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Hemlock Grove - Bilan saison 2

Bilan saison 2 © 2014 - Netflix

Soyons francs, la saison 1 de Hemlock Grove nous avait laissé sur un sentiment d’énorme gâchis. La série de Netflix avait un gros potentiel, une atmosphère bien à elle, et deux personnages principaux, Peter et Roman, dont l’alchimie crevait l’écran. Il ne fallut pas plus de dix épisodes pour nous dégoûter de la série, tant le scénario et les arcs narratifs se relevaient désastreux.

Toute chaîne traditionnelle aurait depuis bien longtemps enterrée Hemlock Grove. Mais Netflix, n’étant pas soumise aux mêmes contraintes, a laissé sa chance au show. Et on est ravi.

On retrouve ce que ce que j’avais personnellement beaucoup aimé dans la première saison, la bromance entre Peter et Roman, et la photographie particulière du show est toujours aussi bien travaillée.
Et surtout, l’histoire est maitrisée, elle est recentrée, les arcs narratifs des personnages ne partent pas dans tout les sens.

Autre réussite, la façon dont Hemlock Grove s’empare et revisite les légendes de la littérature d’horreur à sa manière : Vampire, Loup-garou, Frankenstein, Rosemary’s baby, tout y passe. La série fait ainsi étrangement écho à une autre série qui vient de se terminer, Penny Dreadful. Là aussi on retrouve certains de ces grands personnages mythiques. Mais là où Penny Dreadful traite le sujet avec une horreur plutôt raffinée, Hemlock Grove, elle, assume son goût pour le gore décomplexé. Et bizarrement, tous ses personnages interfèrent d’une manière extrêmement lisse, ce n’est pas forcé, bref, ça marche.

Hemlock Grove tient sa promesse : la série dérange, et pas que visuellement. Elle choque le téléspectateur à chaque épisode ou presque. On parle de tueries d’enfants, d’inceste, mais aussi, et surtout, du progrès de la science. Le personnage du Dr. Pryce, ennuyeux dans la première saison, révèle maintenant son vrai visage, une sorte de marionnettiste qui tire certaines ficelles du jeu, et qui devient pour le coup très intéressant. Son expérimentation – créer un être vivant de toute pièce pour remplacer un corps humain défectueux – ne peut laisser le téléspectateur indifférent (qui sait ? grâce à l’évolution de la science, la question se posera peut-être un jour).

Bill Skarsgard est juste excellent dans son rôle d’Upir. L’anecdote veut que son propre frère joue lui aussi un rôle de vampire, Eric Northman, dans True Blood. Mais franchement, le « petit » Bill n’a rien à envier à son grand frère.
L’arrivée de la jolie blonde Miranda, aux similitudes troublantes avec Letha (également blonde), de la saison 1, est réussie. Loin d'être réduite à l’ennuyante demoiselle en détresse, son rôle de catalyseur, surtout aux côtés de Roman et Peter, est intéressant. Le triangle amoureux qu'ils forment est aussi bien utilisé : il sert clairement l'histoire, et n'est jamais poussif. On est réellement séduit par ce trio. Vampire Diaries devrait en prendre note…

Attention, tout n’est cependant pas réussi.
Faire ressurgir le grand méchant loup de la saison 1, pour un temps d’antenne de 10 secondes, est honnêtement sans intérêt ni logique. Certains personnages sont sous-exploités. Pour Shelley, la saison 2 a été simplement une période de transition, qui s'achève par une queue de poisson.
Idem pour l’Ordre des Dragons : la raison de sa présence est d'éradiquer l'enfant qu'il considère être la progéniture du Mal. Et, dans le monde d'Hemlock Grove, on pourrait y trouver une certaine légitimité. Or cette idée n’est pas du tout développée, alors même que l'Ordre est le grand méchant de cette saison. Tout cela est un peu trop manichéen et aurait gagné à être exploité plus subtilement.

Olivia fait partie également de ces personnages en demi-teinte. Intrigante dans la première saison, ici elle gagne en humanité, elle est aux prises d’un conflit intérieur et paradoxalement elle perd la fascination qu’elle exerçait. Elle retrouvera une place centrale au dernier épisode seulement.
Ce dernier épisode d’ailleurs, est plutôt à part, plus fidèle à l’esprit de la saison 1, et atteint des sommets de bizarreries. On se demande ce que la série nous réserve dans la saison 3 - si saison 3 il y a...

Une réflexion sur le fonctionnement de Netflix est légitime à ce stade. Le fait d’avoir tous les épisodes d’un coup a cette façon d’atténuer l’impact d’une scène qui se veut choquante (et il y en a beaucoup dans Hemlock Grove). Dans ce sens, cela dessert ce genre de séries dont le spectaculaire est leur fond de commerce. Hemlock Grove gagnerait à avoir un rythme de diffusion plus traditionnel pour réellement être appréciée à sa juste valeur.

8/10

Bilan

Hemlock Grove est un vrai guilty pleasure estival. Je ne saurais que trop conseiller aux (nombreux) fans déçus de True Blood de quitter Bon Temps en Louisiane pour Hemlock Grove en Pennsylvanie…

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