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American Horror Story - 7x5 : Holes

Résumé

Le culte désormais en place, ses membres entreprennent d'effrayer la ville du Michigan où ils briguent une place au conseil municipal. De son côté, Ally fait face à la solitude depuis qu'Ivy a quitté la demeure conjugale avec leur fils. Tout est en place pour que la terreur s'intensifie !

7x5 : Holes © FX - 2017

Un ouf de soulagement succède au visionnage de ce cinquième épisode. L’épisode de la semaine dernière n’était pas un dernier sursaut avant le déclin qualitatif de la série. Désormais bien en place, l’intrigue de cette septième saison se densifie en développant quelques-uns de ses personnages secondaires. Si l’intelligence du quatrième épisode est désormais remplacée par une violence malsaine, l’on ne peut qu’apprécier le retour aux affaires d'une série qu'on croyait perdue. Le culte terrorise la bourgade américaine, et les tensions se démultiplient, alors qu’Ally montre enfin qu’elle peut réagir autrement que par des pleurs à ses angoisses quotidiennes. L’heure de la passivité serait-elle révolue ?

Cette semaine, nous suivons donc le développement chaotique du culte mené par Kai avec des représentants de minorités bafouées, de même que nous retrouvons le personnage d'Ally, qui doit faire face à une solitude effrayante. Ainsi, l'épisode oscille entre le très bon et le moins bon au fil des séquences. La rapidité de l'épisode (quarante minutes contre cinquante la semaine dernière) n'aide pas à la constitution d'un épisode très profond. La force de l'épisode, qui est aussi sa faiblesse à mes yeux, n'est autre que sa violence. Il en faut beaucoup pour me faire détourner le regard de l'écran, mais je dois avouer que la scène des clous m’a retourné. Elle tient son efficacité des tortures psychologiques qu’elle fait endurer à Ivy mais également à la pauvre victime contrainte de subir des violences physiques sans pouvoir se défendre. La scène est aussi longue qu'intense, mais retranscrit avec brio le titre du show. Nous sommes face à une histoire d'horreur américaine, nous ne pouvons plus en douter (et nous ne pouvons qu'espérer que la civilisation dépeinte par les scénaristes ne restera qu'une dystopie effrayante...)

Mais la partie la plus intéressante de cet épisode est assurément le retour en arrière sur l’adolescence compliquée de Kai. Contraint de vivre avec un père violent et une mère passive, il subit au quotidien les affronts de son paternel. Si ce flash-back permet un twist peu inspiré (le psy d’Ally se révèle être le frère de Kai) parce qu’on avait déjà bien compris que le médecin d'Ally n’était pas net, il met en scène une macabre idée lorsque les parents du jeune homme se tuent. La « chambre » des horreurs qui en découle s’inscrit dans la pure tradition du show de Murphy et Falchuk. Par ailleurs, l'homme aux cheveux bleus se complexifie, en n'étant plus seulement un maître de culte sans limites, mais surtout un être blessé par une enfance tourmentée : si l'originalité n'est pas vraiment au rendez-vous, l'intention est louable d'humaniser le monstre.

La dernière scène de l’épisode nous laisse également penser que Beverly, la journaliste interprétée avec délice par Adina Porter, pourrait avoir la main mise sur le culte. En se positionnant derrière celui qu’elle idolâtrait quelques minutes auparavant pour le réconforter, elle s’impose en meneuse machiavélique - Kai lui avoue d’ailleurs qu’elle est la seule à avoir le cran demandé par les atrocités de leur entreprise anarchique. Reste à savoir si la série nous offre là une piste narrative qui sera rapidement abandonnée, où si elle s'apprête à creuser le personnage de cette journaliste enragée. Après tout, l'horreur de notre monde se construit aussi par le biais d'êtres enragés convaincus par les valeurs qu'ils défendent corps et âme, l'actualité nous le prouve malheureusement trop souvent...

Finalement, l’épisode perd surtout en intérêt lorsqu’il s’intéresse au personnage joué par Sarah Paulson. Trop répétitives, les séquences qui lui sont consacrées permettent d’espérer une amélioration de sa part mais en l’état, l’incohérence lui demeure associée. Elle continue à prendre des décisions idiotes (en allant chez ses voisins qu'elle croit être, à juste titre, des participants au culte des clowns) et geint encore à chaque apparition. De même, le scénario use de ressorts narratifs trop faciles pour faire avancer l'intrigue – à l'image de la ligne de dialogue du personnage de Leslie Grossman en cours d'épisode qui permet à Ally de comprendre que sa femme n'est pas si innocente qu'il n'y paraît. Tout en bâtissant un propos à l'intelligence concrète, American Horror Story s'entache d'éléments juste satisfaisants. Là où la série pourrait exceller, elle ne fait qu'intéresser.
Ce cinquième épisode de l'anthologie confirme nos bonnes impressions au sujet de cette saison, même si certains éléments de l'intrigue manquent encore d'intérêt. L'horreur est terriblement présente, et les personnages fomentent de noirs desseins. Cette saison nous propose un fond passionnant parce qu'il reflète notre société, mais elle menace toujours de s'enliser dans des fils narratifs peu surprenants. Nous sommes en droit d'attendre plus de surprises après tant d'années de fidélité !

7/10

Bilan

Probablement l'un des épisodes les plus insoutenables de la série, avec son lot de twists et de scènes gores. Si l’intelligence du parallèle avec les élections se fait moins présente, le propos reste toujours aussi cohérent (fait rare pour le show).

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Note de la série :
9/10