Critique Runaways - Bilan saison 1 - Series Addict



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Runaways - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2017 - Hulu

Cette série est une adaptation des comics Runaways (Les Fugitifs en français) créé en 2003 par Brian K. Vaughan et Adrian Alphona. La série télévisée a été produite par Stephanie Savage et Josh Schwartz : celui-ci a été nominé par la Writers Guild of America en 2004 pour un épisode de The O.C. Je tiens à préciser que je n’ai pas lu les comics donc je ne ferai aucune comparaison.

L’histoire est celle d’un groupe d’adolescents qui vont renouer des liens après avoir découvert les activités suspicieuses de leurs parents respectifs.

Un nouveau teen-drama ?

Le synopsis nous plonge forcément dans ce genre tellement usé aux USA. L’idée de retrouver une bande d’adolescent joué par des acteurs plus vieux, soutenu par un scénario prévisible et une réalisation médiocre, n’était pas à la base sur ma liste. Alors est-ce que la série m’a fait mentir ? Pas vraiment. Dans son ensemble, le scénario ne vole pas très haut et la réalisation ne mérite pas un tonnerre d’applaudissement. On retrouve toutes les trames habituelles du genre teen-drama soutenues à la rigueur par un format différent, sur lequel je reviendrai. Entre le beau gosse sportif et la féministe outragée, les personnages démarrent sur une base classique qui heureusement évolue au fur et à mesure des épisodes. Du côté des parents, les clichés sont impressionnants : les asiatiques dans la technologie, le père noir est un ancien malfrat et le gentil petit couple blanc peace and love. Le problème de Runaways à mon sens se trouve dans cet effet miroir voulu avec les parents. Bien sûr j’ai conscience qu’il s’agit du point de départ de la série mais comme souvent dans le teen-drama, les personnages secondaires sont d’une superficialité à pleurer. C’est le cas pour moi des parents alors que justement ils sont censés avoir une place importante. Il y a une exception dont je parlerai mais dans l’ensemble même les performances du cast « adulte » étaient médiocres. Il faut attendre l’épisode 8 pour avoir une séquence intéressante.

Le drama est aussi écrit de manière classique avec de l’adultère, du chantage, des trahisons… Pour autant, il n’est à aucun moment pesant et permet souvent de mettre en avant un personnage ou de le faire évoluer. C’est un point positif qui est malheureusement entaché par le format de la série : 10 épisodes de 50 minutes auraient été intéressants si le rythme n’avait pas été aussi inégal. Un exemple parfait serait l’avant dernier épisode qui ne sert à rien jusqu’à ses quinze dernières minutes. La série met trop de temps à explorer ses personnages et leur relation. Cela peut se justifier pour le groupe d’adolescent mais pas les parents… Toutes les séquences visant à justifier ou excuser leur comportement ne méritaient pas autant de temps à l’écran. J’ai aimé le fait de vouloir humaniser et montrer l‘amour parental sauf qu’au final la série offre peu d’interaction de ce type.

Des personnages attachants :

Malgré tout, le peu de scènes entre enfant et parent apporte à chaque fois de l’émotion et contribue à créer de l’empathie chez le spectateur. Je pense notamment aux duos Nico/Tina ainsi que Chase/Viktor. L’actrice Brittany Ishibashi sort du lot pour moi concernant le cast parental. Elle a une prestance à l’écran qui donne vie à son personnage. Il faut souligner que l’humour omniprésent dans le scénario, bien souvent sous la forme de punchline, contribue à la qualité de la série.

— Pour Chase, sa relation avec son père est un point important de la série et donne de la profondeur à un personnage assez lisse. Karolina a elle aussi un développement personnel intéressant et je dois avouer que les thèmes apportés par ces deux personnages étaient rafraîchissants. L’espèce de faux triangle amoureux par exemple permet de s’éloigner un peu des clichés. J’ai adoré que les scénaristes présentent la relation d’abus entre Chase/Viktor autant physique qu’émotionnelle. Je ne trouve pas que Gregg Sulkin soit un grand acteur donc j’ai été agréablement surprise devant ses performances face à James Marsters. Je dois souligner aussi que Runaways offre le premier baiser LGBTQ sur écran dans l’univers Marvel !

— Si le scénario n’offre pas grand-chose à part attendre pendant 10 épisodes que des adolescents fuguent, il y a des petites pépites sur lesquelles je dois m’attarder. L’une d’elles se nomme Gert. Personnage au premier abord assez cliché mais l’actrice et la dynamique qu’elle apporte au groupe est très sympa. Ariela Barer offre de belles performances que cela soit avec Chase, Molly ou un dinosaure. S’il est vrai que la réalisation ne paye pas de mine, ce « petit » deinonychus était une belle surprise et surtout agréable à regarder !

Un dernier mot sur le final : de belles pistes à explorer pour la prochaine saison avec notamment un twist auquel je ne m’attendais pas. Je pense que cette première saison avec ses défauts pose des bases intéressantes dont la production peut profiter pour monter d’un niveau la qualité de la série.

7/10

Bilan

Cette première saison de Marvel’s Runaways a ses points forts et ses points faibles. Dans l’ensemble, la série reste assez superficielle sur de nombreux arcs ou personnages. Pour autant, elle a su mettre ses qualités sur le devant de la scène, grâce à son teen cast en particulier. Mais je suis convaincue que la deuxième saison devra se détacher un minimum du genre teen-drama pour réellement exploiter son potentiel.

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