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Seriesaddict.fr  par | 8

Jessica Jones - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2015 - Netflix

Attention, il faut avoir vu la saison complète avant de lire la critique.

Deuxième collaboration entre Marvel Television et la plateforme américaine Netflix Jessica Jones s'inscrit dans le projet The Defenders, qui réunira pour la première fois sur le petit écran : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist dans une mini-série à la Avengers.
Très attendue après le succès retentissant de Daredevil, la super-héroïne avait pour objectif de faire aussi bien, si ce n'est mieux que son prédécesseur alors, pari réussi ?

La super-héroïne Jessica Jones est née dans les pages du cultissime comic-book Alias, en novembre 2001, sur une idée originale du scénariste Brian Michael Bendis et du dessinateur Michael Gaydos.
Membre des Avengers, détective privée, reporter, mère de famille, la jeune femme a vécu de nombreuses vies, certaines douloureuses, d'autres merveilleuses. Un parcours personnel et professionnel en dent-de-scie dont la showrunner Melissa Rosenberg a dû donner naissance à la télévision à travers 13 premiers épisodes, en intégralité sur Netflix depuis le 20 novembre dernier.

[b]Qui est Melissa Rosenberg ?[/b]

Melissa Rosenberg a débuté sa carrière de scénariste dans les années 95-96 en commençant à travailler sur des séries telles que Doctor Quinn, femme médecin, Au-delà du réel : L'aventure continue, Dark Skies : l'impossible vérité ou encore Hercule.
De The Agency à Newport Beach, Melissa Rosenberg ne connait véritablement le succès qu'en 2006, grâce à son travail sur la série de Daniel Cerone Dexter (dont elle était également productrice exécutive) avant de se faire un nom, deux ans plus tard, dans le milieu du cinéma en scénarisant la saga vampirique Twilight (2008-2012).

Melissa Rosenberg n'est pas une inconnue dans le monde des super-héros puisqu'elle a travaillé en 2002 sur Les Anges de la Nuit, une série qui suivait les aventures d'une équipe féminine composée de La Chasseresse (fille de Batman et Catwoman), l'Oracle (ex-Batgirl) et Black Canary. Mais avec Jessica Jones, cette dernière a franchi un cap, celle de la maturité.

Le générique

Moins symbolique que Daredevil mais tout aussi réussi sur le plan esthétique, le générique de Jessica Jones est un assemblage de plusieurs tableaux formant une histoire courte et complète d'une nuit dans les quartiers de Hell's Kitchen, dont Jessica Jones (l’œil en gros plan dans le dernier " tableau ") scrute les moindre mouvements, perversions et autres adultères.
La bande-son du groupe Of Monsters And Men, intitulée Thousand Eyes, reflète la personnalité profonde du personnage de Jessica Jones, observatrice, douce, mélancolique et rock'n roll.

Le générique est teinté d'un violet vif et pénétrant, une mise en abyme ironique car, si Jessica est l’œil qui voit tout, Killgrave est celui qui contrôle tout...

Jessica Jones : Une série de rue

Comme Daredevil, Jessica Jones est une série très terre-à-terre, une série de rue qui a pour but de suivre la vie quotidienne des habitants de Hell's Kitchen. Ici, pas de menaces extra-terrestres, pas de demi-dieu, ni d'armure high-tech, mais des personnages simples ayant de véritables problèmes. Et même si Jessica sait voler et possède une force sur-humaine, la réalisation sobre permet vite d'oublier que cette dernière a des super-pouvoirs (on reviendra sur ce point un peu plus tard dans la critique).

La réalisation est d'ailleurs un des atouts de la série mais aussi parfois, une de ses faiblesses. En effet, pas moins neuf réalisateurs sont passés mettre en scène un épisode de Jessica Jones, sur 13 épisodes. Et il est vrai que certains sont plus inspirés que d'autres.
Cependant, on ne peut pas le nier, il y a des épisodes avec de véritables identités, des directions artistiques sublimes et des séquences symboliques, pour qui veut bien prendre le temps d’analyser chaque plan attentivement. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de partis pris ont été critiqués et il est temps de réparer quelques torts et prendre la défense de réalisateurs incompris, à travers quelques exemples et démontrer que Jessica Jones a d'authentiques atouts à faire valoir.

- Episode 2 : Killgrave pénètre dans un appartement et, en faisant le tour du propriétaire écrase une voiture " violette " télécommandée, appartenant au fils de la famille dont il a pris le contrôle mental.
Cette scène n'a pas été filmée au hasard et la couleur du véhicule non plus. En effet, l'acte de " briser " consciemment ce véhicule aux couleurs de la personnalité de Killgrave symbolise le rejet du passé, de l'enfance, une période de souffrance pour notre méchant dont le renvoi des deux enfants dans un placard signifie le refus de se confronter à un monde enfantin qu'il n'a jamais connu.

- Episode 13 : La caméra se focalise sur le père de Killgrave, étendu sur le sol, en sang, ayant les deux bras amputés.
On sait que Zebediah a demandé au Trader de Wall Street de se débarrasser du corps mais on ne voit en aucun cas ce dernier des précisions sur la démarche à suivre. Le choix de la décapitation des membres est donc inconnu, cependant, le choix du plan filmé peut avoir une symbolique cachée. En effet, les bras d'un père sont censés représenter le réconfort (prendre dans ses bras) et les mains, la délicatesse. Pour l'homme-pourpre, qui n'a jamais eu un " geste " tendre envers son père, ce plan prend tout son sens.

L'aspect religieux est également présent dans la série, de façon très subtile.
Quand Jessica Jones se rend dans l'appartement d'une mère de famille ayant un fils handicapé (dont j'ai oublié le nom, pardonnez-moi) pour obtenir des informations pouvant l'aider à retrouver Killgrave, nous avons un plan large sur deux protagonistes : Jessica Jones debout face à lui, le jeune homme, assis dans son fauteuil médical et, au dessus du mur, est accroché une croix chrétienne. Cette séquence est d'autant plus marquante que notre héroïne surnomme à ce moment-là Killgrave, " Le Diable ", pendant sa conversation avec le malade. Elle représente donc à cet instant-là Justice Divine, celle qui fera abattre sa colère sur l'Homme, en l’occurrence ici, L'Homme-Pourpre et se met dans une position d'égal à égal avec Dieu quand ce dernier demande à Jessica d'abréger ses souffrances. Rappelons-le, il est dit dans la Bible que seul Dieu décide de qui doit vivre ou mourir. Dans cette scène, Jessica a la vie d'une personne entre ses mains.
Indirectement, le comportement du jeune homme est celui d'un suicidaire hors, selon la religion chrétienne, le suicide est un blasphème à Dieu. Le thème du suicide est souvent représenté dans la série, notamment à travers le personnage de Killgrave, qui à son tour, se pose littéralement comme la figure de Dieu en plus... diabolique.

- La séquence du commissariat : c'est sans conteste la scène culte de Jessica Jones. La mise en place des personnages, les déplacements de Killgrave, les dialogues, tout à été travaillé au millimètre près. Petite déception sur les lumières, qui auraient mérité une teinte violacée plus présente pour montrer davantage l'emprise de Killgrave sur les civils. C'est d'ailleurs un de mes regrets, le manque de violet dans la série. Chaque plan aurait dû, selon moi, avoir une petite teinte de violet ou simplement un objet significatif en violet pour montrer l'omniprésence de Killgrave, ce qui aurait créé une ambiance plus oppressante (comme dans le générique). Killgrave est partout !

[b]Killgrave alias l'Homme-Pourpre : La symbolique du violet [/b]

Pour comprendre la psychologie de Killgrave, il faut d'abord s'intéresser à son obsession pour le violet (qui est peu exploitée dans la série, à mon grand regret). Pour reprendre une phrase extraite du livre Instruction familière et très facile pour apprendre les sciences de chiromance et phisiognomie, la couleur violacée représente « l'homme méchant & Saturnien, qui ne fait que machiner trahisons et entreprises pernicieuse » - L'homme Saturnien renvoie à la mélancolie. Et c'est ce mot qui qualifie le mieux L'Homme-Pourpre, car toutes ses manipulations sont le fruit d'une mélancolie profonde et d'une peur panique d'un sentiment universel : l'amour.
Ses manipulations intempestives ne sont que l'expression d'une incompréhension et la traduction d'un mal être profond mais également une distanciation avec le monde réel, un monde cruel, hypocrite et instable que Killgrave cherche à fuir.

Certains comparent Killgrave à un pervers narcissique, un psychopathe des temps modernes et il y a une part de vérité là-dedans. Mais au-delà du monstre que nous dépeint la série, il y a un être humain, éprouvant des émotions complexes, contradictoires et sincères. L'amour qu'il porte à Jessica Jones par exemple, n'est pas qu'une simple obsession malsaine, c'est la recherche d'un amour maternel, qu'il cherche à combler. On le voit notamment quand ce dernier apparaît, lors de sa première rencontre avec Jessica Jones, il est aux bras de deux jeunes femmes. Sa recherche constante du féminin le rend à la fois redoutable mais faible. Car ce qui le trahit finalement, c'est justement l'amour qu'il a tant recherché. Un coup de bluff de Jessica Jones qui lui a été fatal donc, et cette fin, souvent critiquée (un point de vue que je peux comprendre, on attendait tous un final plus explosif), mais reflète l'image de la série, à savoir, un duel psychologique.
Aux yeux des téléspectateurs, cet aspect " romantique " (et l'histoire douloureuses de Killgrave) permet, malgré tout, de rendre le personnage attachant et on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine compassion pour cet homme, qui aurait pu devenir un héros...

Concernant l'apparition des parents de Killgrave dans Jessica Jones, si il est vrai qu'ils arrivent comme un cheveu sur la soupe, ils n'en restent pas moins des protagonistes importants. Leur arrivée offre un aspect plus dramatique à la série, et permet de mieux appréhender la douleur et la souffrance de l'Homme-Pourpre, ainsi que la haine qu'il peut ressentir pour la vie humaine en général, qu'il dédaigne avec mépris et sauvagerie.

Quant à l'interprétation de David Tennant, sa voix est toutefois bien plus menaçante et hypnotique en version originale, mieux vaut donc écouter la série en VO (ou VOSTFR, pour les non-bilingues).

Jessica Jones : Une super-héroïne pas si héroïque

Si vous vous attendez à voir une super-héroïne avec des valeurs, un code d'honneur et prêcher la bonté et la non-violence, Jessica Jones n'est peut-être pas une série à vous conseiller. Alcoolique, nerveuse, angoissée et négligée, Jessica Jones n'est pas le type de super-héros lisse et sans âme qu'on a l'habitude de voir à l'écran et, si cela paraît au début déroutant, c'est bien ce qui fait tout le charme de notre " héroïne ".
Après une carrière héroïque ratée mais surtout brisée par Killgrave, Jessica ouvre un cabinet de détective privée, pensant y voir une reconversion somme toute banale. Hors, ce choix n'est peut-être pas si anodin.
Quand on veut devenir un héros mais qu'on n'a pas de super-pouvoir, on se dirige très souvent dans la police, les pompiers ou les militaires. Jessica elle, a choisit une voie privée, où elle est libre et indépendante mais surtout où elle peut encore aider les gens. Certes, elle fouille de façon perverse dans la vie intime des gens, et est assez abrupte avec ses clients mais dans le fond, ne ressent-elle pas encore et toujours ce besoin de vouloir aider autrui, de quelque façon que ce soit ? Car ouvrir les yeux à une personne, lui dévoiler la vérité, c'est aussi rendre service et éviter plus de malheur qu'il n'y en a déjà.
Par moments, on peut douter de cette bonne foi mais c'est toute cette ambiguïté qui rend Jessica Jones séduisante et fascinante. La compassion qu'on peut ressentir pour elle, et la même que celle pour Killgrave. On aime les détester.

Parlons maintenant du personnage de Luke Cage, une petite lueur d'espoir dans la vie chaotique de Jessica Jones. Habilement introduit dans le show, Luke Cage a lui aussi des liens indirects avec Killgrave. En effet, c'est Jessica Jones qui a tué sa femme alors qu'elle était sous l'influence de l'Homme-Pourpre. Une situation inattendue alors qu'on se demandait comment ce personnage allait s'intégrer dans la série et pour le coup, c'est une réussite.
Je tiens également à remercier les scénaristes de nous avoir épargné des mises en scène à la " soap-opéra ". Leurs apparitions communes sont en effet ciselées, percutantes et parfois, drôles et touchantes, rien à voir donc avec les dialogues amoureux lourds et sans intérêts d'Arrow, pour ne citer que cette série.

Sur internet, j'ai vu quelques fans utiliser les verbes " infantiliser ", " nounouriser " pour qualifier l'attitude de Luke Cage dans la série, alors que le personnage est censé représenter la rage, la brutalité et la force pure. Hors, ce dernier est avant tout un homme, doué de sentiments. Effectivement, Jessica Jones met davantage en avant son amour pour Jessica Jones et par conséquent sa tendresse cachée. Mais finalement, être un homme, n'est-ce pas assumer ses sentiments tout en gardant sa virilité ? Le but de la série n'était pas d'exploiter son potentiel agressif et de mettre en lumière sa force, il aura sa propre série pour ça. Ici, on aborde avec justesse le début d'une relation, les prémices d'un amour sincère. Employer des termes aussi dégradants est un tort.

Seul point noir sur Luke Cage (sans mauvais jeu de mots), le coma dans lequel il est plongé dans le dernier épisode. Si cela apporte une touche dramaturgique au season finale, cette situation paraît assez étrange, quand on sait que le "héros à louer" est totalement indestructible.

Pour finir, quelques mots sur les pouvoirs de Jessica Jones. La série a le mérite de ne pas s'y attarder et de ne pas les utiliser à tout va. La réalisation, sobre, permet à Jessica Jones de ne pas plonger dans le domaine du fantastique et de garder un ton réaliste, tout en assumant son caractère surnaturel.

Les personnages secondaires

Partie intégrante d'un casting, les personnages secondaires sont souvent malmenés par les scénaristes. Qu'en est-il chez Jessica Jones ?

Malcolm (Eka Darville) : Marionnette de Killgrave pendant une bonne partie de la série, Malcolm est typiquement le genre de personnage attendrissant à qui on ne souhaite aucun mal. Ami et voisin de Jessica Jones, Malcolm se pose comme le gentil petit mec du quartier, généreux et plein de bonne volonté mais a qui on ne confie pas de missions importantes. Car si il est présent dans chacun des épisodes, ses apparitions, notamment une fois libéré de l'influence de Killgrave, ne sont plus qu'un vaste vide scénaristique. Un personnage abandonné et mis sur le bas côté par des scénaristes qui n'ont pas su le mettre véritablement en danger, alors qu'il y avait certainement mieux à faire de Malcolm, qu'un petit chef de réunion sans intérêt.

Au-delà de ça j'aimerai, à titre personnel, prendre sa défense sur un point. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont critiqué le fait que Malcolm avait guérit de son addiction à la drogue en deux jours. Hors, une fois encore, le manque d'analyse de certaines personnes est flagrante.
Son addiction à la drogue n'était que l'expression d'une manipulation mentale acharnée. C'est Killgrave qui a fait de Malcolm un drogué. En partant du principe que nous avons entre chaque épisode des ellipses temporelles de parfois plusieurs jours et qu'une manipulation de Killgrave ne dure que 12h, il est logique que son addiction se soit évaporée aussitôt la manipulation mentale estompée.

Will Simpson (Wil Traval) : Vivement critiqué sur la toile, le personnage de Wil Traval n'a pas que des défauts. Certes, sa ressemblance avec l'acteur Chris Evans alias Captain America/Steve Rogers est quelque peu gênante et totalement futile pour l'histoire (on ne comprendra d'ailleurs jamais pourquoi ce choix de casting) mais il apporte à la série énormément d’ambiguïté et ouvre la porte à une intrigue très intéressante pour la seconde saison. Ce qui est plaisant avec ce personnage, c'est qu'il n'est ni bon, ni méchant, il est ! Un mec simple qui prend les mauvaises décisions mais qui les assume jusqu'au bout.

Jessica Jones : pas qu'une série de rue...

Jessica Jones est également une série de femmes fortes. En effet, tous les personnages secondaires féminins ont un vrai rôle à jouer et ne sont pas laissés pour compte et quand on voit comment les scénaristes peuvent traiter les femmes dans certaines productions, ça fait plaisir de voir qu'ici, elles sont exploitées à leur juste valeur.

Hoghard/Wendy (Carrie Ann-Moss/Robin Weigert): Le couple lesbien de la série (un parti pris que j'admire) forme une dynamique assez prenante. Sur le fond, cette sous-intrigue est un poil cliché mais dans la forme, elle se lie parfaitement avec l'intrigue sur Killgrave, provoquant des dommages collatéraux sans précédent, prouvant que la série ne se pose aucune limite quand il s'agit de malmener ses personnages.
Ce qui est réellement intéressant, c'est l'attitude des deux femmes. En effet, chacune d'elle campe sur ses positions. Wendy, malgré la douleur, va jusqu'au bout de sa démarche tandis que Hoghard, n'a aucun scrupule à vouloir " achever " son ancienne compagne.

Trish Walker (Rachael Taylor) : Si elle vit dans une forteresse, Trish Walker n'en n'est pas pour autant un personnage faible. Meilleure amie de Jessica Jones, elle va au devant du danger même si cela doit lui en coûter la vie. Chez ce personnage, on retrouve l'attitude d'une vraie super-héroïne, plus que chez Jessica. Fonceuse, courageuse et battante, Trish Walker est une protagoniste qui mérite le respect.

Hope (Erin Moriarty) : Comme Malcolm, Hope a été lâchement critiquée sur les réseaux sociaux, suite à son suicide dans le restaurant, où étaient présents Killgrave et Jessica Jones, entre autre. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour se suicider, alors qu'il y avait mille raisons pour elle de le faire plus tôt dans la série ? C'est la question que se sont posé les fans !
Selon moi, cette séquence est le point d'ancrage de la série. En effet, c'est à cet instant précis que Hope comprend que Jessica Jones a besoin d'une raison/motivation pour stopper Killgrave à jamais. Comment la convaincre ? En se sacrifiant pour une idée. Car ce sacrifice provoquera chez Jessica Jones le déclic qui lui manquait pour ôter la vie à son pire ennemi. Jusqu'à là, elle ne savait pas comment s'y prendre pour l'empêcher de nuire. Désormais, la question est évincée, il ne reste qu'une option : la mort.

Des femmes fortes donc, avec leurs faiblesses, leurs qualités, leurs défauts et leurs idéaux, qu'on appréciera ou non...

Les déceptions

- Quelques longueurs scénaristiques. La série aurait pu être raccourcie de 2-3 épisodes.

- Des personnages secondaires qui manquent de profondeur (Malcolm, le détective Oscar Celemons, Robyn, la sœur de Ruben...)

- Plus de flashbacks sur la carrière super-héroïque de Jessica Jones et sa relation passée avec Killgrave auraient été les bienvenus...

- Tout comme un caméo de Matt Murdock, même si Claire Temple (Rosario Dawson) compense admirablement le manque de Daredevil. Cependant, il faut être honnête, la présence de celle que l'on surnomme désormais la Night Nurse était plus légitime (malgré des circonstances pas très cohérentes - cf. Luke Cage) que celle de l'Homme Sans Peur, d'un point de vue scénaristique.

8/10

Bilan

De façon générale, Jessica Jones est plus violente et plus trash que Daredevil. Marvel et Netflix continuent ce qu'ils ont proposé avec DD, à savoir des séries ultra-réalistes bénéficiant d'une ambiance noire et oppressante. On n'échappe toutefois pas aux touches fantastiques présentes mais elle sont suffisamment maîtrisées pour ne pas être ridicules. Malgré quelques faiblesses scénaristiques, Jessica Jones reste de très bonne facture et devrait satisfaire les fans du genre.
La série soulève également la thématique du " viol mental ", trop souvent ignoré dans notre société actuelle. Tous les symptômes du pervers narcissiques sont représentés à travers le personnage de Killgrave, ainsi, Jessica Jones peut dénoncer, sans l'ombre d'un remord, le comportement des hommes atteints par cette " folie " et permet de lever un tabou.

8 Commentaires

  • Zhurong
    Le 04/12/2015 à 19h14

    Je n'aime pas les séries de super héros, que je trouve vraiment trop cheap en comparaison avec leurs homologies du grand écran (budget oblige).

    Là, le traitement particulier rend cette série particulièrement réussie et attachante. J'ai vraiment passé un bon moment à chaque épisode.

  • Avor
    Le 08/12/2015 à 01h00

    Une série marquante et de grande qualité. Merci pour cette critique, sincèrement. Elle m'a fait revivre chaque moment passé devant la série, et mis des mots sur tout ce que j'ai pu y ressentir, et qui plus est les valeurs qu'elle porte à mes yeux.

  • Loïc Marie
    Le 08/12/2015 à 17h47

    De rien Avor, ravis que ma critique t’aies plu :)

  • Mia86
    Le 12/12/2015 à 14h25

    une série remplie de charme ! j'étais en manque de véronica mars ... me voila comblée ^^

    ce que j'aime dans cette série c'est que la mort n'est pas banalisée comme dans TVD ... arrow ..

  • Jenova97228
    Le 08/01/2016 à 16h23

    Super Critique mais j'aimerai juste répondre a tes commentaires concernant Will Simpson.
    Pour comprendre le pourquoi il faut savoir que ce personnage SPOILERest le supervillain Nuke qui est une sorte de super soldat raté. ce qui explique sa ressemblance voulu par les scénaristes avec Captain América.

  • Loïc Marie
    Le 12/01/2016 à 17h47

    Merci Jenova.
    Pour Will, merci pour l'info, effectivement je n'avais pas fait le rapprochement :)

  • Alooceans
    Le 19/01/2016 à 22h50

    J'aime beaucoup ta critique et je suis totalement d'accord avec toi... C'est vraiment une série que j'ai adoré regarder (à revoir c'est sûr) ! ^^ En tout cas, hâte de voir ce que va être la saison 2 (même si c'est dans un petit moment) ! :)

  • Loïc Marie
    Le 21/01/2016 à 01h18

    Merci Mr. ou Madame Océan :)

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Jessica Jones
Note de la série :
8.4/10