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Atlanta - 2x2 : Sportin' Waves

Résumé

Earn accompagne son cousin Alfred, alias le rappeur Paper Boi, chez un label intéressé par leur projet.

2x2 : Sportin' Waves © FX - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Alfred s’engouffre dans la voiture de Black, son dealer de toujours, avec une pensée particulière pour la « Robbin’ Season » qui bat son plein et le force à prendre plus de précautions pour ce genre d’affaires. Sauf qu’en pleine nuit et dans un endroit reculé, il ne se doute pas une seule seconde de la trahison inattendue de son fournisseur qui lui vole son argent et ses clés de voiture. Le braqueur ne cesse de s’excuser et d’avoir des remords tout en gardant son arme pointée sur Al qui vit la situation comme une fatalité. Il contient tant bien que mal son agacement quand son agresseur va jusqu'à lui proposer de le rembourser plus tard ou bien de le raccompagner. La scène atteint son climax quand pendant une longue minute, Alfred est bloqué par la sécurité enfant des portières de la voiture, faisant exploser sa rage alors qu’il s’est rendu à l’évidence que tenter quoi que ce soit empirerait les choses.

L’introduction de Sportin’ Waves fait donc écho à celle du season premiere Alligator Man qui mettait en scène un violent braquage sur fond de trafic de drogue. Cette semaine, l’équipe créative fait le choix de nourrir la mythologie de la « Robbin’ Season » à travers le prisme d’une comédie de l’absurde très fine.

Ce deuxième épisode renoue avec l’univers du hip-hop autour duquel tournait une bonne partie des débuts d’Atlanta. Et c’est dans un véritable choc des cultures qu’Earn et Alfred vont être projetés. Les cousins rencontrent la direction d’un label intéressé par leur projet. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est loin du type d’entrepreneurs qui débutent dans leur garage. Bienvenue dans l’ère de la start-up ultra-moderne à l’heure du tout bio, du sans fil et de la technologie de pointe. Un monde à mille lieux de l’époque des mixtapes échangées dans la rue et où un simple lecteur de CD est devenu un vestige du passé. De quoi faire passer Earn et Alfred pour de véritables aliens parmi les employés, au mieux coincés et au pire dépassés par le hip-hop. Entre enregistrement de jingles publicitaires « cool » et concert improvisé au beau milieu des open-spaces, Paper Boi décide de claquer la porte après avoir croisé Clark County, un des poulains du label dont le hip-hop commercial cartonne. Une critique piquante et référencée des codes actuels du milieu.

Sportin’ Waves scinde alors nos héros en deux groupes. Commençons par Earn et Tracy en pleine virée shopping. Ce dernier offre à Earn de doubler les 4000 dollars qu’il vient de gagner avec son élevage de chiens, une référence à la saison précédente. Une magouille que le jeune homme accepte avant de se rendre compte qu’il s’est fait avoir. Bien que l’on puisse avoir de l’empathie pour le personnage, force est de constater que sa naïveté l’a souvent perdu.

Le personnage de Tracy (Khris Davis) tire son épingle du jeu après une timide introduction la semaine dernière. L’ex-taulard vit sa « saison des braquages » à sa manière grâce la politique de non-poursuite des voleurs dans les magasins. Face à un employé médusé et un Earn abasourdi, Tracy se tire tranquillement avec quatre paires de pompes sous le bras. On le retrouve un peu plus tard à un entretien d’embauche qu’il a mûrement préparé et pour lequel il dégaine un atout de choix teasé un peu plus tôt : ses cheveux « en vague », soigneusement conditionnés grâce à un célèbre gel qui donne son nom à l’épisode. Et si le profil et le baratin de Tracy semblent faire mouche, le recruteur, un « homme blanc » lui annonce qu’il ne l’embauchera pas, provoquant la colère de ce dernier qui quitte le bureau en criant au racisme. La série ne donnera aucune autre information concernant cette décision, laissant planer le doute sur la vraie nature de ce refus.

En parallèle, Darius emmène Alfred dans une tournée des dealers du coin. A l'image des start-up, cette économie souterraine a subi les effets de la modernité et s’est développée en s’appropriant les règles du marketing. Mais Paper Boi n’est pas au bout de ses surprises et doit gérer un premier dealer qui poste une photo du deal sur Instagram et un second qui en profite pour faire de la publicité pour la reprise acoustique de sa copie sur YouTube. Bryan Tyree Henry excelle dans le registre en incarnant à la perfection les réactions blasées de son personnage face à ces situations hallucinantes.

C’est bien d’absurde dont il était question cette semaine dans Sportin’ Waves bien qu’il soit différent de celui-ci du season premiere qui mettait en scène imbroglio hilarant porté la prestation du comédien Katt Williams. Ce second épisode se débarrasse des codes du stand-up pour adopter un ton plus subtil qui donne la part belle aux réactions des personnages pour lesquels un simple plan sur leur visage médusé réussit à faire passer un paradoxal sentiment d’inattendu prévisible. Une subtilité appréciable certes mais qui finit par exclure à la longue.

Sportin’ Waves n’est qu’un enchaînement de séquences qu’on aurait préféré plus cohérent. C’est la plus grosse faiblesse du scénario de Stephen Glover, le petit frère pourtant habitué des équipes de scénaristes depuis le début de la série. Il peine à donner une dynamique et un réel enjeu à ce qui finit par être une succession d’aventures pourtant finement écrites et jouées. Il aurait d’ailleurs pu aisément trouver une place à Zazie Beetz aux abonnés absents jusqu'ici alors qu'elle incarne l'unique personnage principal féminin du show.

7/10

Bilan

Fin et subtil -peut-être un peu trop- ce second épisode se maintient à la hauteur malgré une intrigue discontinue qui aurait méritée plus de cohérence.

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