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True Detective - 2x7 : Black Maps and Motel Rooms

Résumé

Les conséquences de la mission au manoir commencent à se faire sentir pour nos héros, qui se préparent pour l'affrontement final. De son coté, Franck comprend qu'il n'a déjà plus rien, ce qui le rend d'autant plus dangereux.

2x7 : Black Maps and Motel Rooms © HBO-2015

Après la fin de l’épisode précédent, et à deux chapitre de la fin de cette saison (et de la fin de l’intrigue puisque, rappelons le, nous sommes dans une série anthologique), il était clair que les choses allaient s’accélérer, tout au moins en ce qui concerne la compréhension globale de l’intrigue.

Mais finalement, a-t-on réellement besoin de comprendre l’intrigue dans le détail ? Comme je l’ai mentionné depuis le début, tout tourne autour de la Corruption, une corruption qui englobe Chessani et son fils, Caspere et ses habitudes abjectes, le futur procureur, les grandes entreprises de Californie, sans oublier qu’à tout ce beau monde s’ajoute Ossip, russe d’Israël comme tient à le préciser Franck. Alors même avec les explications qui nous sont données, il reste difficile de distinguer exactement qui dépend de qui, qui a tué Caspere et pourquoi, qui arnaque ou a arnaqué qui. La seule chose qui est claire est que la corruption s’étend comme le Sprawl étend la ville de Los Angeles en dehors de ses frontières initiales, et qu’au final ce sont nos personnages, Ray, Ani et Franck qui se retrouvent sans rien, trahis par tous, et donc sans rien à perdre, ce qui sera le leitmotiv du season final.

Cet épisode continue un processus dont nous avions vu le premier acte la semaine dernière avec les adieux de Velcoro à son fils et sa femme. Après les événements de la fin de l’épisode précédent, Ani doit se séparer – temporairement espérons-le – de son père et de sa sœur, ce qui lui offre la possibilité pour la première fois de s’ouvrir et de baisser la garde. Plus la série avance, plus j’apprécie le jeu et le rôle de Rachel MacAdams et notamment son interaction avec Colin Farrell/Ray Velcoro, même si j’aurais espéré ne pas les voir tomber dans le cliché de la relation sexuelle. En revanche, j’ai trouvé absolument sensationnelle la scène précédant ce passage à l’acte. Contrairement à la première saison, la réalisation fut clairement paresseuse par instants, mais tout comme j’avais apprécié les gros plans sur les visages de Franck et Ray au premier épisode, j’ai énormément apprécié ceux sur les visages de Ray et d’Ani. Et surtout ce silence, cette tension entre eux, que l’on ressent mais que j’aurais aimé voir rester à l’état de tension et non se transformer en passage à l’acte sexuel. Quoi qu’il en soi, ces deux personnages sont une vraie réussite de la saison, personnages de films noirs, chairs à vifs (les blessures d’Ani commençant maintenant à se rouvrir) qui, avec la mort de la procureur Davis, se sont rendus compte qu’ils n’ont plus rien à gagner dans toute cette histoire, mais qu’ils n'ont, non plus, plus rien à perdre.

Plus rien à perdre. Cela convient également très bien au personnage de Paul. Mais contrairement à Ani/Rachel MacAdams, je n’arrive toujours pas à apprécier le personnage ni le jeu de Taylor Kitsch. D’ailleurs, je pense que la saison se serait mieux portée, comme je le disais la semaine dernière, si nous avions eu un duo de flics plus Franck pour la partie gangster. Paul, ancien militaire, a apporté sa présence dans les moments d’actions, mais finalement aucune de ses intrigues n’auront à mon sens jamais réellement servi à faire avancer les choses. Pire, le refoulement de son homosexualité devient dans ce neuvième épisode, par l’intervention des photos prises par Dixon une sorte de deus ex machina qui l’entraine à sa perte. Alors oui, il y a une sorte de logique, voire de morale, là-dedans, alors que Ray et Ani ont finalement accepté leurs erreurs, leurs errances, Paul met en sécurité sa mère et sa future femme et enfant dans une chambre de motel, mais ne leur dit rien, jamais. Paul ne dit jamais rien à personne, le seul moment où nous l’avons vu s’ouvrir est ce passage dans la voiture avec Ray, où ce dernier lui montre qu’il n’est pas le seul à souffrir mais que c’est bien le monde qui part en vrille. Ce silence lui coutera sa vie, de la main du lieutenant Burris (James Frain), que l’on a vu tourner de sa grande et fine silhouette de vautour depuis le début de la saison, et qui jouera un rôle important à n’en pas douter dans le final. Avant cela, Paul aura prouvé une nouvelle fois sa présence et son charisme l’arme à la main, dans une belle scène souterraine et labyrinthique, sorte de Carcosa urbain. Mais il s’est jeté volontairement dans le piège qui lui était tendu, comme s’il avait compris qu’il était, pour ses « coéquipiers », un poids dans la résolution de cette enquête. Sacrifice d’un homme qui, par la négation de son être, n’avait pas « plus rien à perdre », mais avait déjà presque tout perdu dès le début de la saison.

Pour finir, quelques mots sur Franck. Une nouvelle fois avec lui c’est dans l’immobilisme que tout démarre et que tout finit, et une nouvelle fois c’est par un face à face (toujours aussi plaisant) avec Ray que l’homme d’affaire/gangster comprend les tenants et les aboutissants de l’histoire. Je me répète mais alors que Vince Vaughn était présenté comme le potentiel maillon faible du casting, il a parfaitement tenu son rôle. Sa taille, sa prestance, son calme (y compris lorsqu’il tabasse Blake ou tue l’un des hommes d’Ossip) en ont fait un personnage plus qu’intéressant. Lui non plus n’a plus rien à perdre. De gangster à homme d’affaire puis gangster à nouveau, son objectif est d’aller récupérer l’argent des transactions d’Ossip, l’argent qui d’une certaine manière, lui revient « de droit ». Avec un objectif différent, il est évident que Franck aura un rôle important à jouer dans le dernier épisode. Et nous aurons le temps à ce moment là de reparler plus en détails du personnage.

Un neuvième épisode qui reste sur les rails des événements du manoir et qui prépare le terrain pour l’ultime chapitre de la saison. Une première demi-heure plus calme laisse la place à une seconde où tout s’accélère et où l’on retrouve cette proximité physique (y compris dans la réalisation) entre les héros et avec les héros. Place maintenant au final, un final qui semble à première vue sans espoir pour Ray, Ani et Franck, tous trois sans réponses, si ce n’est extrêmes, face aux multiples ramifications de la corruption à laquelle ils doivent faire face.

9/10

Bilan

True Detective saison 2 poursuit sa montée en puissance sur un chemin qui se veut de plus en plus noir et nihiliste.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 12/10/2015 à 11h10

    Très bonne critique que j'approuve majoritairement, à l'exception de ton avis sur la relation entre Ani et Ray qui pour moi devait se concrétiser, tant les 2 personnages en ont besoin. Et puis c'est filmé de très belle manière, assez pudique.
    Enfin, c'est vrai que Paul est un personnage étrange dans le sens où il n'a jamais trop trouvé sa place dans la série. Néanmoins, son interprète est assez bon et les scènes dans cet épisode sont très efficaces. 9/10

    Hâte de voir le season final d'1h30!!!

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Note de la série :
9.4/10