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Suits - Bilan saison 4

Bilan saison 4 © USA

La chaîne USA vient de diffuser le 10ème épisode de sa série Suits, marquant depuis maintenant deux saisons une trêve qui durera jusqu'à l’hiver prochain. L’occasion pour SeriesAddict de faire le point sur cette première partie de saison 4, qui, je l’annonce dès maintenant, s’est avérée en deçà de mes attentes.

En cette période de disette sérialistique qu’est l’été, Suits s’est vite démarquée aux yeux de nombreux téléspectateurs. Son concept, les affaires et la façon dont elles sont traitées, le ton, et bien évidemment les personnages, forment un ensemble qui a rapidement fonctionné et sur lequel le show a pu construire son image. L’angle sous lequel est abordé le monde judiciaire est lui-aussi assez différent des séries classées dans le même registre telles que les différentes séries de la franchise Law & Order ou The Good Wife, ce qui a vocation à renouveler le genre et donne une autre perspective de ce milieu au téléspectateur.

Oui, mais…
Le principal problème, avec les séries dramatiques du type judiciaire/procédurale, c’est le renouvellement du show en lui-même. Comment continuer à attirer les téléspectateurs et conserver ses fans avec un concept qui tend naturellement à s’user ? La production a finalement essayé de répondre (trop?) rapidement à cela en changeant le schéma narratif de la série. Les saisons 1 et 2 contenaient généralement une affaire par épisode, et plusieurs storylines pour chacun des personnages sur l’ensemble de la saison. Les saisons 3 et 4 sont de leur côté basées sur une ou deux grosses affaires, auxquelles sont juxtaposées les fils rouges plus individuels ou du moins réduits dans l’espace-temps.

Un changement qui aurait pu apporter une nouvelle dynamique, certes, mais qui a plus tendance à impacter négativement le rythme global du show. Cette évolution de la trame narrative est d’ailleurs arrivée un peu tôt à mon sens : 20 épisodes, ce n’est finalement pas énorme, et la série aurait donc pu continuer sur cette structure de départ pour encore une ou deux saisons.
Cela étant dit, le résultat en est qu’on a parfois l’impression de faire du surplace dans les intrigues, ce qui ne devrait selon moi pas arriver dans une série de 16 épisodes, dont la diffusion est de surcroît diviser sur deux périodes de l’année aussi éloignées.

Ce manque de rythme peut également s’expliquer par la mauvaise gestion des multiples histoires de couples qui sont venues s’insérer dans le quotidien des protagonistes, le meilleur exemple étant la romance entre Mike et Rachel sur cette 4ème saison. Sans tomber dans un « Rachel-bashing » qui serait un peu trop facile, on ne peut ignorer le fait que le personnage interprété par Meghan Markle soit sous-exploité dans cette saison. Son entrée en école de droit associée au fait qu’elle travaille à présent pour Harvey aurait pu ouvrir d’autres pistes pour l’actrice que celle un peu réductrice de son histoire d’amour avec Mike (que je ne développerai pas ici afin de ne pas spoiler d’éventuels lecteurs).
Rachel n’est d’ailleurs pas la seule dans ce cas. Donna (Sarah Rafferty) et Jessica (Gina Torres) sont également deux personnages à très forts caractères qui ont le potentiel pour que des intrigues solides soit développées autour de leur personnage.

Un manque de rythme, et des retournements de situation moins surprenant qu’auparavant. Deux éléments qui ont fait le succès de la série dans les saisons précédentes mais qui sont aujourd’hui moins visibles, cela se justifiant donc par ce changement de schéma narratif, associé à une certaine faiblesse scénaristique en terme de « drama », notamment caractérisée par les romances des personnages amenant bien souvent des scènes qui cassent littéralement l’intensité qui avait pu être mise en place plus tôt.

Un cast toujours aussi performant...
Cette 4ème saison est également différente des précédentes du fait que Mike avait quitté Pearson Specter à la fin de la saison 3. L’occasion pour nous de voir comment ce dernier se débrouille sans son mentor et de mettre en scène Gabriel Macht et Patrick J. Adams dans une relation d’adversaires et non plus d’associés. Les confrontations entre les deux personnages font assurément parties des éléments positifs que je retiens, et, encore une fois par soucis de ne pas spoiler le lecteur qui n’aurait pas encore vu la saison, on soulignera simplement un certain courage des scénaristes qui ne sont pas tombés dans la facilité concernant la gestion de la situation de Mike en début de saison.

Autre élément de satisfaction de cette saison : Louis. Depuis le début de la saison 3, ce personnage a subit une évolution plutôt intéressante. En plus des intrigues liées à l’aspect purement juridique, le personnage s’est ouvert aux autres (en le payant parfois au prix fort), et la relation d’amitié le liant à Donna qui a été développé dans cette première partie de saison 4 est construite de façon intelligente. De plus, le jeu de Rick Hoffman est très souvent excellent, à l’image de l’épisode 10 dans lequel il passe par tous les états d’esprit jusqu’à la fameuse scène finale.

Globalement, c’est même une grande partie du cast qui n’est pas à blâmer quant aux prestations respectives. Suits n’hésites également pas à amener du sang frais, à l’image d’Eric Roberts, Neal McDonough ou encore D.B. Woodside, interprétant respectivement Charles Forstman, Sean Cahill et Jeff Malone, qui se sont très bien intégrés au show et ont fait le job.

En bref…
Suits reste donc une bonne série estivale, mais les scénaristes devraient prendre garde à ne pas trop se reposer sur leurs lauriers. Des personnages classes, sympathiques et attachants, associés à des dialogues souvent aiguisés et un humour intelligent, ça ne suffit pas. Les audiences de la série en sont d’ailleurs révélatrices : pour des moyennes s’élevant à 4.2 et 3.6 millions de téléspectateurs outre-Atlantique pour la saison 1 et 2, la série est passée à 2.7 puis 2.6 millions pour les numéros 3 et 4 (sans prendre en compte les rediffusions et enregistrements). Une érosion que la production devrait donc prendre en compte et tenter de contrer en essayant de recruter de nouveaux téléspectateurs, même si le futur à moyen terme de la série est assuré puisque USA a d’ores et déjà renouvelée la série pour une saison 5, qui se composera elle-aussi de 16 épisodes et suivra le même schéma de diffusion sur deux parties de l’année.

7/10

Bilan

Nous aurons donc droit à six nouveaux épisodes programmés pour l’hiver prochain. La scène finale de l’épisode 10 laisse présager certains changements chez Pearson Specter. Espérons que ces derniers seront intelligemment mis en place et qu’un nouveau souffle pourra être amené au show pour cette seconde partie de saison 4.

1 Commentaire

  • thomas
    Le 28/08/2014 à 09h36

    Je suis très d'accord avec ce bilan, notamment sur le rythme nouveau déjà un peu essoufflé à cause, selon moi, des incessants retournements un peu inutiles dont on connait plus ou moins la conclusion. J'adorais "Suits" pour ses "tics" de réalisation mais je commence à en être lassé : les dialogues avec les personnages qui se rencontrent dans le couloir du bureau et les travelings pendant qu'ils marchent, c'est devenu juste ridicule car surexploité.

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