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American Crime Story - 2x1 : The Man Who Would Be Vogue

Résumé

Le 17 juillet 1997, Gianni Versace est assassiné par un inconnu sur le perron de sa demeure américaine alors qu'il était sorti prendre un café et s'acheter quelques magazines de mode. S'ensuivit une chasse à l'homme effrénée à laquelle le show va s'intéresser.

2x1 : The Man Who Would Be Vogue © FX - 2018

Deux ans après sa première saison retraçant brillamment le procès d’O.J Simpson, l’anthologie American Crime Story produite par l'inépuisable Ryan Murphy revient enfin sur FX. Alors que nous attendions de découvrir les ravages de l’ouragan Katrina, l’équipe créative a décidé de nous proposer l’assassinat du créateur de mode italien auparavant. L’intérêt ne résidera pas dans l’identité du meurtrier, déjà dévoilée, mais dans les motivations d’une telle sauvagerie. Resté incertain, le mobile à l'origine du meurtre aura sa propre interprétation dans la série, à l'appui d'un ouvrage d'investigation rédigé par Maureen Orth. En ce sens, le season premiere est d'ores et déjà efficace car il se focalise prioritairement sur le meurtrier récidiviste, Andrew Cunanan. Les clefs de son geste restent encore mystérieuses mais les scénaristes auront forts à faire pour nous les dévoiler d'ici le dénouement de la saison.

Ce premier épisode s'intéresse donc à l'assassinat dans une scène introductive quasi muette, seulement rythmée par une musique embrassant la beauté des images dévoilées. Alors que Gianni Versace, justement interprété par Edgar Ramirez qui lui ressemble beaucoup, s'offre une sortie matinale, l'angoissant Cunanan fait face à ses démons sur une plage désertée. Il faudra compter sur l'interprétation malaisante de Darren Criss dans la peau du tueur pour cette saison qui aura la lourde tâche de crédibiliser un acte incompréhensible. L'on ressent déjà la fascination malsaine du jeune homme pour le créateur de mode, faite de mensonges et d'improvisations auprès de ses amis. La narration s'en amuse, en brouillant les pistes entre vérités et faux-semblants : mais gare à ne pas en abuser, Ryan Murphy et Brad Falchuk étant des amoureux des ellipses improbables. A trop vouloir mimer le comportement imprévisible du jeune meurtrier, la série ne doit pas se perdre en chemin.
Du côté de la réalisation, Murphy est à la barre et fait exactement ce qu'il a l'habitude de faire. C’est un gage de qualité mais une esthétique quelque peu redondante à base de caméras plongeantes et travellings insistants. Même si les décors grandiloquents d'inspiration antique apportent ambition et fraîcheur à l’ensemble, les tics créatifs de l’artiste ultra productif s’amoncèlent. Ils participent évidemment à la réussite de l’épisode (comment dépeindre le quotidien de Versace sans grandiloquence ?) mais installent d’ores et déjà cette nouvelle intrigue dans une routine dont nous aurions pu nous passer. C’est d’autant plus dommage que le genre anthologique devrait plutôt permettre des changements drastiques : cette deuxième saison sera assurément moins fixe que la précédente, mais la réalisation ambitieuse la range déjà aux côtés de l’autre anthologie de son créateur.

Enfin, ces cinquante premières minutes ne s'intéressent pas exclusivement à l'homme de l'ombre, car il donne également sa place à la famille Versace dans le dernier quart d'heure. Pénélope Cruz s’offre un rôle de composition au mimétisme troublant (mais son interprétation pourra-t-elle s’émanciper d’un accent italien lourd à gérer ?) alors que Ricky Martin devra laisser exploser sa palette de jeu pour se révéler convaincant. Point de fausses notes pour l'instant, d'autant plus que cette story-line permet d'envisager de multiples enjeux narratifs dont l'attitude glaciale d'une Donatella Versace à peine déstabilisée par la mort de son frère. Reprenant les rênes du navire de son frère en quelques heures seulement, elle s'impose en modèle de rigueur. Quand l'on pense que la véritable famille Versace s'est montrée réticente à l'idée de voir arriver cette série sur le petit écran, l'on ne peut qu'être impatients à l'idée de gratter sous la surface dorée de la Méduse du créateur italien.

En somme, un premier épisode fidèle aux précédentes réalisations de Murphy. Dynamique, rondement mené et curieusement maîtrisé : reste à savoir si l’interprétation se maintiendra (Ricky Martin n'a jamais brillé pour son jeu...) et si l’intrigue aura de quoi nous tenir en haleine jusqu’au dénouement de son neuvième épisode. Il est déjà rassurant de constater que l’équipe ne cède pas aux sirènes de l’exhaustivité, en proposant une courte saison. La première saison comptait 10 épisodes, celle-ci n’en comportera que neuf. Fidèle à lui-même, Murphy devrait laisser la direction des prochains épisodes à d'autres réalisateurs : l'occasion d'assister à un renouvellement esthétique ? La série en a sous le pied, reste à le lever !

7/10

Bilan

Un season premiere riche en indices sur la réussite à venir. Portée par un casting aussi inattendu que prometteur, cette deuxième mouture de l’anthologie criminelle de Murphy démarre sur les chapeaux de roue, bien que les tics esthétiques du réalisateur soient au rendez-vous.

2 Commentaires

  • Yazid
    Le 01/02/2018 à 11h51

    Préambule : Je débarque dans l'univers récent de Ryan Murphy (je m'étais arrêté à Nip/Tuck et au début de Glee) et je n'ai pas regardé la première saison sur OJ Simpson.

    Je te rejoins entièrement concernant le jeu du casting, avec notamment un Ricky Martin qui va devoir se développer et une Penelope Cruz convaincante. Darren Cris survole le tout suivi de près par un Edgar Ramirez très juste.

    Je ne connais pas le style Murphy mais j'ai trouvé sa réalisation assez classique voire même flemmarde par moment. Ce qui n'enlève en rien au résultat global positif de ce season premiere prometteur !

  • Toff63
    Le 22/04/2018 à 13h35

    Personnellement, ce premier épisode m'a grandement convaincu, à tous les niveaux.

    J'ai grandement apprécié la réalisation aérienne de Murphy (pour mettre en valeur notamment le palais incroyable de Gianni) et la structure narrative passé/présent qui me paraît très pertinente. L'intro superbe, avec une musique parfaite, donne vraiment le ton et symbolise la réussite des choix de Murphy.
    Pour le reste, la série dépeint un assassin très prometteur, complètement fou et dérangé, à mi-chemin entre la fascination et la haine pour sa victime, un psychopathe dont on entrevoit que partiellement pour l'instant les potentielles motivations. En tout cas, ce personnage et l'enquête autour s'annoncent passionnants.
    Côté casting, aucune fausse note là encore. Bien sûr, Edgar Ramirez et Darren Criss éclaboussent la série de leur talent (comme on pouvait s'y attendre), mais Penelope Cruz (en espagnole jouant une italienne!!) et Ricky Martin (un pari osé) s'en sortent également très bien pour donner vie à une trame familiale elle aussi intrigante.

    Certes, la réalisation stylisée sautent parfois trop aux yeux, mais elle est au service d'un premier épisode extrêmement réussi dans sa mise en place, sa narration, sa distribution et bien évidemment son contenu scénaristique. 9/10

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Note de la série :
9.1/10