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Atlanta - 2x7 : Champagne Papi

2x7 : Champagne Papi © FX - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Après avoir offert à Alfred et Darius un standalone centré sur chacun d’eux, Atlanta s’intéresse cette semaine à son seul personnage principal féminin. La série espère peut-se rattraper après avoir délaissé Van (Zazie Beetz) dont le temps à l’écran cette saison affiche le minimum syndical par rapport à ses homologues masculins.

Et nous la retrouvons à l’occasion d’un événement très spécial de cette « Robbin’ Season » : le réveillon du Nouvel An. Loin de la célébration populaire et de ses feux d’artifices, ce septième épisode suit Van et trois de ses amies qui se préparent pour une réception privée plutôt chic. Le but assumé de ces jeunes femmes : oublier leur morne vie de maman et le train-train quotidien pour s’amuser un maximum. Et pour ce faire, tenues sexy et alcool sont de la partie.

Champagne Papi sort la carte du McGuffin pour justifier son intrigue. Bien que classique, elle n’en demeure pas moins de choix puisqu’il s’agit du célèbre rappeur/chanteur Drake qui organise la soirée. Tout commence dans un parking glauque où les quatre filles accostent un mini-bus censé les y amener. Un mot de passe et un resquilleur évité plus tard, les voilà entassées avec une dizaine d’autres filles arborant le même look. Arrivées au pied d’une immense villa, des gardes de sécurité exigent d’elles de présenter une pièce d’identité puis d’enfiler des sur-chaussures immondes jurant avec leur tenue. Une des prétendantes, que l’on voyait pleurer durant le trajet à l’idée de rencontrer son idole, se fait expulser manu-militari de la propriété. Elle jurait pourtant avoir personnellement été invitée par une lettre signée de Drake lui-même. Une chose est sûre, notre bande de fille est au bon endroit et inaugure les festivités à coups d’ours en gélatine imprégnés de drogue.

Ayant des objectifs différents, la bande se sépare rapidement. Candice (Adriyan Rae) s’éclipse avec un DJ qu’elle convoite tandis que Nadine (Gail Bean) disparaît en plein bad trip après avoir été forcée d’avaler un « bonbon ». Tami (Danielle Deadwyler), quant à elle, compte bien affronter une jeune fille blanche bien trop proche d’un célèbre acteur qu’elle convoite. Elle nous offrira d’ailleurs une confrontation aussi drôle que gênante. Face à cette jeune fille dont la présence auprès de l’acteur ne semble pas intéressée, Tami utilise un argument compréhensible mais qui s’avère égoïste et douteux quand il s’agit d’elle : de nombreuses « femmes noires bien » mériteraient cette place.

L’objectif de Van sert quant à lui d’intrigue principale : pour se venger d’Earn et lui prouver qu’elle se débrouille bien sans lui, la jeune femme fait tout pour elle aussi avoir droit à un selfie avec Drake pour alimenter son compte Instagram. Et malgré le flot incessant de photos prises par les autres invités, la célébrité est introuvable. Dès le début de l’épisode, le comportement plus réservé et dubitatif de Van permettait au téléspectateur de s’y identifier. Tout comme elle, nous souhaitons nous aussi voir le fameux Drake, ne serait-ce que pour une apparition excentrique comme sait le faire la série. Débute alors une fouille minutieuse de la villa qui mènera Van sur le chemin d’un personnage pot de colle dont l’attitude tendancieuse, pour ne pas dire oppressante, pousse la jeune femme à le fuir.

Cette quête l’emmène dans les sous-sols du lieu pour une rencontre inattendue. Un vieil homme est assis dans l’obscurité et se bat avec un téléviseur en panne. Un dialogue de sourd s’installe puisque l’homme parle espagnol, une langue que Van ne maîtrise pas. Elle en déduit qu’il est probablement le grand-père de Drake avant de remarquer un calendrier au mur qui mettra fin à tous ses espoirs : le chanteur n’a jamais été présent, il est même très loin puisqu’en tournée en Europe. Et la désillusion ne s’arrête pas là. En remontant, Van comprend la supercherie : pour la modique somme de 20$, deux filles proposent des selfies avec un Drake en carton. Illusion assurée et 10.000 followers garantie. Dans le couloir, la fille d’attente est interminable.

Par la voix de l’une des escrocs, Atlanta entend bien donner une leçon. En effet, quand bien même ces photos sont fausses, elles ne le sont pas pour les gens qui vont la regarder. Et c’est bien ce qui importe pour tous les invités qui ont passé la soirée avec leur smartphone scotché à la main, enchaînant selfies et autres live en direct du manoir de Drake. Ils se sont satisfait d’une illusion totale et s’inventent une vie montée de toute pièce à la recherche du maximum de likes et de followers. Même si elle s’en moque ouvertement, Atlanta n’en humilie pas pour autant les fameux millenials. À travers l’expérience de Van, elle essaye même de nous ouvrir les yeux. Cette dernière apparaît d’ailleurs dépitée voire vexée. On perçoit une pointe de haine pour les arnaqueuses avant qu’elle ne réalise qu’elle n’est ici victime que de sa propre naïveté.

Elle retrouve Nadine, au bord de la piscine en compagnie de Darius dont on ne soupçonnait pas la présence. Lui connaît le chef personnel de Drake, un peu comme tout les invités qui se proclament proches de la célébrité. Avec Nadine, ils font un beau duo de perchés à la recherche d’une réponse à des questions existentielles de la vie. Darius évoque même l’hypothèse de simulation de Bostrom, une idée qui stipule que notre réalité serait en fait une simulation (créée par notre civilisation dans le futur) sans que nous soyons capables de distinguer le vrai du faux. Un subtil parallèle à ce que vient de vivre Van entre sa véritable vie et le faux-semblant qu’elle a voulu fabriquer.

À l’aube, Nadine, Darius, Tami et Van se retrouvent à pieds sur le bord de la route après avoir quitté la soirée qui s’est finie comme une véritable désillusion pour tous. Alors que Van est touchée par une révélation – Drake serait mexicain selon elle - le générique de fin démarre sur le tube Hotline Bling du chanteur, repris en espagnol par Fuego. D’ailleurs, des téléspectateurs clairvoyants ont rapidement fait le lien entre les paroles de la chanson et l’intrigue de l’épisode. En effet, celle-ci illustrerait le comportement de la femme évoquée par Drake dans ses paroles.

Champagne Papi, qui tire son nom du pseudo Instagram du chanteur/rappeur, ramène Atlanta à son rythme de croisière après deux standalones diamétralement opposés mais tout autant réussis. Sans pour autant être un échec, ce septième épisode peine à réellement sortir du lot. La faute peut-être à des mises en scènes prévisibles et moins audacieuses que ce à quoi Atlanta nous avait habitué. Ce fut une bonne chose de mettre à l’écran une bande de filles mais on peine à s’y attacher puisqu’on ne les connaît pas. En filigrane, on apprécie cette nouvelle facette du monde de la musique après que la série ait largement traité la naissance d’un projet et les galères associées avec à Paper Boi, les anciennes gloires oubliées avec Teddy Perkins et maintenant le succès moderne avec l’exemple de Drake.

Clairement, la question de la place de Champagne Papi dans cette saison se pose. Il aurait peut-être mérité d’être la suite d’Helen, en rapport avec la prise de conscience de Van. Difficile de passer après le chef d’œuvre Teddy Perkins mais Amy Seimetz s’en tire légèrement mieux qu’avec Helen sur un scénario correct d’Ibra Ike, collaborateur habitué des équipes d’écriture. Force est de constater que Champagne Papi nous laisse sur notre faim après 25 minutes d’une satire hésitante.

6/10

Bilan

Résultat global correct qui nous laisse néanmoins sur notre faim.

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