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Atlanta - 2x3 : Money Bag Shawty

Résumé

Alors qu’il souhaite profiter de ses royalties sur la chanson « Paper Boi », Earn se heurte à la suspicion et au racisme.

2x3 : Money Bag Shawty © FX - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Après avoir réintroduit le thème de la musique dans sa deuxième saison, Atlanta évoque cette semaine une suite logique : l’argent. Si jusqu’ici nos héros étaient plutôt du côté précaire de la balance, place aux liasses de billets grâce aux royalties du tube « Paper Boi » d’Alfred. Un succès qui a vite franchi les murs d’Atlanta grâce, entre autre, à une vidéo virale d’une « mère de famille blanche » qui se filme, les larmes aux yeux, choquées par les paroles de la chanson. Un buzz pas si rare à l’heure des réseaux sociaux et une nouvelle preuve qu’Atlanta manie avec brio les codes de sa génération puisqu’elle parodie ici une situation similaire ayant réellement existé outre-Atlantique.

L’occasion pour Money Shawty Bag de braquer les projecteurs sur Earn qui va enchaîner les poisses et les situations grotesques à l’instar de son cousin la semaine dernière. Le jeune manager ne jouit pas de la même célébrité que Paper Boi et il en subit les conséquences régulièrement. Tout commence dans ce bar où un employé accoste le rappeur et envoie sèchement Earn dans les cordes quand celui-ci tente de s’interposer. Fidèle à lui-même, le jeune homme se tait et ne bronche pas.

Et ce n’est que le début. Grâce aux royalties sur le tube « Paper Boi », Earn compte bien se venger de ses derniers mois de galère. Mieux, il va enfin pouvoir offrir une soirée de rêve à sa petite-amie Van, référence appuyée à la première saison. Grosses coupures en poche, il ne se doute pas une seule seconde de la suspicion qu’il va lever. Une quasi-malédiction portée par un simple billet de 100$ qui va pourtant lui faire vivre un enfer. Celui-ci est refusé à la billetterie d’un cinéma, refus motivé par un soit disant nouveau règlement.

Pas étonnant en période de « Robbin’ Season » mais Earn est bel et bien victime de bon vieux racisme. La situation prend un tournant d’une violence inouïe quand le jeune homme tente d’en toucher deux mots au client suivant qui possède le même billet. Ce dernier ouvre alors sa veste et laisse entrevoir une arme, synonyme qu’il ne vaut mieux pas le chercher. Sans témoin, et dans le calme le plus total, Earn et Van se voient obligés de quitter le cinéma pour éviter le drame. Un peu plus tard, le jeune homme ne peut que se lamenter sur sa malchance et quand bien même il le fait en marmonnant, on ressent la profonde injustice qu’il vient de vivre et face à laquelle il n’a pas pu agir. Un constat glaçant que la série met subtilement en scène.

Dans la soirée, la virée en boîte de nuit du couple tourne au vinaigre. À peine installé, Earn est mis à l’écart par des policiers et se fait embrouiller par le patron zélé du club. La raison ? Encore ce billet de 100$, accusé d’être contrefait cette fois-ci. Alors que le couple se fait raccompagner à l’extérieur, tout en devant s’acquitter du droit d’entrée malgré tout, un policier avoue qu’ils ont été victime d’un abus de pouvoir. Peu traitée, ce genre de discrimination entre mêmes membres d’une communauté existe réellement. Quand l’argent n’est pas un problème, c’est l’origine sociale qui s’occupe de diviser la population. Atlanta n’y va pas par quatre chemin et précise bien qu’il s’agit de racisme à travers la parole de Van.

En parallèle, Money Bag Shawty développe une deuxième intrigue qui suit Alfred et Darius dans le studio du jeune rappeur Clark County (RJ Walker). Une collaboration qui pourrait faire décoller la carrière de Paper Boi qui se cantonne pour l’instant aux milieux underground et à quelques buzz ici et là. Après s’être moqué des nouveaux codes du milieu la semaine dernière, la série s’attache aujourd’hui à confronter les deux rappeurs. Clark County et son rap pour ados sont à mille lieue de l’image de « bad boy » de Paper Boi. Mais derrière son image de garçon gentil qui ne fume pas et ne boit pas se cache une personnalité plus sombre. En témoigne son comportement envers un ingénieur du son après plusieurs pannes du matériel d’enregistrement. Une situation qu’il va gérer à sa manière en quittant les lieux et en y laissant ses deux gardes du corps s’occuper du technicien. Ce qui a de quoi étonner Alfred et Darius qui déguerpissent l’air de rien.

La fine équipe se rassemble pour le dernier tiers de l’épisode et Earn n’a pas lésiné sur les moyens. Sortie en strip-club et limousine, rien que ça, pour espérer oublier le début de soirée catastrophique. On se délectera de la succession de petites scènes où le jeune homme se fait tantôt arnaquer, tantôt humilier en public. Comme son homologue Brian Tyree Henry la semaine dernière, Donald Glover signe une prestation parfaite grâce à son jeu naturel. On le confondrait volontiers avec son personnage et on savoure sans limite ses expressions faciales face à chaque situation grotesque. Bien décidé à ne plus être une victime, Earn saisit la dernière occasion de renverser le cours de la soirée. Il parie une victoire face au quaterback Michael Vick qui enchaîne des courses sur le parking du club. Bien que sa victoire était potentiellement acquise, Earn oublie qu’il se frotte tout de même à un athlète de haut niveau qui finira par le laminer. La soirée de la poisse s’achève ici pour le jeune homme qui se fait chambrer par Van à l’arrière de la limousine.

Plus fluide que son prédécesseur, Money Shawty Bag reste dans la lignée de celui-ci avec la même équipe créative aux commandes. Le troisième épisode jouit d’une bande originale de choix qui compte Gucci Mane (qui donne le nom d’un de ses titres à l’épisode), 2 Chainz et 6LACK. Atlanta reste fidèle à elle-même, toute en humour et subtilité sans oublier d’adopter le ton qu’il faut quand il le faut. Si temporellement la narration est cohérente, on ne ressent pas encore l’application de la promesse d’une saison harmonisée autour d’une trame principale. On regrette également le rôle accessoire de Zazie Beetz pour sa première apparition de la saison ainsi l’atmosphère particulière de la « saison des braquages » un peu trop effacée cette semaine.

7/10

Bilan

Dans la lignée de son prédécesseur, ce troisième épisode maintient le niveau.

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