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American Horror Story - 7x10 : Charles (Manson) in Charge

Résumé

L’étau se resserre autour des partisans du culte de Kai alors que ses premières intentions anarchiques refont surface. Dans l'ombre, Ally continue à préparer une vengeance mûrement réfléchie.

7x10 : Charles (Manson) in Charge © FX - 2017

Entre l’intelligence et l’approximation narrative, le show a fait son choix. La saison qui, hier encore, nous promettait monts et merveilles sur le plan satirique n’est désormais plus qu’une intrigue cousue de fil blanc qui s’enlise dans d’innombrables récits de culte aux liens métaphoriques trop appuyés (par l'utilisation de mêmes acteurs dans la peau de divers personnages). Le « culte » proposé par l’équipe créative n’aura été qu’un pétard mouillé faussement inspiré du jeu politique américain. Même les clowns, mis en avant par la promotion, se sont révélés être de simples outils promotionnels peu employés par la narration, juste bons à surfer sur la vague du film "Ça".

Ce nouvel épisode essaye donc de revenir aux origines de l’entreprise chaotique de Kai. Inspiré par une psy tordue (extraordinaire Frances Conroy) dans une scène pré-générique intense, le gourou aux cheveux bleus s’investit pour une lutte féministe (ou du moins le promet-il avant de se raviser pour hisser la virilité au rang d’étendard). Passée cette bonne introduction, l’épisode nous offre un remake dispensable de l’épisode précédent. Les doutes s’immiscent au sein du culte, des têtes continuent de tomber sans grande cohérence (peut-on parler de l’incompréhensible Winters ?) et le personnage de Sarah Paulson reste en retrait, alors même qu’il tire les ficelles. Les masques sont tombés depuis plusieurs épisodes, mais les personnages continuent à agir comme si rien n'avait changé.

En ce sens, le cas de Kai est intéressant : froidement raisonné dans les premiers épisodes, il est désormais hanté par des angoisses exacerbées par son ancienne victime, Ally, sans qu’il ne s’en rende compte. Le renversement de la domination n’est pas une mauvaise idée mais il en résulte un cabotinage forcené d’Evan Peters qui incarne, une cinquième fois, un être historique dans un flashback dispensable dans la peau de Charles Manson. Plus les flashbacks s’accumulent d’épisodes en épisodes moins ils parviennent à convaincre. Et si le procédé d’utiliser les mêmes acteurs de saisons en saisons malgré les intrigues différentes ne cesse d’être loué, difficile d’apprécier la sur-utilisation de certains acteurs au sein d'un seul épisode. Même si Sarah Paulson s’éclate dans la peau d’une meurtrière sadique et que l’on retrouve furtivement Leslie Grossman, l’on ne peut pas dire que la qualité d’écriture se soit invitée à la fête sanglante de Manson. Ce constat est d'autant plus dommageable que les liens entre ce flashback et ce qui se passe dans la ville principale de l'intrigue de la saison est bien trop fin pour s'avérer intelligent.

On regrette aussi l'utilisation moindre de Frances Conroy qui n’aura probablement jamais un rôle à sa mesure dans le show. Trop souvent réduite à des personnages magnifiquement enragés, elle sort une fois encore par la petite porte cette saison, alors qu'elle aurait pu enflammer le propos de la saison en devenant une antagoniste de taille dans le dernier épisode. Depuis le huitième épisode, les scénaristes ne cessent de faire de mauvais choix en éjectant la plupart des personnages intéressants de l'intrigue : n'aurait-il pas été plus intéressant d'assister à la révolte féminine tant vantée ? En l'état, nous ne pourrons compter que sur Ally et Beverly (qui n'est plus que l'ombre d'elle-même, et quel dommage de voir Adina Porter réduite à ce rôle amoindri). En résulte un épisode teinté d'ennui, alors que le gourou du culte doute de tout le monde.

En somme, un dixième épisode décevant qui accumule les faux pas, en se débarrassant de personnages forts pour entretenir les plus inintéressants. Kai se morfond dans son propre culte alors qu’Ally s’apprête à se venger trop facilement. Quand est-ce que les scénaristes se décideront à nous resservir une intrigue bien ficelée dans le show ? À défaut d’être cohérente et passionnante, elle aurait pu se montrer forte de sens. Le season final n’y pourra certainement rien : cette septième saison d’American Horror Story aura été aussi décevante que la précédente (qui s’essoufflait aussi avant de franchir la ligne d’arrivée).

5/10

Bilan

Un potentiel gâché par d’énièmes répétitions dispensables et un propos bien trop léger. L’antipathie du personnage principal empêche toute implication émotionnelle, alors que les autres personnages disparaissent les uns après les autres.

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Note de la série :
9/10