Critiques

Seriesaddict.fr  par | 0

The Killing - Bilan saison 1, saison 2

Bilan saison 1, saison 2 © 2011 - AMC

Seattle, le corps de Rosie Larsen est retrouvé dans le coffre d’une voiture au fond de l’eau. Un mystère qui va mener les détectives Linden et Holder dans les différentes arcades du pouvoir.

Alors que la série s’est achevée avec la diffusion de la quatrième et dernière saison le 1er août dernier sur Netflix, rien de mieux qu’un retour sur la première affaire commune des détectives Linden et Hodler : le meurtre de Rosie Larsen.

Il s’agit donc de l’adaptation de la série danoise Forbrydelsen, que je vous conseille vivement pour son actrice principale (Sofie Gråbøl) et ses pulls colorés, et pour l’interprète du politicien Hartmann (Lars Mikkelsen, le grand frère de Mads « Hannibal » Mikkelsen) beaucoup plus charismatique que Campbell dans la version US. Si vous n’êtes pas convaincus, la critique de Dimitri, finira de vous faire changer d’avis.
En cela, les deux versions de The Killing sont, pour moi (et ce n’est que mon avis personnel), complémentaires. Chacune ayant ses points positifs et personnages/acteurs plus intéressants que l’autre.

La version « parfaite » de cette enquête aurait pour ingrédients :
- Les enquêteurs Sarah Lund (Sofie Gråbøl) et Stephen Holder (Joel Kinnaman). Très curieuse de voir comment ce dernier réussirait à percer la carapace de sa partenaire à grand renfort de vegan vannes et de tirades sur sa beautiful-attitude.
- Face à eux, le politicien Troels Hartmann (Lars Mikkelsen), tantôt charismatique, tantôt charmeur. Il est tout simplement envoutant. Alors que son homologue américain nous est plus souvent antipathique. Ne parlons même pas de l’événement de fin de saison une, qui sonne plus comme un mauvais rebondissement digne d’un soap pour rendre l’intrigue politique, toujours en deçà comparée à l’intrigue policière, un peu plus palpitante.
- La façon dont le deuil, tout en subtilité et retrait, de la version originale, est abordée avec l’excellente Ann Eleonora Jørgensen dans le rôle de la mère épeurée, Pernille Birk Larsen, vous touche en plein cœur. Bien plus intéressante que Michelle Forbes dans le rôle de Mitch Larsen, qui se complaît dans son malheur, abandonnant totalement sa famille et trompant son mari. Certes, on ne peut la blâmer. Et rien ne dit que l’on réagirait différemment à sa place. Mais d’un point de vu scénaristique, et en tant que spectateur, elle est plus irritante qu’autre chose.

C’est ainsi que l’on voit la façon de gérer le deuil, suivant la culture, qu’elle soit américaine ou nordique. Nous avons « quelques » années d’expérience avec la première, vue la quantité de shows US qui ont envahis notre petite lucarne depuis quelques décennies, alors que les productions scandinaves n’ont fait leur apparition que plus récemment ici et encore, pour n’être cantonnées en général qu’à une diffusion confidentielle sur Arte.

Néanmoins, coup de chapeau à l’ensemble des acteurs des deux versions Larsen, qui ont su retranscrire de façon poignante et palpable la souffrance de leur personnage, au point que nous la ressentions également de l’autre côté de notre écran. Ce vent de fraîcheur et de réalisme étant hélas de plus en plus rare à la tv.

Découvrir ces programmes venus d’ailleurs nous permet de réaliser combien nous avons pu être quelque peu américanisés dans notre façon de regarder une série. Avec les codes que cela implique. Nous avons notamment abordé ce sujet sur le Forum (topic de The Killing US) en tentant de répondre aux éternelles questions « quelle version préférez-vous ? » ou « quelle version est la meilleure ? ». La réponse au final est très personnelle et appartient à chacun. Généralement l’original est préférable et bien meilleur. Mais parfois, l’adaptation trouve en chemin sa propre identité à part entière, qui vaut la peine d’être vue. Et c’est le cas ici avec la version américaine, qui fait déjà le choix d’un coupable différent et qui est pour le coup mieux amené, avec une scène de révélation finale à vous déchirer le cœur.

Mais le point fort de cette version, c’est son duo central d’enquêteurs qui vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser mutuellement et à se faire confiance au fil de l’enquête. Mireille Enos et Joel Kinnaman adorent travailler ensemble et cette alchimie transparaît à l’écran. Au point que vous ne suivez pas la série pour connaître qui est le meurtrier de Rosie Larsen, mais aussi pour voir ces deux gueules cassées par la vie avoir une seconde chance. Le parfait exemple en est l’épisode 1.11 Missing, qui met l’enquête en stand-by alors que le duo sillonne la ville à la recherche du fils de Linden.
Mention spéciale à Holder (Joel Kinnaman) et ses vannes inoubliables. Le naturel de l’acteur est tel que l’on se demande parfois où se trouve la frontière entre le personnage de rebelle en hoodie et Kinnaman.
Quant à Mireille Enos, elle est aussi très habitée par son personnage, voire un peut trop par moment. On aimerait bien voir le Détective Linden sourire un peu plus, car plus l’enquête progresse et plus elle tire la soupe à la grimace. Heureusement que Holder réussit à lui tirer quelques sourires à l’occasion.

En conclusion, si vous aimez les enquêtes policières, mais en avez marre des procéduraux à la CSI et autres Law & Order avec une enquête résolue à chaque épisode. Vous voulez découvrir le vrai Seattle pluvieux (même si théoriquement la série est tournée à Vancouver), et pas celui de carte postale de Grey’s Anatomy. Vous êtes fan de ces duos complémentaires, sans que cela passe par la case romance. Vous voulez voir une série aborder le deuil autrement qu’avec les fameuses 5 étapes du deuil par Elisabeth Kübler-Ross que les scénaristes de Hollywood nous ont déjà sortis à toutes les sauces. Alors The Killing US n’attend plus que vous. Et cela vous donnera peut être ensuite envie de pratiquer le danois en regardant Forbrydelsen.


Holder: What? I´m just sayin´ you didn´t have the blueprint, you know? It´s like cats. If they don´t get raised by their moms...they don´t learn how to bury their caca right. It´s true. What? You want a smoke or somethin´?

Linden: What is it?
Holder: It´s a maple bacon doughnut. It´s the breakfast of champions.
Linden: Aren´t you a vegan?
Holder: No, vegetarian. And it´s a doughnut.

8/10

8/10

Bilan

Deux saisons pour aborder pleinement une enquête à tiroirs des plus passionnante qui reste surprenante tout du long, même si vous avez suivi la version originale (Forbrydelsen). L’atmosphère humide et suffocante de Seattle nous plonge encore plus dans l’intrigue. Et le duo de l’obsessive Linden et du crazy-vegan Holder fonctionne à merveille. C’est d’ailleurs la force principale de cette série.

0 Commentaire

Soyez le premier à laisser un commentaire!

Ajouter un commentaire







 Spoiler