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Seriesaddict.fr  par | 9

Agent Carter - Bilan saison 2

Bilan saison 2 © 2016 - ABC

Attention, il faut avoir vu la saison avant de lire la critique.

Nouvelle saison, Nouvelle menace, Nouveau décor. Agent Carter s'est totalement renouvelée pour cette seconde saison, au risque de bouleverser certaines habitudes télévisuelles. La saison 1 avait été une vraie surprise, un véritable vent de fraîcheur dans l'univers Marvel, dont la sublime Hayley Atwell est rapidement devenue l'égérie et la chouchoute d'un public qui suit ses aventures depuis Captain America : The First Avenger, sortie au cinéma en 2011.

La saison 2 a t-elle tenu toutes ses promesses ? Retrouvons-nous les mêmes qualités, le même charme que la saison passée ? Agent Carter est-elle une série qui peut perdurer dans le temps ? Bilan !

Comme je le disais quelques lignes plus haut, les producteurs d'Agent Carter ont pris le pari fou de changer radicalement cette seconde saison : décors, casting, ambiance/tonalité, menace, tout sent le neuf, le rénové, comme un bâtiment dont les ouvriers auraient fini l'édification. Et la magie opère dès les premières secondes !
En effet, on plonge sans attendre dans le Los Angeles des années 40 où régnaient l'exaltation, la folie humaine sous toutes ses formes, et où le cinéma hollywoodien devenait prospère. Un endroit parfait pour poursuivre une carrière d'espion donc. C'est ainsi que la série continue d'assumer, pour notre plus grand bonheur, son aspect rétro : l'atout charme d'Agent Carter. Cependant, les scénaristes appuient ici davantage sur le côté série B/film d'espionnage d'époque avec des séquences, des plans et des dialogues simples mais terriblement efficaces. Évidemment, il faut avoir les références culturelles cinématographiques et même télévisuelles, et être fan de ce genre-là, sinon, on peut très vite devenir réfractaire à la série et la juger avec trop de radicalité.

Agent Carter : Une série de femmes ?

La petite déception de cette seconde saison est la place donnée aux femmes. Si nous avons le schéma héroïne contre super-vilaine, les autres femmes de la série n'ont pas le rôle qu'elles devraient normalement tenir. Pourtant, la season premiere promettait l'introduction de deux protagonistes féminins forts : Rose et Ana Jarvis.

Rose (Lesley Boone) : Aperçue brièvement dans la première saison, le personnage de Rose avait toute les qualités pour devenir un protagoniste clé d'Agent Carter, des qualités que nous avions pu voir dans l'épisode 7 (Monsters) où cette dernière avait fait preuve d'un grand professionnalisme, de sang-froid et d’aptitudes indéniables, sans oublier un sens de l'humour cru. Des atouts que les scénaristes n'ont pas su exploiter pour au final faire un personnage de second plan sans saveur.

Ana Jarvis (Lotte Verbeek) : La femme de Jarvis est sans conteste la révélation de cette deuxième saisone, un véritable coup de cœur. Si elle n'apparaît qu'occasionnellement elle aussi, cette dernière apporte néanmoins à chacune de ses apparitions un authentique vent de fraîcheur à la série et offre également une nouvelle dynamique au duo déjà formé par Carter et Jarvis.
Ajouter Ana Jarvis au casting était assez malin et permet de complexifier la dramaturgie fictive et l'arc narratif autour de la vie de Monsieur Jarvis, que l'on découvre touchant, tendre et poétique.

On ne peut pas parler des femmes sans parler de sa méchante principale : Whitney Frost qui a été comparée par beaucoup de fans à Dottie (Bridget Regan). Antagoniste de la première saison (et qu'on revoit ici avec un retour scénaristiquement habile). La comparaison est un contresens. Certes, on retrouve dans le caractère la même poigne, la même force (encore que Frost à une certaine fragilité qui est due à une enfance difficile) que l'espionne russe, et il faudrait arrêter de penser que si une actrice joue une femme forte, elle est forcément identique à d'autres actrices qui jouent dans le même registre car on risquerait vite de tomber dans un sexisme puéril. Le personnage de Whitney Frost est bien plus intéressant à analyser qu'il n'y parait au premier abord. En effet, en tant que comédienne (mise en abyme), elle nous permet de nous mettre face à la réalité d'une ère où le cinéma ne jugeait guère les femmes à leur juste valeur et où ces dernières n'étaient réduites qu'à un aspect esthétique et esthétisant (voir la scène entre le réalisateur et Frost - Episode 1), de toucher, par ailleurs, une autre facette d'un machisme très féroce dans les années 40 (et qui n'a malheureusement pas beaucoup évolué). Mais aussi en tant que femme. Si Whitney Frost subit sans broncher les foudres de ses collègues de cinéma, elle n'en reste pas moins une sacrée manipulatrice, qui commande à la fois son mari - dont le mariage n'est qu'une façade - et son destin au point que les rôles se voient inverser au fur et à mesure que les épisodes avancent. Et ce n'est plus ses capacités fantastiques qui font peur mais sa soif de pouvoir, son aptitude à gérer les crises et sa folie, une folie qui d'ailleurs la perdra et je reviendrai sur ce point un peu plus tard.

Pour les fans de cinéma, la mise en abyme est un peu décevante. En effet, dès le premier épisode, nous avions eu l'occasion d'apprendre quelques techniques de trucages (la pluie, le baiser masqué...) mais rapidement l'aspect cinématographique a vite été oublié (même si présent dans quelques plans).

J'aimerai revenir sur la fin de l'épisode 10 que certains internautes ont jugé ridicule, la séquence où Withney Frost se dirige vers la faille temporelle sans prêter aucune attention au canon gamma situé juste derrière elle. La mise en scène, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'est pas bâclée. En effet, Whitney Frost a pleinement conscience du piège au moment où elle arrive sur place et voit parfaitement le canon gamma placé dans son dos. Hors, et c'est ce que j'expliquais un peu plus haut, sa folie l'empêche de douter sur une quelconque infériorité et sa soif de pouvoir de ressentir de la peur. Elle fonce tête baissée, attirée par la faille temporelle et la puissance qu'elle pourrait lui accorder. C'est donc davantage un duel psychologique, voire intellectuel qui se jouait-là, plus qu'un combat nécessitant une vulgaire force physique.

Les critiques sur le net ne sont pas très tendres en ce qui concerne les intrigues amoureuses auxquelles la série prend part. Si ces love-stories sont la plupart du temps évitables, elles sont parfois nécessaires dans la construction psychologique d'un ou plusieurs personnages. Nous l'avons vu avec Jarvis, l'introduction d'Ana a permis à l'acteur, non seulement d'élargir sa palette d'interprétation mais d'offrir aux téléspectateurs de jolies séquences, qui ont en même temps fait évoluer son personnage et son arc narratif dans le bon sens.
Peggy Carter a le droit de ressentir des émotions, des sentiments, on ne peut pas passer outre, ça serait rendre le personnage insensible et froid. Reste la façon dont cela est scénarisé, mise en scène et joué. Dans Agent Carter, il y a beaucoup de tendresse et de sobriété dans ces séquences, c'est à la fois plein de poésie et de délicatesse, ce qui rend ces scènes particulièrement touchantes et émouvantes, notamment grâce à la justesse du jeu des acteurs. Si on devait faire une comparaison avec Arrow, leurs love-stories sont écrites de façon trop cheap et adolescentes, du soap-opéra pour teenagers donc, insupportables pour les oreilles. La force d'un drama réside dans la capacité à savoir où est la limite du ridicule.

En bref

- Beaucoup de fans ont critiqué l'aspect redondant d'Agent Carter expliquant que la série ne serait qu'un copié collé de sa grande sœur, Agent of S.H.I.E.L.D. Il ne faut pas oublier que les aventures de Peggy Carter sont à l'origine de la création du S.H.I.E.L.D. Par conséquent, les organisations secrètes qu'elle combat, les objets mystérieux extra-terrestres/extra-dimensionnels avec lesquels elle est en contact, sont étroitement liés à son futur et au futur du S.H.I.E.L.D. Il y a donc une logique dans tout ce que nous proposent les producteurs.

- Le point fort d'Agent Carter reste sa chronologie. Se déroulant à la fin des années 40, la série permet énormément de références historiques telles que la crise financière de 1929, la Seconde Guerre Mondiale, la course à l'armement atomique et la position sociale des personnes de couleurs dans une Amérique profondément raciste à cette époque, notamment à travers le protagoniste de Jason Wilkes (Reggie Austin).
Cette confrontation à la réalité historique est toujours un plus, et offre à Agent Carter un caractère presque didactique et pédagogique.

- L'absence d'Howard Stark commence à se faire vraiment ressentir dans cette seconde saison. La série peut-elle continuer à se passer d'un tel personnage ?

- A noter, quelques références au Marvel Cinematic Universe dont Doctor Strange avec la Matière Zéro, appelé Darkforce dans les comics. Un bon moyen pour préparer le film à venir, peut-être aurons-nous le droit à un flashback de Peggy Carter dans la prochaine production Marvel, expliquant ce qu'est la darkforce.

8/10

Bilan

La série repose une nouvelle fois sur le duo Carter/Jarvis et cela fonctionne merveilleusement. Les scénaristes ont su faire évoluer leur relation à travers cette seconde saison, riche en rebondissements.
Les scénaristes ont également réussi à donner au personnage de Peggy Carter une véritable trame scénaristique, tant sur le plan familial, amoureux et professionnel. Chaque saison permet d'en découvrir un peu plus sur cette femme qui a inspiré le S.H.I.E.L.D. Malheureusement, faute d'audience, la série risque d'être annulée.

9 Commentaires

  • SandraP
    Le 09/03/2016 à 23h28

    Si ils annulent cette série, honnetement je pleure !!! :(
    (Comment on saura ce qui arrive à Thompson en plus ?... )

  • negeil
    Le 10/03/2016 à 15h59

    c'est pas faute d'audience c'est surtout que Hayley Atwell va jouer dans une autre série ^^
    donc je ne pense pas qu'il y aura une saison 3

  • Loïc Marie
    Le 10/03/2016 à 17h48

    Les audiences sont très très faibles, l'actrice peut jouer dans deux série à la fois, c'est pas un souci de planning.

  • negeil
    Le 11/03/2016 à 08h04

    je me disais ça aussi jusqu’à voir l'épisode 7 de The 100

  • Loïc Marie
    Le 11/03/2016 à 19h15

    séries*

    Comment ça ? Je comprends pas Neigeil ^^

  • Lovelygirl
    Le 13/03/2016 à 12h16

    Espérons que la série soit renouvelée par ABC.
    J'adore ses acteurs et ses scénarios. Alors je croise définitivement les doigts pour la voir revenir sur nos écrans la saison prochaine.
    De plus, la série n'ayant qu'une dizaine d'épisodes, il me semblerait possible qu'Hayley soit sur les deux tournages.
    Bref, j'ai véritablement hâte !

  • Franck33
    Le 15/03/2016 à 19h22

    Bonjour,

    Je suis en train de regarder toute la chronologie marvel (films + séries) dans l'ordre chronologique.

    Ou placeriez vous Agent Carter saison 2 ?

    Faut-il la regarder après Ant-Man, ou doit on la placer juste apres la saison 1 d'agent carter, soit avant iron man ?

  • Loïc Marie
    Le 17/03/2016 à 14h40

    Agent Carter se déroule après Captain America : The First Avengers mais elle reste hors MCU désormais puisqu'elle se déroule dans les années 50 donc bien avant les Avengers....

  • Toff63
    Le 26/03/2016 à 14h25

    Cette saison était très intéressante. Dommage que le niveau ait baissé sur la fin, les choses ont trop traîné avec cette matière zéro, les trames amoureuses étaient mitigées et le contexte historique a été moins mis en avant. Mais ma plus grosse déception, c'est le trop petit rôle de Stark. Jarvis est en revanche le taulier de la série avec Peggy, et aussi la caution humoristique (et touchante) du show. 8/10

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