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Atlanta - 2x5 : Barbershop

Résumé

Alfred ne s’imagine pas une seule seconde qu'un anodin passage chez son coiffeur l’emmènera dans un road trip urbain semé de galères.

2x5 : Barbershop © FX - 2018

Comme à son habitude, Atlanta s’attaque cette semaine à un mythe de la culture afro-américaine : le barbershop. Certains se rappelleront des films du même nom devenus une référence dans les années 2000. On peut également citer Marvel’s Luke Cage qui, dans son entreprise de porter un héros noir à l’écran, n’a pas oublié de planter un barbershop dans le décor comme un sanctuaire pour les âmes perdues d’Harlem. Si vous pensez qu’il s’agit d’un simple salon de coiffure, faites demi-tour. Vous entrez ici dans le temple de millions de jeunes noirs soucieux de leur image où la coupe du cheveu et la taille de la barbe est devenue un art à part entière largement relayé à coups de publications sur Instagram.

Sans le savoir, ce cinquième épisode nous emporte dès sa scène d’introduction qui au premier abord, ne comporte rien d’exceptionnel. Alfred attend son coiffeur, un dénommé Bibby, qui est en retard. Suit une scène de quiproquo entre les deux hommes à cause d’une conversation téléphonique via une oreillette sans fil. Ça nous est tous arrivé et on compatit avec le pauvre Alfred qui tente malgré tout de garder son calme et fait la causette non sans agacement. Après plusieurs minutes, le très bavard coiffeur -aux capacités de concentration minimes- n’a toujours pas commencé son travail. Pire, après un coup de tondeuse dans la touffe de son client, il s’empresse de partir régler un problème personnel. Obligé de terminer sa couper pour un prochain photoshoot, Alfred accepte de le suivre et signe ainsi son arrêt de mort.

Suit alors une succession de situations grotesques et hallucinantes made in Atlanta à l’occasion d’un road trip qui verra notre héros se faire trimballer à divers endroits de la banlieue de la ville. Si la relation de confiance avec son coiffeur est primordiale, gageons qu’Alfred ne s’attendait pas à autant de proximité avec le sien. Je vais me tenir à l’évocation des ces scènes sans les décrire, ce qui ne serait pas leur rendre hommage. Il faut les voir pour y croire, et pour rire par la même occasion. La série distille tout son savoir faire en matière d’humour dans ces 25 minutes à mourir de rire.

Alors que les galères s’enchaînent, le portrait de Bibby se dessine peu à peu. On le savait bavard et agaçant et voilà qu’on le découvre mauvais père, menteur et voleur. Bibby finit par toujours s’en sortir en fuyant ses problèmes tout en traînant Al’ avec lui. Et ce dernier sent le piège se refermer à chaque étape de ce road trip de galère, étourdi par le flot discontinu de paroles du coiffeur.

Plusieurs heures plus tard, la coupe promise semble de plus en plus s’éloigner. Barbershop réussit habilement à esquiver les pièges du comique de répétition et du quiproquo grâce à ses situations inédites. On ne peut que partager le ressentiment de la victime qui se retrouve à voler du bois contre son gré pour ce qui s'apparente à un véritable traquenard. Plus tard, cette longue épopée prend une tournure sérieuse quand Bibby provoque un accident de la route et ne trouve rien de mieux que de choisir l’option du délit de fuite, mettant en danger le sursis de son client.

Vingt minutes ont passé à l’écran et pourtant, on semble avoir vécu les mêmes heures de calvaires qu’Alfred qui voit enfin la lumière au bout du tunnel en retournant épuisé au salon de coiffure. Il perd toute patience, la même qui lui a valu d’être entraîné dans cette galère, quand Bibby se défile à nouveau. Une fresh cut plus tard, voilà notre rappeur libéré au terme d’une « bonne journée » à en croire son coiffeur.

La conclusion de Barbershop vient souligner ce que je disais au tout début de cette review. Dans un futur très proche, Alfred revient au salon de coiffure et snobe Bibby pour un autre. Mais quelque chose cloche : il ne peut plus utiliser la sacro-sainte carte du « comme d’habitude » obtenue après avoir trouvé le Graal à savoir LE coiffeur. Hésitant à revenir vers Bibby, Alfred lui jette un œil plein de rage avant de se résigner à se faire couper les cheveux par un autre. Le tout en mâchant difficilement la trahison dont il est victime à l’image de celle de son dealer de toujours dans Sportin’ Waves.

Barbershop n’est pas un épisode comme les autres. Après le sérieux Helen la semaine dernière, la série se permet un standalone hilarant au casting réduit. La caméra de Donald Glover fait le minimum et s’occupe de simplement montrer l’action. Elle laisse un maximum de place au scénario de Stefani Robinson (Man Seeking Woman) -une habituée des équipes d’écriture- qui signe des dialogues piquants et des situations invraisemblables qui font toute l’essence d’Atlanta.

N’oublions bien évidemment pas Brian Tyree Henry qui excelle dans l’interprétation de l’agacement de son personnage à travers ses expressions du visage qui en disent long d’un simple coup d’oeil. Mention spéciale pour Robert Powell qui offre une prestation d’exception tout droit venue du monde du stand-up. Son personnage n’est pas sans rappeler celui de l’oncle d’Earn dans le season premiere où, dans la même veine, le comédien Katt Williams proposait une prestation de qualité. Grâce à cette équation de talents, Barbershop s’impose rapidement comme un épisode culte d’Atlanta.

9/10

Bilan

Standalone aux répliques et mise en scènes piquantes soulignées par la prestation d’exception du casting. En un mot, culte.

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