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North & South - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2004 - BBC

Dans les années 1850, Margaret Hale et ses parents abandonnent le presbytère de Helstone, dans le sud de l'Angleterre pour Milton, une ville manufacturière du Nord. La famille tente de s'adapter aux coutumes de cette ville industrielle, en faisant notamment connaissance avec la famille Thornton, gestionnaire d'une importance filature de coton.

Si vous aimez les period-dramas que nous proposent régulièrement les chaînes anglaises BBC et ITV, mais trouvez que les œuvres de Jane Austen sont un peu trop sentimentales pour vous, optez plutôt pour North & South. Une mini-série en quatre parties qui est un savant mélange entre le style austenien et le drame social propre à Charles Dickens (dans le même genre, je vous conseille grandement Little Dorrit, une perle aux nuances Burtonniennes). En effet, l’auteure Elizabeth Gaskell travailla en collaboration avec ce dernier. North & South appartient au genre des « romans industriels ».

Ici, l’héroïne n’est pas centrée sur ses petits problèmes (quelle robe dois-je mettre, quel homme dois-je épouser ?!?), trop occupée à maintenir sa famille à flots, entre une mère de plus en plus diminuée physiquement et un père quelque peu naïf sur la réalité de la vie, et qui plus est responsable de leur nouvelle situation. Sérieusement, on aurait envie par moment de lui donner quelques claques au paternel, tant il peut être déconnecté du monde qui l'entoure par moment. Margaret doit donc même mettre la main à la patte en participant aux tâches ménagères, car les revenus de son père en tant que professeur ne leur permettent pas de pouvoir payer une domestique supplémentaire. Elle n’est pas issue d’une riche famille et n’a de noble que le fait d’avoir un père ayant servi pour l’église anglicane. Mais quand ce dernier se met à douter de son engagement religieux, il met alors en péril tout le bien être de sa famille (à commencer par la santé de sa femme), les obligeant à voir leur niveau de vie drastiquement à la baisse, et à partir s'installer loin de leur famille et amis.

Cette mini-série nous permet de découvrir l'Angleterre des années 1850, avec ses antagonismes entre les régions (le Nord gris et sombre face à un Sud glorifié, auréolé de couleurs chaudes et lumineuses), et les classes sociales (les ouvriers de l’industrie du coton qui tentent de survivre au quotidien face à des conditions de travail très difficiles VS. leurs patrons qui tentent de trouver un équilibre entre les bénéfices et les conditions de travail de la main d’œuvre). Nous découvrons ici les débuts de l’industrialisation et de l’importance de l’offre et la demande telle que nous les connaissons aujourd’hui.

À l’époque de sa diffusion sur la BBC en 2004 la série a rencontré un succès surprise, bien que la chaîne n’avait fait aucune promo particulière en amont. Richard Armittage a rencontré un engouement tel que celui du « phénomène Darcy » qu'a connu en son temps Colin Firth avec l’adaptation de Pride and Prejudice en 1995. Et c’est plus que mérité car il est absolument charismatique et habite son personnage dès qu’il apparaît à l’écran.
Pas étonnant que Thornton ne laisse pas l’héroïne indifférente, même si elle ne veut pas se l’admettre. Il est vraiment intéressant de voir comment il réussit à ouvrir l’esprit de Miss Hale qui réalise progressivement que son cher sud n’est pas si parfait et que le rude et industriel nord a aussi ses mérites.
On pourrait cependant reprocher le côté un peu trop idyllique ce fameux sud, à grand renfort le lumières chaudes, musique douce et champs de fleurs. La ville de Milton fait bien pâle figure en comparaison.

Vient s’ajouter au casting un acteur que les fans de Downton Abbey mieux sous le nom de Mr. Bates (le seul, l’unique) : Brendan Coyle. Ici il interprète Nicholas Higgins qui fait partie de ses ouvriers prêts à se mettre en grève pour défendre leurs idées et prémunir aux besoins de sa famille, en particulier sa fille aînée, Bessy (Anna Maxwell Martin), malade à cause d’avoir travaillé dès son plus jeune âge dans l’industrie du coton.
Les Higgins permettent de mettre plus l’accent sur la partie sociale de l’histoire, autre que du point de vue des patrons. Et ont le don de chambouler les idées préétablies de Margaret. Ce qui est une bonne chose, car sinon elle passerait un peu trop pour une gentille fille, un peu trop discrète et transparente (probablement dû au jeu de Daniela Denby-Ashe, quelque peu irritant par moments) et qui reçoit de façon inexplicable un peu trop de demandes en mariage. Elizabeth Bennet devrait pour le coup lui apprendre l’art et la manière « to refuse ».

Quelques libertés ont été prises par rapport au livre, notamment la fin ou les nombreuses références religieuses de Bessy, mais pour le mieux, rendant l’ensemble plus fluide et la fin plus cinématographique.

Attention, ne pas confondre cette série avec une autre, américaine de 1985, qui n’a ABSOLUMENT rien à voir, avec... Patrick Swayze et qui est une fresque sur l'histoire des États-Unis d'Amérique au XIXe siècle.


Margaret Hale: I wish I could tell you how lonely I am. How cold and harsh it is here. Everywhere there is conflict and unkindness. I think God has forsaken this place. I believe I have seen hell and it's white, it's snow-white.

7/10

Bilan

Fans de period-drama british, cette mini-série en quatre parties est faite pour vous. Un savant mélange entre la romance dans le pure style austenien et le drame social à la Dickens qui rend l’ensemble moins fleur bleue qu’à l’habituel. Même si les demoiselles trouveront certainement en Mr. Thorton un digne héritier d’un certain Monsieur Darcy…

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Note de la série :
8.4/10