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American Crime Story - 2x8 : Creator/Destroyer

Résumé

En 1980, la famille Cunanan s’installe dans une maison à San Diego, près d’une école huppée dans laquelle le plus jeune de la famille, Andrew, est intégré. Mais rapidement, les manigances du père de famille rattrapent le quotidien pas si parfait de la famille.

2x8 : Creator/Destroyer © FX - 2018

Le récit rétrospectif servi depuis le deuxième épisode de la saison arrive enfin à son paroxysme dans ce huitième épisode. On y découvre brièvement un morceau d’enfance de Gianni Versace aux côtés d’une mère aimante le soutenant dans une belle introduction. Cependant, l'épisode permet surtout de comprendre l’origine de la mythomanie perverse de l'assassin du créateur italien. En 1980, nous faisons la connaissance de Modesto Cunanan, un modèle paternel néfaste. Créant les chimères qui hanteront l’esprit de son fils, il plonge sa famille dans la misère qu'il redoutait tant en les abandonnant lâchement. Un huitième épisode qui prend son temps pour nous plonger dans les origines du mal entrevu au fil des semaines précédentes. Un épisode aux imperfections constantes.

Une heure durant, les scénaristes nous content donc le quotidien fait de mensonges d’un père obnubilé par l’argent et le dépassement de sa condition. Poussant l’un de ses fils vers l’excellence perpétuelle, tout en délaissant ses autres enfants réduits aux rôles de figurants, il s’enlise dans les faux-semblants jusqu’au point de non retour dont son fils parlait dans l’épisode précédent. Abandonnant lâchement une famille qu’il n’aimait pas (exception faite de son cadet) entre des enfants délaissés et une femme brutalisée, il offre à celui qu'il rêvait plein d'ambition un modèle instable. Pourtant, malgré la méthodique reconstitution de l'histoire de Cunanan depuis le début, des questions essentielles persistent : sur quels faits confirmés la narration se construit-elle ? Doit-on éprouver de la pitié pour ce jeune garçon conditionné dès son plus jeune âge ?

On ne saura d'ailleurs jamais pourquoi le père campé par Jon Jon Briones élit un enfant parmi les autres, la narration ne s'étendant pas sur les capacités intellectuelles d'Andrew. L'épisode dispose d'une mise en image soignée, dans la droite lignée des productions signées Murphy et Falchuk. Les idées visuelles abondent et permettent de complexifier une narration parfois trop épurée. Même s'il est intéressant de découvrir le passé de Cunanan, soixante minutes n'étaient pas forcément nécessaires pour relater une enfance si claire (le goût pour le mensonge d'Andrew est hérité de son père et on le comprend vite). On peut heureusement compter sur un casting soigné pour nous impliquer dans cette tranche de vie déstabilisante, même si l'engouement ne tourne jamais à plein régime.

Autre erreur, le parallèle avec Versace. Depuis quelques épisodes, les scénaristes essayent tant bien que mal d'effectuer des liens thématiques entre le parcours de Cunanan et celui de sa victime, Gianni Versace. Les traits sont souvent exagérés et les liens sont très artificiels, comme on pouvait déjà le constater la semaine dernière. L'introduction a beau être touchante, entre une mère aimante et son fils humilié quotidiennement à cause de ses différences, elle n'a pas grand chose à voir avec l'enfance cadrée d'Andrew. D'un côté, une mère pousse son fils à faire ce qu'il aime, de l'autre, un père contraint son fils à se surpasser pour exceller et dépasser sa condition modeste. L'équipe créative aurait réellement gagné à appeler la saison « La vie d'Andrew Cunanan » au lieu de se focaliser sur la famille Versace dans la promotion. En choisissant la deuxième option, ils sont contraints d'établir des parallèles improbables qui établissent une apparenté entre la victime et son meurtrier. Une apparenté inappropriée : on ne peut que comprendre que la famille Versace ait envie de renier cette saison aux choix scénaristiques douteux.

En somme, un huitième épisode intéressant même si le récit de la vie d’un meurtrier paranoïaque n’a que trop duré. Le dernier épisode devrait renouer avec la chasse au meurtrier, la narration nous ayant enfin permis de comprendre ses motivations. Une deuxième saison plus intéressée par le meurtrier que par la victime... surprenant ?

7/10

Bilan

Un épisode essentiel pour percer la complexité d’un personnage principal énigmatique. Si l’ensemble s’étire un peu trop, la finesse d’écriture est au rendez-vous pour relater le passé de Cunanan alors que tous les pions sont placés pour assister à la tragique destinée d'un être conditionné.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 07/06/2018 à 11h34

    Je ne pense pas que l'épisode fasse un parallèle entre les enfances de Gianni et de Andrew, il montre au contraire la différence de philosophie d'éducation (plaisir face à perfection) et ses conséquences, à savoir qu'Andrew est devenu un criminel pendant que Gianni réussissait ses rêves. En cela, la série justifie à merveille le choix d'Andrew de tuer Gianni, Andrew a choisi de viser quelqu'un qui a réussi là où lui a échoué, Gianni ayant construit sa carrière sur la perfection (si chère à Andrew) de ses créations quand Andrew a foutu en l'air ses relations amoureuses les unes à la suite des autres!!!

    Pour le reste, je suis d'accord avec toi sur le fait que le récit de l'enfance d'Andrew s'étire un peu trop en longueur, même si j'ai apprécié le souci du détail de l'épisode, expliquant la fascination d'Andrew pour le drapeau, son habileté à faire semblant, sa volonté de dominer les hommes et de mal traiter les femmes et son comportement meurtrier quand il est trahi, abandonné ou abusé sexuellement.

    Enfin, pour moi, le gros défaut de cet épisode, c'est de ne pas traiter suffisamment Gianni et trop Andrew, comme si il ne s'était rien passé chez Gianni entre son enfance et son meurtre. 7.5/10

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Note de la série :
9.1/10