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Atlanta - 2x1 : Alligator Man

Résumé

Sans domicile fixe et sous probation, Earn accepte de rendre service à son cousin Al et se retrouve dans une situation délicate.

2x1 : Alligator Man © FX - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Après une première saison au succès critique indéniable, Atlanta revient avec une seconde saison pleine de promesses sur la chaîne câblée FX. Le bébé télévisuel de Donald Glover entend bien asseoir sa notoriété avec un nouveau chapitre baptisé « Robbin’ Season » (« Saison des Braquages »), du nom de cette période particulière des fêtes de fin d’années propices aux crimes et cambriolages en tous genres.

L’équipe créative aux commandes de la série, Glover en tête, entame ici un chapitre plus sombre et ordonné. Et c’est Alligator Man qui lance les hostilités avec une introduction des plus musclées : le braquage d’un fast-food sur fond de trafic de drogue et de riposte à l’arme automatique. Comme à son habitude, la série réussit à mettre en perspective le quotidien le plus banal des braqueurs, à base de glande principalement, à un acte aussi extrême qu’un braquage armé dans la minute qui suit. Un fait parmi les centaines d’autres qui rythment les journées de la ville d’Atlanta et de ses habitants qui vivent les célébrations de Noël sur les dents.

Et cette atmosphère particulière de violence et de paranoïa s’insinue jusque dans les relations sociales de nos héros que l’on retrouve une fois encore dans leur quotidien de galère et de débrouille dans la banlieue de la capitale de la Géorgie. Sans domicile fixe et sous probation, Earn s’est laissé coulé par ses problèmes. Alors que le sort s’acharne contre lui, son cousin Al et célèbre rappeur Paper Boi (Brian Tyree Henry) s’en tire plutôt bien et pilote ses activités plus ou moins légales depuis son canapé à cause d’une assignation à résidence.

Après cette mise en situation, Alligator Man passe la deuxième et développe sa propre intrigue. Earn est envoyé chez son oncle Willie pour désamorcer une situation délicate : ce dernier aurait kidnappé sa petite-amie. Débute alors un quart d’heure d’humour finement écrit qui jongle entre satire, autodérision et délire total. De l’intervention flemmarde de la police à l’apparition d’un véritable alligator domestique, le season premiere réalise presque un sans faute, notamment grâce au jeu de Katt Williams.

Si elle a la tête dans les nuages avec ses situations improbables, Atlanta garde toujours les pieds sur terre. Au milieu des piques grinçantes, Earn se retrouve pris au piège si la situation dégénère. Avec son naturel à toute épreuve, Donald Glover délivre une prestation juste de ce jeune homme paumé qui fait face ici à une figure familiale qui le renvoi à ses propres peurs. Habilement, le season premiere enchaîne cet échange profond avec un passage presque poétique quand l’alligator tant évoqué pointe enfin le bout de son museau sur le morceau « Hey ! Love » des Delfonics. Mais c’est mal connaître le génie de Glover qui jongle aisément d’un registre à l’autre et conclu l’action avec le pauvre oncle Will, pourtant prêt à tout, se faire la malle à la vitesse de l’éclair. On quitte alors notre héros, raillé par ses amis et enfin décidé à reprendre sa vie en main sur fond de « When Seasons Change » de Curtis Mayfield qui complète une bande originale de choix.

En filigrane, Atlanta continue d’étoffer sa propre mythologie où l’on peine parfois à distinguer réalité et fantasme à l’image de la voiture invisible la saison dernière. Ici, la série se réapproprie un meme célèbre outre-Atlantique, "Florida Man", qui est supposé être un criminel agissant en Floride à qui l’on attribue des crimes et délits humoristiques largement relayés sur Internet. Ici, c’est Darius (Lakeith Stanfield) et son imagination débordante qui met en garde Earn à propos de ses parents en voyage dans cet état. Judicieusement, le show va jouer avec l’hystérie collective et la réalité en le mettant en scène sans jamais révéler la vérité : on découvre alors ce fameux Florida Man, un homme blanc inconnu, perpétrer un meurtre raciste et de violentes agressions avant qu’il soit mis en scène en train de tabasser un flamand-rose et manger le visage d’une victime. Un peu plus loin dans l’épisode, c’est Will qui évoquera ces faits divers et accentuera le flou du téléspectateur qui devra se satisfaire d’un Earn dubitatif comme seul réponse pour le moment.

A l’image du reste de la série, Alligator Man ne dénote pas avec son rythme si particulier, le même qui a fait tout son charme. Comme suspendu dans le temps, ce quotidien ordinaire ponctué de galères inouïes est raconté avec une singularité propre au génie de Donald Glover. Son acolyte de toujours, Hiro Murai signe une réalisation soignée magnifiée par la photographie léchée de Christian Sprenger (GLOW) et le montage d’Isaac Hagy. Une équipe créative rôdée au service d’un univers atypique qui propose ici un season premiere maîtrisé qui nous ouvre l’appétit pour la suite.

8/10

Bilan

Techniquement et artistiquement maîtrisé, ce season premiere présage d’une saison de haute qualité.

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