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The Americans (2013) - 4x1 : Glanders, 4x2 : Pastor Tim

Résumé

Elizabeth et Philip doivent gérer les répercussions de la confession de Paige au pasteur Tim, mais doivent aussi faire face à une mission plus périlleuse que celles qu'ils ont du affronter.

4x1 : Glanders, 4x2 : Pastor Tim © FX-2016

Cette quatrième saison de The Americans (2013) commence avec des enjeux plus hauts qu’ils ne l’ont jamais été dans la série. Petit rappel : lors du Season Finale, Paige avait décidé d’avouer à son pasteur la véritable identité de ses parents, ainsi que leurs activités d’espionnage au sein des États-Unis d’Amérique.

Ce problème est évidemment au centre de ce début de saison, mais comme d’habitude avec la série de Joe Weisberg, il n’est pas traité comme on pourrait s’y attendre. La série a toujours pris son temps pour faire grimper la tension et mettre en place ses pions, et ce cliffangher ne déroge pas à la règle. Premièrement car le personnage du pasteur Tim a été construit dans les saisons précédentes comme un homme, pour ne pas dire communiste, mais en tout cas plutôt à gauche, notamment très anti-nucléaire. Évidemment, la situation n’aurait pas été la même si la pauvre Paige était allé se confier à Stan. La série dégonfle donc quelque peu ce problème, sans doute pour le remettre au centre des débats dans quelques temps. Autre point positif au sujet de cette intrigue, la réaction de Paige elle-même, qui après être allée trahir ses parents, vient le leur avouer humblement, ce qui les empêche de régler le sort du pasteur comme ils ont l’habitude de le faire. Je me suis tant plaint (n’est-ce pas 24 ou Homeland) des rôles d’adolescentes mal écrits que je ne peux que me réjouir de voir une adolescent qui ne va pas totalement dans le cliché de l’opposition frontale à ses parents. Le personnage de Paige est plus complexe que cela, et c’est aussi ce qui fait la force de la série.

Mais globalement ces deux premiers épisodes sont très déceptifs à la fois pour les Jennings et pour les spectateurs, rien ne se passe vraiment comme ce que l'on attendrait. A commencer par l’intrigue « espionnage » de la saison, qui cette fois tourne autour des armes chimiques. Gabriel leur demande de récupérer l’échantillon d’un virus afin qu’il soit amené en Russie, mais alors que dans le premier épisode l’accès à la source se révèle difficile, dans le deuxième, l’exfiltration de la fiole ne se passe pas du tout comme ils le pensaient, le pilote refusant la mission et Philippe se trouvant obligé de se débarrasser d’un pauvre employé de l’aéroport. Au passage, The Americans (2013) n’a rien perdu de sa violence, toujours larvée mais qui peut surgir et éclater à tout instant, ni de sa capacité à utiliser la musique des années 80, avec cette fois-ci « Tainted Love » qui met parfaitement en valeur la scène d’étranglement. Reste à voir comment cette intrigue se développera sur la durée de la saison, mais la présence d’une fiole de virus dans une petite glacière au fond du garage des Jennings entrainera sans doute son lot de tension.

D’un point de vue personnel, ce n’est pas la grande forme pour notre couple d’espions favoris. Elisabeth est celle qui s’en sort le mieux, plus solide, malgré l’annonce de la mort de sa mère (mais ne faut-il pas voir une manœuvre de Moscou pour la rapprocher de sa fille ?). En revanche, Philippe ne va pas bien du tout. Sa participation au séminaire EST fait remonter des souvenirs enfouis depuis longtemps, notamment le meurtre lorsqu’il était petit garçon d’un de ses camarades, une scène ultra violente qui symbolise toute la rage qu’il peut contenir (Matthew Rhys est toujours aussi excellent). En outre, ce regard sur lui-même que lui permettent les séminaires arrive à un moment où la mort l’entoure à nouveau : l’homme du bus qu’il tue de sang froid, mais surtout Gene, l’homme du FBI qu’il a tué pour innocenter Marta, deux épreuves qu’il semble avoir du mal à supporter. Dès la saison 1 Philip a eu des doutes, a semblé être celui par qui pouvait advenir le grain de sable qui dérèglerait la machine. La saison dernière avec ces meurtres et avec la relation qu’il a entretenue avec la jeune Kimberly a fait empirer son état personnel, jusqu’à faire de lui une bombe a retardement ? Les prochains épisodes nous le diront.

Parmi les autres personnages, Stan, a part sa crise de jalousie vis-à-vis de Philip, n’est pas au centre des débats, tout comme Oleg. Mais leurs chemins seront à nouveau amenés à se croiser. Au Centre en revanche certaines choses se trament sans l’accord de Arkady. Là encore, peu de détails, mais un fil qui sera sans doute tiré en temps voulu (quel plaisir chaque année de voir une série capable de passer presque 1/3 de son temps en russe !). Enfin Nina se voit offrir plus de temps d’écran que ses deux anciens soupirants. Elle se rapproche petit à petit d’Anton, mais il ne s’agit plus de sa mission. Elle s’est très clairement prise d’affection pour le scientifique, au point de risquer sa liberté pour qu’il puisse prévenir sa famille. Cette intrigue n’est peut-être pas la plus tendue, la plus passionnante, mais il faut souligner l’évolution à la fois du personnage de Nina (et aussi le courage de la série de continuer à construire une intrigue autour de ce personnage alors qu’elle se trouve loin des principaux enjeux), mais aussi l’évolution de Annet Mahendru, qui n’est plus la « poupée » de la première saison mais qui a elle aussi évolué dans l’approche de son rôle plus complexe qu’il n’y paraît.

Note de l'épisode 4x1

8/10

Note de l'épisode 4x2

8/10

Bilan

Deux premiers épisodes de The Americans qui reprennent là où la série s’est arrêtée, et qui continuent à nous offrir une série de très grande qualité, une série à l’image de ses personnages principaux, jamais bling-bling, prenant toujours leur temps pour poser les enjeux, mais faisant toujours preuve d’une très grande efficacité.

2 Commentaires

  • Toff63
    Le 14/01/2017 à 14h14

    L'épisode 1 est bon dans son introduction à la trame des armes chimiques, la complexité de Paige, le couple très boulot Elizabeth-Phil, les souvenirs de Phil à mettre en parallèle de la future possible évolution de Paige et pour Martha, bluffante dans sa façon de gérer les événements avec Clark.
    Parmi les déceptions, le rôle de Nina ne me passionne pas plus que cela, je préfère Stan en tant que menace pour Martha plutôt que bêtement jaloux, et j'espère que l'intrigue avec Paige va donner plus de chaos au sein des Jennings. 7/10

  • Toff63
    Le 18/01/2017 à 11h50

    L'épisode 2 est plus réussi que le premier, en posant notamment la question de savoir si on doit tuer pour se protéger ou non. En ce sens, Liz est formel et pense à sa sécurité alors que Phil met en avant son passé pour justifier son avis contraire. Le fait que Paige finisse par révéler à Liz qu'elle a dit le secret à Tim, alors que cette dernière était déjà au courant est une bonne idée, tout se jouant dans le jeu de l'excellente Keri Russell, entre amour maternel et colère froide.
    Concernant Phil et cette histoire de substance chimique, la scène dans le bus est brillante, sur fond de "Tainted Love".
    Dans le reste de l'épisode, Nina et Stan m'ont plus convaincu que dans l'épisode 1, le scénario nous donnant plus d'éléments quant à l'avenir de ces 2 personnages. 9/10

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Note de la série :
9.1/10