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Atlanta - 2x4 : Helen

Résumé

Earn accepte à reculons de se rendre à une célébration de l’Oktoberfest où Van retrouve ses amis d’enfance. En pleine zone de turbulences, la cohésion du couple est mise à rude épreuve.

2x4 : Helen © FX - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Pour son quatrième épisode, cette saison braque enfin les projecteurs sur Van qui bénéficiait jusqu’ici d’un temps à l’écran ridicule. Bien souvent reléguée au rang de faire-valoir d’Earn, Atlanta s’intéresse un peu plus à la jeune femme et en profite pour étoffer la caractérisation de ce personnage.

Et c’est dans les situations du quotidien les plus banales que la série parvient à trouver de la profondeur chez ses personnages. Prenez ce classique trajet en voiture où l’on sent clairement que Van ressasse quelque chose. Earn n’y met clairement pas du sien et on comprend vite que son engagement n’est pas à la hauteur de celui de sa petite-amie. Il lui fait plaisir à reculons et ramène perpétuellement son propre intérêt sur le tapis. En quelques minutes, on se rend vite compte que leur relation est superficielle.

Et la suite ne va pas en s’arrangeant. Helen, du nom de l'endroit où ils se rendent, va mettre à rude épreuve les deux amants. L’épisode monte alors un environnement exceptionnel : une petite ville de campagne qui n’a presque jamais vu de Noir dans les environs et un Oktoberfest local qui respire la tradition germanique. Une célébration où la « blackface » n’est pas reconnue comme raciste. Des fans avisés ont rapidement fait le parallèle avec le film oscarisé Get Out de Jordan Peele. Un univers à mille lieues de la zone de confort de notre héros qui va finalement se révéler au grand jour.

Van se sent comme à la maison. On ne sait pas clairement si elle a des origines allemandes ou si elle est simplement familière de ces traditions. Elle maîtrise parfaitement la langue et en profite pour rendre Earn jaloux en discutant avec le barman plutôt beau gosse. L’épisode se passe de sous-titre pour cette discussion en allemand histoire de mieux appuyer la paranoïa d’Earn. Malgré les conseils des autres participants, celui-ci campe sur ses positions et provoque une première dispute avec Van.

Cette dernière, pourtant en territoire ami, se voit trahie de la pire des façons. Son amie d’enfance critique son choix de fréquenter un homme Noir alors qu’elle-même a choisi un Blanc. Une nouvelle nuance à ce thème global du racisme qu’Atlanta traite en multipliant les points de vue. Notre héroïne y voit de plus en plus clair : en plus de servir de porte-monnaie et de partenaire sexuelle uniquement pour Earn, son entourage la voit comme la mère de leur enfant, ni plus ni moins. Un manque de considération qui fera basculer la jeune femme vers une décision difficile à savoir forcer Earn à s’investir d’avantage ou se passer de lui. L’avenir du couple se joue sur une partie de ping pong où la caméra s’attarde sur le visage décidé de Van qui prend enfin le contrôle de la situation après l’avoir largement subie jusqu’ici. Le fait que ce soit la jeune femme qui prenne le volant au retour et la séparation amère du couple en fin d’épisode sont autant d’indices qui indiquent l’issue de la partie volontairement dissimulée.

Si Helen s’en tire dans le côté drama de l’épisode avec notamment les échanges entre Earn et Van, l’humour y est complètement à côté de la plaque. Toute la mise en scène autour de l’Oktoberfest manque cruellement de vie et de saveur. On aurait aimé mieux comprendre l’attachement de la jeune femme pour cette culture très différente de la sienne. Essaye-t-elle justement d’échapper à ses origines ?

Cette soirée se veut une espèce de rite initiatique pour Van qui se voit jetée dans l’arène et forcée d’agir. Elle se retrouve face à une succession de situations qui vont la faire peu à peu évoluer. Quand ces passages ne sont pas trop évidents (les échanges avec le barman) ils sont trop subtils (l’existence du monstre).

Finalement, Helen se rapproche beaucoup de ce que Girls pouvait proposer que ce soit sur le fond ou sur la forme. Hormis la mise en scène globale plutôt ratée, les thèmes abordés sont dans la lignée de la ligne éditoriale d’Atlanta. Taofik Kolade, qui a enchaîné les seconds postes dans l’équipe créative, signe ici un premier scénario léger mais prometteur. Derrière la caméra, Amy Seimetz (The Girlfriend Experience) peine à faire vivre l’intrigue imaginée et sous-exploite la performance tout en retenue et subtilité de Zazie Beetz. On discerne clairement le potentiel de l’épisode qui aurait mérité des créatifs plus expérimentés à la barre.

5/10

Bilan

Le potentiel du scénario se voit gâché par une mise en scène souvent à côté de la plaque.

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