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American Crime Story - 2x6 : Descent

Résumé

En 1996, Andrew Cunanan se complait dans une relation factice avec un vieil homme riche qui l'entretient. Pourtant, son désir de vivre une véritable histoire d'amour avec un homme qui ne l'aime pas va peu à peu le plonger dans la folie qui le mènera aux meurtres qui l'ont rendu célèbre.

2x6 : Descent © FX - 2018

Dans la logique narrative de la saison jusque-là, nous remontons encore un peu plus dans le passé d'Andrew Cunanan, au détriment de la famille Versace qui ne fait qu'être citée dans les dialogues des personnages entourant le personnage principal du show. Cependant, si les épisodes précédents développaient des personnages voués à disparaître, ce sixième épisode les utilise enfin à bon escient et développe un propos plus conséquent. Même si l'ensemble est un brin répétitif puisque l'on revient encore une fois en arrière dans le temps, l'on ne peut qu'être intrigué par le jeu magnétique de Darren Criss, possédé par le personnage dont il aura du mal à se défaire pour ses prochains rôles.

Nous découvrons donc la vie de Cunanan avant les cinq meurtres qu'il perpétua jusqu'à celui de Gianni Versace. Nous le retrouvons en escort boy de luxe pour un riche habitant de la côte Est. Convaincu d'être voué à une vie de luxe, il ne peut se satisfaire d'un quotidien très modeste aux côtés de sa mère, mère que l'on découvre à la fin de l'épisode. Un personnage tragique qui ne parvient pas à déceler les mensonges de son fils, ou qui ne veut pas les remettre en question par peur de voir la vérité en face. Cet épisode nous permet donc enfin de percevoir les motivations du personnage si froid de Cunanan : cherchant à être aimé (l'amour rimant avec consécration et finances élevées à ses yeux), il ne peut se satisfaire de relations apaisées avec les hommes qui l'entourent. L'on comprend ainsi mieux ses agissements dans les cinq épisodes ayant précédé : dès lors qu'on lui refuse un caprice sentimental ou monétaire, un accès de rage s'empare de lui et le mène aux funestes mises à mort.

La narration nous propose également d'approfondir les personnages secondaires du show, tels que David Madson ou Jeff Trail dont l'on comprend mieux la relation au regard de cet épisode. Finalement, la plus grande faiblesse de la saison (qui en fait toutefois son originalité) aura été de conter son récit à l'envers, en coupant court à tout attachement envers les personnages. Comment pourrait-on s'émouvoir d'une relation naissante alors que l'on a d'ores et déjà assisté à sa tragique fin ? Ce n'est pas la peine de revenir sur la réalisation de l'épisode, impeccable comme toujours au même titre que les décors : cette maison en bord de mer est un atout essentiel à la narration. Ses baies vitrées se prêtent à merveille à la déchéance symbolique de Cunanan, suppliant son ancien bienfaiteur de le reprendre à ses côtés, en vain.

Mais l'épisode parvient surtout à renouer avec son sujet central : Gianni Versace. La meilleure scène de l'épisode est évidemment celle de la rencontre fantasmée entre le créateur italien et son meurtrier. Elle permet d'établir les parallèles nécessaires à la compréhension de l'acte apparemment vain de Cunanan sur sa victime en 1997. On comprend que la jalousie est à l'origine des rancoeurs du jeune homme mythomane qui n'aura eu de cesse, au cours de sa courte vie, de créer une montagne de mensonges pour se créer une vie aussi passionnante que celle de l'homme qu'il admire. Tous deux d'origine modeste, ils n'auront pas eu la chance d'avoir le même parcours, jusqu'à l'issue funeste qu'on leur connaît.

En somme, ce sixième épisode parvient enfin à construire plus intelligemment son propos, malgré les choix narratifs qui ont été faits par les scénaristes pour cette saison (la construction à rebours notamment). Si la famille Versace est définitivement dans l'ombre de Cunanan, cet être torturé au possible, les parcours du meurtrier et de la victime n'ont jamais été aussi proches l'un de l'autre que dans cet épisode. Reste à découvrir l'enfance de Cunanan pour pleinement comprendre la complexité de ce personnage réellement terrifiant.

8/10

Bilan

Un épisode plus dynamique que les précédents, qui dévoile enfin avec une intelligence plus fine les rapports fantasmés entre Gianni Versace et Andrew Cunanan. La deuxième saison du show doit donc être analysée comme un tout signifiant.

2 Commentaires

  • Yazid
    Le 08/03/2018 à 15h24

    En effet, quel dommage que les choix de narrations aient autant dynamité la dynamique de cette saison. J'ai déjà oublié les Versace et leur background prometteur et j'ai l'impression de voir le même épisode depuis 3 semaines et tout ça pour quoi : un bon sixième épisode qui fait offre enfin de la matière pour la psychologie de Cunanan.

    Et le reste alors ? Encore une fois, c'est bel et bien la saison de Cunanan avant tout. Les Versace risquement de repointer le bout de leur nez plus tard cette saison mais le mal n'est-il pas déjà fait ?

  • Toff63
    Le 22/05/2018 à 11h45

    Malheureusement, toute la première partie de l'épisode ne fait que répéter des choses déjà vues dans les épisodes précédents quant à la personnalité d'Andrew (son besoin d'affection, ses mensonges, son ego, ses amants), sans compter le passage de la carte postale déjà évoqué dans l'épisode 5.
    La suite est meilleure quand la série s'intéresse à la fascination d'Andrew pour Versace (la meilleure scène de l'épisode sans aucun doute) et nous dévoile l'attitude naïve ou aveugle de sa mère. Je regrette toutefois que ce soit aussi court. 6.5/10

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Note de la série :
9.1/10