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American Crime Story - 2x2 : Manhunt

Résumé

Alors que l’amant de Gianni Versace lui propose de tourner une page volage en lui demandant sa main, Andrew Cunanan épie quotidiennement celui pour lequel il voue une fascination malsaine.

2x2 : Manhunt © FX- 2018

Cette deuxième saison du show criminel de FX est assurément différente de la précédente (ce qui n'est pas une mauvaise chose à la base et pourtant...). Là où le procès d’O.J Simpson passionnait malgré un statisme géographique nécessaire dans une salle d'audiences, l'assassinat de Versace, lui, a beau se jouer sur plusieurs intrigues et décors, il manque cruellement d’intérêt. Les scénaristes nous content deux histoires vaguement entremêlées qui se succèdent sans dynamisme dans un second épisode d'ores et déjà répétitif. L'ensemble est d'autant plus étrange qu'il se repose sur un livre apparemment controversé, relatant des rencontres entre le créateur de mode et son bourreau certainement imaginaires. Evidemment, le show de Murphy et Falchuk reste une fiction mais quid de la véracité de ce qui nous est conté ? En racontant un crime américain, les scénaristes s'apprêtent à affronter le véritable contenu de ce qui est dit : n'étant pas un expert du meurtre en question, par exemple, le piège est de me faire croire que ce qui se passe à l'écran se rapproche au plus près du réel.

D’un côté nous suivons le quotidien de Gianni Versace qui doit composer avec un amant volage et une sœur jalouse, de l’autre nous plongeons dans la vie faite de mensonges du tueur du créateur. Si la première intrigue fait son office en donnant un aperçu de l’envers du décor de l’entreprise Versace, la seconde, quant à elle, accumule les séquences obscures sur Cunanan. Être torturé, sa fascination morbide pour la domination et Versace manque de clarté : la narration ne nous donne pas encore les clefs pour interpréter les démons existentiels du personnage. Son quotidien à Miami ronronne plus qu'il n'intrigue : de scènes en scènes, son obstination malsaine s'épaissit au même titre que ses motivations : que cherche-t-il vraiment ? Quels traumatismes a-t-il vécu pour agir ainsi ?

De plus, il reste difficile de se repérer chronologiquement dans cette histoire, malgré les panneaux de dates censés organiser le propos temporel. La narration brouille les pistes sans réelle intention, à l'image de la séquence d'introduction, laissant planer le doute sur la maladie de Versace, alors qu'il observe deux malades probablement atteints du sida. Pour l'instant, le show ne semble pas savoir ce qu'il tient à raconter, préférant l'observation de personnages imprécis. Heureusement, le casting porte ces êtres à merveille, alors que Ricky Martin se révèle plutôt bon acteur (même si son personnage reste assez sobre jusqu'ici). Les dialogues ne sont pas très inspirés, mais ils sont au moins justement interprétés par le casting quatre étoiles de cette deuxième saison.
Cette seconde immersion dans le monde du luxe à l'italienne est donc loin d'être convaincante. Du début à la fin, la narration ne nous apprend rien, alors que la réalisation s'enlise dans un académisme ronronnant à quelques exceptions près : la danse malsaine d'Andrew Cunanan alors qu'une de ses victimes sexuelles manque de souffle est assez atypique pour relever notre intérêt, sur fond de Phil Collins. Mais c'est bien maigre, et l'anti-climax de fin d'épisode n'apporte rien. Il en va de même pour la relation amicale du tueur avec un cliché séropositif : l'on ne croit jamais à leur amitié, censée se clôturer émotionnellement en fin d'épisode. L'épisode accumule les mauvais choix de narration, en se concentrant principalement sur Cunanan. Donatella Versace est un second rôle, alors qu'elle pourrait offrir beaucoup plus en s'avançant sur la scène (même si Pénélope Cruz patine un peu avec l'accent italien en espagnole qu'elle est).

En somme, un deuxième épisode inquiétant puisqu’il ennuie déjà plus qu’il n’intrigue. Le casting reste solide mais la narration se répète déjà sans s’épancher dans les explications pourtant essentielles. L’on suit la folie malsaine d’Andrew Cunanan sans en percevoir le moindre enjeu. Espérons que le prochain épisode redresse drastiquement la qualité du show, d'autant plus que les audiences, déjà modérées pour le season premiere, ont chuté pour ce second épisode juste passable. L'assassinat de Versace n'est apparemment pas un sujet porteur, fait d'autant plus vérifié par un scénario si peu engageant. Que reste-t-il à raconter sur sept épisodes encore ? Ou mieux encore, ce sujet méritait-il d'être adapté en série ?

5/10

Bilan

L’épisode précédent nous vendait du rêve, celui ci nous offre du vent. La deuxième saison d’American Crime Story ne serait-elle qu’un prétexte pour s’offrir un casting de luxe ? Le scénario semble avoir déjà tout dit, le spectateur ne peut donc que paisiblement s'ennuyer devant de belles images léchées.

2 Commentaires

  • Yazid
    Le 01/02/2018 à 11h55

    J'ai également été perdu dans la narration à cause des différentes chronologies.

    J'ai tout de même préféré la réal de Nelson Cragg à ce qu'avait proposé Murphy sur le premiere. Tu poses des bonnes questions à la fin de ta critique et je m'interroge. J'ai encore un peu d'intérêt et je pense réellement aller jusqu'au bout.

    Peut-être que les bons éléments de cet épisode auraient mérités d'être intégrés au season premiere (pour une version XXL ?) ?

  • Toff63
    Le 26/04/2018 à 10h48

    Cet épisode est en effet parfois ennuyeux et inutilement brouillon dans sa narration, mais il délivre tout de même quelques bons éléments sur Gianni et Andrew.

    Pour le premier, il y a la question de la raison de sa crémation (était-il atteint du VIH?), les raisons de la haine entre Donatella et l'ami de Gianni (qui ne lui a pas donné d'enfants) et puis ce combat de défilés, où Gianni exprime ce que signifie son métier pour lui (faire ressentir aux autres ce qu'il ressent) et critique les mannequins trop maigres en vogue à l'époque.
    Concernant Andrew, je ne serais pas aussi dur que ta critique, car je trouve que la scénario maîtrise bien la dualité entre la froideur réaliste du personnage (les repérages, les photos, le petit jeu à l'hôtel, la manipulation de son "ami"), son admiration pour Gianni (les robes de Carla Bruni, sa fixation sur les nouveaux tissus) et un côté complètement cinglé (la séquence de bondage est un moment de tension incroyable; c'est un sacré mythomane; sa soif de reconnaissance est très maladive, comme le montre la fin de l'épisode).
    En toile de fond, le scénario distille des petits détails pour expliquer comment Andrew a pu échapper à la police avant de tuer Gianni, avec notamment toute l'ironie autour des flyers, celui d'Andrew n'étant pas sur le mur bien garni de la propriétaire de l'hôtel où il a sa chambre (et s'inscrit sous son propre nom!!!).

    Sur l'aspect visuel, rien à redire, c'est beau, ensoleillé et très bien filmé.

    Cet épisode a de nombreuses qualités sur le fond et un beau visuel, mais pêche sur le rythme de sa narration et une chronologie trop morcelée. Le casting demeure impeccable. 6/10

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Note de la série :
9.1/10