Critiques

Seriesaddict.fr  par | 3

Sweet/Vicious - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2016 - MTV

Fiche technique : Créée en 2016 sur MTV, produite et écrite (principalement) par Jennifer Kaytin Robinson, cette série est l’histoire de deux jeunes femmes qui décident de se rebeller face aux nombre de violeurs impunis sur leur campus après une première rencontre musclée.

Avant de commencer ce bilan un petit mot sur la chaîne abritant ce petit bijou car cela a son importance. Personnellement j’étais une déçue de MTV après les fiascos de Faking It (2014), Finding Carter ou encore The Shannara Chronicles. MTV est une chaîne visant un public d’adolescents et de jeunes adultes par conséquent de nombreux sujets de société sont abordés dans les séries. Pour ne prendre qu’un exemple les scénaristes de Faking It ont écrits sur l’homosexualité, l’intégration… Donc quand le synopsis de Sweet/Vicious est sorti je n’ai pas été surprise car il s’agissait d’un thème certes assez tabou mais présent dans la jeune société américaine. Mais le point fort de Sweet/Vicious est son traitement en particulier quand on sait quel public regarde MTV.

Cette série aborde un thème complexe avec un réalisme et une sincérité assez déroutante. Je pensais que les scénaristes allaient jouer la carte de l’humour pour atténuer l’impact du sujet principal de la série. Effectivement le spectateur rit souvent, mais on peut facilement passer du rire aux larmes car ce traitement dont je parlais n’est pas seulement dans le scénario mais aussi dans la construction des personnages. Le pilote est un bon exemple car les situations cocasses s’enchaînent mais on peut sentir déjà certains non-dits plus pesants : la scène chantée dans la voiture d’Ophélia est intéressante car la chanson (Defying Gravity) en dit beaucoup sur les personnages notamment Jules. C’est drôle et en même temps il y a une véritable émotion due aux deux formidables actrices. Ce cocktail sera omniprésent car il faut le noter, il y a beaucoup d’humour dans cette série malgré les sujets difficiles.

Le scénario de Sweet/Vicious est à la base simple et parfois cliché. Pourtant ce choix de se concentrer sur les victimes est une grande force car il permet à différents types de personnages de se réunir. Je pense par exemple au duo Harris/Barton. Ensuite j’ai trouvé que tout au long de la saison les scénaristes avaient réussi à faire évoluer ce thème grave du viol en évitant les maladresses. Peut-être est-ce le fait que la série se construit avec précision : d’un côté Jules et de l’autre le reste des personnages qui gravitent autour d’elle. Je trouve que ce schéma fonctionne parfaitement car il permet un point de vue différent sur l’histoire de Jules en tant que victime. De ce fait, il n’y a pas de temps mort dans la saison car les scénaristes ont toujours l’occasion de faire avancer tel ou tel personnage même secondaire. Un autre point fort du scénario se trouve dans les messages destinés aux spectateurs. Alors bien sûr ils sont en particulier liés à l’importance du consentement. Mais on trouve aussi avec un personnage comme Kennedy des figures féminines fortes ou Harris le futur avocat issu d’une minorité. Des sujets tel que l’indépendance de la femme, le droit à la parole et la dépression sont aussi abordés.

Ce qui est impressionnant dans cette série est la sincérité de l’écriture (et des acteurs) que cela soit pour des thèmes principaux ou pas. Je m‘explique : si on prend par exemple l’arc d’Ophelia, on se retrouve avec un personnage basique, pour ne pas dire cliché mais qui ne cesse d’évoluer et surtout qui n’hésite pas à se regarder dans la glace. Il n’y a pas grands mystères avec lesquels le spectateur pleure d’ennui car en vérité il n’y a rien de mystérieux ! Au contraire, l’écriture de cet arc réside dans le fait qu’Ophélia reconnaît ses propres faiblesses et démons. Par conséquent, en tant que spectateur il est beaucoup plus simple de s’attacher au personnage car ses problèmes ont tendances à résonner avec les notre (problèmes avec les parents, dealer, l’échec scolaire…).

Un mot (paragraphe) quand même sur cet incroyable duo, personnages et actrices qui portent Sweet/Vicious à bout de bras, sans peine grâce à leur talent. Eliza Bennett (Jules) est une révélation pour moi de ce début d’année. Avec 10 épisodes, elle réussit à créer un personnage complexe et attachant sans tomber dans le too much ou le rôle de la pleurnicharde. Au contraire, sa prestation permet autant d’émotion quand Jules touche le fond que sur une simple réplique comme « Rats ! ». Personnellement je trouve qu’elle vole même la vedette à son amie Taylor Dearden qui a dû attendre la deuxième partie de saison pour sortir du coté clown de son personnage. Leur relation est plus basée à mon sens sur le parallèle que la complémentarité. On est loin du Ying/Yang mais cela fonctionne car ces deux personnalités opposées offrent de très belles scènes d’amitié. C’est l’un des thèmes principaux de la série et le duo Ophélia/Julia est intéressant car il trouve son originalité dans le fait que chacun des personnages a son point d’encrage à l’extérieur du cercle. Je m’explique : Jules et Ophélia ont déjà deux meilleurs amis tous deux essentiels à leur évolution. Pour faire un parallèle il ne s’agit pas d’une dynamique basée uniquement sur un duo comme Faking It mais de différentes relations. Bien sur le ship vole déjà de ses propres ailes (surtout qu’Ophélia est bisexuelle) mais j’ai trouvé original ce lien entre ces quatre personnages.

Pour finir un petit mot sur la réalisation et les défauts de cette première saison : ce qu’il faut préciser sur cette série est qu’il y a de l’action ! Bon alors oui pas énormément mais j’ai été agréablement surprise par la qualité des combats. Les chorégraphies sont assez réalistes (les héroïnes se prennent quelques baffes aussi) ce qui permet d’ajouter une nouvelle carte dans la manche des scénaristes. Le combat entre Jules/Ophélia et un groupe de garçon dans le final est le mieux réalisé pour moi. A l’image de cette scène il faut noter aussi la bande son très sympa de la série : parfois un peu décalée ou ringarde, elle s’associe parfaitement aux situations diverses tout au long de la saison.
De manière surprenante les défauts principaux de la saison sont apparus sur les deux derniers épisodes de la saison : il y a d’abord l’image des agents de police qui tombe dans le cliché d’une police bête et superficielle souvent dépeinte dans les séries pour adolescents. Ensuite il y a le procès de Jules qui se déroule de manière illogique : pourquoi ne pas avoir fait mention du kit post-viol ? Des défauts grossiers et mal venus dans les derniers épisodes mais on peut facilement pardonner face à la qualité du reste de la série.

PS : Je vise le 8.5 pour l’ensemble de la saison.

9/10

Bilan

Une pépite a vu le jour sur MTV ! Cette série n’est pas seulement bonne elle est aussi importante car elle aborde des sujets graves de manière réaliste et sincère. En espérant une saison 2…

3 Commentaires

  • Sakura
    Le 21/02/2017 à 23h39

    Que dire de plus vous avez tout dit ! Juste merci pour cette analyse qui est pour ma part très complète. Vous avez su résume toutes mes pensées a propos cette série.
    P.s : perso j'aurais mis 9 juste parce que l’émotion est tel que l'on a envie de rire et pleuré a la fois et pas toutes les séries n'arrivent a faire cela ;)

  • ceceoug
    Le 26/03/2017 à 16h13

    Hey!! Ton bilan est parfait et je trouve aussi la série superbe. Mai est ce que il va y avoir une deuxième saison?

  • Amelie
    Le 27/03/2017 à 09h44

    @ceceoug : MTV ne s'est pas encore prononcé, donc on ne sait pas ! On fera une news dès que la décision aura été prise.

Ajouter un commentaire







 Spoiler