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Homeland - 5x3 : Super Powers

Résumé

De retour à Berlin, Carrie doit employer les grands moyens pour tenter de comprendre qui a tenté de s'en prendre à elle. Pendant ce temps, Saul tente de contenir les conséquences des fuites, tout en mettant ses différents pions en place.

5x3 : Super Powers © Showtime - 2015

Après les événements de Beyrouth, il était clair que Carrie allait chercher qui avait pu s’attaquer à elle. Ce qui était moins évident à prévoir, c’est la manière qu’elle allait utiliser pour démêler tous les fils de l’histoire.

Chaque saison Homeland offre un épisode à Claire Danes pour prouver à quel point elle maitrise toutes les facettes de Carrie Mathison, à la fois son côté sobre, raisonnable et concentré, mais aussi l’autre face de sa personnalité, sa part sombre due à sa bipolarité. Alors oui, cela peut donner une impression de déjà-vu, mais cet épisode met en place un changement salutaire par rapport aux autres saisons. Alors que sa folie a toujours été due à l’oubli ou à la substitution de ses médicaments, la personnalité névrosée de la jeune femme est ici volontairement appelée à l’aide par Carrie pour pouvoir se défaire de ce puzzle dans lequel elle est prise. Car les médicaments, même s’il lui permettent de vivre une vie normale, semblent atténuer ce sixième sens, à la limite de la paranoïa, qui lui a toujours permis de voir autrement que ces collègues, de voir que Brody était un terroriste par exemple. Intéressant aussi que cet épisode embrigade une autre personne dans la folie de Carrie. Jonas, son compagnon, est à ses cotés, mais il va prendre de plein fouet l’autre Carrie, celle qui ne se contrôle plus, qui ne contrôle plus ses propos. Évidemment, la performance de Claire Danes est, comme d’habitude pourrait-on dire, vraiment incroyable. Mais tous ce passage paranoïaque fut plus dur à regarder à mon sens que d’habitude. Dans les saisons précédentes, Carrie, lorsqu’elle sombrait dans son autre personnalité, en restait justement à une forme de paranoïa, de crainte, qui se marquait par le fait qu’elle se réfugie la saison précédente dans les bras du chef des services secrets pakistanais, qu’elle pensait alors être Brody. Ici, Carrie ne cherche pas refuge, au contraire, elle recherche une certaine forme de délivrance. Il y a certes toujours cette crainte, cette culpabilité, présente par le personnage de Aayan qui incarne les morts qu’elle a sur la conscience, mais Carrie est plus violente que d’habitude. Tout le passage pendant lequel elle insulte et dénigre Jonas est très dur à regarder, on a mal pour lui tant on sent à quel point il doit prendre sur lui pour ne pas voir dans cette femme celle qu’il aime.

Mais il s’avère que cette solution extrême fonctionne puisqu’elle comprend, lorsque le fils de Jonas est arrêté, que tout n’est qu’un coup monté destiné à la débusquer. Sauf que face à elle, comme nous pouvions le prévoir dès la semaine dernière, se trouve Quinn, agent redoutable qui semble ne jamais rien laisser au hasard. Mais je persiste à penser qu’il n’exécutera pas le contrat sans en discuter avant avec Carrie. Néanmoins, il y a dans la manière de débusquer Carrie, et dans cette saison en général, une violence de la part de la CIA assez nouvelle pour Homeland. Finalement, Carrie a toujours été le personnage principal, sauf qu’avant Carrie faisait partie de l’agence. Les agissements de cette dernière ne pouvaient donc être complètement répréhensibles. Dans cette saison 5, la Compagnie est l’ennemi et ce statut est clairement incarné par les agissements de Quinn, qui n’hésite pas à enlever un enfant, mais également par Saul. Le personnage que l’on avait appris à connaître n’est plus. Jadis plus magnanime, plus sensible aussi, il est devenu impitoyable, l’incarnation de l’agence qui ne pense qu’à ses propres intérêts et n’hésite pas à mentir pour arriver à ses fins. Les deux discussions, avec During puis avec l’agent israélien marque parfaitement ce changement d’attitude de sa part, et marque aussi le changement d’attitude de la série par rapport à la CIA. Quand Carrie était à ses cotés, il gardait une part d’humanité. Il semble qu’il soit à présent devenu comme Dar Adal, plus retors, plus menteurs et surtout uniquement concentré sur la réalisation des objectifs de l'Agence. Cela fait de lui un ennemi encore plus dangereux pour Carrie. Même si sa relation extra-professionnelle avec Allison (Miranda Otto) risque de lui jouer des tours. Mais alors que jusqu’à l’année dernière le spectateur (en tout cas moi) avait une forme d’empathie pour Saul, son comportement de ces trois premiers épisodes ne nous donne pas envie de le voir triompher, bien au contraire.

Cela nous amène avec la partie la plus secondaire de l’épisode, centrée sur Laura Sutto et sur Numan. Cette intrigue avance lentement, et tombe malheureusement dans un piège qu’elle aurait pu éviter, celui du jeune ambitieux contre le jeune idéaliste, et de l’implication des russes dans l’histoire. L’intérêt d’introduire un lanceur d’alerte dans l’histoire était justement que ce type de personnages est – à première vue – dénué de toute volonté pécuniaire, il fait ça pour le bien commun, pour dénoncer les agissements illégaux de ceux qui nous gouvernent. Que le jeune allemand veuille vendre les informations aux russes nous fait retomber dans un schéma que l’on connaît, que l’on a déjà vu dans 24 par exemple, un schéma un peu éculé à mon gout et qui surtout privilégie le côté action plutôt que le côté moral engendré par la publication de ce type de documents. Mais l’histoire ne fait que commencer, nous verrons bien où nous mènera la série.

7/10

Bilan

Un épisode dans la poursuite des deux premiers, qui semble vraiment mettre tous les pions en place pour lancer la partie d’échec entre Carrie, la CIA, et leurs ennemis communs et respectifs.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 04/01/2016 à 11h38

    L'épisode fait du Homeland ancien dans un environnement nouveau, à savoir que la série réutilise les éternels problèmes de bipolarité de Carrie en les transposant dans un contexte différent où elle ne fait plus partie de la CIA, où on parle immigration, relation avec Israël, vol de documents confidentiels et surtout de destitution de Bachar El-Assad.
    Au final, il y a à la fois chez de la frustration de revoir Carrie perdre pied et en même temps un vrai plaisir d'admirer le jeu de Claire Danes et de sentir que tout peut partir à vau-l'eau très rapidement dans la série.
    Enfin, je suis assez d'accord avec toi, l'histoire avec les documents prend une tournure classique et assez lente.

    Du vieux avec du neuf, c'est le résumé d'un épisode parfois long et frustrant mais aussi magnifié par Claire Danes, des questions politiques très actuelles, un Saul nouveau et 2 rebondissements finaux efficaces. 7/10

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