Critiques

Seriesaddict.fr  par | 7

Person of Interest - 5x12 : .exe, 5x13 : Return 0

Résumé

Harold et la team Machine se retrouvent enfin face à leur plus grand ennemi, Samaritain, et tente par tous les moyens de la détruire.

5x12 : .exe, 5x13 : Return 0 © CBS-2016

Voici donc les deux derniers épisodes de Person Of Interest, une série qui nous aura fait vibrer, qui nous aura fait réfléchir aussi sur notre époque actuelle, sur ses dérives et ses espoirs.

Episode 12 : .exe

Je dois avouer avoir mis du temps pour faire la critique de cet épisode, qui m’a énormément plu, mais que j’ai mis un certain temps à digérer.

On comprend vite les actions d’Harold dans l’épisode précédent, aller chercher le virus Ice 9 capable de détruire Samaritain, mais qui risque également de détruire la Machine dans le lot. Et là est toute la grande problématique de l’épisode, problématique centrée encore une fois sur les questions de libre-arbitre et de choix. Car l’épisode est construit sur le principe du « Et si ? », avec plusieurs séquences qui nous font voir ce qu’aurait été l’existence de nos héros si jamais la Machine n’avait pas existé. Et il faut dire que leur destin, hormis pour Harold – et pour Carter – aurait assez mal tourné : Fusco serait resté un flic pourri, Shaw une tueuse des services secrets au service sans le savoir de Samaritain, et Root une tueuse servant consciemment cette IA tyrannique. Une nouvelle fois la jeune fille est le symbole de la frivolité de la vie. Perdue, dans l’attente de quelqu’un pour lui montrer le chemin, elle a décidé de servir la Machine et le fait que la Machine ait été créée par Harold lui a permis de se retrouver sur la bonne voie. Mais sans la Machine, sa vie aurait basculé dans une entreprise bien moins morale.

Ces moments servent ainsi à prouver à Harold le bien fondé de son ses choix, et notamment d’avoir donné une morale à la Machine. Une morale grâce à laquelle elle accepte finalement de laisser à l’humanité sa capacité de choisir, alors que Samaritain avait pris le parti d’une dictature du mieux possible, quitte à sacrifier les marginaux, les non conformistes, les contestataires. Finalement le parallèle est assez beau : c’est l’IA la plus proche de l’homme, avec ses faiblesses, ses failles (souvenons-nous du « I’m sorry ») qui l’a le plus servi, comme si l’homme n’avait finalement besoin que d’une aide (Greer le dit, « un petit coup de pouce des dieux »), d’un petit plus et non de Samaritain, c’est à dire d’un véritable Dieu sans doute et sans miséricorde, qui n’aide pas les hommes mais décide pour eux. Ce que Greer appelle le « progrès ».

Mais l’épisode n’est pas que questionnements philosophiques, il est aussi plein d’action et de confrontations. La Machine, en plus d’aider Finch, envoie Reese et Shaw à son secours. Et autant la partie consacré à Michael Emerson va crescendo en intensité, autant les passages avec les deux ex-agents offrent de l’humour et un peu de détente (avec un clin d’œil croustillant à un certain Edward Snowden, qui aura sans le savoir participé à la chute de Samaritain). De l’action donc, mais aussi la confrontation que l’on attendait, entre Greer et Harold. Les deux acteurs sont parfaits dans leur rôle, et particulièrement l’ainé des Nolan qui aura été un méchant absolument parfait lors des trois dernières saisons. On constate à nouveau sa Foi (je mets une majuscule à dessein) en Samaritain, à tel point qu’il se sacrifie pour qu’Harold meurt et qu’il ne puisse entrer le virus dans le système. Sauf qu’à nouveau Greer n’a pas pris en compte le facteur humain, c’est à dire Reese et Shaw venu à l’aide d’Harold dans l’antre de la NSA.

Cet épisode aurait pu servir de season final, tant il questionne à nouveau les grandes problématiques du show et offrait à nos acteurs – et notamment à Michael Emerson – des moments de bravoure. Mais c’était sans compter les scénaristes de cette grande série – et Jonathan Nolan en particulier qui co-signe le final – qui ont décidé de nous offrir un dernier baroud d’honneur.

Episode 13 et fin de série : return 0

Finalement, l’épisode précédent était le véritable final, celui qui revenait une dernière fois sur les différentes problématiques philosophiques de la série. Ce dernier épisode nous recentre sur les personnages, qui sont à la poursuite des dernières traces de vie de Samaritain. Car oui, l’IA diabolique avait bien appris de sa grande sœur et avait fait une copie d’elle-même bien cachée dans les coffres de la Réserve Fédérale. Le but, pour Harold et John était donc d’aller planter le virus Ice 9 dans les sauvegardes de Samaritain. Évidemment, cela ne pouvait être aussi simple et les quelques bribes de codes de Samaritain, ayant trouvé refuge dans un satellite russe – drôle de voir que Snowden est lui aussi allé trouver refuge chez les russe – devaient pousser nos héros à faire face à l’ultime sacrifice.

Car dès la scène pré-générique nous nous rendons compte que certains personnages n’en sortiront pas vivants. Le monologue de la Machine sur les nombreuses morts dont elle a du être le témoin pour comprendre les hommes n’augure évidemment rien de bon – et marque encore la maitrise des scénaristes qui font de ce sujet la problématique centrale de ce dernier épisode, une belle mise en abyme en somme – et voir Fusco, puis Harold les vêtements tachés de sang fait monter le suspens sur les personnages qui sortiront vivant.

Mais évidemment, les scénaristes nous font suivre des chemins déceptifs, comme ils l’ont si bien fait pendant ces cinq années. Car pendant que nous craignons pour Harold, que nous espérions qu’il puisse s’en sortir d’une manière ou d’une autre, nous avions oublié John, l’autre héros, qui fut peut-être un peu mis de côté depuis la mort de Carter, avec l’éclosion de Root, la place importante prise par Fusco, et les thématiques plus liées à Harold. C’est bien John Reese, que l’on a rencontré barbu et clochard dans un métro new-yorkais, qui tient les clés de ce final. C’est lui qui se sacrifie pour que le virus infecte le satellite et détruise une fois pour toute Samaritain, sous les yeux d’Harold et de la Machine, et dans une musique qui rend la scène absolument bouleversante. Bravo à Jim Caviezel, qui n’est peut-être pas le plus grand acteur du groupe mais qui a su tenir son rôle à la perfection. On se souviendra notamment de l’épisode suivant la mort de Carter où il fut à son sommet. John Reese sait bien qu’Harold doit survivre si jamais quelqu’un venait à vouloir construire une autre IA, et qu’il serait bien entouré de Shaw et Fusco, qui permettent d'ailleurs à l’épisode d’avoir son lot d’action et d’humour.

Mais ce sont bel et bien nos deux héros initiaux, ceux avec qui nous avons commencé cette magnifique aventure, qui restent au centre de l’intrigue, et que l’on voulait voir – en tout cas c’était mon cas – au centre de l’intrigue.

Dernier point important de l’épisode, la Machine elle-même. Les scénaristes lui avaient donné la voix de Root, ils nous font le plaisir de faire revenir Amy Acker, tellement parfaite elle-aussi dans ses dialogues et ses interactions avec Michael Emerson (dont je redirai une ultime fois à quel point c’est un acteur d’immense talent). La Machine qui réfléchit sur le sens de la vie et qui finalement, alors qu’on voyait la saison partir vers un pessimisme absolu et pourquoi pas la victoire de Samaritain, termine en nous proposant une fin plus optimiste car basée encore une fois sur le facteur humain. J’ai eu parfois l’impression de me retrouver dans Lost, dont les personnages avaient fait du « Live Together Die Alone » leur crédo. Mais la Machine ajoute une troisième assertion. Vivre ensemble, la série nous a prouvé à quel point une équipe soudée pouvait aboutir à d’immenses résultats. Mourir seul, elle nous a prouvé aussi (Carter, Root, Reese) qu’affronter la mort était une affaire personnelle. Mais il faut ajouter le souvenir qui permet de transcender la mort. Une personne ne meurt que lorsque la dernière personne qui se souvient d’elle meurt à son tour. C’est évidemment une nouvelle mise en abime du sort de la série elle-même : certes il est l’heure de la laisser partir, mais elle vivra à travers ses fans, qui en parleront, feront venir de nouveaux spectateurs et la regarderont à nouveau, en attendant – peut-être ? – de voir la Machine, et donc la série, renaitre, aidée d’Harold, Shaw et Fusco.

Oui il faudra se souvenir de Person of Interest pour la qualité de son écriture, du jeu de ses acteurs exceptionnels, de sa musique. Mais il faudra s’en souvenir aussi car elle aura posé, avant même qu’elles n’arrivent in real life, des questions essentielles sur ce que nous voulons faire de notre futur (des questions que peut-être seule Mr. Robot pose actuellement – la scène dans Time Square m’a évidemment fait penser à la série de Sam Esnail). Certaines de ces questions résonnent à nos oreilles en ces temps de terrorisme, d’écoutes et de surveillance massives, de privations de liberté et de tentations eugénistes : voulons nous Samaritain et le meilleur des mondes ? Voulons-nous même la Machine pour être plus en sécurité ? Ou bien voulons-nous prendre en main notre propre destin.

Je terminerai cette ultime critique en remerciant les lecteurs qui auront été fidèles, je n’aurais pas toujours été dans les temps mais je suis sûr que vous me comprenez, Person of Interest demandait parfois un certain temps pour en digérer la densité. En tout cas ce fut une magnifique série à regarder et à critiquer, tant elle m’a permis également de réfléchir plus en profondeur – parfois – aux questions qu’elle aura posées. Bon vent aux acteurs, bon vent aux lecteurs et vivement qu’une autre série nous fasse autant vibrer que ces cinq saisons de Person of Interest … mais attention, ce n’est pas gagné tant le niveau aura parfois atteint de véritables sommets.

Note de l'épisode 5x12

9/10

Note de l'épisode 5x13

10/10

Bilan

Deux épisodes pour mettre un terme aux agissements de Samaritain et clore la série en beauté.

7 Commentaires

  • Lexaa
    Le 27/06/2016 à 20h21

    Je suis tout émue en lisant ta critique ! Merci à toi d'abord, pour tes textes et tes réflexions au point ! En plus je suis d'accord avec tout ce que tu dis ici donc une fin en beauté pour moi ;)
    mais sérieusement, quelle série ! quels acteurs ! Ravie de revoir Amy Ackeur qui joue si bien la Machine, simple et dans l'émotion, les gestes qui comptent aussi... Contente que Shaw soit celle qui reprend le flambeau ! Tout crie au spin off tellement la fin est ouverte mais bon...
    Bref, à ta prochaine critique Fabien ! :)

  • tigers206
    Le 27/06/2016 à 20h50

    La fin d'une magnifique série malheureusement, avec des acteurs et actrices incroyables, des intrigues exemplaires et des questionnements tellement important et réfléchis tout au long de la série.
    Il faut souligner aussi la qualité de la réalisation, avec des scènes d'actions qui auront toujours été spectaculaire et savamment orchestré, des persos vraiment excellents (Elias était tellement bon).

    Un petit coup de cœur pour Amy Acker quand même, qui sera passé de "méchante" à la "Machine" si on peut dire, et qui aura toujours été parfaite dans son rôle (tout comme sa relation avec Finch).

    Merci pour cette dernière critique, c'était toujours un plaisir de pouvoir te lire chaque semaine (ou presque ^^) ! Toujours des critiques très bien écrites et construites !

    La fin est effectivement ouverte pour peut-être laissé place à une suite / spin-off, est-ce que ce sera le cas ? Nous verrons bien. En tout cas, n'oublions pas cette fantastique série (et cette Machine) pour continuer à la faire vivre à travers les fans pendant encore un long moment :)

  • makeal
    Le 28/06/2016 à 15h36

    La fin d'un énorme monument de la télévision à mes yeux. Je me sens vide depuis ce très beau final que nous offre la série... Coup double de réussir à fermer l'intrigue et de dire adieux à nos personnages que nous aimons.
    La fin est "ouverte" mais ça ne m’intéresse pas de continuer car il y a un risque de détruire l'héritage de cette série et surtout cette fin est parfaite comme ça. Une fin assez heureuse mais tout de même avec quelques nuances ce qui me plait bien perso.
    Un grand bravo à POI, une série intelligente, attachante, pas parfaite mais qui fait partie des granes série de notre époque.

  • PingouinBishop
    Le 29/06/2016 à 21h23

    Tout d'abord merci pour tes critiques Fabien qui ont accompagné le plaisir de suivre cette série épisodes après épisodes.

    La fin est à la lumière de la série : très réussie. J'ai aimé le fanatisme aveugle de Greer et la différence marquée qu'avaient les machines de traiter leur primary.

    J'ai aimé que l'on découvre que le quartier général de Samaritain (qui était jusque là montré mobile) était celui de la NSA (critique à peine voilée des pratiques de la nsa + Snowden!!). C'est pour moi la conclusion d'une sous intrigue sur laquelle on était pas revenu ici : la rencontre de l'avatar de Samaritain à la Maison blanche avec le président. Ils ont sûrement exigé de lui une présence légale au siège de la nsa, évitant ainsi d'avoir à l'infiltrer agent par agent et permettant de se cacher en pleine vue (traduction bancale de hiding in plain sight ;-) ).
    J'ai aimé que la machine mente à Harold et lui fasse croire qu'elle allait mourir pour le libérer de son fardeau et lui offrir un reste de vie normale avec l'amour de sa vie. En devançant Samaritain et en utilisant son plan B pour survivre elle a fait son premier choix en tant que conscience émanciper. Son créateur avait fait le choix de la sacrifier pour une cause plus grande et elle a décidé de survivre pour continuer son travail de sauvetage. C'est à la fois le signe ultime de la réussite de l'invention d'Harold et son premier acte émancipé est très poétique, relevant de la piété filiale.
    J'ai aimé la dimension ontologique de la série, les débats avec la machine dans les derniers épisodes, subtiles, qui rencontrent un écho très sonore avec notre époque (je viens d'acheter un nouvelle ordi et windows 10 avec son IA et ses cases qu'il faut décocher pour pas que toutes tes données partent à microsoft me terrifient WTFFFFFF). Bref bien sûr qu'on veut notre libre arbitre et qu'on nous demande notre avis. Et non j'ai pas besoin qu'un programme gère mon emploi du temps, non mais!! Mais je m'égare.

    J'ai aimé la performance d'Amy qui défonce Tara dans la subtilité qu'elle a eu à jouer les transformations de son être. (bad hacker, good hacker, la voie, la machine + sa vie de Jarod dans les dernières saisons). Finalement elle finit par devenir la machine (du good code) ce à quoi elle avait toujours aspiré, et finalement on peut dire que du point de vue de ses croyances, elle est montée au paradis (de la singularité certes).

    Bref j'ai aimé tellement de chose encore, Reese, Fusco et Shaw me manqueront pour leur humour pince sans rire, je me console en me disant que Nolan revient avec une nouvelle série d'anticipation sur HBO à la rentrée et ça s'annonce lourd (en plus il est associé à JJ yessss).

    Encore merci d'avoir offert une fenêtre pour partager cette aventure.
    (ps: moi aussi je finis ma thèse ah ah tu es pardonné)

  • Toff63
    Le 10/07/2016 à 14h44

    Excellent épisode 12 qui pose les bonnes questions au bon moment. Hormis Fusco qui est un peu en retrait, tous les personnages trouvent de quoi participer à ce dernier tour de piste intense, où l'humanité triomphe toujours de la machine pure.
    Toutes les petites parties "Et si" sont très convaincantes et me font dire que la série en a encore sous le pied et que cet épisode aurait pu (dû) ne pas être l'avant-dernier.
    La confrontation entre Greer et Harold est exceptionnelle à tous les niveaux. 10/10

  • Toff63
    Le 11/07/2016 à 14h21

    Je ne pouvais rêver mieux comme series finale que cet épisode magistrale de bout en bout.
    J'ajouterais à ta critique la musique magnifique qui baigne l'épisode, mais également les très beaux moments entre Harold et sa femme, alors que les 2 acteurs Michael Emerson et Carrie Preston sont mariés dans la vraie vie, il y avait quelque chose d'incroyablement émouvant entre ces deux-là.
    Côté scénario, comme d'habitude, on joue avec nos nerfs, avec les simulations, avec une narration puzzle pour mieux nous surprendre et nous émouvoir. J'ai pas mal pleuré devant cet épisode dont le début annonce un ton apocalyptique. Bizarrement, j'ai aussi beaucoup ri avec Fusco et Shaw, preuve que la série a toujours su montré la totalité de ce que représente l'espèce humaine et sa capacité à alterner les émotions.
    Enfin, que de questions encore dans cet épisode mais principalement, pour une série assez futuriste, Person of Interest aura sans cesse dépeint ce qu'est l'être humain, comment il se construit, comment il ressent, etc... et comme souvent ce sont les opposés qui font ressurgir ce que nous sommes: l'intervention des machines est là pour souligner la complexité de l'être humain.

    Brillant. 10/10

  • Sandrine
    Le 23/07/2016 à 20h01

    Très beau final. Moi aussi j'ai pleuré comme un bébé. Une belle fin, à l'image de la série. Triste de dire au revoir à ces merveilleux personnages et à cette écriture brillante. Mais au moins la serie est restée constante tout au long de ses cinq saisons (minus les épisodes stand-amine qui ont quand même été de plus en plus rares au fil des saisons).
    Hate de voir le prochain projet de Nolan sur HBO mais aussi des acteurs, particulièrement Michael Emerson, parce que entre LOST et PoI, ce gars à définitivement du flaire. :)

Ajouter un commentaire







 Spoiler 

Notez l'épisode 5x12

/10 - 0 votes

Vous avez vu cet épisode ?
Notez le !

  1. 0
  2. 1
  3. 2
  4. 3
  5. 4
  6. 5
  7. 6
  8. 7
  9. 8
  10. 9
  11. 10

29 votes

Notez l'épisode 5x13

/10 - 0 votes

Vous avez vu cet épisode ?
Notez le !

  1. 0
  2. 1
  3. 2
  4. 3
  5. 4
  6. 5
  7. 6
  8. 7
  9. 8
  10. 9
  11. 10

34 votes

Contenu relatif