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Seriesaddict.fr  par | 1

911 - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © Fox - 2018

Résumé : A Los Angeles, plusieurs secouristes de corps de métiers différents viennent en aide aux habitants de la ville. Mais entre les actes de secourisme sensationnels et les affres de la vie privée, le quotidien de nos héros n’est pas de tout repos.

Plus friand des anthologies sensationnelles et des show musicaux endiablés, l’univers télévisé de Ryan Murphy a surpris tout le monde en s’auréolant d’une série procédurale pour la nouvelle année. Sur le papier, cette nouvelle série pouvait compter sur un casting intriguant (Angela Bassett, Connie Britton et Peter Krause entre autres) mais risquait de manquer d’originalité : on ne compte plus le nombre de séries narrant le quotidien endiablé de secouristes américains. Dix épisodes après son lancement, la première saison de 911 s’est révélée aussi dynamique qu’émouvante. Même si ses défauts n’ont cessé de grossir au fil des épisodes, l’on ne peut que saluer la diversité narrative des productions made in Murphy. Des horreurs américaines aux sauveteurs intrépides, il y en a pour tous les goûts dans l’esprit illimité du créateur.

911 nous plonge donc dans le quotidien effréné d’hommes et de femmes si différents. Tous motivés par l’envie d’aider leur prochain, ils doivent également faire face aux difficultés de leurs vies respectives dès lors qu’ils rangent leur uniforme. Cette balance entre un métier humainement prenant et vie privée n’est pas toujours maîtrisée, certains épisodes se concentrant trop sur les accidents (a l’image de celui consacré au crash d’avion) où se concentrant trop sur la vie sentimentale des personnages (les trop nombreuses visites de Bobby à la paroisse du coin en sont un bon exemple). Les scénaristes essayent toujours d’éviter le sentimentalisme exacerbé mais certaines lignes narratives auront manqué d’intérêt au cours de la saison : le conflit intérieur tiraillant Bobby est un brin répétitif (et il faut dire que Peter Krause s'avère peu enthousiaste dans la peau de ce pompier à l'origine d'une tragédie), de même que la situation inextricable vécue par Athena ronronne quelque peu dans les premiers épisodes. Heureusement, dans l'ensemble, le casting de bonne facture permet de s'attacher très rapidement aux personnages. Il en va de même pour le couple Abby-Buck qui manque quelquefois de crédibilité mais qui peut compter sur ses interprètes convaincus pour rendre leur histoire savoureuse.

La crédibilité, toujours scrutée lorsqu'il s'agit d'insérer une narration dans un contexte réaliste, n’est pas toujours au rendez-vous (les sauveteurs arrivent toujours sur les lieux des accidents en un instant, à cause du montage frénétique de la série). Cependant, ce point faible relatif à la cohérence est sacrifié sur l’autel de l’émotion avec plaisir. Ce qui intéresse l’équipe créative c’est l’âme du casting. Les accidents sont sensationnels, mais ils permettent surtout aux personnages de se rencontrer et d’apprendre à se connaître. À ce titre, le personnage d’Abby est au cœur du propos réflexif : de personnage dans l’ombre relégué à sa voix lors d’un appel au 911 dans le season première, elle incarne finalement la figure principale d’un féminisme affirmé à la fin de la saison. Décisionnaire sur le plan professionnel et privé, elle s’affirme et prend littéralement son envol pour d’autres horizons après le départ funeste de sa mère en fin de saison.

De fait, la force du show réside plus dans ses figures de personnages que dans ses intrigues. Dès le deuxième épisode, le spectateur est efficacement attaché à ces personnages humains qui doivent tous se montrer rassurants au quotidien alors qu’ils sont en perdition sur le plan privé : Abby doit vivre avec une mère malade, Buck fait face à ses addictions sexuelles, Bobby ploie sous le poids d'un drame passé, Athena vit une séparation difficile, etc. La leçon d’humanité prodiguée par la série est conventionnelle, mais elle est essentielle. Les fils narratifs ne s’y trompent pas, d’ailleurs : les accidents laissent très souvent leur place aux récits intimes de secouristes éperdus. Les victimes d'accidents disparaissent d'ailleurs rapidement, au profit de ceux qui les sauvent, qui sont eux aussi des victimes, le cas de Chimney dans l'épisode 3 étant évident (d'ailleurs, après un tel accident, il réapparaît en pleine forme dès le cinquième épisode... quid de la cohérence chirurgicale ?)

Enfin, d'un point de vue esthétique, la série s'en tire avec les honneurs. Les plans sont soignés, à défaut d'être très originaux, mais les couleurs chaudes propres à la côte Ouest sont appréciées. Les mouvements de caméra sont moins grandiloquents que de coutume pour un show estampillé Murphy et Falchuk mais l’ensemble est efficace.
En somme, 911 s’est dévoilée à nous dans une première saison ayant su allier avec intelligence l’émotion de vies privées chaotiques et l’urgence de cas vitaux sensationnels. Le spectre du genre anthologique tant apprécié par Murphy et Falchuk n’est jamais loin, si l’on se réfère aux épisodes spéciaux jalonnant la saison (la Saint-Valentin, la soirée de pleine lune, entre autres), mais l’ensemble composé par cette première saison est cohérent. Nous avons déjà hâte de retrouver Abby, Athena et Bobby en 2019, la série ayant été un succès (plus ou moins) surprise sur la Fox.

7/10

Bilan

Une première saison charmante qui s’impose par son humanisme et son gigantisme. Peu d’originalité dans un genre télévisé inondant les écrans de télé, mais une belle proposition dramatique à la hauteur de l’univers bâti par Ryan Murphy.

1 Commentaire

  • aureloooo
    Le 10/04/2018 à 20h12

    j'ai aimé suivre les perso et les urgences. mais je note aussi des incohérences sur Celles de chimmey mais aussi de la trachéo vite oublié de buck. Par contre le plus gros soucis surtout sur les derniers épisodes se fut pour moi que le scénario était bien bien trop prévisible.
    donc comme vous 7/10

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