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Homeland - 6x1 : Fair Game, 6x2 : The Man in the Basement

Résumé

Alors que la nouvelle présidente américaine vient d’être élue et doit déjà faire face à l'emprise de la CIA, Carrie est à la tête d'une association de défense des musulmans accusés injustement. Pendant ce temps, Quinn se remet difficilement de son empoisonnement;

6x1 : Fair Game, 6x2 : The Man in the Basement © 2017 - Showtime

Avec un peu de retard, je reprends la plume pour traiter de cette nouvelle saison d’Homeland.

Comme souvent depuis finalement la fin de la saison 3 et la mort de Brody, la série de Showtime relance la machine : le Pakistan en saison 4, l’Allemagne en saison 5 et nous voici à New York pour cette saison 6. Pour poser quelque peu les bases de cette saison, il faut dire que les créateurs de la série ont, comme chaque saison mais peut-être encore plus fortement ici, tenté de coller à la réalité. La saison se déroule en effet pendant la période de transition avant l’installation d’une nouvelle administration présidentielle à la Maison Blanche. L’idée est intéressante et riche en potentialités dramatiques : on avait vu 24 dans sa première saison opter pour une situation similaire. Le seul problème, qui a déjà été pointé maintes fois depuis le début de la saison, est que la réalité a dépassé la fiction : car dans notre monde, c’est bien à un président et non à une présidente que nous avons affaire, et cela donne à ces épisodes une teinte toute particulière, surtout lorsqu’on entend à la radio les éructations d’un hommes parlant de globalisation et de patriotisme et nous rappelant furieusement un certain milliardaire. Comme si Homeland, en voulant présenter ce qui aurait dû, nous donne à voir ce qui aurait pu être.

Mais aussi proche de la réalité qu’elle se veuille, Homeland n’en reste pas moins une œuvre de fiction et doit être approchée comme telle, et notamment à travers les intrigues qu’elle nous offre dans ces deux premiers épisodes. Il y en a trois principales, qui ne manqueront pas de se recouper dans le cours de la saison.

Je commencerais par la partie Quinn, car elle découle directement de la saison précédente, mais aussi car elle est pour moi, et pour l’instant, la plus discutable. Je suis assez content de voir Homeland changer de lieux depuis la saison 3, cela a donné du très bon pour la 4 et du moins bon pour la 5, mais cela est toujours rafraîchissant. C’est le cas pour New York cette année, avec notamment un générique que je trouve particulièrement soigné. Mais alors que je peux comprendre qu’ils ne peuvent pas se passer de Carrie, j’ai vraiment du mal à trouver une raison à la survie de Quinn. Je n’aime pas ce qu’ils ont fait du personnage. Il était ce qui se rapprochait le plus de l’image de l’homme d’action, nécessaire à certaines intrigues des saisons précédentes, mais peut-être pas si nécessaire que ça à des fils rouges qui s’orientent plutôt sur le terrain politique et social. Et même si Rupert Friend joue particulièrement bien l’état de déliquescence dans lequel se trouve son personnage, j’aurais aimé voir l’arrivée d’un nouveau personnage, plutôt que la transformation qui me semble factice de Quinn. Peut-être que la suite de la saison me donnera tort (ils vont sans doute lui trouver une utilité), mais Homeland est une série politique / d’espionnage, et je ne la trouve pas assez bien écrite pour aller chercher ce qui ferait l’intérêt d’un tel personnage brisé, c’est-à-dire précisément cette cassure qui s’est opérée en lui.

Pour les deux intrigues plus globales, nous sommes à la fois sur le terrain social et le terrain politique. Comme je le disais, Homeland colle le plus possible à la réalité et l’intrigue de Seku est là pour nous le montrer, peut-être un peu trop d’ailleurs. Un jeune homme afro-américain, originaire du Nigeria, est arrêté après avoir diffusé des vidéos sur internet pour lesquelles il est accusé de faire l’apologie du terrorisme : internet, liberté d’expression, une once de conspirationnisme et des accusations de terrorisme, Homeland choisit d’orienter une partie de son intrigue non pas sur un terroriste mais sur un jeune homme accusé de terrorisme – à tort ou non, l’avenir nous le dira. Plutôt que de s’embarquer dans une énième traque, la série veut nous plonger dans le système judiciaire américain, dans ses injustices, ses contradictions et ses explications. On sent bien poindre l’influence d’HBO, de Making a Murderer et surtout de The Night Of. Le problème est que Homeland n’accordera pas tout son temps d’antenne à cette partie de l’histoire (pour l’instant rien par exemple sur le ressenti de Seku, qu’on ne voit que lorsqu’il est avec Carrie et son avocat) et qu’elle a déjà glissé vers une forme de conspiration du FBI, qui vient diluer les problématiques sociales de cette partie de l’histoire et les questions intéressantes qu’elle pourrait poser.

Enfin nous en venons à la partie politique, qui là encore s’approche de la réalité, sauf en ce qui concerne le sexe et la personnalité du Commander in Chief. Pas de Donald Trump, mais une femme (Elizabeth Marvel qui quitte House of Cards (2013) pour devenir présidente dans Homeland), qui n’est pas non plus Hillary Clinton mais reste une candidate « de gauche », élue sur une programme reposant sur la fin de l’opacité créée par les services secrets américains. Cela met évidemment Dar Adal et Saul au premier plan et en porta faux vis-à-vis de la nouvelle dirigeante. Mais les agendas des deux hommes ne concordent pas, et on sent que Dar Adal a un objectif caché qu’il partage avec certains membres du commandement américain (on sait déjà que Robert Knepper jouera un rôle important) et que Saul, lui, n’a pas. On retombe alors dans du Homeland qui a un goût de déjà vu, mais qui, s’il est bien mené, peut entraîner des moments à la fois complexes et efficaces. A la fin de l’épisode 2, on apprend que Carrie conseille, via la connaissance d’Otto During, la future présidente, que Dar Adal le sait, mais qu’il n’entend pas le révéler à Saul, préférant envoyer son ami (?) sur le terrain, à ses risques et périls. Le mystère s’épaissit déjà, même si cela est fait avec des gros sabots.

Homeland est donc un peu les fesses entre deux chaises. L’envie de changement se marque par un nouveau décor, une nouvelle fonction pour Carrie, plus influente, à la fois plus proche du pouvoir et de la rue, par une intrigue plus sociale et par un Quinn dont on ne sait pas ce qu’il va advenir. Mais le cœur de la série reste le même si bien qu’on a du mal à être surpris par ce qu’il se passe. Ce début de saison 7 confirme que malgré des mini-reboot, Homeland peine tout de même à se réinventer, même si cela ne nous empêchera peut-être pas de passer de bons moments devant notre écran pendant les dix prochaines semaines.

Note de l'épisode 6x1

6/10

Note de l'épisode 6x2

7/10

Bilan

Deux épisodes d’introduction, qui posent les bases de la saison et reconnectent les personnages entre eux. Difficile toutefois de dire si on penche plus vers « du neuf avec du vieux » ou vers « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ».

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