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Seriesaddict.fr  par | 1

Fear The Walking Dead - 3x7 : The Unveiling, 3x8 : Children of Wrath

Résumé

Les tensions entre le ranch et la réserve Black Hat s’intensifient. Alors que l’affrontement est inévitable, un fantôme du passé resurgit et joue un rôle décisif.

3x7 : The Unveiling, 3x8 : Children of Wrath © AMC - 2017

Attention : vous devez avoir vu les épisodes avant de lire cette critique.

Alors que les tensions de la guerre froide entre les communautés de Walker et de Jeremiah s’intensifient, on en apprend un peu plus sur les origines du conflit. Dans une espèce de pot-pourri, la série peine à réellement tisser un background solide entre guerre de territoire datant de 200 ans, racisme, croyances, vengeance et égos personnels. Manque un liant à toutes ces composantes pourtant intéressantes mais qui sans flashbacks ou illustrations concrètes, s’arrêtent à la simple allusion de ce douloureux passé. Clairement, Fear The Walking Dead rate une occasion unique, en cette première partie de saison, de donner de la consistance à ses personnages et à son intrigue.

On en découvre un peu plus sur la réserve Black Hat et son leader Qaletqa Walker qui constitue un ennemi sérieux et charismatique. Sa rencontre avec Alicia est l’occasion pour la jeune femme de prouver qu’elle est désormais une jeune adulte. Le retour habile de l’hélicoptère, symbole fort pour les Clark, offre un échange rapide mais profond.

C’est l’occasion également d’assister au retour d’un fantôme du passé : Ofélia. Abandonnée par le raciste Jeremiah en plein désert, elle est recueillie par Walker. Son retour tombe comme un cheveu sur la soupe mais son utilisation est intelligente. Alors qu’elle a rencontré les deux leaders, elle prend cause pour son sauveur et participe à la revanche contre l’ennemi. J’ai un peu de mal avec Mercedes Mason, plutôt lisse, qui souffre du manque d’écriture évident de son personnage : depuis la saison dernière, elle a été propulsée en mercenaire déterminée alors qu’on l’avait quittée comme fille ultra-protégée un peu faible.

Aidée de Troy, Madison dynamite les espoirs de paix négociés par Jake. Le duo décide d’exfiltrer Alicia de la réserve, alors que celle-ci est restée en gage de bonne intention. Vite repérés, le commando du ranch vient de mettre le feu aux poudres. Au milieu de tout ça, on apprécie que nos héros se trouvent du mauvais côté pour une fois. Madison, aveuglée par sa vengeance personnelle, ne réalise pas encore les conséquences de ses actes. Kim Dickens, contrairement à la semaine dernière, tient mieux ce rôle.

C’est ici qu’intervient Ofélia. Se faisant passer pour rejetée de la réserve, elle profite de son accueil au camp pour empoisonner ses habitants à l’anthrax. Succombant à l’empoisonnement, les gens se transforment peu à peu et se mettent à attaquer les vivants. Suit une panique à la mise en scène maîtrisée qui offre enfin quelque chose à se mettre sous la dent ! Un des meilleurs passages de la série, sombre et plein de terreur, n’est malheureusement pas plus exploité dans la deuxième partie. Children Of Wrath préfère introduire avec un flashback du sort d’Ofelia, certes magnifique à l’écran, qui tranche complètement avec la fin de The Unveiling.

On revient rapidement au ranch qui se remet difficilement de sa nuit. Encore une fois, la série rate une occasion d’exploiter cet événement qui pèse à l’écran et fait tout l’intérêt du show qui semble oublier la « Terreur » qui compose son nom.

Lui aussi touché, Nick s’en sort miraculeusement grâce à son jeune âge. Ultra-prévisible, on se serait bien passé de cette fausse mort potentielle. Même critique pour le personnage de Madison dont on précise qu’elle survit uniquement parce qu’elle a du courage et qu’elle est forte. Un peu plus loin, elle raconte avoir du tuer son père qui souffrait d’alcoolisme. Le passage aura le mérite de mieux caractériser le personnage mais rate complètement sa réelle vocation d’apporter une justification à l’assassinat de Jeremiah Otto.

Face au leader, qui est passé en quelques épisodes de messi survivaliste à leader alcoolo, la mère de famille n’est pas très convaincante. Children Of Wrath conclu enfin la pénible accession de Madison au trône. Pénible autant pour nous téléspectateurs que pour le personnage qui a retourné sa veste et ses principes. Dans la nuit, le camp semble tout ignorer de la disparation de son fondateur, alors que les Clark surplombent le ranch l’air satisfait.

J’ai trouvé que la mort de Jeremiah était un gâchis. Subite et mal exploitée elle introduit une paix relative qui vient couper l’herbe sous le pied du peu de tension et d’action qu’on a pu avoir l’épisode précédent. L’unique intérêt de ce passage reste Nick, dont la relation cordiale avec le leader venait soudainement de se dégrader, le jeune homme prenant position pour l’ennemi. Loi du fusil de Tchekov oblige, l’arme offerte par Jeremiah plus tôt dans la saison sert à se retourner contre lui.

Au milieu de cette épaisse intrigue principale, on retrouve Strand qui, comme à l’accoutumée, semble renaître de ses cendres. Abigaïl, son fameux yacht, fait un retour anecdotique qui permet néanmoins une découverte insolite. A la radio, Strand entre en contact avec un cosmonaute russe à bord d’une capsule Soyouz en orbite autour de la Terre. Probable clin d’œil inversé au film Gravity, ce court passage est pourtant profond : là-haut, le cosmonaute parle de sa mort inévitable dans sa tombe spatiale. Témoin privilégié de l’apocalypse, il donne une des rares confirmation que le monde entier est concerné après avoir assisté à l’extinction progressive de la lumière artificielle à travers le globe. La conversation n’aura duré que le temps du passage de la capsule au dessus du Mexique. Encore une fois, la série n’exploite pas du tout le potentiell de cette scène en la jetant, à tort, au milieu de l’action de ce double-épisode au lieu de lui donner plus de consistance en étant mieux placée.

La toute fin de The Unveiling aurait fait un cliffhanger parfait pour clore cette saison mais Children Of Wrath déçoit et offre une ultime scène frustrante. Alors qu’on nous préparait à la guerre, la série se tire une balle dans le pied et choisit de faire retomber le soufflet. Ce choix est caractéristique d’une problématique récurrente puisque Fear The Walking Dead peine fortement à tenir un rythme et une tension stable. L’ascenseur émotionnel est régulièrement malmené entre très bons pics et creux faibles voire lourdingues. Seule la bande originale se détache, proposant des ambiances musicales adéquates tant dans l’action que dans les moments les plus calmes.

Clairement, le format two-parter était dispensable et ne doit pas devenir une habitude. Un mid-season finale rallongé aurait largement suffit. Si The Unveiling tire son épingle du jeu, Children Of Wrath est en deçà des espérances et ne donne que peu d’écho au season premiere qui rebattait les cartes du jeu.

J’en profite pour glisser quelques mots sur cette première partie de saison. Les quatre premiers épisodes étaient clairement bons et initiaient un renouveau visuel et scénaristique nécessaire pour la série. L’espace géographique étendu aux décors naturels extérieurs donnait une bouffée d’air frais bienvenue. Malheureusement, la suite s’est embourbée et a vite retrouvé les torts du passé, s’isolant au ranch et pâtissant d’un casting pas toujours à la hauteur.

Au final, avec un très bon début et une fin moyenne, cette première partie de saison affiche un bilan positif et nourrit la lueur d’espoir d’une seconde partie qualitative et soutenue. La nouvelle équipe qui s’est activée derrière la caméra et à l’écriture devra s’efforcer de maintenir son audace créative et de faire émerger de vrais personnages ainsi que des intrigues cohérentes et équilibrées.

Note de l'épisode 3x7

6/10

Note de l'épisode 3x8

4/10

Bilan

Mid-season finale moyen voire faible qui ne parvient pas à maintenir une quelconque tension au delà des gros moments d’action. Le potentiel pourtant présent n’est que rarement exploité. Décevant.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 19/07/2017 à 11h42

    Ennui, intrigue pourrie entre le ranch et les indiens (aucune nuance, aucun vrai développement du pourquoi de cette rivalité basique entre Otto et Walker), cold-open risible (qui n'a pas deviné que c'était Alicia, franchement???), des personnages qui servent à rien (Otto, Nick, Madison), la réapparition magique d'Ofelia et quelques scènes décevantes, comme le "sauvetage" terne et expéditif d'Alicia, cet épisode 7 ne brille pas.
    Qu'y a t-il à sauver dans tout cela??? Alicia, sans aucun doute. Ses répliques face à Walker sont bonnes et le passage avec l'hélico est intense. Pour le reste, l'issue de l'épisode installe un peu de tension, mais la trahison d'Ofelia se sentait venir à des kilomètres, tant l'excuse de son tabassage par Walker était ridicule. Le point positif, c'est que Madison s'est faite berner sur toute la ligne.

    Au final, cet épisode 7 est une nouvelle déception tant le scénario ne fait pas grand-chose de son sujet et ne valorise guère ses personnages (sauf Alicia). Ça bavasse beaucoup pour rien et l'action et la tension sont trop rares (hormis la scène finale). 4.5/10

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Note de la série :
7.6/10