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American Crime Story - 2x4 : House By The Lake

Résumé

A l'origine des meurtres sadiques de Cunanan, une relation amoureuse faite de jalousie possessive avec un certain David Madson...

2x4 : House By The Lake © FX- 2018

A rebours, la deuxième saison d’American Crime Story dévoile l’histoire d’Andrew Cunanan en retraçant les meurtres ayant précédé celui de Gianni Versace (personnage dont on n'entend plus parler depuis deux épisodes alors que la saison porte son nom). Après celle de l’architecte Lee Miglin la semaine dernière, les scénaristes nous proposent cette fois-ci de découvrir les morts de Jeffrey Trail et de David Madson. Morts survenues avant celle de Miglin. Une nouvelle occasion manquée de renouer avec les enjeux passionnants d'une saison (la condition homosexuelle dans les années 90, les rapports houleux de la famille Versace, etc.) pourtant si prometteuse sur le papier.

L'on suit donc la relation malsaine d'Andrew Cunanan avec David Madson, un petit ami désabusé par sa relation avec le meurtrier (qui ne l'est pas encore). L'épisode dure plus de cinquante cinq minutes, il en paraît plus tant il n'a pas grand chose à raconter et se repose sur des plans contemplatifs répétitifs. Les espaces sont clos : l'appartement du couple est sombre et rectiligne, et les séquences s'accumulent sans emphase. Pour une série issue de l'imaginaire de Murphy, l'ensemble est étonnamment sobre mais l'on ne peut retenir quelques bâillements à la découverte de l'épisode. Même si les interprètes jouent à merveille leurs partitions respectives, la caméra semble se reposer uniquement sur eux pour investir un spectateur ennuyé. Si le scénario avait été aussi soigné que la réalisation, nous aurions obtenu une saison de meilleure qualité.

Malheureusement, là où l'épisode aurait pu être intéressant en développant le personnage si complexe et froid de Cunanan, il préfère s'attarder sur celui de David Madson, pourtant voué à disparaître de la narration dès la fin de l'épisode avec le dénouement funeste qu'on lui connaît. L'unique storyline nous offre donc des flashbacks touchants sur l'enfance de David, au lieu de déceler les parts d'ombre du meurtrier de Versace. En s'éparpillant ainsi, le show n'implique pas son spectateur. La saison ne comptant que neuf épisodes, elle aurait du se consacrer au développement des nombreux personnages de la narration principale : à l'inverse, elle développe des personnages secondaires et voile les personnages principaux d'un mystère scénaristique ou d'une absence à l'écran (la famille Versace a disparu depuis le deuxième épisode...)

L’épisode essaye pourtant d’apporter un regard tragique sur l'homosexualité douloureuse de ses personnages, en offrant de belles scènes en flashbacks sur la relation entre David et son père, mais l’ensemble manque cruellement d'intensité. Quelques scènes ou lignes de dialogues ne suffisent pas à densifier le propos de la saison, d'autant plus que le rapport à la sexualité du personnage principal de la saison est d'une ambiguïté totale. Des références sont faites aux droits homosexuels au XXème siècle (à l'image de l'illégalité du mariage gay en 1997), mais la saison ne se donne pas les moyens de son ambition en centrant son scénario sur les meurtres froidement calculés de son anti-héros. L'on se prend à rêver d'une saison aussi réussie que la première, celle-ci avait osé aller jusqu'au bout de son analyse du racisme américain au cours du procès d'O.J Simpson.

En somme, un quatrième épisode lénifiant qui enlise encore un peu plus la saison dans un réel manque de consistance. Gianni Versace est quasiment oublié et l’attitude monolithique d’Andrew Cunanan laisse de marbre jusqu'ici. L’équipe créative du show s’est définitivement perdue cette année, à cause d’une matière scénaristique trop maigre pour tenir en haleine. L'assassinat de Gianni Versace ne suffisant pas, les scénaristes s'attardent sur le passé de son meurtrier. En soi, l'idée n'est pas mauvaise mais sa mise en image est avare en émotions. La deuxième saison est aussi froide que son anti-héros jusque là.

5/10

Bilan

Circulez, il n'y a pas grand chose à voir dans ce nouvel épisode d’American Crime Story. En développant un personnage secondaire, la narration continue de s’éparpiller malgré une nette attention apportée à la réalisation. En nous cachant les motivations de son meurtrier, la narration nous met à la place des victimes : décontenancées.

3 Commentaires

  • airhal204
    Le 15/02/2018 à 12h29

    Pas entièrement d'accord. Saison 2 certes lente mais excellente avec une qualité bien présente.

  • Yazid
    Le 19/02/2018 à 15h04

    J'ai été plutôt touché par cette proposition "poétique" qui malheureusement, n'a clairement pas sa place à ce moment de la saison (je rejoins encore ton premier paragraphe). Le résultat global est bon mais est-il pertinent ? Je ne reviens pas sur les détails, tu les explique bien dans ta critique qui pose de bonnes questions !

    Le scénario de Tom Rob Smith accuse en effet quelques longueurs et répétitions mais la réalisation et la mise en scène soignée de Daniel Minahan m'ont séduit ! Pas étonnant vu le bagage du professionnel avec des références comme Game of Thrones, True Blood, Deadwood ou les débuts de Grey's Anatomy.

  • Nathan
    Le 22/02/2018 à 18h19

    Encore une fois, ravi de constater que mon avis n'est pas isolé :)
    Comme toujours, la réalisation est soignée, mais le propos manque de pertinence. Peut-être comprendrons-nous, lors du dernier épisode, le caractère essentiel de ces innombrables divergences narratives !

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Note de la série :
9.2/10