Critiques

Seriesaddict.fr  par | 3

Lost in Space (2018) - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2018 - Netflix

Attention, il faut avoir lu la saison une avant de lire le bilan.

Inspirée de la BD The Space Family Rollinson (1962) et du roman Le Robinson Suisse (1812), Perdus dans l'Espace avait déjà fait l'objet de deux adaptations, avant le remake de Netflix. Sur le petit écran, tout d'abord, avec la série de Irwin Allen, diffusée sur la chaîne américaine CBS en 1965 (CBS) puis, 33 ans après, au cinéma, sous le regard attentif du réalisateur Stephen Hopkins (Predator 2).

Le pitch reste plus ou moins le même. En 2046, Les Robinson sont sélectionnés pour reconstruire leur vie dans un monde meilleur. Ils embarquent alors à bord du résolution, direction Alpha du Centaure. Mais durant leur voyage, un incident les contraint d'atterrir sur une planète inconnue. Les nouveaux colons vont devoir travailler ensemble pour survivre dans un environnement hostile, à des années-lumières de leur destination finale.

Perdu dans le scénario

Premier constat de ce remake crée par Matt Sazama et Burk Sharpless, le vide scénaristique auquel on est rapidement confronté et l'ennui qui s'en suit naturellement. Jamais, je dis bien jamais, je ne me suis autant ennuyé devant une série NETFLIX (même Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire ont réussi à me surprendre). Et en même temps, fallait-il s'attendre à quelque chose d’extraordinaire de la part des scénaristes de Power Rangers (2018) et Dracula Untold (2014) ?
Pendant neuf épisodes, il ne passe strictement rien. En cause ? Notamment des rebondissements à faux-suspens, qui n'ont aucun impact émotionnel sur le spectateur. Les rebondissements sont le plus souvent de l'ordre technique ou scientifique, mais le plus important, ne provoquent aucune une once d'inquiétude, aucune palpitation. Combler du vide avec du vide, voilà la technique des scénaristes pour nous faire avaler 10 épisodes, d'une série où les possibilités scénaristiques étaient pourtant énormes.

Pour citer les quelques rebondissements auxquels nous sommes confrontés et les faux-suspens, plus agaçants que réellement prenants :
- Un rover prisonnier de pétrole mouvant où se retrouvent piégés les parents Robinson.
- Une traversée en rover d'une zone qui pète de la fumée (désolé, je n'ai pas retenu le nom de ce phénomène physique) et le transport de carburant qui se renverse (mince alors !).
- Un héros ou des héros piégé.s dans un endroit sans jamais vraiment être inquiété.s.
- La mère de famille qui se prend les pieds dans le " ballon " et se fait traîner sur plusieurs dizaines de mètres.
- Un robot qui change de camp, mais dont on sait à l'avance qu'il est et restera l'ami de Will.
- Un trou noir près du Soleil. Nouveau rebondissement pour accélérer la pression sur les campements et trouver une solution rapide au départ. Qui a tremblé sur cette révélation ? Personne.
- L'explosion d'un Jupiter en plein vol pour nous faire croire à la mort d'un personnage principal.
Etc, etc... Tout ça est superflu, sans originalité, sans saveur, pour combler un manque d'imagination assez flagrant. L'ennui s'abat donc, épisode après épisode.

Mettre en danger ses héros, ce n'est pas une idée nouvelle, mais la façon de mettre en scène les dangers est souvent ce qui fait la différence entre une série lambda et une série culte. De plus, les obstacles qu'affrontent les protagonistes principaux doivent paraître crédibles pour que le spectateur se sente pleinement investis. Hors ici, ce n'est jamais le cas. Tout est trop attendu, facile... Navrant !

Perdu dans le scénario : Partie II

Autre problème de Perdus dans l'Espace, sa planète. Gros problème quand l'intrigue principale est censée se dérouler en terrain hostile.
Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour trouver là des centaines de formes de vies différentes. Et ce que nous présente la série Netflix durant 10 épisodes se compte sur les doigts d'une seule main : deux monstres de tailles moyennes (Épisode 7. Durée : 5 min sur près de 9h de série) et quelques bêtes volantes dans une grotte (Épisode 9. Durée : 3 min).
Perdu dans l'Espace ne propose rien en terme d'innovations, qu'elles soient biologiques ou géologiques. Mis à part des fleurs réagissant aux claquements de mains et des petits crabes ayant la capacité de se camoufler à l'environnement, la planète dans laquelle nous sommes débarqués avec les Robinson est d'une pauvreté affligeante.

Alors certains me diront, oui, mais les vrais ennemis des colons ce n'est pas la nature ou les quelques monstres qui peuplent la planète, c'est eux-mêmes. Je pourrais être d'accord, si seulement la série avait développé des psychologies complexes, des motivations fourbes, avec des enjeux forts. Des personnages sans personnalité donc, comme nous allons le constater tout de suite.

Perdu dans le scénario : Partie III

Quant aux personnages, ils sont ce qu'ils sont et malheureusement, on ne va jamais plus loin que le stade du cliché.
- Les parents sont prêts à tout pour leurs enfants, parents qui vont bien entendu se remettre ensemble. Le coup classique.
- Le plus jeune des enfants, pas courageux pour un sous mais très intelligent, va finalement prendre son courage à deux mains pour sauver sa famille, dans un acte héroïque totalement crédible (ironie).
- La plus jeune des sœurs est là pour apporter une touche humoristique à la série. Mais entre nous, qui rigolé à une seules de ses blagues ?
- Et l’aînée, qui n'est là que pour créer une tension sexuelle avec le personnage de Don, dont le caractère égocentrique va peu à peu se métamorphoser en altruisme pour les beaux yeux de la fille. Encore un cliché de plus, un !

Enfin, parlons un peu du Dr. Smith. Si l'actrice Parker Rosey essaie tant bien que mal d'être crédible en psychologue manipulatrice, l'écriture et le traitement de son personnage laissent à désirer. Ses motivations (avec le robot) sont franchement risibles, même si l'intelligence de son plan est assez redoutable, au final. Malheureusement, ce n'est pas ça qui sauvera la série pour autant.
Et si quelqu'un a compris comment le Robot s'est remis dans son " état " normal, manifestez-vous en commentaire. À-t-il été toujours du côté de Smith ? Est-ce le coup sur la tête qu'il a reçu ? Expliquez-moi par pitié !
Il manquait d'ailleurs à cette séquence,de véritables dialogues, vous savez, ce genre de dialogues sur l'amitié qui vous prend aux tripes ? Quand je vous dis que le travail des scénaristes sur cette série est un travail de fainéant.

Perdu dans le décor

Si la photographie et la réalisation sont alléchantes, les décors environnementaux n'ont rien d'ambitieux. Toutes les séquences dans la jungle, notamment, sont des redites, des environnements vus et revus dans des séries comme Stargate SG-1. D'ailleurs, cela ne m'étonnerait pas que la série ait été tournée en partie à Vancouver.
On alterne donc entre paysage forestier, désertique et enneigé, mais sans jamais proposer autre chose que des vues aériennes ou des traversées en rover, sans exploiter la richesse de ce monde.

Tout est perdu ?

Est-ce que tout est perdu pour autant ? Le dernier épisode, enfin, entendez par-là le cliffhanger, laisse à prévoir une seconde saison beaucoup plus palpitante. Ce que je ne comprends pas en revanche, c'est pourquoi la série s'est embourbée si longtemps sur cette planète, au lieu de rentrer un peu plutôt dans le vif du sujet et mettre en scène la dite " planète " des robots. DANGER !

4/10

Bilan

Réalisation alléchante, scénario de départ intrigant, environnement aux multiples facettes... Perdus dans l'Espace avait tout pour être une excellente série. Malheureusement, la production Netflix se perd dans des rebondissements inutiles, créée des suspens inefficaces et multiplie les clichés. Une véritable déception.

3 Commentaires

  • wonka
    Le 01/05/2018 à 19h31

    J'ai pas mal accdroché par rapport à toi. J'ai eu un énorme soucis avec l l'atrice qui joue le docteur. Surjouée, je ne sais pas ce sera un des malaises face a cette saison. Je suis donc addict mais sans attendre avec impatience une saison deux.

  • KrisBabin
    Le 04/05/2018 à 11h50

    Moi aussi j'ai pas mal accroché, on est d'accord que ce n'est pas la série du siècle mais quelque part "on s'en fout" je m'explique:
    Déjà ce que j'ai apprécié c'est la réalisation, la photo, l'emballage, une vraie B.O.
    Il y a une chose que je remarque depuis quelques temps, avant on avait un épisode pilote qui plantait le décor et maintenant la nouvelle mode semblerait qu'il étirent cela sur toute une première saison.
    Je ne suis pas dupe, c'est purement commercial et nous tenir le plus longtemps possible, cependant ils ont quand même intérêt à en mettre un coup sur la deuxième.... Eh oui nouvelle mode, une deuxième saison se doit d'être plus rythmée.
    Quand aux personnages, oui ils sont un peu lissent mais en même temps c'est une famille qui malgré l'adversité reste soudée, il y a de l'amour la dedans et ça quelques part ça fait du bien dans le sens ou l'on est plus vraiment habitué à ça, comme si il nous fallait un truc vraiment tordu pour se satisfaire de quoi je ne sais pas mais revenir à des valeurs positives ce n'est pas plus mal (chose que l'on retrouve aussi dans BLack Lightning) ce coté "Clan" me séduit, ce qui met en lumière selon moi l’aspect égo-centré du Dr. Smith.

    La grosse blague effectivement c'est la reconstruction du robot, c'est vrai que l'on est un peu au pays de oui-oui, même si cela n'est que de la SF cela n'est quand même pas crédible.
    J'ai quand même pris plaisir à regarder cette première saison et je regarderais la deuxième en espérant que ce soit un peu plus poussé dans l'intrigue, dans les missions, dans le rythme etc....

  • JBakaDruss
    Le 04/05/2018 à 18h22

    Idem, j'ai bien accroché à cette série.

    Les graphismes sont très bien, la série est une peu gentillette mais elle s'en tire tout à fait honorablement à mon goût.
    Seul hic au tableau, c'est le coté un peu illogique de certaines situations qui rend certaines scènes un peu agaçantes de connerie et également le personnage du Dr Smith qui selon moi est très mal traité (pas mal joué, traité). C'est le plus gros potentiel inexploité de cette saison 1.

    Bref, j'ai une lecture différente, je ne me suis pas du tout ennuyé en la regardant et je nourris quelques espoirs scénaristiques pour la saison 2.

Ajouter un commentaire







 Spoiler