi nous avons assisté dans les deux dernières scènes de ce final procède-t-il vraiment de ce que nous avons vu dans les douze épisodes précédents ? Et bien je pense que la réponse est oui.

Cet épisode s’attache à clore les différentes intrigues développées depuis quelques semaines, mais surtout agit, comme l’ensemble de la saison cinq, comme un prologue à la fin de la série qui arrivera dans un an. Justified est revenu à quelque chose de classique, à des épisodes qui ressemblent fortement à ceux que la série nous avait offerts lors de sa première saison. Des stand-alone, souvent moyennement intéressants, au sein desquels Raylan ne semblait pas être véritablement impliqué. La mort d’Arlo, l’ouverture vers l’extérieur de Boyd, le départ de Winona – qui ne pouvait plus être utilisée pour atteindre Raylan – sont autant d’éléments qui ont détaché notre marshal préféré de son travail. Rien ne l’impliquait personnellement, rien ne le motivait. Ce n’est qu’à la fin de la saison, lorsque Darryl a blessé Art, que notre héros s’est réveillé, qu’il a été poussé dans ses retranchements et que les choses ont commencé à être plus ambitieuses. Lorsque son affrontement avec Darryl s’est clarifié, la série a gagné en intensité. Mais parlons un peu des Crowe, nous reviendrons sur Raylan par la suite.

Finalement, ce ne fut en aucun cas la saison des Crowe, en tout cas pas comme la saison deux fut celle des Bennett, la trois celle de Quarles et la quatre celle de Drew Thompson. Car contrairement aux autres « grands méchants », les floridiens ne savaient pas vraiment ce qu’ils faisaient là. Je l’ai souvent répété au fil des critiques, mais ces personnages étaient extrêmement déstabilisant (y compris pour Raylan et Boyd) car nous ne savions pas ce qu’ils voulaient, et je pense qu’ils ne le savaient pas eux-mêmes. Tout a commencé par l’argent gagné par leur cousin Dewey (qui fut une grande attraction de cette saison – félicitons tout de même Damon Herriman pour son incarnation de ce magnifique idiot-), s’est poursuivi par l’héroïne de Boyd, puis par la vengeance pour la mort de Danny. Ces personnages étaient également déstabilisants car ils ne correspondaient pas à l’image de la famille que nous a offerte Justified jusqu’ici. La différence est flagrante – notamment avec les Bennett – dès le premier épisode où Darryl et Danny tuent leur frère. La différence se fait peut-être par l’absence d’une figure tutélaire, leur père, qui est cité souvent au cours de la saison. Mags Bennett était clairement celle qui tenait la famille, qui en était le ciment. Chez les Crowe, c’est précisément ce qu’il manquait. Certes Darryl, en tant que frère ainé, avait une certaine autorité, mais il n’avait pas les idées aussi claires, une vision aussi haute que Mags Benett par exemple. N’oublions pas non plus qu’ils étaient « à l’extérieur », ils sont arrivés au Kentucky, pensant pouvoir s’y établir et établir leur famille comme s’ils appartenaient à ce territoire. Ce ne fut pas le cas. La manière dont l’intrigue se clôt est d’ailleurs significative. Pour une fois, Raylan n’a pas à tirer une balle : l’exécution se fait au sein de la famille, la sœur tue son propre frère, qu’elle aime pourtant, pour sauver son fils. La famille s’entretue, s’autodétruit, ce qui est quelque chose de rare dans Justified ou la famille, même dysfonctionnelle, reste le premier noyau de sociabilité. C’est peut-être par cet acte qu’est donné la preuve qu’ils n’appartiennent pas à ce territoire, que ce sont des étrangers. Malgré toutes les critiques qu’il a pu recevoir, je tiens quand même à saluer la prestation de Michael Rapaport. Car ce n’est pas facile de jouer l’idiot brutal. Sa taille, sa carrure, son regard à la fois violent et perdu ont participé à la création d’un personnage dont le but principal était de s’en sortir, quitte à laisser son neveu s’accuser du meurtre de Art. Un mot aussi sur Alicia Witt que j’ai trouvé convaincante, en mère/sœur paumée sous le joug de son grand frère, la scène où elle lui tire ses aveux et l’exécution qui s’en suit est assez prenante.

Mais revenons sur la scène forte de cet épisode. L’interrogatoire de Kendall. Comme son personnage, Timothy Olyphant est resté toute la saison dans sa zone de confort. Cette scène nous montre à nouveau à quel point il est bon acteur. Le parallèle évident entre Kendall et sa relation de fils à père avec Arlo était très fort, et c’est finalement la seule fois de la saison qu’il s’ouvre véritablement à quelqu’un. Une scène vraiment puissante, qui rappelle un peu les interrogatoires de The Shield, et qui fait basculer l’intrigue vers son dénouement.

Passons enfin à Boyd. Toujours parfaitement incarné par Walton Goggins, sa saison a été bien plus complexe finalement que celle de Raylan. Il le dit d’ailleurs à la fin, ce furent deux mois très chargés. On peut vraiment séparer la saison de Boyd en deux temps. Le premier temps fut mis à profit pour tenter d’aider Ava, et il a montré, s’il en était encore besoin, qu’au sein du Kentucky, personne ne pouvait surpasser son intelligence et sa violence. L’exécution de Lee Paxton, du shériff, autant d’événements marquant son territoire. Mais dès qu’il a voulu étendre son trafic d’héroïne, que ce soit vers le Nord et le Canada, ou bien encore pire vers le Mexique, les choses se sont mal passées. Les yeux plus gros que le ventre, et des adversaires finalement à sa taille. Car sa facilité à parler, à s’en sortir avec des mots, si elle fonctionne parfaitement au Kentucky, ne supporte pas l’ouverture au monde. Les mafias canadiennes, les cartels mexicains en ont vu d’autres. Et cela lui explose cruellement à la figure lorsque Jimmy est exécuté sous ses yeux. Alors certes, il arrive à s’en sortir, grâce à son intelligence, grâce aux marshals, mais cette victoire pourrait signifier le début de sa perte. Dans son esprit, il est un point d’équilibre dans la masse criminelle du Kentucky et jamais les Marshals ne viendront s’en prendre à lui. C’est peut-être l’excès de confiance de trop de sa part, car s’il y a bien une chose dont il ne se doute pas, c’est du retournement d’Ava, bien décidée à aider Raylan à faire tomber Boyd. La jeune femme, même si cela n’a pas été véritablement passionnant, se devait de passer par la case prison pour justifier l’aide qu’elle choisit d’apporter à Raylan. Sa position sera extrêmement compliquée à gérer, et cela nous annonce des moments de grande tension. J’ai beaucoup aimé d’ailleurs la rencontre sur le pont où Boyd a maintes fois – y compris dans le premier épisode de cette saison – conclu ses méfaits. Le retournement symbolique est fort et annonce un futur aussi orageux que l’atmosphère de la scène.

Pour finir, qu’attendre donc de la saison prochaine ? Plusieurs affrontements. Le premier qui paraît évident est celui qui opposera Raylan et Boyd. Raylan s’était d’une certaine manière fait à l’idée que Boyd était un élément inhérent au Kentucky, que leur relation était similaire à celle à laquelle on a assisté entre Miller et Hot Rod Dunham. Mais lorsque Vasquez lui propose de faire tomber son meilleur ennemi, la flamme ne met pas une seconde à repartir. Autres affrontements, Boyd et Ava d’un coté, et Raylan et Art de l’autre. Dans ces deux cas, il reste des choses en suspens, et c’est aussi en cela que la saison cinq est un prologue à la dernière saison. Enfin, dernier affrontement et non des moindres, celui entre Wasquez et Katherine Hale. Je ne pense pas que le procureur en a véritablement après Boyd, mais que c’est un moyen pour tenter de terminer ce qu’il a commencé et de faire tomber celle qui se pose en chef de la Dixie Mafia.

Ce final nous offre des moments de forte intensité, et parvient à nous laisser sur une note positive, ce qui est déjà une bonne chose. A la manière de la première saison, cette cinquième fut longue à se mettre en place. Mais la fin, les quelques derniers épisodes ont d’une part relevé le niveau, et ont posé les différentes pièces pour que l’ultime saison nous offre quelque chose de grand. Et je me dis qu’à la fin de la série, nous nous retournerons peut être sur cette saison cinq avec un avis plus nuancé et la compréhension qu’elle était nécessaire pour mettre en place le feu d’artifice qui s’annonce.

9/10

Bilan

Un bon épisode, qui clôt les intrigues et entraine la série vers une dernière saison qui s’annonce particulièrement intéressante.

1 Commentaire

  • kate
    Le 21/04/2014 à 10h45

    Encore une bonne critique, Fabien... Je suis d'accord avec toi: cette saison était nécessaire, oui. Et même inégale comme elle le fut par moment, elle nous a encore offert de très belles performances d'acteur (comme la série nous y a d'ailleurs habitué au fil des années). Que longue va être l'attente de la dernière saison !! Et pourtant voir ces frères ennemis en finir ne me réjouirait pas, loin de là: j'espère encore autre chose, pour nos 2 lascars, même si j'ai bien peur qu'une issue fatale soit inévitable :-(

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