Critique American Crime Story - 2x3 : A Random Killing - Series Addict



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American Crime Story - 2x3 : A Random Killing

Résumé

Déterminé à punir ceux qui n’acceptent pas au grand jour leur homosexualité, Andrew Cunanan les traque et les tue avec une sauvagerie inattendue. En rentrant de voyage, Marylin Miglin, une femme d'affaires dans l'univers cosmétique, découvre que son mari a disparu...

2x3 : A Random Killing © FX - 2018

Après un deuxième épisode redondant la semaine dernière, l’équipe créative d’American Crime Story nous offre un épisode éloigné de la famille Versace, sans en être pleinement déconnecté. En nous proposant de découvrir l’envers d’un meurtre commis par Cunanan avant celui de Gianni Versace, la narration dévoile un semblant de réponse aux motivations obscures du personnage froidement interprété par Darren Criss. Si ce troisième épisode se révèle intriguant, il n’en reste pas moins très décevant au regard des réussites hebdomadaires de la précédente saison.

L'idée de concentrer la narration sur le meurtrier depuis trois épisodes déjà n'est pas mauvaise en soi, mais le titre porté par la saison est mensonger. Au lieu d'assassinat, il aurait été bien de parler d'assassin. Ce n'est qu'une subtilité lexicale, mais le show aurait été mieux apprécié ainsi : l'anthologie devait retracer les crimes les plus médiatisés des Etats-Unis d'Amérique, cette seconde saison s'attarde plutôt sur l'homme à l'origine d'assassinats morbides. Ce constat assimilé, ce troisième épisode permet de densifier le personnage psychotique de Cunanan. Telle une araignée pleine de vices, il tisse sa toile pour s'emparer des âmes torturées par une sexualité jugée hors-normes dans une société en mutation.

Dès la scène d'introduction, l'esthétisme de la série reprend ses droits en retraçant le retour de Marylin Miglin chez elle, après un séjour professionnel. Constatant l'absence de son mari, elle parcourt avec un couple d'amis les innombrables pièces de sa demeure, le vide ambiant ne faisant qu'augmenter ses certitudes endeuillées. Fidèle à eux-mêmes, les scénaristes nous proposent un retour en arrière pour raconter la disparition d'un homme aveuglé par les sentiments voilés d'un amant manipulateur. De malaises en malaises, l'épisode dévoile le stratagème malsain de Cunanan, alors que l'histoire le liant avec Versace n'apparaît furtivement qu'au détour d'une séquence au cœur d'une boutique possédée par le créateur italien. American Crime Story n'aura jamais autant ressemblé à sa consœur horrifique, au cours d'une mise à mort brutale. Crime rimant souvent avec horreur, les deux shows se répondent alors que la septième saison d'American Horror Story nous abreuvait de crimes sordides il y a quelques semaines encore (tels que ceux commis par Charles Manson).

Point de Pénélope Cruz ou d'Edgar Ramirez cette semaine, mais une palette d'acteurs pleine de justesse. Judith Light resplendit dans le rôle de cette femme délaissée par un mari insatisfait par les choix de sa vie. Il n'en fallait pas moins pour habiter les nombreuses scènes parcourant l'épisode, au cours desquelles le personnage se confie avec douleur sur la vie. Finalement, l'épisode serait brillant dans une narration consacrée à un autre sujet que celui promis par l'équipe créative. La réalisation est soignée, l'écriture est moins répétitive qu'auparavant, mais l'enjeu principal de la saison est absent. Il est clair que le meurtre de Versace ne suffisait pas et que la saison s'intéresse avant tout à l'esprit déraisonné d'un meurtrier. Murphy promettait également une réflexion soutenue sur l'homosexualité à la fin du XXème siècle à travers ce récit, mais jusque-là les développements se font rare. Six épisodes restent encore à découvrir, mais permettront-ils de redorer le blason d'une saison juste agréable à découvrir ?

En somme, ce troisième épisode est une réussite en demie-teinte. Assez bien construit pour intriguer, il n'en demeure pas moins déconnecté des attentes du public. La promotion de la saison ne cessait de vanter les mérites d'un casting luxueux pour incarner une famille mystérieusement adulée, les Versace. Pour l'instant, seul Darren Criss peut réellement tirer son épingle du jeu dans un rôle dérangé qui risque de lui coller à la peau pour quelques années.

6/10

Bilan

L’intérêt repointe un peu le bout de son nez, alors que cette deuxième saison n’aura jamais aussi mal porté son titre. Le show narre la folie meurtrière de Cunanan, au détriment du développement de la famille Versace. C’est bien fait, mais ce n’était pas ce que nous attendions.

4 Commentaires

  • Yazid
    Le 15/02/2018 à 21h29

    En effet, on ne sait pas trop ce que raconte cette saison ! Je salue néanmoins la singularité de ce troisième épisode au rythme particulier que j'ai apprécié.Quelques beaux plans ici et là mais les points positifs restent l'interprétation de Darren Criss et de Judith Light. Les lignes de cette dernière sont d'ailleurs bien écrites. Pour le reste, à part un ou deux plans réussis et quelques mouvements de caméras qui appuient ce fameux rythme, rien de fou.

  • Nathan
    Le 22/02/2018 à 18h17

    Heureux de constater que mon avis assez mitigé se confirme pour d'autres ;)
    Si tu entres dans l'univers anthologique de Murphy avec American Crime Story, intéresse-toi vite à American Horreur Story qui s'en sort bien mieux (du moins sur certains saisons).

  • Yazid
    Le 04/03/2018 à 21h06

    J'ai essayé American Horror et je ne suis pas resté. Pour le coup j'irai plutôt voir la première saison de American Crime sur OJ SImpson ;)

  • Toff63
    Le 01/05/2018 à 14h20

    En effet, ce que cet épisode gagne narrativement (finis les allers-retours passé-présent labyrinthiques), il le perd sur le contenu, bien loin de son sujet de départ. Si encore les motivations d'Andrew (tuer les homosexuels refoulés) étaient liées au meurtre de Gianni, mais même pas. Ici, tout réside dans la froide cruauté d'Andrew pour tuer Lee Miglin sauvagement, dans une scène intelligemment filmée (la caméra légèrement éloignée, la position dominante d'Andrew sur le soumis Lee; je regrette juste la redondance du rouleau adhésif sur le visage).
    En bonus, les réactions de la femme de Lee (Judith Light est excellente) sont significatives d'une époque où l'homosexualité était encore un tabou. J'ai notamment bien aimé le parallèle entre la femme qui conçoit ses produits de maquillage et son mari qui en utilise certains dans le plus grand secret.

    Bref, c'est visuellement beau et parfois très violent, la personnalité torturée d'Andrew est intéressante et la femme de Lee apporte un regard particulier sur l'homosexualité avant les années 2000, mais la série souffre d'ignorer les Versace. 6.5/10

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Note de la série :
9.1/10