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The Night Of - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © HBO - 2017

Attention : vous devez avoir vu la saison avant de lire cette critique.

A l’occasion de la diffusion de The Night Of par Canal+, retour sur cette mini-série de haut vol qui aura marqué l’été 2016 de HBO en nous embarquant dans les rouages souvent sordides du système judiciaire américain.

Genèse du projet

À la rentrée 2012, la chaîne à péage commande un pilot pour une adaptation de la série britannique Criminal Justice, créée par Peter Moffat, avec un certain James Gandolfini en tête d’affiche. En 2013, le premier jet est refusé par la chaîne qui changera d’avis trois mois plus tard après le décès brutal du héros de The Sopranos très impliqué dans la production du projet.

Celui-ci voit le jour à l’été 2016 sous la forme d’une mini-série de huit épisodes qui prend le nom de The Night Of. En coulisses, on retrouve deux professionnels de renom. Le premier, Richard Price, romancier et scénariste à qui l’on doit l’adaptation La Couleur de l’Argent pour Martin Scorsese. Le second, Steven Zaillian, réalisateur et scénariste qui a signé des classiques d’Hollywood pour les plus grands réalisateurs avec des titres comme La Liste de Schindler, Mission Impossible, Gangs of New-York ou encore le prochain Scorsese The Irishman. Deux pointures donc, qui se sont partagé l’écriture et la réalisation de la mini-série dans laquelle ils ont insufflé tout leur talent.

Un pilot d’exception

Dès ses premières minutes, la série s’affaire à tisser avec minutie une toile de fond pour son intrigue. Octobre 2014, quartier du Queens à New-York City. Nasir Khan est un jeune étudiant discret issu d’une famille musulmane d’origine pakistanaise. Il a reçu une bonne éducation et s’investit totalement dans ses études d’économie. Alors que ce n’est pas dans ses habitudes, il décide de se rendre à une soirée organisée par d’autres étudiants en dérobant le taxi de son père. En chemin, une jeune fille monte dans le taxi et Nasir décide de ne pas l’expulser. Les deux jeunes adultes sympathisent et finissent par aller chez la jeune fille. Drogues, alcool et sexe sont au programme d’une nuit qui se terminera sur une note morbide. Quelques heures plus tard, alors que Nasir se réveille d’un blackout total, il découvre le corps d’Andrea (Sofia Black d’Elia) sauvagement poignardé. Pris de panique, il se sauve, commettant un enchaînement de maladresses qui lui seront fatales.

Rien ne sera laissé au hasard, la moindre parole, le moindre geste et la moindre image seront exploités plus tard dans la saison. The Beach se démarque par une construction pointilleuse et maîtrisée pour une entrée en matière immersive où Steven Zaillian exploite avec brio le scénario de son acolyte. Sans être lourde, cette nuit où tout commence frappe par sa noirceur, de l’obscurité des rues de la ville aux cellules crasseuses du commissariat. The Night Of gardera cette image presque désaturée et sans couleurs vives pour toute sa saison. Son générique nous mettait déjà en garde : mélange de celui de True Detective et de Daredevil, il nous plonge immédiatement dans cette affaire brumeuse où toute la lumière reste à faire. Jeff Russo (Legion, Fargo, Star Trek: Discovery) signe un thème aussi sombre qu’intriguant. Le compositeur offre à The Night Of une bande originale, elle aussi recherchée, d’une pertinence remarquable.

On ne ressort pas indemne de cette heure et demie qui aurait toute sa place sur le grand écran. On ne peut que ressentir de l’empathie pour ce jeune homme sur qui le ciel semble tomber sur la tête. C’est d’autant plus le cas quand la série offre déjà un aperçu du racisme et des violences policières ordinaires de la société américaine. La suite s’impose naturellement, signe que ce pilot d’exception remplit haut la main son objectif.

Industrialisation et instrumentalisation de la justice

Tout accuse le jeune Nasir Khan et son dossier ne doit pas faire long feu sur le bureau du procureur. Procédure expéditive et jugement quasi-administratif semblent enterrer l’affaire et le sort de l’accusé alors même que l’enquête est parsemée de zones d’ombres. Contre toute attente, le passage par un procès s’impose de plus en plus, ce qui implique que l’affaire soit rendue publique. Dans l’Amérique post-11 Septembre prise de paranoïa, être un accusé musulman suffit à l’opinion publique pour vous condamner. Un parfum nauséabond de xénophobie se propage quand les représentants de l’état et le juge font un raccourci aussi gratuit que glaçant en évoquant une éventualité terroriste.

La série prend alors un tournant purement procedural dès son troisième épisode A Dark Crate. Les cartons de l’enquête se ferment déjà et les vieux rouages de la justice se mettent en route. Sans se manquer une seule fois, The Night Of parvient à nous emmener avec elle sur le fil du rasoir. On pourrait être n’importe quel juré sélectionné au hasard. Devant notre écran, la frustration gagne du terrain. Pire, avoir assisté avec détail à ce fameux soir brouille davantage notre discernement : tout au long des huit épisodes, Nasir Khan sera aussi innocent que coupable à nos yeux.

Insidieusement, une certaine réalité vient nous frapper. Le procès n’a pas pour but de soulever les zones d’ombres mais simplement de trouver un fautif. Nasir est poussé à plaider coupable, pour éviter une longue procédure et épargner à ses parents des frais au delà de leurs moyens. La justice pour tous ? Pas pour les gens modestes. Si l’image de l’institution est déjà bien dégradée, la seconde partie de saison l’achève : la course à la vérité a depuis longtemps laissé sa place à la course à une peine la plus minimale possible pour la défense de l’accusé.

Tout au long du procès, Nasir se voit déposséder de sa propre image. Les médias sensationnels imposent leur propre justice et exhibent le jeune homme comme coupable aux yeux de tous avant même une quelconque décision judiciaire. La présomption d’innocence ne semble être un concept valable uniquement sur le papier. La réalité est toute autre : une mauvaise couleur de chemise, un sourire, une expression sévère ou même un filet de doute dans l’oral de votre avocat peut déjà vous condamner.

Dès le tout début de son intrigue, The Night Of instaure une loi du silence dont les effets pervers participent à la lente descente aux enfers du personnage principal. Son intimité est jetée dans l’arène et sa vie sentimentale et professionnelle décortiquées aux yeux de tous. Dans son passé, le moindre événement fait l’objet de raccourcis vicieux pour plomber sa défense. Alors que Manhattan est frappée de plein fouet par les attentats de 2001, sa rébellion contre la violente xénophobie dont il est victime à l’école prouverait qu’il est un homme violent. Impassibles, les jurés enchaînement les flots de détails intimes et d’accusations violentes. Les images du cadavre sont exhibées sans gêne face à cette dizaine de citoyens lambda de tous horizons obligés de statuer.

Faire la lumière

Loin des flashs des appareils photos et de l’ambiance pesante de l’audience, certains s’activent à finalement faire la lumière sur les zones d’ombres et les évidences de l’enquête. Tout d’abord la défense de l’accusé s’affaire à retrouver des témoins et tirer des ficelles obscures. Et John Stone ne lésine pas sur les moyens : il engage un célèbre criminaliste pour repasser la scène de crime au peigne fin. Une tentative coûteuse qui souligne de nouveau l’inégalité de chacun face à un droit supposé égal pour tous.

Le procureur Weiss, qui représente le ministère public, va quant à elle maquiller la réalité. Une manœuvre déconcertante tant elle est mise en œuvre avec autant de facilité : pour faire pencher le dossier dans son intérêt, elle demande la partialité à un légiste et un toxicologiste qui finissent par ajuster la réalité, voire mentir, en allant à l’encontre de toute forme de déontologie.

En parallèle, la série redonne de l’importance à l’inspecteur Box jusqu’ici effacé depuis son enquête en début de saison. À la retraite et accusé de vice de procédure, il se remet en question et décide de remplir les trous de son investigation malgré l’opposition de ses anciens collègues. Encore une fois, le pilot est largement exploité et on retrace le parcours de Nasir Khan ce fameux soir entre bornage de son téléphone portable, images de vidéosurveillance et tickets de caisse.

Si ces nouvelles données ne nous éclairent pas sur l’innocence de Nasir, elles donnent une autre dimension à l’affaire en mettant en lumière d’autres suspects. Tandis que chacun s’évertue à faire aboutir ce procès, l’ombre d’un autre procès refroidi tout le monde de part le coût de la procédure et les conséquences publiques. Alors que la tension est à son comble quand les jurés refusent de livrer un verdict, la représentante de l’état abandonne finalement les poursuites et met fin au procès. Au final, The Night Of n’apporte aucunes réponses quant à la culpabilité ou non de Nasir Khan mais illustre avec minutie et froideur la machine rouillée d’une institution à mille lieues de ses principes fondamentaux.

L’enfer de la prison

Dans son désormais best-seller Orange Is The New Black, Piper Kerman citait le directeur de la prison new-yorkaise de Sing Sing qui disait « Nous ferons de ce dépotoir un atelier de réparation » dans le début du XXème siècle. Un siècle plus tard, les prisons américaines sont toujours des lieux sordides où les conditions de détention ne font que favoriser la récidive. Sans pour autant prétendre à l’exhaustivité et comme à travers le trou d’une serrure, The Night Of nous emmène momentanément dans ce cercle vicieux gouverné par la déshumanisation ainsi que la violence comme unique moyen de communication.

Dès ses premiers pas dans la prison de Rikers, Nasir est jeté dans la fosse aux lions. Commence alors une lente destruction psychologique favorisée par la violence des autres détenus envers lui-même. Tous les coupables clament l’innocence ici bas et il n’est, aux yeux de tous, qu’un simple violeur meurtrier. Face aux menaces de mort et aux attaques, il accepte d’intégrer le cercle proche d’un détenu, Freddy (Michael Kenneth Williams), qui règne sur le bloc. Loin des clichés du genre, le personnage bénéficie d’une écriture nuancée. Fin stratège, il ira même jusqu’à pousser Nasir à faire de mauvais choix pour le garder à ses côtés. En effet, de par son éducation et son intelligence, le jeune étudiant fait figure d’une « licorne » inespérée pour servir Freddy.

Mais la contrepartie de cette protection fait sombrer Nasir qui prend du grade en même temps qu’il devient une cible. Drogue, passage à tabac d’une extrême violence et vengeance meurtrière dépeignent un jeune homme transformé par son passage en prison. L’étudiant chétif a fait place à un jeune homme assuré à la carrure plus imposante. Cheveux rasés et tatouages, il prend des risques insensés face à la cour qui n’attend qu’un faux pas pour l’exécuter en place publique. Nasir emporte également Chandra dans son sillage, leur rapprochement causant le licenciement de la jeune femme qui laisse sa place à John Stone pour le grand oral avant le verdict du procès.

En choisissant de ne pas montrer l’intégralité de l’établissement pénitentiaire, Steven Zaillian accentue le sentiment d’enfermement. Sur la même ligne que la colorimétrie globale de la série, des murs noir charbon habillent ce lieu inhospitalier baigné dans une lumière froide. On notera le parallèle subtil avec les locaux de la SPA où Stone vient déposer le chat de la victime avant de faire machine arrière face au funeste destin qui l’attend. Le réalisateur complète son propos avec ces plans réguliers – et bien choisis - de portes qui se ferment, de couloirs sans issue ou encore de grilles tapissant la moindre fenêtre. Les équipes créatives derrière l’identité visuelle de la série ont d’ailleurs été récompensées à plusieurs reprises pour leur travail et ce à tous les niveaux, de la photographie au montage en passant par le son.

Casting 4 étoiles

The Night Of se paye un casting de choix pour une galerie de personnages très différents. Si le genre ne permet pas réellement de s’éloigner des figures classiques de la justice, Zaillian et Price caractérisent leurs personnages avec nuance et soin. Si les interprètes ont déjà fait preuve de leur talent par ailleurs – au cinéma principalement -, celui-ci n’a pu qu’être souligné par la qualité des textes et des scénarios des deux showrunners.

C’est l’acteur britannique Riz Ahmed qui décroche le rôle principal et ira chercher la récompense du Meilleur acteur dans un premier rôle pour une mini-série aux derniers Emmy Awards. Une récompense historique puisque c’est le premier comédien asiatique à obtenir la statue. Il incarne avec justesse et profondeur ce jeune homme au destin tout tracé finalement écorché par cet événement aux conséquences lourdes. Pour préparer son rôle, il s’est imprégné du quotidien populaire et multiculturel du quartier de Jackson Heights et a également pu visiter la prison de Rikers.

À ses côtés, un trio de qualité vient compléter le haut de l’affiche. John Turturro, taillé pour le rôle de John Stone, marque l’écran avec son interprétation d’un petit avocat raillé par la profession et qui s’embarque dans l’affaire de sa vie. Que ce soit dans la passion viscérale de son personnage à traiter l’affaire ou dans la comédie amère de ses problèmes de santé, Turturro excelle et n’a pas à rougir des James Gandolfini et Robert De Niro qu’il remplace au pied levé.

Bill Camp quant à lui tient parfaitement la froideur et la minutie de l’inspecteur Box. Peu présent en milieu de saison, son personnage apporte une certaine nuance pour les forces de l’ordre montrées à travers les violences policières ou les procédures écrasantes. Jeannie Berlin, qui joue le procureur Weiss, constitue un alter-ego intéressant au personnage de Box. Les deux acteurs qui incarnent des personnalités similaires parviennent à se distinguer dans les nombreuses scènes qui les réunissent.

Steven Zaillian et Richard Price interrogent la société toute entière avec leur galerie de personnages très variés. Du procureur ayant accès au dossier au simple chauffeur de taxi regardant les chaînes d’information, le duo s’affaire à explorer la vision de tout un chacun d’une affaire qui défraye la chronique. Dans l’instrumentalisation de la justice traitée plus haut, ils font appel au facteur humain crucial dans une machine aussi complexe que cette institution. Avec des thèmes comme la carriérisme, la volonté propre, l’égo ou encore l’empathie, les deux showrunners nuancent méticuleusement leurs protagonistes introduits originellement dans une représentation totalement manichéenne.

Dommages collatéraux

Dans sa descente aux enfers, Nasir emporte malgré lui sa famille qui va subir des pressions d’une violence inouïe, à l’image de ces tirs d’arme à feu sur leur domicile. Isolement, perte de travail, dettes et autres humiliations pèsent sur le quotidien des Khan. Que ce soit d’une avocate profiteuse ou de journalistes intrusifs, les nombreuses sollicitations virent au harcèlement.

L’équipe créative amène judicieusement les mêmes conséquences à un niveau tout autre, à savoir sur l’ensemble de la société. On peut ainsi noter la recrudescence des actes racistes entre croix gammées sur les murs du quartier et agressions de citoyens d’origine étrangère. Zaillian et Price évitent habilement de caractériser Nasir Khan uniquement sous l’angle de sa confession. La religion de celui-ci constitue une carte finement jouée tout au long de la saison. Je pense notamment au procureur Weiss qui espère des jurés musulmans au procès qui pourraient juger sévèrement leur « frère » et ainsi le condamner. N’oublions pas le rejet des Khan par leur communauté qui les accuse de jeter le discrédit sur leur culture déjà discriminée et victime de xénophobie.

Si la société ne sort pas indemne et plutôt divisée de ce genre d’affaires, The Night Of prend également le temps de poser un dernier regard sur ses personnages. Danse son season finale XXL The Call of the Wild, on découvre une Chandra à la carrière probablement enterrée, un John Stone de nouveau malade et de retour aux petites affaires ainsi qu’une famille Khan haïe. Nasir quant à lui ressort bousillé de son passage en prison : de retour au quartier, il se voit rejeté par sa communauté et subit sa nouvelle addiction au crack.

Côté justice, fin du procès ne signifie pas fin de l’affaire. Avant son dernier clap, la série laisse la porte ouverte à notre imagination. Devenu simple policier sur un campus universitaire, Box est discrètement sollicité par le procureur Weiss pour tirer au clair le meurtre de la jeune fille. Entre le beau-père cupide, l’ex petit-ami violent voire un potentiel tueur en série, les pistes sont nombreuses. On apprécie ce changement de ton chez la représentante du ministère publique jusqu’ici dépeinte comme acharnée à faire tomber Nasir Khan, quitte à mettre de côté toute éthique.

Bilan

Fin ouverte n’est pas forcément synonyme de suite. L’équipe créative menée par Steven Zaillian et Richard Price tient fermement au format anthologique. Si une seconde saison est clairement envisageable, plusieurs questions comme le retour de certains personnages se posent. Une chose est sûre, rien ne se fera avant qu’une véritable idée solide sur laquelle construire une nouvelle histoire soit trouvée. De quoi rappeler un autre programme chez HBO, Big Little Lies, soumis aux mêmes questionnements et qui vient cependant d’annoncer une seconde saison.

La mini-série s’est rapidement imposée comme une œuvre de choix pour le genre. Les deux showrunners ont su porter à l’écran un récit initiatique sombre teinté de questions sociétales profondes et pertinentes. La série rassemble tout leur talent cinématographique et littéraire, souligné par un casting de choix. Leur maîtrise de la narration a trouvé un réel écho positif chez le public. En témoigne les audiences qui grimpent de 774 000 téléspectateurs devant le pilot à 2,16 millions pour le season finale avec la performance de doubler les chiffres entre le premier et le second épisode.

Adulé par la critique, il n’est pas rare que le nom du show s’accompagne de la mention « meilleure série de l’année ». Plus fin et dramatique qu’un simple épisode de Law & Order, The Night Of porte néanmoins l’héritage moderne de la franchise presque trentenaire de Dick Wolf. Je regrette de ne pas avoir les références The Wire et Oz qui reviennent régulièrement quand on parle de la série.

Le genre procedural associé au format anthologie se fait donc une place sur le devant de la scène. Il apporte un vent de nouveauté et de fraîcheur sur le bon vieux drame policier qui fait les beaux jours du petit écran depuis toujours. Encore plus réaliste, il va même jusqu’à épouser de véritables affaires criminelles à l’image de Law & Order : True Crime lancée cette année avec Edie Falco en tête d’affiche. American Crime Story quant à lui affiche déjà une certaine ambition : alors que l’affaire O.J. Simpson vient d’être traitée, les trois prochaines années aborderont l’assassinat du célèbre couturier Gianni Versace, la catastrophe de l’ouragan Katrina ainsi que le scandale sexuel entre le président américain Bill Clinton et Monica Lewinsky. De quoi ravir les adeptes du genre.

9/10

Bilan

Profondeur, pertinence et maîtrise accompagnent chaque minute de cette mini-série. Steven Zaillian et Richard Price mettent à profit leur talent d'écriture et de réalisation dans ce qui constitue un véritable travail d'orfèvre. Un must-see immersif et réaliste, au plus proche des questionnements de la société américaine examinée par le prisme de son système judiciaire.

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Note de la série :
9.2/10